La sécheresse en Wallonie reconnue comme exceptionnelle par l’IRM

Comme vous l’avez certainement appris via la presse, la quasi-totalité de la Wallonie a été reconnue par l’IRM comme ayant subi une sécheresse exceptionnelle (avec une période de retour supérieure à 20 ans), ce qui est une des conditions nécessaires pour obtenir un dédommagement des calamités agricoles.

Aurélie Noiret

La période prise en compte est celle demandée par la FWA lors des différentes réunions, à savoir la sécheresse ayant débuté en août 2016 jusqu’à juin 2017 pour 260 communes. Une seconde période analysée s’étalant du 1er avril 2017 au 30 juin de cette année pour 170 communes a également été reconnue comme exceptionnelle au sens des calamités agricoles.

Au niveau des démarches à effectuer pour obtenir les indemnités, si ce n’est pas encore fait, les agriculteurs doivent contacter leurs communes afin qu’ils réunissent la commission des dégâts. Cette commission se réunit, en principe, à la demande écrite des agriculteurs concernés auprès du Bourgmestre de chaque commune où des dégâts sont constatés. Lorsque les parcelles endommagées sont situées sur le territoire de plusieurs communes, il faut donc faire appel aux Bourgmestres respectifs pour obtenir l’intervention de la Commission d’expertise locale.

Cette demande doit spécifier la date, la cause des dégâts et les parcelles touchées.
Le Bourgmestre concerné convoque la Commission qui doit constater et quantifier officiellement les dommages sur le terrain.
Les procès-verbaux de constat doivent être signés sur l’honneur par 3 membres au moins de la commission.
Les dommages doivent, en principe, être constatés à 2 reprises :
- à l’époque des faits dommageables
- au moment de l’enlèvement de la récolte

Le premier constat est nécessaire pour établir que les dégâts sont dus à un événement exceptionnel et pour préciser la nature des cultures et des superficies en cause.
Le deuxième constat sert à évaluer la perte définitive subie, après dommage, sur la parcelle concernée. Si le dommage définitif peut être déterminé lors du premier constat, celui-ci peut suffire.
L’original est conservé par la commune et des copies sont envoyées au Contrôle local des contributions directes et au représentant de l’administration de l’agriculture (DGO3). Une copie du constat définitif est également remise à l’agriculteur concerné.

Les autres conditions nécessaires de reconnaissance d’un événement comme une calamité agricoles sont les suivantes :

- le montant total des dégâts doit se monter à minimum 1.240.000 euros ;
- le montant moyen des dégâts par dossier doit être d’au moins 5.580 euros ;
- 30 % de perte minimum pour une même culture sur un territoire déterminé selon la réglementation européenne

Plus d’infos auprès de votre secrétaire FWA ou auprès de nos services.

Régulation de la faune sauvage: table-ronde à la FWA

Le vendredi 9 juin, la Fédération Wallonne de l’Agriculture organisait en ses murs, une table-ronde visant à faire le bilan de la situation en matière de dégâts de gibier, dont on sait qu’ils sont de plus en plus fréquents et graves pour de nombreux agriculteurs. Nous avions invité, outre les deux Ministres de l’Agriculture (fédéral et régional), l’ensemble des parlementaires wallons des commissions de l’Agriculture et de l’Environnement. Résumé d’un échange très intéressant…

Anne Pétré-Didier Vieuxtemps

En présence de plusieurs parlementaires wallons ou de leurs représentants, ainsi que du Ministre Borsus et d’un représentant du Ministre Collin, le Président Joseph Ponthier a brièvement introduit la réunion en en rappelant les objectifs: faire un bilan de la situation des dégâts causés par la faune sauvage tant du point de vue des agriculteurs, des riverains, des forestiers et des environnementalistes.

C’est Didier Vieuxtemps, conseiller au Service d’études en charge de cette matière, qui a ensuite exprimé le constat fait par la FWA sur ce dossier.

