En visite dans une région qu’il affectionne particulièrement, le Ministre de l’Agriculture Denis Ducarme a fait escale à Froidchapelle, chez Julien Van Landschoot, pour y découvrir son élevage de poulettes biologiques. Intéressé par la manière de produire ces jeunes volailles destinées à la ponte, le Ministre s’est aussi montré très soucieux des craintes du jeune agriculteur notamment sur les futures règles de production en discussion au niveau européen.

Isabelle Jaumotte

Julien s’est lancé, en 2017, dans l’élevage de poulettes destinées à la ponte et ce, en production biologique. Le secteur avicole, et particulièrement la production d’œufs bio, est en plein boom depuis 2010. Pour assurer la fourniture de poules destinées au peuplement ou au renouvellement des ateliers de production d’œufs sans période de conversion, il était indispensable de pouvoir produire, en Wallonie, des poulettes selon le mode de production Biologique. Le premier élevage a vu le jour en 2013 et il y a maintenant 4 bâtiments d’élevage de poulettes Bio.

En production Biologique, les animaux sont, notamment, nourris avec des aliments Bio, bénéficient de normes élevées en termes de bien-être et doivent avoir un accès à un parcours extérieur dès que les conditions le permettent. Ainsi, les poulettes de Julien Van Landschoot, qui arrivent dans le bâtiment alors qu’elles n’ont qu’un jour, profitent d’un parcours extérieur dès qu’elles sont plumées, vers 6 semaines. Avant de profiter pleinement du parcours et même si les conditions ne permettent pas de sortir, elles peuvent bénéficier de deux jardins d’hiver situés de part et d’autre du bâtiment. Ces jardins sont séparés de l’extérieur par un simple filet brise-vent de sorte que l’ambiance y est très proche de l’extérieur mais tout en restant à proximité immédiate du bâtiment. L’agriculteur a longuement expliqué au Ministre Ducarme le fonctionnement du système mis en place dans son bâtiment. Celui-ci permet de maintenir les poussins dans un espace plus confiné les premiers jours afin de s’assurer que les animaux aient directement accès à la nourriture et à l’eau. Au fur et à mesure de la croissance de ceux-ci, le système s’adapte en libérant plus d’espace et des «étages» pour inciter les futures pondeuses à s’épanouir sur les différents niveaux et sur les perchoirs. Les poules qui quittent son exploitation à 17-18 semaines iront dans des élevages Bio où elles entameront leur carrière de pondeuses.

Fier de son élevage, Julien Van Landschoot n’a pas manqué d’évoquer les craintes qu’il nourrit pour son avenir et ce, notamment au vu des discussions sur les règles de production Biologique qui se déroulent actuellement à la Commission européenne mais aussi au niveau wallon. Si le règlement Bio actuel est assez léger en termes d’exigences propres à l’élevage des poulettes, les grands principes de l’Agriculture Biologique doivent cependant être respectés mais tout le monde n’en fait pas la même lecture. Ainsi, des différences non négligeables peuvent se rencontrer selon les Etats membres, créant des distorsions de concurrence entre les producteurs. Les français par exemple, ne font pas sortir leurs poulettes pour des raisons sanitaires mais elles ne perdent pas pour autant leur certification Biologique. Pour Julien Van Landschoot, l’important est de tenir compte de ce qui existe, des investissements réalisés et donc de prévoir une période d’adaptation suffisante pour garantir la rentabilité de l’investissement dans le respect des règles de production.

Soucieux de promouvoir et de valoriser les produits agricoles wallons, le Ministre Ducarme a bien compris les craintes de Julien Van Landschoot et des autres éleveurs de poulettes. Il a ainsi pris note des conséquences, notamment économiques, que de nouvelles exigences pourraient avoir sur leurs élevages tout en rappelant le nécessaire respect des principes de l’Agriculture Biologique. Cependant l’Agriculture Biologique étant une compétence régionale, il s’est engagé, avant de prendre congé, à s’en référer à son collègue wallon en charge de l’Agriculture.

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