La Coopérative des Eleveurs de Wallonie est née

Vendredi dernier, des éleveurs de Wallonie, dont la plupart sont affiliés à la Fédération Wallonne de l’Agriculture, ont constitué une coopérative ayant pour objectif principal de s’unir pour obtenir une meilleure rémunération au travers d’une valorisation plus transparente du fruit de leur travail.

Yvan Hayez

Le projet d’une coopérative d’éleveurs était en gestation depuis plusieurs mois au sein de la Fédération Wallonne de l’Agriculture. Le scandale lié à la société Veviba, la fraude économique avérée aux dépens des éleveurs et l’atteinte qu’elle porte à l’image de notre profession, ont, sans conteste, contribué à accélérer la création de ce groupement d’éleveurs. Par cette démarche, les éleveurs ont la volonté d’aborder le marché de la viande bovine sous un nouvel angle en offrant un produit clairement identifié et différencié aux consommateurs. Les objectifs principaux sont d’offrir un produit local rémunérateur qui répond à une demande qualitative de la part du consommateur en termes de goût et de mode de production. Conjointement à son objectif commercial, la coopérative veut développer une structure sous forme d’organisation de producteurs (OP) ouverte à tous les producteurs sans qu’ils ne fournissent nécessairement des bêtes à des fins de commercialisation. L’objectif de cette plate-forme est d’informer (recueillir des infos sur la filière, les synthétiser et les diffuser vers les producteurs), former (organiser des formations pertinentes, centraliser les supports techniques, créer un espace d’échanges), planifier (assurer la coordination de la production, la logistique de transport, …) et communiquer (promouvoir les produits, défendre les intérêts des producteurs). L’ambition de la coopérative créée vendredi dernier va donc au-delà des aspects commerciaux et purement économiques.

Comme évoqué plus haut, le scandale Veviba – il aura au moins eu cette vertu – a contribué à accélérer le processus de constitution de la coopérative. De fait, le lundi 19 mars dernier, le manager de crise nommé par les pouvoirs publics wallons et dûment mandaté par les conseils d’administration des sociétés concernées pour mener les négociations de vente, a invité tout acquéreur intéressé à lui manifester son intérêt (non liant) par courriel pour le mercredi 21 mars minuit. Réuni en urgence avant son Conseil Général de mercredi dernier, le Comité Directeur Syndical de la FWA a pris la décision d’introduire avant minuit un courriel d’intention et de constituer dans les meilleurs délais une coopérative d’éleveurs, ce qui a été fait vendredi dernier en matinée. Le courriel ayant été réceptionné le jeudi, le timing imposé par le manager de crise prévoyait l’introduction dans les 48h par le candidat d’une lettre d’introduction non liante décrivant succinctement le projet et comprenant divers informations dont l’identité du candidat acquéreur, en l’occurrence, la coopérative d’éleveurs qui a été mise place vendredi dernier. Les services de la FWA ont introduit la lettre d’intention dans les délais (vendredi soir) pour compte de la Coopérative des Eleveurs de Wallonie. C’est donc bien la coopérative et non la FWA qui se porte candidat acquéreur.

Les grandes lignes du projet sont l’acquisition minoritaire d’un ou d’outils d’abattage du groupe Veviba situé dans notre Région. Les autres acquéreurs pourraient être des membres du personnel de Veviba et bien entendu un professionnel de la cheville qui serait majoritaire. Des contacts – discrets pour des raisons évidentes – sont en cours avec ces derniers.

Il va de soi que la Coopérative des Eleveurs de Wallonie pourra retirer à tout moment sa candidature si elle estime que les garanties minimales d’une reprise viable et sérieuse n’étaient pas rencontrées.

Selon nos informations, une trentaine de candidats se seraient manifestés et les candidatures retenues pourraient être connues d’ici deux semaines. Parmi celles-ci il y a bien entendu des professionnels de la cheville, tant belges qu’étrangers, mais également des éleveurs regroupés eux aussi au sein d’une structure similaire à la coopérative mise en place vendredi dernier. La Fédération Wallonne de l’Agriculture a eu divers contacts et s’est voulue fédératrice d’un maximum d’éleveurs de notre région. Nous avons pris acte de la volonté d’aucun de poursuivre leur propre voie. Il va de soi pour la FWA et la coopérative qu’elle a contribué à mettre en place, que chaque éleveur reste libre d’adhérer ou de ne pas adhérer à tel ou telles structures.

Lors de sa constitution, la Coopérative des Eleveurs de Wallonie a nommé un Conseil d’Administration provisoire parmi ses 14 membres fondateurs. Ce CA s’est réuni une première fois cette semaine. Une séance d’information ouverte à tous les éleveurs qui le souhaitent est organisée le mercredi 4 avril prochain à partir de 19h30 au siège de la Fédération (cf encart ci-dessous). Les responsables de la coopérative présenteront le projet et répondront aux questions de l’assemblée. Au terme de la séance, ceux qui le souhaitent, pourront déclarer leur intention d’adhésion à la Coopérative des Eleveurs de Wallonie.

Comme elle s’y était engagée, la FWA et ses services sont heureux d’avoir contribué à la naissance d’une coopérative d’éleveurs. De fait, elle considère que cette dernière peut être un levier de développement positif et significatif pour le secteur de l’élevage de notre région. Au-delà de son implication dans un ou des abattoirs qui reste incertaine à ce jour, la coopérative fédérant des éleveurs de notre région devrait se concentrer sur sa vocation de l’intérêt collectif et ainsi pouvoir contribuer à une meilleure valorisation et transparence du fruit du travail de qualité des éleveurs.

En cohérence avec sa vocation première de défense professionnelle des agriculteurs de notre région, la FWA n’a pas pour mission de s’impliquer financièrement dans des outils à finalité commerciale. Par contre, comme elle s’y est engagée et pour autant que les responsables de la coopérative le souhaitent, la FWA et ses services sont à disposition pour apporter leur expertise et contribuer à l’épanouissement et le rayonnement de la Coopérative des Eleveurs de Wallonie.

Quoi qu’il en soit et comme elle l’a déclaré depuis le début de l’affaire Veviba, la FWA ne lâchera pas le morceau. Avec ses collègues de l’Agrofront et notamment au travers de la concertation de la chaîne agroalimentaire qui s’est encore réunie vendredi dernier, la FWA continuera à peser de tout son poids et ce, à tous les niveaux, pour que cette crise soit mise à profit pour corriger et améliorer les process au sein des maillons intermédiaires de la chaîne agroalimentaire de notre pays. S’il y a un après-Vevibas, cela doit s’inscrire dans la perspective de circonscrire au maximum les tentations de fraudes économiques, et par là de fraudes sanitaires, en imposant la plus grande transparence légitimement attendue par les consommateurs.

Dossier Veviba: suites, et pas fin

Dans le dossier Veviba, chaque jour ou presque apporte son lot de nouvelles informations. Comme elle s’y est engagée depuis le début, la FWA suit ce dossier de très près.

Yvan Hayez

Comme cela a été largement répercuté dans les médias, la Fédération Wallonne de l’Agriculture a mené une action, avec l’UAW et la FJA, devant le Parlement de Wallonie le mercredi 14 mars. L’objectif premier était de conscientiser et de responsabiliser l’ensemble de la classe politique wallonne, tous partis tous confondus, aux initiatives visant la mise en place de process assurant un maximum de transparence au sein des maillons intermédiaires de la chaine agroalimentaire en général, et des abattoirs et particulier.