Il a notamment rappelé que le terme «régulation» est un terme prôné par la Fédération Wallonne de l’Agriculture depuis quelques années déjà. Si la population des espèces était  correctement régulée, on parlerait beaucoup moins de la problématique des dégâts, d’indemnisation et de clôtures et les relations entre agriculteurs-chasseurs seraient certainement meilleures. Il est évident que les dégâts de la faune sauvage sont trop nombreux et provoquent des situations de plus en plus intolérables. Les agriculteurs sont les premiers à se plaindre depuis longtemps pour des récoltes détruites mais ces dégâts s’étendent également chez les particuliers et en forêt. On ne compte plus les parterres retournés, les pelouses labourées, les accidents de voiture, les dégâts aux arbres forestiers, aux terrains à destination récréative comme les terrains de golf, terrains de football, etc.

Nonobstant ces inconvénients majeurs, d’aucuns chasseurs osent même rendre les agriculteurs responsables d’une partie des dégâts ou de leur reprocher d’établir des cultures jugées être zones de refuge du sanglier alors que c’est principalement en raison de cette surpopulation que le gibier est contraint à trouver refuge en dehors du bois parce que sa capacité d’accueil a largement atteint ses limites. Il est donc plus qu’urgent de prendre ce dossier à bras-le-corps et de mettre en œuvre une politique cohérente qui permette de juguler cette surpopulation de grand gibier.

 

Gérard Jadoul, spécialiste de la grande faune en Wallonie, a ensuite pris la parole, en précisant qu’il était là en qualité de naturaliste et qu’il voulait s’exprimer librement…quitte à heurter certains membres de l’assistance. La grande faune fait partie intégrante de la biodiversité, mais elle peut également lui nuire, si on dépasse un certain niveau de concentration de grand gibier, a-t-il d’emblée annoncé. Les graphiques de l’évolution de la grande faune montrent une hausse ininterrompue depuis 3 à 4 décennies, une tendance que l’on rencontre aussi dans d’autres pays d’Europe, comme en France ou en Italie. Les causes de cette hausse sont plurielles. On peut évidemment incriminer le changement climatique: des hivers moins rudes ne jouent plus le rôle de régulateur naturel qui élimine les plus faibles des animaux. Néanmoins, il faut aussi relever la responsabilité des chasseurs, qui par ailleurs contestent les chiffres de hausse présentés par le DNF. Des pratiques comme un nourrissage intensif, une pression insuffisante de la chasse sur les populations de gibier, ne font rien pour arranger la situation, bien au contraire. Gérard Jadoul souligne que les prix d’une journée de chasse pour les grandes chasses organisées par des sociétés  étant en hausse, il est évidemment important pour les participants d’avoir pléthore d’animaux à tirer… Dans ces conditions, la gestion de la population de gibier ne répond évidemment pas aux mêmes objectifs pour les uns ou les autres… La surpopulation de grand gibier cause des dégâts aux cultures et pâtures, mais aussi aux jardins des particuliers, la pression poussant certains animaux à sortir de leur lieu de vie pour s’approcher des agglomérations. De plus, la présence massive des cervidés et des sangliers a aussi des conséquences sur la capacité de renouvellement des forêts: les fruits sont mangés avant d’avoir pu donner naissance à un nouvel arbre, les écorces et branchages rongés, les jeunes troncs cassés… Cela nuit aussi, on le comprend aisément, à la préservation d’autres espèces animales dont le biotope est dès lors perturbé.

L’aspect sanitaire de la problématique est aussi très préoccupant: comme la FWA l’avait mentionné dans l’introduction, ces grands animaux sont porteurs de diverses pathologies qui, si elles s’étendaient, pourraient causer une crise sanitaire majeure, un risque que Gérard Jadoul estime bien réel !

M. Jadoul a également évoqué les plans de régulation de plusieurs pays voisins, dont celui du  Grand Duché de Luxembourg, qui a pour double objectif de respecter la biodiversité et de prévenir les épizooties.

Diverses mesures préconisées par le Ministre régional précédent ont été abandonnées par le Ministre actuel, ce qui est regrettable, estime G. Jadoul, qui considère que pour que ce dossier avance, il est indispensable qu’une réaction politique s’organise urgemment dans notre région.

