Ce lundi 18 mars, les organisations membres de l’Agrofront et la CBL ont décidé de cosigner un engagement pour le futur, à savoir la création officielle de l’organisation interprofessionnelle pour le secteur laitier, appelée plus couramment en jargon technique « organisation de branche ». Elle s’appellera MilkBE et réunira en fait des structures de discussion déjà fonctionnelles depuis parfois 20 ans. Seront ainsi réunis le groupe de travail interprofessionnel QFL, la commission nationale pour la qualité, le groupe de travail « politique laitière – relations producteurs-acheteurs », héritière du groupe « quotas » d’avant 2015, et le groupe de travail Durabilité. De quoi faire en vérité !

Alain Masure

Une organisation de branche, une fois reconnue par les autorités institutionnelles du pays, dans notre cas les deux régions flamande et wallonne, acquière un niveau de représentation officielle des secteurs qu’elle regroupe. Lors de décisions importantes sur la qualité, la durabilité, la communication vers les citoyens à la recherche d’informations objectives, cela est essentiel de pouvoir être soutenu par ces mêmes autorités. Cela suffit déjà à justifier notre engagement.

Mais parmi tous ces dossiers, il en est un pour lequel la FWA a souhaité pouvoir aller plus loin que ce qui a été fait jusqu’à présent, à savoir celui des relations entre producteurs et acheteurs de lait, qui constituent évidemment un élément essentiel au sein de la filière laitière. Si ces relations permettent de trouver le consensus dans nombre de situations, tant au niveau économique que technique, reconnaissons cependant que les exigences des marchés et de la société concourent à des différences de vue parfois très marquées.

Malgré une longue tradition de discussions interprofessionnelles, il n’a pas toujours été possible, hélas, de dégager des accords équilibrés entre certains partenaires.  En 2009, nous connaissions l’un des épisodes les plus négatifs de l’histoire laitière récente pour les producteurs, avec un effondrement catastrophique des prix du lait que l’absence quasi totale de règles européennes efficaces de marché n’a pu éviter, les seuls quotas s’étant révélés insuffisants. Pour certains acheteurs, la tentation de durcir parfois à l’extrême les relations de collecte et de prix fut trop grande et se sont concrétisés.

Il fallait absolument que l’on recherche une formule plus permanente pour que le respect des producteurs par leur acheteur, quel qu’il soit, coopératif ou privé, soit garanti. Ce même respect qui doit aussi de trouver dans l’autre sens, évidemment. L’Agrofront et la CBL se sont donc mis autour de la table pour regrouper dans un document consensuel un ensemble de bonnes pratiques commerciales et relationnelles. Le résultat fut le « code de conduite interprofessionnel »  qui a été officialisé le 22 décembre 2009.

Ce code a permis de solutionner un certain nombre de situations tendues au cours des dernières années et, par ailleurs, a fait l’objet de quelques adaptations qu’ont nécessité l’évolution des discussions et la réalisation de certains accords. Le dernier en date est celui de novembre 2018 qui a permis à l’ensemble des organisations agricoles flamandes et wallonnes, il faut le souligner le Front Vert wallon s’y est associé, et à la CBL de développer quelques modifications portant sur la détermination officielle de la qualité du lait, lesquelles sont en cours d’intégration dans les textes légaux.

Il reste cependant que ce code ne couvre pas encore toutes les situations ni toutes les matières, notamment la politique contractuelle qui pourrait sans doute être développée et sécurisée davantage. Et par ailleurs, il ne s’adresse qu’aux membres de la CBL et aux producteurs membres des organisations agricoles fondatrices. La FWA considère dès lors que toute la politique relationnelle entre producteurs et acheteurs mérite d’occuper une place de choix dans cette nouvelle structure de discussions et de négociations plus formelle. Et les portes de MilkBE restent bien sûr ouvertes à d’autres acteurs.

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