Comme annoncé dans la précédente édition, la FWA a réalisé un document de travail formulant des propositions concrètes pour atteindre cet objectif de transparence. Les propositions formulées par l’ensemble des maillons de la chaîne agroalimentaire belge seront débattues ce vendredi dans la perspective d’un cahier des charges défendu par tous les maillons et devant être appliqué et contrôlé au niveau de tous les abattoirs de notre pays.

In fine, ce cahier des charges sera adressé tant aux responsables fédéraux que régionaux. Les propositions formulées devraient également aider à améliorer le mode de fonctionnement de l’AFSCA.

Dans l’état actuel de nos connaissances, il apparaît en effet que si l’AFSCA semble avoir appliqué les procédés que lui impose son cahier des charges, elle a peut-être négligé d’élargir sa vision aux fraudes économiques qui s’organisaient chez Veviba. A cet égard, il nous paraît opportun qu’une meilleure coordination des divers contrôles qui s’exercent au niveau d’une entreprise soit mise en place afin d’éviter que de tels événements puissent se reproduire. C’est dans cet état d’esprit que la FWA est disposée à collaborer pour améliorer le fonctionnement de l’AFSCA. Par contre, les propositions de régionalisation de l’AFSCA présentées par certains nous semblent tout à fait inappropriées. Ceci pour diverses raisons, à savoir un coût important pour nos concitoyens risquant d’entraîner une politique sanitaire à deux vitesses dans notre pays, et de par le fait que l’outil contribue à nos arguments d’exportation, qu’il est indispensable de conserver au niveau fédéral.

La proposition émise cette semaine par divers intervenants dans le débat, de transférer la tutelle de l’AFSCA de l’Agriculture vers la Santé peut être prise en compte par la FWA. Toutefois, nous craignons que l’arrivée des compétences «AFSCA» dans le portefeuille déjà très chargé du Ministère de la Santé relègue les préoccupations du secteur agricole au second plan. Au final, ce qui nous inquiète c’est que ce transfert de compétences conduise à la dilution des questions de santé et de traçabilité animale et végétale qui restent fondamentales pour les agriculteurs comme pour toute la filière agroalimentaire, jusqu’au consommateur.

Comme elle l’a dit depuis le début, la FWA est également très attentive aux enjeux socio-économiques qui se jouent autour des outils gérés par le groupe Veviba. Selon nous, leur avenir est étroitement lié à un changement de management et doit prendre en compte les dispositions prises par la justice à leur encontre (certains outils étant placés sous scellés avec un retrait d’agrément et d’autres pas). Lundi matin, le patron de Veviba a publiquement annoncé son intention de faire un pas de côté.

Par ailleurs, et l’initiative est largement soutenue par l’ensemble de la communauté politique, au moins deux projets de coopératives impliquant des éleveurs sont à un stade de réflexion avancé et pourraient intégrer la reprise d’un outil d’abattage.

Sur cet aspect du dossier et sans a priori, la FWA se veut fédératrice et propose une réflexion commune visant à aboutir sur un projet solide à la construction duquel elle est prête à apporter son appui logistique et toutes ses compétences.

Toutefois et de façon assez surprenante, alors que l’ensemble de la classe politique semblait soutenir l’idée d’une coopérative impliquant les producteurs, nous avons appris ce lundi fin de journée qu’un accord était intervenu jeudi dernier entre le management de l’abattoir et la Région via les deux managers de crise désignés dans l’affaire. Cet accord prévoit que le management libérerait l’outil, mais aussi qu’un appel est en cours pour permettre aux repreneurs intéressés de se faire connaître pour le mercredi 22 à minuit, ouvrant la possibilité de reprise à des opérateurs étrangers, ce qui n’était pas souhaité par la classe politique au départ. Un nouveau développement qui laisse une marge de manœuvre étroite à un projet de coopérative associant les éleveurs….

Tout nous laisse croire que ce dossier mobilisera encore nos services pendant plusieurs semaines. Peut-être serons-nous amenés à mobiliser encore une fois nos affiliés.

Que tous ceux qui nous ont rejoints à Namur le 14 mars dernier soient remerciés d’avoir contribué largement, par leur présence, à la réussite de cette action.

Cliquez ici pour lire l’édito de la semaine dernière, qui revient sur les débuts du dossier.

FRAUDE VEVIBA – LA FWA ne lâchera pas le dossier!

La filière agroalimentaire belge est une nouvelle fois plongée dans la tourmente. En cause, des pratiques frauduleuses découvertes et révélées de la part d’un opérateur important de la filière.

Yvan Hayez

Dès qu’elle a pris connaissance de la fraude découverte à Bastogne, la Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA) a exprimé le jour-même (dès jeudi dernier) sa colère à l’égard des faits révélés qui portent un discrédit sur l’ensemble de la chaîne et risquent d’engendrer des conséquences économiques majeures pour nos éleveurs qui sont par ailleurs déjà exposés à des difficultés de rentabilité depuis plusieurs mois, voire années.

La FWA et ses partenaires de l’Agrofront ont sollicité en urgence une rencontre avec le Ministre de tutelle, Denis Ducarme, ce qui a été organisé l’après-midi même. Les informations transmises par le Ministre attestent des éléments suivants:
- des fraudes massives sur l’étiquetage et les dates limites de conservation en chambre froide
- des fraudes à partir de la chaîne d’abattage où le périmètre découpé autour de la zone de saignée était réintroduit dans le circuit de la filière alimentaire
Pour la FWA, il s’agit au départ d’une fraude économique qui est à l’origine d’une seconde fraude, cette fois d’ordre sanitaire. Cette fraude porte directement préjudice aux éleveurs dans la mesure où la pesée officielle sous-estimait les kilos qui devaient être payés aux éleveurs. Elle les touche aussi indirectement en termes d’image et d’une probable détérioration du prix payé aux producteurs suite à une méfiance qui pourrait apparaître chez le consommateur.

De fait, des morceaux de viande prélevés avant la pesée officielle sur la bête une fois abattue, ont ensuite été réinjectés dans le circuit à des fins alimentaires en créant un circuit parallèle de viande non expertisée. Le management de l’abattoir a organisé cette fraude économique et induit ainsi des manquements inacceptables en termes de traçabilité des produits.

Depuis le début de cette crise, la FWA a multiplié les contacts avec les différents maillons de la chaîne agroalimentaire.
La FWA exige que ce nouveau scandale soit «mis à profit» pour mettre en place des normes de fonctionnement qui assurent un maximum de transparence et mettent définitivement fin aux pratiques obscures telles qu’elles ont été révélée lors cette énième crise. Comme elle le réclame depuis de nombreuses années, la FWA exige que de nouvelles pratiques transparentes soient imposées et contrôlées tant au niveau de l’ensemble des abattoirs que du commerce de bétail en général. Ses positions, la FWA a eu largement l’occasion de les relayer médiatiquement au travers des très nombreuses interventions de ses représentants sur toutes les chaînes de télévision, de radio, ainsi que via la presse écrite.
Suite aux contacts que nous avons initiés, d’autres maillons de la filière agroalimentaire ont clairement exprimé leur volonté de partager et soutenir nos fermes revendications.
Dès à présent, nous attendons de l’ensemble des pouvoirs publics qu’ils soutiennent et favorisent l’atteinte d’un tel objectif.