Après ce passionnant exposé, divers témoignages d’agriculteurs ou de riverains ont permis d’illustrer les conséquences sérieuses de la surpopulation de grand gibier sur le territoire. Au travers de ces témoignages, on a pu également mesurer toute la difficulté qui existe à faire reconnaître leur part de responsabilité par certains chasseurs, et la quasi impossibilité à obtenir réparation des dommages occasionnés dans de très nombreux cas. Une tension bien réelle existe entre les usagers des zones fréquentées par ces animaux, et les chasseurs, dont les objectifs ne rejoignent plus celle de la majorité de nos concitoyens. Outre les dégâts observables, comme les arrachages de clôtures, le piétinement ou la destruction du sol par des animaux, plusieurs agriculteurs témoignent aussi de problèmes sanitaires dans leur bétail qu’on peut attribuer à une mauvaise surveillance épidémiologique du gibier, qui transmet ainsi ses pathologies aux bovins ou ovins.

A l’issue des exposés et témoignages, divers échanges ont eu lieu avec les élus présents ou leurs représentants. Le Ministre Borsus a réaffirmé son souhait que ce problème soit géré de façon rapide, et a souligné qu’un groupe de travail «Wild Life» a été mis sur pied pour analyser tant le problème que ses solutions potentielles.

Anne Bedoret, qui est à la fois agricultrice et expert agricole, explique que pour sa part, elle refuse désormais de réaliser des expertises de dégâts de gibier, tant la tension est palpable avec le monde de la chasse, et la mauvaise foi règne en maître de la part des chasseurs qui refusent de reconnaître leur responsabilité et en conséquence, d’indemniser la partie lésée comme elle devrait l’être.

Laetitia Brogniez, députée et agricultrice, explique qu’elle se sent donc doublement préoccupée par ce dossier, dont son exploitation, située dans la région de Philippeville, est également victime.

Elle a régulièrement posé des questions parlementaires sur la pléthore de sangliers en Wallonie mais n’a pas reçu de réponse ambitieuse pour faire baisser les populations. De plus, comme l’a souligné Pierre Mouton, représentant du Ministre René Collin, il est possible pour l’occupant de solliciter une demande de destruction en plaine (le formulaire ad hoc est disponible sur le site FWA, dans la partie formulaires).

 

Quelles mesures pour atteindre un équilibre?

Des plans de tirs pour le cerf existent depuis fin des années 80’ mais la prolifération des dégâts alliée avec l’estimation quantitative de la population par cette espèce démontre aujourd’hui l’inefficacité de ce plan.

En l’absence de plan de tir pour le sanglier, la Fédération Wallonne de l’Agriculture demande:

- d’allonger les périodes de chasse;
- d’obliger les chasseurs à poser des clôtures de protection aux endroits sensibles (points noirs) et assurer l’entretien régulier de ces clôtures;
-  d’éviter pour les bailleurs publics de limiter les dates d’organisation de battues dans leur cahier des charges;
- l’interdiction des restrictions de tir et sanctions éventuelles;
- d’autoriser des battues aux endroits non chassés (réserves naturelles, etc.)
- de permettre la destruction du sanglier lors des travaux de récolte;
- d’imposer des plans de tirs minima par conseil cynégétique, sur base des résultats de tirs des 5 dernières années;
- de prévoir des ateliers pour écouler les carcasses hors de période de chasse traditionnelles
- et SURTOUT, parallèlement à ce plan, la Fédération Wallonne de l’Agriculture demande une modification de la législation sur le nourrissage. Si celui-ci ne constitue qu’un des leviers de la réduction des densités, il n’en demeure pas moins un des facteurs importants. Nous demandons à ce que le nourrissage ne soit plus pratiqué que de manière dispersée durant la réelle période de sensibilité des cultures et uniquement là où des dégâts attestés sont rendus intolérables. La Fédération Wallonne de l’Agriculture demande que le nourrissage soit interdit en période de chasse et en période hivernale. Cela favorisera une dispersion des sangliers sur tous les territoires de chasse et aura un effet très significatif sur la réduction des densités.

 

Une bombe sanitaire prête à exploser!

