Ce 13 mai, la FWA et l’UAW ont fêté ensemble un double anniversaire. Celui du centenaire de la création du syndicalisme agricole wallon et du cinquantenaire des mouvements féminins. Dans cette édition, vous pourrez découvrir de nombreuses photos de la soirée, et quelques-uns des moments clefs des deux tables-rondes qui se sont organisées à cette occasion. En plus de ces deux tables-rondes, les présidents de nos 3 mouvements ont pu exprimer quelques-unes de leur réflexions sur notre passé, notre actualité et notre futur.

Anne Pétré

C’est Geneviève Dupont Ligny, présidente de l’UAW, qui a inauguré la soirée. Pour entamer son accueil, Geneviève a d’abord voulu remercier toutes les personnes présentes, mettant l’accent surtout sur la présence des nombreux responsables de nos mouvements, toujours actifs ou non, qui nous avaient rejoints à Gembloux pour cette soirée. Geneviève a également souligné le chemin parcouru par nos organisations depuis leur création, et l’importance d’avoir pu compter, génération après génération, dans tous nos mouvements, sur des agricultrices impliqués, passionnés, convaincus et combatifs qui ont pu faire avancer depuis un siècle, la cause du secteur agricole et des familles dont c’est le quotidien.

 

Marianne Streel, présidente de la FWA, avait pour sa part choisi de partager les conclusions de la soirée avec le président de la FJA, Pierre André. Marianne Streel a souligné qu’en effet, s’il est important de jeter un regard sur son passé, de comprendre d’où l’on vient, ce qui compte avant tout, c’est ce que nous ferons demain, et ce vers quoi nous allons.

Ces 100 ans, a souligné Marianne Streel, c’est 100 ans de combat, de travail, d’engagement. C’est un siècle jalonné de victoires syndicales, obtenues pour les familles agricoles, même si nous n’avons pas toujours gagné toutes nos batailles.

Nos organisations reposent sur une solide légitimité, car elles sont indépendantes, financièrement notamment, grâce aux cotisations des agricultrices et agriculteurs. Elles s’appuient sur cet ancrage profond dans la profession, sur la structure démocratique qui les caractérisent toutes les 3, et sur les compétences des responsables et du personnel qui s’y impliquent.

A la lecture des journaux agricoles des 100 ans écoulés, on peut constater que le revenu des agriculteurs, et l’image du secteur ont toujours été, au fil du temps, au centre des  préoccupations de nos organisations. Mais l’agriculture s’est mondialisée, le contexte politique s’est complexifié, et les réseaux sociaux ont fait leur apparition, ce qui modifie profondément le contexte dans lequel notre secteur évolue. Et donc, évoluer, notre secteur l’a fait aussi, inlassablement, pour s’adapter toujours, comme il continuera à le faire.

La concertation sociale aussi a changé : elle prend davantage en compte le point de vue de la société civile. Aujourd’hui, tout le monde parle d’agriculture, propose des solutions pour notre secteur…mais sans pour autant connaître les réalités de notre métier. Le lien entre l’agriculture et la société s’est distendu, car nous sommes moins nombreux, et que nos concitoyens n’ont pas le sentiment qu’on pourrait un jour, venir à manquer de nourriture.

C’est pour cela qu’il est plus important que jamais d’avoir des organisations comme les nôtres, fortes, indépendantes et représentatives. Des organisations qui défendent l’agriculture familiale, qui proposent des solutions et contribuent à renouer le lien entre notre secteur et le reste de la société.

Pierre André, président de la FJA, a ensuite pris le relais pour rappeler qu’il y a deux ans, la FJA avait aussi fait l’exercice de s’interroger sur son passé, son futur, et les motivations de ses membres à s’impliquer. La première motivation, celle du plus grand nombre, est de pouvoir rencontrer d’autres jeunes, de s’émanciper, d’expérimenter la prise de responsabilité via de nombreuses activités récréatives et ludiques que la FJA organise aux 4 coins de la Wallonie. Pour la FJA et ses responsables, le challenge est donc d’amener ces jeunes qui veulent simplement créer du lien entre eux, à devenir des syndicalistes agricoles combatifs et engagés.

Parmi les défis pour le futur, le président de la FJA a voulu en relever trois.

Le premier est de préserver le modèle d’agriculture familiale qui est aujourd’hui fortement menacé. Et il ne s’agit pas de nostalgie ou de passéisme mais d’une conviction que c’est ce modèle qui est le plus adapté pour répondre aux multiples enjeux agricoles que sont ceux de la sécurité alimentaire, de l’occupation et de la gestion du territoire et de la contribution à la lutte contre le réchauffement climatique et au maintien de la biodiversité.

Si nous voulons réellement préserver le modèle d’agriculture familiale il est urgent d’inverser la tendance à l’œuvre depuis plus de 30 ans en matière de renouvellement des générations. En 1990, 1 agriculteur sur 4 avait moins de 40 ans. Aujourd’hui nous en sommes seulement à 1 sur 10.

Le deuxième défi à surmonter concerne l’accès aux facteurs de production et en particulier au foncier. Nous attendons de l’issue favorable de la réforme du bail un retour de confiance des bailleurs, en particulier pour la conclusion de baux de longues durées avec les jeunes agriculteurs.

Enfin, le troisième et dernier défi auquel doit faire face l’agriculture est celui de pouvoir concilier augmentation de la production et préservation de l’environnement. Produire plus en utilisant moins d’engrais, moins de produits phytos, en protégeant la biodiversité, en diminuant les émissions de gaz à effets de serre font déjà partie des pratiques agronomiques des jeunes agriculteurs. Mais la FJA veut continuer à trouver de nouvelles solutions, à progresser dans ce domaine. Il est pour nous indispensable de renforcer les connaissances, les compétences, d’investir dans la formation, dans la recherche publique et dans les services de conseils indépendants.

Et pour conclure, le président de la FJA rappelle que d’après le Larousse, un défi est un  « problème, d’une difficulté que pose une situation et que l’on doit surmonter ». Que l’on DOIT surmonter, souligne-t-il, précisant que nos organisations, la concertation sociale, et les responsables politiques doivent ensemble, travailler à y parvenir !

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