Concernant la fraude et le fait que l’affaire soit entre les mains de la justice, la FWA a décidé, lors d’un Bureau extraordinaire réuni dimanche, de se constituer partie civile et a invité ses collègues  de l’Agrofront à la suivre dans cette démarche, ce qui a été confirmé ce début de semaine tant par le Boerenbond que par l’ABS.
Suite aux divers contacts qu’elle a pris, la FWA prend acte du fait que d’autres maillons de la chaîne agroalimentaire (Comeos et Févia) réfléchissent à une démarche similaire.

En ce qui concerne l’AFSCA, certaines voix se sont élevées pour questionner son efficacité. La commission Santé publique du Parlement fédéral, qui s’est tenue ce lundi, a permis à chacun d’exprimer ses questionnements et ses inquiétudes.
Lundi après-midi, le cdH avait de son côté convoqué la presse à Namur, et a, à cette occasion, réclamé un audit complet de l’AFSCA suite aux évènements de ces derniers jours. Des propositions qui rejoignent celles du MR, du PS et d’Ecolo, qui partagent unanimement la volonté de comprendre comment ce scandale a pu se produire.

En ce qui concerne l’abattoir de Bastogne proprement dit, la FWA souhaite rappeler l’importance économique et sociale de l’outil. Au-delà du management qui n’a plus sa place dans la filière agroalimentaire belge, il convient rapidement de construire un avenir propre et pérenne à cet outil et à ses employés.
Ce mardi, le Ministre régional de l’Agriculture a rassemblé largement les acteurs du secteur concerné par cette crise. La FWA, présente à cette réunion, a écouté avec intérêt les propositions émanant d’autres interlocuteurs crédibles, représentatifs et responsables.
Lors de cette réunion, la question de la remise en route de l’outil –partiellement à l’arrêt- a été largement abordée. Tous s’accordent sur le fait qu’il est important pour la filière, de pouvoir remettre l’outil en fonctionnement, en toute transparence et en toute sécurité, et de lui conserver son caractère belge. La confiance du consommateur est un élément capital: pour ne pas l’écorner davantage, il faut impérativement communiquer de façon transparente dans le cadre de cette crise et mettre tout en œuvre pour rendre le contrôle de nos filières alimentaires encore plus efficace et réactif. Il serait peut-être adéquat, afin d’éviter la reproduction de la crise d’aujourd’hui, d’élargir les missions de l’agence chargée de ce contrôle.
Il faut enfin éviter d’opposer les modèles et les filières: tout le monde est touché, en termes économiques et/ou en termes d’image. Ce n’est pas le moment d’opposer les secteurs, les modes de production, de commercialisation, ce n’est jamais le moment d’ailleurs! Il est plus que jamais impératif que l’union du secteur agricole et des maillons de la filière soit sans faille dans cette crise, car il est de l’intérêt de tous de travailler à obtenir rapidement une chaîne plus transparente, afin de pouvoir rassurer pleinement les consommateurs.

A l’heure où nous mettons sous presse, une réunion extraordinaire de la Concertation chaîne se terminait à Gembloux. L’ensemble des acteurs de la Concertation s’est accordé pour rédiger des propositions concrètes d’amélioration des mécanismes en place et éventuellement en proposer de nouveaux. Ces propositions doivent parvenir à la Concertation d’ici lundi au plus tard et seront examinées lors d’une nouvelle réunion qui se tiendra le vendredi 23/03.

La FWA continue à suivre ce dossier heure par heure et ne manquera pas de vous tenir pleinement informés au travers de ses divers canaux de communication.

MiiMOSA: la FWA, partenaire du nouvel appel à projets

Crelan et MiiMOSA prolongent leur partenariat et lancent un nouvel appel pour soutenir des projets de financement participatif dans les secteurs agricoles et alimentaires wallons. Via la Crelan Foundation, la banque renouvelle aujourd’hui son engagement avec MiiMOSA pour un deuxième appel à projets afin de stimuler l’esprit d’entrepreneuriat dans le secteur. La FWA-UAW-FJA et ACW sont partenaires du projet.

MiiMOSA       

MiiMOSA se spécialise dans le financement participatif exclusivement dédié à l’agriculture et à l’alimentation. La plateforme permet à des entrepreneurs locaux de soumettre leurs projets de financement au grand public. En échange de leurs dons à un projet, les participants reçoivent une récompense en nature, attractive, exclusive, et parfois inédite (sous la forme de produits ou d’expériences).

Florian Breton, fondateur et CEO de MiiMOSA: ”Lancée il y a 3 ans en France, MiiMOSA a déjà accompagné plus de 1.200 porteurs de projet. Lancée en Belgique fin 2016, MiiMOSA a déjà aidé à financer plus de 100 projets en Wallonie.» Le premier appel à projets a permis d’accompagner 17 projets en deux mois pour un montant total de 90.500 euros.

Une deuxième campagne commune     

Philippe Voisin, CEO de Crelan: ”En février 2017, MiiMOSA et Crelan ont conclu un accord de partenariat résultant en un premier appel à projets commun réussi. Nous sommes heureux de donner une suite à cette première édition. Crelan considère le financement participatif comme un complément financier intéressant pour les porteurs de projet. Le financement participatif élargit donc les possibilités de financement pour l’entrepreneur. Grâce à notre collaboration avec MiiMOSA, nous sommes en mesure de mettre en contact nos clients, entrepreneurs et particuliers, avec cette forme de financement.”

L’appel à projets

Ce deuxième appel à projets commun, adressé au secteur agricole et agroalimentaire wallon, se déroulera du 20 février au 20 avril 2018. Au cours de cette période, les entrepreneurs intéressés pourront introduire un projet avec l’accompagnement de MiiMOSA. Crelan soutient cet appel en communiquant cette initiative via son site www.crelan.be ainsi que sur ses médias sociaux: Facebook et Twitter. Une newsletter sera également envoyée à tous ses clients en Wallonie. Fin juin, la banque décernera le titre de ‘Coup de cœur’ à cinq nouveaux projets. 

Coups de cœur

Cette année, Crelan souhaite à nouveau apporter un soutien supplémentaire à un certain nombre de projets ‘Coups de cœur’. Il s’agit, cette fois-ci, d’une contribution supplémentaire de 10% de l’objectif collecté apportée à cinq projets, la participation de Crelan étant limitée à 1.500 euros par projet. Un jury, composé de membres de Crelan et de la Fédération Wallonne de l’Agriculture (FWA), sélectionnera, fin juin, les cinq gagnants sur base de l’innovation, de l’entrepreneuriat et de la mesure dans laquelle les quatre valeurs de Crelan, à savoir solidaire, proche, responsable, respectueuse, sont représentées dans les projets. Les coups de cœur seront distribués lors de la foire agricole, forestière et agroalimentaire de Libramont où les lauréats profiteront d’une attention médiatique supplémentaire.

 

La FWA, l’UAW, la FJA et ACW, en collaboration avec Crelan & MiiMOSA, organiseront une formation le 15 mars 2018 à 20 heures, dans les locaux de la maison de la ruralité, situés Chaussée de Namur 47 à 5030 Gembloux.

MiiMOSA y présentera les étapes clés pour réussir un appel au financement participatif et Crelan, l’appel à projets.

Inscription obligatoire par mail à eb.aw1534921528f@awf1534921528 ou au 081/60.00.60

 

 

Mercosur: la FWA multiplie les rencontres

Face à la menace que font peser les accords du Mercosur sur notre secteur en général, et sur celui de la viande bovine en particulier, la FWA multiplie les contacts tous azimuts auprès du monde politique.