Enfin, vu le contexte sanitaire actuel de la Brucellose porcine et du risque concernant la maladie d’Aujeszky, , le risque potentiel d’autres maladies comme la tuberculose, présente dans la faune du nord de la France ; il nous paraît capital de conscientiser au maximum les chasseurs et toutes les associations de chasse concernées afin que la chasse se fasse de manière coordonnée et uniforme non seulement dans les zones infestées par la bactérie Brucella Suis biovar 2, notamment,  et ailleurs. Il faut absolument éviter les plans de tirs restrictifs qui préserveraient une partie de la population. Les tirs doivent être intensifiés dans toutes les zones où les densités sont excessives. La destruction sur les lieux de nourrissage doit être autorisée. Il nous paraît urgent de réduire la population de sangliers dans les limites supportables pour les agriculteurs et raisonnables d’un point de vue sanitaire. De plus, chasseurs et autres acteurs de la chasse, tant publics que privés, doivent être formés aux risques de propagation des maladies de la faune sauvage vers les animaux domestiques, chiens mais aussi les animaux d’élevage.

Rappelons aussi que l’on suspecte l’importation et le lâcher de sangliers d’élevage venant de l’étranger, ce qui pose problème tant sur le plan sanitaire, que sur le renforcement des populations locales déjà trop nombreuses.

C’est un objectif à atteindre, la régulation doit être le maître mot de tous les acteurs de la ruralité. La Fédération Wallonne de l’Agriculture regrette que le sanglier ne soit plus considéré comme un animal nuisible, que les agriculteurs pourraient réguler eux-mêmes; La population de l’espèce serait alors certainement en chute libre assez rapidement.

 

 

 

 

Barèmes en baisse: reflet de la situation économique du secteur

La semaine dernière, les négociations relatives aux barèmes forfaitaires entre les organisations professionnelles agricoles représentatives du secteur (FWA, Boerenbond et ABS) et le SPF Finance ont été conclues. La rapidité des négociations et le fait qu’elles aboutissent à un résultat en baisse pour tous les secteurs, traduisent hélas une détérioration du revenu agricole en 2016, toutes spéculations confondues.

Joseph Ponthier & Yvan Hayez

La négociation des barèmes forfaitaires reste un exercice important des organisations agricoles représentatives de notre pays. Historiquement et avant tout, le barème forfaitaire se veut être un outil de simplification administrative pour ceux qui font le choix de ce mode de taxation, comme plus de 90% des agriculteurs du pays.

Organisées à la demande des organisations professionnelles, ces négociations tentent d’objectiver pour le plus grand nombre une évolution du revenu généré par les différentes productions et le système fiscal de base qui doit y être appliqué. Cette année, les négociations ont été particulièrement rapides et ce, en raison d’une détérioration manifeste du revenu pour l’ensemble des secteurs.

Le résultat des négociations a conduit à:

- une diminution de 4%  du bénéfice semi-brut dans le secteur laitier
- une diminution de 7 à 8% dans le secteur de la viande bovine
- une diminution de 16 à 22% pour les cultures.
(voir plus en détails ICI).

Ces baisses viennent s’ajouter à des diminutions déjà rencontrées l’année dernière, ce qui traduit malheureusement un déclin continu du revenu des agriculteurs.
Loin de nous l’idée de dire que cette diminution générale des barèmes doit constituer un sujet de réjouissance. En effet, une diminution globale des barèmes en référence à l’année précédente, qui voyait elle-même des barèmes en baisse, est le signe d’une tendance à la baisse des revenus qui est un réel sujet de préoccupation.
Cette nouvelle diminution ne fait qu’à nouveau confirmer que notre secteur se trouve dans une spirale négative. Les résultats de la négociation d’un barème ne sont que le reflet de l’évolution de la santé économique des secteurs au fil des années.
Il est essentiel de retrouver un contexte économique dans lequel les agriculteurs pourront non seulement gagner leur vie mais aussi constituer des réserves de trésorerie désormais maigres ou inexistantes dans la majorité de nos fermes, confrontées à plusieurs années de crises successives.

Plusieurs années de crises successives démontrent, si besoin en était, que nous sommes désormais dans un contexte qui, structurellement, place l’agriculture dans une spirale dépressionnaire. Il est donc urgent que nos responsables politiques mesurent l’ampleur des difficultés du secteur et s’attachent enfin à remettre en place un cadre qui assure un revenu aux agriculteurs et une stabilité de ces revenus. La FWA continue à s’opposer à un système qui engendre la volatilité des prix. Nous revendiquons donc des mesures structurelles qui assurent une régulation des marchés et une plus grande stabilité des prix pour tous les secteurs.
En conclusion, la diminution des barèmes obtenue par les organisations agricoles n’est pas une victoire en soi: c’est le reflet d’une situation économique délétère dont nous devons sortir.