 

Yvan Hayez

Les accords du Mercosur en discussion depuis plusieurs années déjà pourraient toucher plusieurs piliers de l’économie agricole européenne et a fortiori wallonne. Pour rappel, l’offre de l’UE affiche notamment 600.000 t d’éthanol, 100.000 t de sucre destiné au raffinage, 2.000 t d’autres sucres, 90.000 t. de viande de volailles et 90.000 t. de viande bovine.

Face à ce dossier, la Fédération Wallonne de l’Agriculture a multiplié les contacts. Le premier d’entre eux s’est tenu le 19 février au Cabinet du Ministre fédéral de l’Agriculture, Denis Ducarme, où nous étions reçu avec le Président Joseph Ponthier, par deux collaborateurs de la cellule agriculture du Cabinet du Ministre. Peu avant cette rencontre, nous avons eu l’occasion d’un bref échange avec le Ministre qui quittait son Cabinet pour se rendre au Conseil des Ministres européens de l’Agriculture.

Ce dernier a exprimé sa détermination à défendre nos intérêts et à adopter une attitude défensive tant sur la viande que sur le sucre et l’éthanol. Dans cette perspective, il avait pour objectif de trouver des alliés parmi ses homologues européens.

La rencontre avec ses collaborateurs a principalement servi à échanger les points de vue sur ce dossier et à donner des éléments permettant d’étayer la position du Ministre en notre faveur. Cette rencontre a également permis d’aborder d’autres dossiers tels que les enjeux de la PAC 2020, la problématique des OGM, la FCO, le fonctionnement de l’AFSCA ou encore la ferme volonté du Ministre d’exploiter le marché asiatique en matière d’exportation de notre viande bovine.

Le lendemain matin, le mardi 20, les représentants de l’Agrofront (AAB, BB et FWA) se réunissaient au siège du Boerenbond à Louvain pour y traiter de 9 points d’actualité dont la préparation de contacts avec divers hommes politiques sur la question du Mercosur. Il s’agissait avant tout sur ce dossier, de concilier les positions des membres de l’Agrofront, ce qui a pu être fait sans difficulté. La rédaction de cette position commune a donc pu être présentée dès l’après-midi au Ministre Kris Peeters (vice-Premier Ministre, en charge de l’emploi, de l’économie et des exportations) qui a reçu la délégation de l’Agrofront et s’est montré particulièrement attentif au point de vue de notre secteur. Au cours de l’entretien, le ministre s’est engagé à sensibiliser la Commissaire Cécilia Malström qui s’apprêtait à partir vers l’Amérique du sud dans la perspective du suivi de ce dossier, ainsi que le Ministre Reynders, également étroitement impliqué dans ce dossier. Le Ministre Peeters nous a affirmé que le Premier ministre Charles Michel était également  très sensible à ces enjeux et que celui-ci ne manquerait pas d’interpeler la Commission notamment sur les normes phytosanitaires et les normes de production, ainsi que la mise en place de réels contrôles.

Le Ministre Peeters a également évoqué la pertinence de mettre en place des clauses de sauvegarde en cas de déstabilisation des marchés au sein de l’Union européenne.

Au terme de cette rencontre, les membres de l’Agrofront ont décidé de solliciter une rencontre avec le Premier Ministre. Cette demande est en cours. Le lendemain, les partenaires de l’Agrofront ont reçu une réponse du Ministre Reynders, au courrier qui lui avait été adressé en date du 1er février.

Dans sa réponse, le Ministre Reynders rappelle qu’il est important de conclure des accords commerciaux afin d’assurer un commerce plus durable et plus équitable. Il assure que par ces accords, la Commission européenne entend conduire les producteurs d’Amérique du Sud à respecter les mêmes normes sévères que celles qui sont appliquées chez nous pour assurer une concurrence loyale et éviter de fragiliser des secteurs déjà sensibles, comme la production de viande bovine ou de volaille. Il se dit très attentif à ce que la négociation débouche sur des avantages tarifaires qui ne soient pas de nature à mettre à mal nos secteurs agricoles. Il a demandé, signale-t-il, que ses services étudient la mise en œuvre d’un système transversal qui prendrait en compte les effets cumulatifs des divers accords internationaux, afin d’éviter de fixer des quotas à un niveau qui déséquilibrerait le monde agricole.

De même que pour le Premier Ministre, les partenaires de l’Agrofront ont sollicité une rencontre avec Didier Reynders afin de discuter de ce dossier plus avant.

Au cours de cette semaine très active, une rencontre sur un tout autre dossier avec le Ministre wallon de l’Agriculture René Collin a aussi offert l’occasion à nos représentants de rappeler les inquiétudes du secteur face au Mercosur. Des inquiétudes que le Ministre régional comprend et partage, et dont il nous a encore assuré qu’il ne manquerait pas de les appuyer auprès du Ministre fédéral.

Enfin, à l’initiative de Pierre Vromman, président FWA du BW, nous avons eu l’occasion d’un échange avec le Ministre-Président wallon Willy Borsus accompagné de la Ministre Valérie De Bue, dans l’exploitation familiale des Vermeiren à Mellery.

Lors de ces trois heures d’échanges à bâtons rompus et particulièrement conviviales, les préoccupations de, et exprimées par, nos affiliés sur tous les dossiers d’actualité agricole et sur le Mercosur notamment, ont été largement discutées.

Félicitations aux organisateurs de cette rencontre qui, par leur dynamique de terrain, s’inscrivent parfaitement en synergie avec le travail de sensibilisation que les responsables de notre organisation ont pu réaliser par ailleurs. Défendre tous ensemble, à tous les niveaux, les intérêts communs de notre profession, c’est bien là la raison d’être de notre Fédération!

AG FWA 2018: orateurs d’exception et large participation!

 

 

Le mercredi 7 février dernier s’est tenue la traditionnelle assemblée annuelle de la Fédération Wallonne de l’Agriculture en l’Espace Senghor de Gembloux AgoBioTech. Cette édition était, par certains aspects, inédite, dans la mesure où, outre l’exposé d’un conférencier, nous avions 4 ministres qui se sont succédé à la tribune. Peu d’organisations sectorielles ont l’occasion de réunir dans un même temps, un même lieu, autant de ministres en exercice. Compte-rendu…

 

 

 

 

 

 

 

Yvan Hayez

Après avoir accueilli une assemblée bien garnie, notre Président Joseph Ponthier, appuyé par plusieurs capsules vidéo, a retracé le bilan de l’année syndicale 2017 et dessiné les perspectives et les revendications de la FWA pour 2018.

L’intervention du Président Ponthier peut se résumer de la manière suivante: il a rappelé, chiffres à l’appui, les difficultés économiques de l’ensemble de nos principaux secteurs de production. Dans ce contexte, un renforcement des restrictions d’usage des produits phytosanitaires ne peut être adopté sur des bases purement idéologiques à caractère populistes. Comme déjà évoqué dans ces colonnes, nous avions rencontré une partie du Gouvernement wallon et au terme des échanges, un cadre avait été clairement défini. Le Président a rappelé de manière ferme, qu’il attendait du Gouvernement qu’il tienne ses engagements. Nous tenons à rappeler que pour ce dossier, comme tous les autres, la FWA est avant tout une force de proposition de solutions qui s’appuie sur de l’objectivation et de l’argumentation, et quoi qu’en disent certains, nous ne faisons pas de l’opposition pour de l’opposition, mais bien une défense de l’ensemble de la profession de manière pragmatique en dehors de toute idéologie. 

Dans sa longue intervention, Joseph Ponthier a passé en revue de façon exhaustive, tous les dossiers suivis au quotidien par les services de notre Fédération. Le Président a rappelé que plus que jamais, le secteur agricole européen a besoin d’une PAC forte, s’appuyant sur un budget à la hauteur des défis imposés à l’agriculture, et que le maintien des aides couplées, le statu quo sur la convergence, ainsi qu’un verdissement économiquement et agronomiquement acceptable constituaient les priorités de notre mouvement. Sur le plan national, voire régional, l’amélioration du fonctionnement des filières et termes de transparence et de répartition des marges est aussi un élément clef.

Au terme de son exposé, Joseph Ponthier a invité à la tribune Bruno Colmant, économiste de renom, qui fait autorité autant en Belgique qu’à l’étranger, pour la pertinence de son analyse du contexte économique.

Pour introduire son exposé, Bruno Colmant a rappelé les relations amour-haine qui lient le Royaume Uni et l’Europe de Churchill à Theresa May, précisant que le Royaume Uni n’a jamais pleinement fait partie de l’Union européenne. Il a également rappelé les errances de la politique monétaire européenne suite à la crise bancaire de 2008: celles-ci étant liées étroitement à la diversité culturelle des Etats membres du Vieux Continent. Le Brexit que nous connaissons actuellement est né d’un coup de poker politique dont l’impact économique sera négatif des deux côtés de la Manche.

 

Pour B. Colmant, diverses solutions sont envisageables:

  • augmentation de la contribution des Etats membres,
  • diminution des dépenses,
  • combinaison des deux premières,
  • introduction de nouvelles ressources propres à l’Union européenne.Sans préjuger de la ou des solution(s) retenue(s), il est probable que ce soit la première qui sera privilégiée, voire la troisième. Selon l’économiste, l’impact budgétaire pour notre pays pourrait être une augmentation de 3.4 % de notre contribution au budget européen.Compte tenu de la diversité culturelle de l’Union, certains Etats membres sont partisans d’une réforme, voire d’une réduction, du budget alors que d’autres prônent une hausse de l’apport des états.Il n’est pas étonnant de constater que la Belgique, qui est un laboratoire culturel en soi, se situe dans une zone partagée entre ces deux extrêmes.

    Concernant les relations futures entre l’Union et le Royaume Uni, Bruno Colmant nous a présenté différents degrés de relations qui pourraient être maintenus à l’avenir. Ceci pourrait se traduire par des relations qui restent très étroites à l’image de la Norvège, ou se limiter à des relations purement commerciales telles que nous les connaissons actuellement avec la Turquie.

    Dans son exposé, B. Colmant a aussi présenté 5 scénarios pour relancer l’Europe qui vont de la continuité à une Europe qui fait beaucoup plus ensemble sans exclure un espace européen à deux vitesses.

    Quoi qu’il en soit, il reste au niveau du Brexit beaucoup de choses à régler et surtout beaucoup d’incertitudes. Les principales d‘entre-elles sont, d’une part, les divergences au sein même du gouvernement britannique et d’autre part la capacité des autres Etats membres à affronter cette crise en restant unis.

    Pour Bruno Colmant, la raison devrait l’emporter et un divorce serein devrait pouvoir être possible.

     

    C’est le Ministre de l’Environnement, Carlo Di Antonio qui a, le premier, rejoint la tribune à l’issue de l’exposé de Bruno Colmant. Il a exprimé sa conviction que notre secteur fournirait toujours à l’avenir l’alimentation de nos concitoyens et d’une absolue nécessité de répondre aux attentes de nos consommateurs. De manière plus surprenante, il a évoqué ses réserves quant aux capacités exportatrices limitées de la Wallonie.

    Lors de son exposé, il a réaffirmé sa volonté d’une diminution drastique de l’usage des produits phytosaitaires, dans l’objectif de faire de la Wallonie une région pionnière en la matière.

    De son côté, René Collin, Ministre de l’Agriculture, a rappelé son sentiment d’une renationalisation de la PAC dans un cadre budgétaire en déclin. Il a plaidé pour un renforcement du secteur primaire au sein des filières. Parmi les nombreux sujets qu’il a aussi évoqués, on peut relever la révision de la loi sur le bail à ferme, un dossier complexe mais un défi qu’il fallait relever. Son soutien au projet porté par la FWA, Duraphyto, ne nous a pas échappé et nous nous en réjouissons. Il a également plaidé pour une amplification du processus de simplification administrative dans un cadre permis par l’Union européenne.

    Enfin, pour René Collin, il ne peut être question de mettre les modes de production en opposition.

    Le Ministre-président Willy Borsus a affirmé la mobilisation de son Gouvernement auprès des agriculteurs et agricultrices en insistant notamment sur la nécessaire dimension rémunératrice de notre métier. Lors de son intervention, il a également rappelé l’engagement de la concertation de son Gouvernement sur la problématique des produits phytosanitaires. Sur le plan des relations internationales, il s’est engagé à une extrême vigilance sur ces dossiers et à clairement exprimé qu’en l’état, l’impact Mercosur n’était pas supportable.

    Dans son intervention, le Ministre fédéral Denis Ducarme a exprimé sa volonté d’une réforme de la PAC qui conserve les acquis, tout en reconnaissant la difficulté de combiner cet objectif avec un budget en probable diminution. Dans le cadre de ses attributions, il poursuivra son rôle d’ambassadeur national de notre agriculture pour renforcer nos marchés à l’exportation, voire en trouver de nouveaux. Il a aussi exprimé sa conviction selon laquelle les agriculteurs étaient avant tout des alliés de l’environnement. Enfin, il a clairement souligné sa volonté de défendre et de donner une perspective d’avenir aux productions betteravières dans notre pays.

    Lors des conclusions, votre serviteur a fait la synthèse des interventions. A cette occasion, j’ai aussi voulu évoquer les nombreux projets en gestation ou qui se mettent déjà en place au sein de notre Fédération pour améliorer encore le service que nous tenons à offrir à nos membres. Ces projets s’appuient notamment sur les réflexions et suggestions récoltées lors de nos travaux des Assises de la FWA, organisées à l’automne 2017.

    Gouverner, c’est prévoir. Comme rappelé ci-avant, la FWA se veut avant tout une force de proposition, et c’est dans cet esprit que j’ai voulu proposer à la classe politique largement représentée l’idée de la mise en place d’une étude prospective s’appuyant sur la communauté scientifique visant à dessiner ce que sera notre agriculture dans un terme de 5 à 10 ans. L’amélioration variétale et de nouvelles productions agricoles durables (sur les plans économique, social et environnemental) devraient voir le jour. De telles analyses prospectives doivent être entamées sans tarder et doivent faire l’objet d’une collaboration entre ceux qui les mènent et le secteur, afin de donner des perspectives à notre profession qui en a grand besoin.

    Enfin, dernier fait remarquable de notre assemblée annuelle. Il s’agissait pour Yves Somville, du dernier congrès auquel il assistait en sa qualité de secrétaire général adjoint de la FWA, puisqu’il sera méritoirement admis à la pension à la fin mars. Les conclusions se sont achevées sur un rappel de 35 ans de carrière au service du monde agricole wallon. La standing ovation du public qui a suivi cet hommage a souligné la reconnaissance du monde agricole envers Yves Somville et son indéniable engagement pour la cause agricole.

    Merci à toutes et à tous pour votre participation, ainsi qu’au personnel pour le travail fourni pour la préparation de cette journée qui s’est terminée, comme nous en avons l’habitude par une réception amicale qui s’est déroulée dans une ambiance chaleureuse.