 

Accord sur les barèmes forfaitaires agricoles – revenus de 2016

Les pourparlers annuels relatifs à l’élaboration des bases forfaitaires de taxation applicables aux agriculteurs pour déterminer les revenus imposables de 2016 viennent de s’achever. Le SPF Finances et les groupements professionnels représentatifs du secteur (FWA, Boerenbond et ABS) ont pu trouver les termes d’un accord dont nous vous livrons les grandes lignes directrices et les chiffres ci-dessous.

Christine Le Borne

De part et d’autre de la table de négociation, le constat a été d’emblée le même: l’année 2016 fut mauvaise globalement dans tous les grands secteurs. Voici donc ci-dessous les tendances qui sous-tendent à l’accord chiffré:

Lait

Dans le secteur laitier, le prix moyen du lait a encore subi une diminution sur l’année civile 2016 selon les chiffres communiqués par la CBL.
Le prix des vaches de réforme et des veaux ont également subi une tendance baissière.
La production par vache augmente toujours et donc aussi l’apport en concentrés. Par contre, le prix de ces derniers a légèrement diminué.
Comme l’année dernière également, les aides «Comeos» octroyées ont été intégrées dans le calcul du bénéfice semi-brut et ne doivent donc pas être déclarés individuellement.
Dans de telles conditions, le bénéfice semi-brut enregistre une diminution de 4% applicable à toutes les régions du pays pour les superficies fourragères affectées à la production laitière.
Le système de progressivité  du barème laitier qui existe pour les exploitations au-dessus de 25 ha consacrés au lait reste conforme à l’accord engrangé l’année dernière et donc varie chaque année en fonction du prix moyen du lait et ce, de la manière suivante:
- 5 € pour un prix supérieur à 36 €;
- 4 € pour un prix entre 34 et 36 €;
- 3 € pour un prix entre 32 et 34 €;
- 2 € pour un prix entre 30 et 32 €;
- 1 € pour un prix inférieur à 30€.

Pour les revenus 2016, c’est donc une progressivité de 1 € qui sera d’application puisque le prix moyen du lait en 2016 était de 0.2782 €/litre.

Viande

Dans le secteur de la viande, le barème à l’hectare enregistre une diminution d’environ 7 à 8%, reflet à la fois d’une diminution du prix du bétail et du coût de l’alimentation et aussi d’une modulation en rapport avec l’importance de la finition du bétail.

Cultures

Dans le secteur des grandes cultures, la négociation doit, comme à l’accoutumée, prendre en considération tous les grands secteurs traditionnels (céréales, betteraves, pommes de terre). Alors que les deux premiers secteurs ont subi des diminutions importantes de rendement, force est de constater à nouveau que le troisième a enregistré une sensible augmentation des prix malgré un rendement en nette baisse également.

C’est pourquoi, en fonction de la présence plus ou moins prépondérante de la culture des pommes de terre, le bénéfice semi-brut diminue de 26, 22 ou 16 % selon les régions.

Semi-brut

Une fois encore, il faut rappeler que les chiffres de barème semi-brut à l’hectare publiés dans le tableau ne sont pas des chiffres nets et que pour obtenir les revenus imposables des exploitations qui vont appliquer les bases forfaitaires de taxation, il faut encore tenir compte des charges déductibles individuellement comme les fermages, les cotisations sociales, les honoraires payés aux vétérinaires et aux conseils fiscaux, les intérêts d’emprunts professionnels, etc. Les factures payées à des groupements d’employeurs sont également déductibles au même titre que les salaires ou les travaux agricoles payés à des entrepreneurs.

Au demeurant, rappelons qu’à l’impôt des personnes physiques, les aides directes qu’elles soient couplées comme les aides à la vache allaitante, laitière ou mixte, ou que ce soient des aides découplées comme le paiement de base ou le verdissement par exemple, bénéficient d’un taux de taxation distinct de 12,5%. Les aides à l’investissement ou à l’installation (Aida/Isa/Adisa) payées en capital ou en subvention-intérêt sont toujours totalement exonérées d’impôt. Pour les personnes morales soumises à l’impôt des sociétés, ces aides bénéficient d’un taux réduit à 5 %.