Objectiver avant de décider !

Les années se suivent et malheureusement, se ressemblent. De fait, en ce début d’année, nous ne pouvons que constater une stagnation de l’économie agricole de notre région, tous secteurs confondus. Face à ce constat, l’adoption de nouvelles contraintes de production paraît inopportune voire tout à fait inacceptable. La semaine prochaine, une délégation de la Fédération Wallonne de l’Agriculture sera reçue à sa demande par le Ministre Président et les Ministres wallons fonctionnels. 
Yvan Hayez


 A la veille des fêtes de fin d’année, le Ministre de l’Environnement a annoncé sa volonté de renforcer les contraintes de pulvérisation afin « d’assurer la protection des citoyens contre l’exposition aux pulvérisations de produits phytosanitaires ».
Outre sa vocation première qui est d’alimenter nos concitoyens, la profession est parfaitement consciente des attentes de la société en matière d’environnement et de santé publique.
Il y a moins d’un mois, le Ministre a commandé auprès de l’Institut Scientifique de service public (ISSEP) une étude visant à objectiver cette exposition et proposer des mesures de réduction du risque. Les résultats sont attendus pour fin 2018.

Toutefois, sans attendre les résultats, le Ministre entend prendre de nouvelles mesures obligatoires dès juin 2018 :
- Sur tout le territoire wallon, la personne appliquant les produits phytopharmaceutiques devrait utiliser au minimum des buses qui limitent la dérive de 50%
- Sur tout le territoire wallon, il serait interdit de pulvériser lorsque la vitesse du vent est supérieure à 15km/h 
- Il serait interdit de pulvériser en bordure de toute parcelle, sur une largeur de 6 mètres sur les parties qui jouxtent une parcelle d’habitation ou fréquentée par le public. 
- Sur les parcelles situées à moins de 50 mètres d’un lieu d’habitation ou fréquenté par le public, il serait interdit de pulvériser entre 8h et 16h.
 
Pour la FWA, ces propositions ne sont pas acceptables !
- elles mettent la charge d’une préoccupation sociétale uniquement sur le secteur agricole
- elles sont non fondées au niveau scientifique,
- elles sont ingérables au niveau pratique,
- elles sont inefficaces au niveau de la limitation du risque
 
De plus, la FWA rappelle que de telles mesures ne manqueraient pas d’avoir un impact grave sur le revenu de l’agriculteur, et ce sans qu’une compensation ne soit prévue.
La FWA considère également qu’alors que l’on veut promouvoir nos productions locales, ces mesures vont soumettre nos producteurs à des contraintes de production qui, de facto, risquent de les disqualifier sur le plan économique face à la concurrence des produits importés qui ne sont pas soumis à ces mêmes contraintes. De telles mesures ne pourraient qu’encore grever la compétitivité de nos exploitations, déjà mise à mal sur les marchés mondiaux et même européens.
.
Sur base de l’évaluation de nos services, en fonction de la densité d’habitat et des zones fréquentées par le public (variable d’une exploitation à l’autre), la seule mesure d’interdiction de pulvérisation sur 6m pourrait impacter jusqu’à 5% de la surface des exploitations. La perte est même parfois plus importante pour des exploitations avec des petites parcelles dans des zones fortement urbanisées. Quel citoyen accepterait de se voir retirer une telle part de ses ressources ? A ce sujet, comme vous pouvez le lire dans l’encadré ci-dessous, la FWA appelle ses membres à évaluer l’impact que ces mesures auraient sur leurs exploitations respectives. Tous les éléments que vous pourrez nous communiquer nous permettront de renforcer nos revendications.
 
Lors de sa rencontre avec le Gouvernement wallon, la FWA réaffirmera ses revendications pour la viabilité de notre secteur. Pour la FWA, il ne peut être question d’adopter cet arrêté du Gouvernement wallon sans attendre les résultats de l’étude commandée auprès de l’ISSEP. 
Compte tenu des impacts multiples de ce dossier, la FWA exigera aussi que l’étude du dossier  soit pluridisciplinaire, et qu’elle intègre, outre les aspects environnementaux et sanitaires, les aspects économiques et sociaux.
 
Notre organisation sera très ferme sur ce dossier et ne pourra se laisser mener dans un agenda qui n’est pas le sien. Lors nos échanges avec le Ministre Président, nous l’avons d’ores et déjà informé que, en l’absence d’une issue recevable, la FWA se réserve tous les modes d’actions qu’elle jugera opportuns.      
 

Soutenez Benoît…et tous les autres !

Cette semaine, nous avons été contactés par un jeune agriculteur de la commune de Braine-le-Comte qui a pour projet de s’installer dans le cadre d’une ferme familiale et d’y développer l’élevage de porcs. Malgré son caractère durable, familial, respectueux du cadre villageois et de l’environnement, ce projet fait l’objet d’une violente opposition de la part d’un collectif de militants qui n’entend pas laisser l’agriculteur le mener à bien.
Parce qu’il s’agit d’un beau projet et parce qu’il est exemplatif de l’ambiance qui règne, dans le milieu rural, face à tout nouveau développement d’une activité agricole, la FWA a décidé de réagir et d’interpeler les médias via un communiqué qui a mené à de nombreux contacts positifs avec l’agriculteur.

Anne Pétré

La famille Pattyn exploite une ferme familiale située au cœur de Braine-le-Comte. Le projet du fils, Benoît, est la suite logique d’un élevage existant qui engraisse déjà la moitié des porcelets naissant sur place et qui cherche à engraisser l’autre moitié qui est actuellement vendue à l’extérieur. Benoît (29 ans) projette, à terme, de créer une boucherie à la ferme avec sa compagne, ce qui permettra de vendre une partie de la production de l’exploitation en circuit court. Son projet est réfléchi, concerté avec les administrations de la RW. Tout est mis en oeuvre pour assurer l’intégration de la ferme dans l’environnement de sa commune, dans l’économie régionale, dans le plus grand respect de ses concitoyens et des normes en vigueur.