Il n’est sans doute pas inutile de souligner à nouveau que les chiffres de bénéfices semi-bruts qui ont été arrêtés pour les différentes régions du pays constituent des moyennes générales qui peuvent trouver à s’appliquer à une majorité des agriculteurs exerçant leur profession, en personne physique, dans des conditions normales.

Déclarations fiscales

Le manuel consacré aux modalités pratiques d’application du barème forfaitaire sera publié sur le site du SPF Finances (www.fisconet.fgov.be) aux alentours du 1er septembre prochain. Les déclarations fiscales sont attendues cette année encore pour la mi-septembre et devront être renvoyées en principe pour le 10 décembre 2017 pour les déclarations «papier» ou le 10 janvier 2018 pour les déclarations «Tax-on-web» complétées par un mandataire. Attention, dans le cas où votre déclaration a déjà été rentrée précédemment via «Tax-on-web», il se pourrait que vous ne receviez plus de déclaration «papier»: cela ne vous exonère évidemment pas de votre «devoir fiscal».

N’hésitez pas à prendre contact sans attendre la dernière minute avec votre Secrétaire FWA qui pourra, cette année encore, vous assister dans la rédaction de votre déclaration fiscale.

Le Premier à la ferme

Ce mardi le Premier Ministre Charles Michel, accompagné du Ministre fédéral de l’Agriculture Willy Borsus, est venu à la rencontre des agriculteurs dans l’exploitation de Philippe et Bernard Janssens et de leurs épouses à Corroy-le-Grand. Au menu de cette rencontre matinale, les enjeux de l’agriculture européenne mais également le mal-être croissant entre notre profession et la population.

Yvan Hayez

Dès 7 heures du matin, Charles Michel et Willy Borsus sont venus à la rencontre de notre profession dans l’exploitation de la famille Janssens à Corroy-le-Grand.  La famille Janssens avait, très tôt ce matin, soigné le bétail pour être disponible pour la visite de l’exploitation avec la délégation des Ministres. Cette ferme implantée à Corroy-le-Grand en Brabant wallon combine grandes cultures, production laitière et viande bovine. Un atelier de vente de glaces est également développé à partir de la ferme.

Dès l’arrivée des ministres, un temps a été consacré à la visite de l’exploitation, lors de laquelle les hôtes du jour ont pu faire état de leurs préoccupations et difficultés au quotidien.

Après la visite, les Ministres ont été reçus en comité restreint dans le corps de logis de la ferme. Après les remerciements d’usage, Philippe Janssens a souhaité axer la rencontre selon deux volets: celui de la Politique Agricole Commune et donc de l’enjeu essentiel du devenir économique de notre secteur, mais également la relation entre notre profession et la population en marge des stigmatisations de plus en plus prégnantes dont nous faisons l’objet.

De son côté, le Premier Ministre a argumenté dans un exposé bien étayé les deux volets des enjeux pour notre secteur. Au niveau belge, il a tenu à rappeler la politique menée par son gouvernement depuis sa mise en place en faveur des indépendants et des PME, soulignant au passage le travail réalisé par Sabine Laruelle. Le Premier Ministre a présenté le bilan du gouvernement qui s’est traduit par la création de 130.000 emplois dans le secteur privé, ainsi qu’une résorption du handicap salarial par rapport à nos pays voisins. Sur le plan européen, le Premier Ministre considère que l’Europe se situe à un moment clef en raison du résultat des élections aux Pays-Bas et en France, ainsi que celles attendues du côté allemand à l’automne prochain. Charles Michel ne plaide pas pour une révolution par des changements fondamentaux des traités européens, mais estime qu’il faut redéfinir des priorités absolues dans le cadre de ces mêmes traités. Pour Charles Michel, l’agriculture doit être au cœur des priorités européennes.

L’agrandissement de l’Union européenne a largement influé sur la gestion du dossier agricole, mais pas au bénéfice des agriculteurs des pays historiquement membres de l’Union. Le dumping social au sein même de l’Europe est à cet égard un véritable sujet de préoccupation qui doit nous amener à réfléchir à des solutions durables et acceptables pour tous. Conjointement, Charles Michel a livré son analyse de l’approche politique des grands de ce monde (Messieurs Trump et Poutine), mais également des facteurs de déstabilisation que peuvent engendrer le Brexit, la Corée du nord et la cybercriminalité.