La porcherie devrait être construire à l’extérieur du village de Ronquières où la famille dispose d’un terrain idéalement situé, à bonne distance du centre du village et de ses habitations. Pour s’assurer de la parfaite intégration de son projet dans le contexte villageois, Benoît Pattyn a fait réaliser une étude préalable qui confirme que sa porcherie ne causera aucune nuisance olfactive (pour rappel, il ne s’agit en rien d’une obligation). Une très grande partie des effluents de l’élevage pourra être utilisée comme engrais naturels directement sur les terres de l’exploitation, qui servent notamment à produire des aliments pour les animaux de l’élevage des Pattyn. Le solde sera exporté via contrat d’épandage.
Bref, un beau projet, à caractère familial, avec une volonté de fonctionner en circuit court et en économie circulaire. A priori, difficile de faire mieux…
Le jeune éleveur a pourtant vu se lever, à peine l’enquête publique lancée, une vague d’opposition très virulente de la part d’un collectif composé d’habitants du village et de communes voisines, de militants de la cause animale, qui souhaitent l’empêcher de mener son projet à bien. Leurs arguments sont essentiellement axés sur des questions d’environnement et de bien-être animal.
Des critiques qui nous semblent purement idéologiques. La ferme respecte scrupuleusement la législation européenne et belge en matière de bien-être animal, qui est pour rappel la plus stricte de la planète.
Si nous pouvons comprendre que le sujet intéresse voire préoccupe les riverains, il est difficilement acceptable que le projet soit rejeté d’emblée avant même que l’agriculteur ait pu l’expliquer.
Le projet dont il s’agit ici remplit tous les critères de la durabilité : il est familial, réfléchi, respectueux de l’environnement, du bien-être animal. Il est aussi créateur d’emploi.
Benoît Pattyn, qui souhaite pouvoir apporter à ses concitoyens toutes les réponses aux questions qu’ils se posent, a créé un site internet où son projet est expliqué soigneusement (www.je-soutiens-benoit.be). Nous vous invitons à y faire une visite et à signer la motion de soutien qui y est disponible.
A travers cet exemple, c’est un problème plus général que nous avons voulu relever. Un phénomène Nimby très répandu en Wallonie, qui pousse la population à s’opposer à tout projet de développement d’une activité économique qui ne correspond pas à l’idée qu’elle se fait de la vie à la campagne.
La FWA souhaite rappeler que les zones rurales sont aussi des lieux où l’on doit développer et maintenir un tissu économique créateur d’emplois, et que l’agriculture durable et familiale typique de notre région est l’une des activités qui peuvent y participer.
Le secteur porcin est très peu développé et déficitaire en Wallonie. Parmi les exploitations porcines wallonnes, une petite centaine d’éleveurs seulement assurent toutes les étapes de l’élevage ; de la naissance des porcelets jusqu’à l’engraissement. Le projet de la famille Pattyn s’inscrit dans ce contexte. Il s’agît de ce qu’on appelle une ferme porcine en circuit fermé car on maitrise toutes les étapes de la production, et on recycle les effluents qu’elle engendre. Ce genre de ferme doit être soutenu en Wallonie, faute de quoi, nous n’aurons que des bâtiments qui engraissent des porcelets venus d’autres régions ou pays européens. Combien d’agriculteurs, face à la levée de bouclier de riverains qui s’opposent à tout développement agricole, n’ont-ils pas baissé les bras et renoncé à leur projet ? Trop ! Et nous ne pouvons l’accepter !
L’exemple de la ferme Pattyn permet de poser une question essentielle : quel modèle économique agricole, quel modèle d’agriculture, veut-on développer et soutenir en Wallonie ?
La FWA est fermement convaincue que c’est en soutenant des projets comme celui de la famille Pattyn que l’on pourra aider notre agriculture familiale à garder sa place et à exercer les multiples missions qu’elle assure en termes d’environnement, de bien-être animal, de santé publique… Des missions dont nous craignons qu’une agriculture plus industrielle et qui perdrait son caractère rural et familial, ne soit plus aussi soucieuse.
La FWA souhaite aussi qu’on ne fasse pas porter sur une famille, le poids d’un débat qui devrait être mené de façon plus large à l’échelle de toute notre région.

Pour un traitement objectif du dossier «phytosanitaires»!

 

La semaine dernière, l’évacuation d’une cours de récréation, située à proximité d’un champ où un agriculteur travaillait ses cultures, a fait grand bruit dans nos médias. Que faut-il penser de cette situation? Comment la FWA a-t-elle réagi dans ce dossier ?

Yvan Hayez

La semaine dernière, le travail d’un agriculteur qui appliquait un traitement phytosanitaire sur son champ a été mis en cause.
Cet agriculteur, contrôlé par l’AFSCA suite à la plainte de l’établissement, a respecté toutes les prescriptions légales et techniques liées à l’application des produits qu’il manipulait: pulvérisateur en ordre de contrôle, phytolicence en poche, produits agréés et correctement dosés, appliqués dans les conditions météorologiques adéquates, avec des buses anti-dérive ad hoc. Tout au plus peut-on lui reprocher d’avoir pulvérisé à une heure où les enfants étaient présents dans l’établissement…
Malgré tout, le rapport qu’il reçoit de l’AFSCA, dans un premier temps favorable, lui revient ensuite avec un avis négatif. Qu’un double rapport soit produit pour un même contrôle pose questions… Que les deux versions, basées sur les mêmes constats, soient radicalement différentes, voilà qui en pose encore davantage.

Les produits phytos ne sont pas des substances anodines, nous en sommes conscients.
Ils constituent un enjeu de santé publique, c’est un fait…
Mais il faut garder la tête froide et analyser la situation avec rigueur et objectivité. C’est le moins qu’on puisse attendre d’une agence chargée de contrôler la profession et de s’assurer que les normes en vigueur sont respectées.

L’enquête autour de cet événement va suivre son cours, et  la FWA est au côté de l’agriculteur membre qui est mis en cause. La FWA s’assurera que l’agriculteur est traité avec toute l’objectivité nécessaire dans une enquête de ce type. Car de l’émotion, dans ce dossier, il y en a. Loin de nous l’idée de balayer la question d’un revers de la main, car nous percevons et comprenons pleinement l’inquiétude de la population face à cette question, en particulier lorsque des enfants sont concernés. Toutefois, nous voulons remettre la raison au centre du débat.

Les agriculteurs utilisent des produits phytosanitaires dans leur pratique professionnelle courante. De moins en moins, comme le démontrent les chiffres de diminution drastique des doses utilisées depuis plus de 20 ans, mais oui, les agriculteurs utilisent des produits phytosanitaires. Ils leurs sont nécessaires: pour obtenir des rendements viables, c’est vrai, et c’est légitime. Pour présenter à leurs acheteurs des produits répondants aux cahiers des charges de plus en plus sévères, c’est un fait économique. Mais aussi pour protéger la population des mycotoxines, qui sont aussi un enjeu de santé publique qu’on a oublié, car les agriculteurs en préservent leurs concitoyens depuis des générations!
Les produits phytosanitaires sont au cœur du débat sur le lien santé-environnement, c’est indéniable. Sur cet aspect, des études sont en cours dans notre région. Nous l’approuvons: pour la population, comme pour l’agriculteur, il est essentiel de connaître les impacts réels des phytos. . Pour information, une étude française menée parAirparif (agence française de surveillance de la qualité de l’air)  montre que les niveaux de phytos présents dans l’air n’atteignent pas des niveaux mettant la santé de nos concitoyens en danger, et qu’ils sont aussi présents en ville qu’en zone rurale.

Ce que nous dénonçons, c’est que les études menées chez nous soient pilotées exclusivement par le Ministre de l’Environnement, qui n’a jamais caché son agenda en matière de phytosanitaires. Il n’en veut plus. Avant d’entamer quelque étude que ce soit, il le disait déjà: je veux une Wallonie «zéro phyto». A l’époque (en 2016), nous avons mené une réflexion ouverte en organisant une série de réunions rassemblant les filières autour de la table. Les éléments récoltés étaient éclairants: nos filières ne veulent pas ou ne peuvent pas proposer à l’agriculteur de lui acheter sa production zéro phyto en valorisant les surcoûts de production qu’elle implique.

Notre volonté de participer à une dynamique positive visant à réduire l’usage des phytos est pleine et entière. Mais elle est conditionnée à la prise en compte de l’ensemble des éléments qui influencent la problématique.
Où sont les débouchés qui permettront à l’agriculteur de gagner sa vie dans une agriculture sans phytos? Où sont les projets de recherche que nous réclamons à cors et à cris depuis des années, pour permettre de trouver des alternatives plus durables qui permettront à nos agriculteurs de poursuivre leur mission?
Où sont les études d’impacts objectives, qui prennent en compte la santé et l’environnement, certes, mais aussi la viabilité économique de nos exploitations?
A ces questions, peu voire pas de réponses!

C’est pour cette raison que nous avons une nouvelle fois interpellé le Gouvernement wallon dans son ensemble, via son Ministre Président Willy Borsus, pour lui demander de prendre position dans ce dossier phytos dans une optique de durabilité qui s’appuie réellement sur ses trois piliers, en n’oubliant pas l’autonomie alimentaire de notre région et l’économie de nos exploitations, presque toujours laissées en marge du débat.
Communiquer continuellement sur une réduction drastique des phytos, mais sans entrer dans une concertation avec le  secteur,  sans présenter l’ensemble des impacts d’une telle fuite en avant, ce n’est pas une façon responsable de faire de la politique.

La communication sans nuance menée par  le Ministre de l’Environnement depuis plusieurs années a créé un climat anxiogène et de nombreux témoignages nous reviennent au quotidien de l’agressivité exprimée par certains de nos concitoyens à l’égard des agriculteurs qui exercent leur métier en respectant les normes, et essaient de gagner leur vie en nourrissant la population, ce qui est leur vocation première.
La FWA continuera à dénoncer l’hypocrisie de ceux qui par calcul électoral tiennent des discours réducteurs, stigmatisant une catégorie de la profession (les mauvais agriculteurs utilisateurs de phyto) en faisant mine d’ignorer les multiples précautions déjà prises aujourd’hui. Le résultat sur notre secteur d’activité pourrait avoir comme conséquence  d’ouvrir grand les portes à d’autres bassins de production agricole bien moins respectueux que nos exploitations familiales des normes environnementales, sanitaires et sociales.
La FWA attend une réponse du Gouvernement wallon, qu’elle souhaite rencontrer afin de lui demander qu’il se positionne dans ce dossier de façon éclairée.
La FWA exige qu’on pratique, dans ce dossier comme dans les autres, le processus de concertation rapprochée avec le secteur, s’appuyant sur des études scientifiques probantes, plutôt que des effets d’annonces d’une multiplication de zones tampons impraticables.

 

ÉLEVAGE : STOP À L’ACHARNEMENT MÉDIATIQUE !

Ce mercredi matin, dans l’émission « C’est vous qui le dites » de Benjamin Maréchal (Vivacité), la viande bovine belge, et le Blanc Bleu Belge en particulier, a été une fois de plus honteusement attaquée et calomniée.

Les éleveurs de la Fédération Wallonne de l’Agriculture sont excédés par ce démolissage  systématique de leur travail dans les médias. Il nous semble urgent de rétablir les faits et d’exiger de nos médias qu’au minimum, ils cessent de diffuser et d’encourager la propagation d’informations erronées sur la façon dont les éleveurs wallons travaillent.

 

NON, LE BBB N’EST PAS PIQUÉ AUX HORMONES !

L’usage d’hormones dans l’élevage est strictement interdit et contrôlé depuis de longues années. Les chiffres de l’AFSCA montrent qu’AUCUN éleveur bovin n’a fait usage de ces substances prohibées depuis plusieurs années.

Continuer à prétendre, a fortiori quand on est journaliste et garant de la diffusion d’informations correctes et vérifiées, que nos animaux sont piqués aux hormones est tout simplement mensonger et diffamatoire. La FWA demande qu’on rétablisse les faits sur antenne, publiquement, dans les mêmes conditions, afin que les auditeurs de l’émission puissent, comme c’est leur droit, accéder à une information honnête et réaliste.

 

NON, LES ÉLEVEURS NE MALTRAITENT PAS LEURS ANIMAUX !

L’attention des éleveurs au bien-être animal est constante et fait partie intégrante de leur travail quotidien. Et NON, les éleveurs ne sont pas indifférents aux conditions d’abattage de leur bétail: pour rappel, ils ont été profondément choqués par les images de violence envers les animaux constatées dans certains abattoirs, ils ont réagi fermement et exigé que la lumière soit faite sur ces maltraitances.

 

NON, NOS ÉLEVAGES NE SONT PAS DES CATASTROPHES ENVIRONNEMENTALES !

Nos animaux sont élevés en plein air et de façon extensive. Cela signifie que l’éleveur doit disposer pour son bétail d’une surface suffisante pour qu’il puisse paître et se nourrir. A titre d’exemple, un éleveur doit disposer d’une surface qui lui permette de ne pas avoir plus de deux bovins par hectare.

Enfin, l’argument de la déforestation n’est pas valable chez nous: on ne déforeste pas en Wallonie !

Les bovins, chez nous, se nourrissent essentiellement d’herbe : pour un kilo de bœuf, on compte 25 kilos d’herbe et 2 kilos de complément (des pulpes de betterave, des céréales…issus le plus souvent de la production de l’exploitation elle-même).

Notre agriculture occupe près de 50% du territoire et produit 10% des gaz à effet de serre. Parmi ces 10%, l’élevage de ruminants est responsable de 6% des GES.

Pour rappel, le chauffage de nos domiciles est responsable de plus de 13% de ces GES, et nos transports plus de 14%.

Par ailleurs, ce chiffre de 6% ne prend pas en considération le fait que nos pâturages wallons, qui couvrent la moitié de notre surface agricole, sont des surfaces qui absorbent une quantité considérable de CO2. Sans élevage, qu’allons-nous faire de ces prairies, précieux pièges à carbone ? En matière de climat, notre agriculture, liée au sol, fait partie des solutions !

 NON, NOS ÉLEVAGES NE SONT PAS DE GRANDS CONSOMMATEURS D’EAU !

Un kilo de viande exige 15.000 litres d’eau, entend-t-on souvent.

Un bovin boit en moyenne une trentaine de litres d’eau par jour. Durant sa vie, il consommera environ 20.000 litres d’eau. Donc s’il donne 350 kilos de viande, chaque kilo de viande aura « coûté » au grand maximum 60 litres d’eau en consommation directe. En Wallonie, il pleut… nous n’irriguons pas nos pâtures, ni nos cultures fourragères.

Doit-on considérer que l’eau qui tombe sur nos prairies est consommée par l’élevage ?
Non ! L’eau de pluie percole dans nos sols, alimente les nappes phréatiques…

 NON, LES BELGES NE CONSOMMENT PAS TROP DE VIANDE DE BŒUF !

 

Un Belge consomme en moyenne 4.7 kilos de viande de bœuf par an, soit 90 grammes par semaine…

On est loin de dépasser les limites acceptables pour une alimentation équilibrée et saine ! Il faut savoir qu’un steak n’est pas plus gras que son équivalent en poulet, et nettement moins gras que son équivalent en tofu… De plus, la viande rouge contient une quantité significative d’éléments nutritifs essentiels dans une alimentation équilibrée (zinc, fer, sels minéraux…). Les plats préparés, par contre,  contiennent souvent beaucoup de sel, de sucre, de conservateurs, d’exhausteurs de goût… Il est donc bien plus sain de cuisiner un steak à la maison que d’acheter un plat tout fait !

 

De manière générale, la Fédération Wallonne de l’Agriculture dénonce l’acharnement médiatique dont l’élevage est l’objet, souvent sur base d’informations sans aucun rapport avec les réalités de notre élevage local.

La FWA réaffirme que nos éleveurs travaillent avec bon sens, dans le respect de l’environnement et du bien-être animal. L’élevage est un des piliers essentiels de notre économie agricole et du maintien de nos paysages. L’attaquer sans relâche, c’est mettre en péril notre agriculture familiale et le maintien des prairies qui jalonnent notre territoire.