De son côté, le Ministre Willy Borsus a rappelé la vocation nourricière première de l’agriculture mais également les services multiples qu’elle peut offrir à la société. Lors de la discussion, il a rappelé l’importance d’une valorisation des produits de chez nous, ainsi que tous les efforts réalisés au niveau de son département pour réinvestir les marchés à l’exportation, en particulier le marché chinois, et plus largement asiatique. Au niveau de la PAC, Willy Borsus a confirmé qu’il continuerait à plaider pour des mesures temporaires de régulation des marchés.

Lors des échanges avec nos représentants (dont Pierre Vromman, président provincial et Laurent Gomand, vice-président national et deux représentants de la CBB), une large place a été donnée à la menace que fait peser l’interdiction des néonicotinoïdes sur le secteur de la production végétale et des betteraves en particulier. Rappelant les nombreuses démarches positives adoptées par la profession au cours des dernières décennies, nos agriculteurs ont fait le lien avec un regard qui ne cesse de se dégrader de la part de notre population, ce dernier étant entretenu par les discours populistes et démagogues d’une part de notre classe politique.

Au cours de ces discussions, nous avons pu aborder aussi la nécessité de mettre en œuvre une PAC plus forte et plus stable pour le bénéfice de nos agriculteurs et en particulier des jeunes qui ont besoin de cette stabilité pour s’engager dans notre profession. Il faut se réjouir de ce type de rencontres qui donnent l’opportunité de sensibiliser les décideurs du plus haut niveau de notre Etat, aux réalités quotidiennes et aux enjeux à plus long terme liés à notre profession.

Pour conclure, nous voulons encore remercier la famille Janssens de nous avoir accueillis et d’avoir contribué à porter le message de la profession.

Duraphyto : la FWA présente ses travaux en parlement

Jeudi dernier, la Fédération Wallonne de l’Agriculture a présenté l’important travail de réflexion qu’elle a réalisé sur les enjeux liés à l’utilisation des produits phytosanitaires.
Compte-rendu…

Yvan Hayez

Le 4 mai dernier, à sa demande, la Fédération Wallonne de l’Agriculture a été auditionnée en Commissions conjointes de l’environnement et de l’agriculture du Parlement wallon. Cette rencontre avec les parlementaires constituait une étape importante du travail entamé à l’automne dernier par nos services sur le dossier relatif à l’utilisation des produits phytosanitaires.
Pour rappel, le Ministre wallon de l’environnement Carlo Di Antonio avait lancé, lors de la dernière édition de Libramont, le concept d’une agriculture «zéro phyto» qui avait suscité un très vif émoi au sein de la profession. En réaction aux multiples enjeux qu’impliquait cette déclaration péremptoire du Ministre, la FWA a entrepris un travail de fonds pour objectiver le plus largement possible les conséquences qu’une telle approche pourrait engendrer.

Il est important de rappeler que l’étude menée par la FWA était multidisciplinaire et visait tous les secteurs de production de notre agriculture, sur les volets santé, environnement et économie en associant divers acteurs liés à la thématique (producteurs, filières économiques et scientifiques).
Au cours de 8 séances, ce n’est pas moins de 29 orateurs qui sont venus alimenter le débat. Pour la FWA, il s’agissait avant tout de donner la parole aux acteurs, de proposer des pistes concrètes d’action et de réaliser un dossier détaillé qui a été présenté et remis aux parlementaires wallons jeudi dernier.
Sur la forme, nous pouvons exprimer notre satisfaction d’avoir pu durant 3 heures présenter le fruit de cet important travail et mener un échange avec les parlementaires de notre région.
Sur le fonds, l’avenir nous dira si bien qu’ayant été écoutés, nous aurons été entendus.Suite à l’introduction menée par Bernard Decock, la parole a été donnée à Anne Bedoret, agricultrice membre du Groupe de travail « Phytos » de la FWA, à Jean-Marc Pirard, directeur de la société Apligeer, et enfin, à Michel De Proft, de l’Unité Protection des plantes et écotoxicologie du CRA-W.

Lors de son intervention, Anne Bedoret a témoigné de l’évolution considérable qui s’est faite de l’usage des produits phytosanitaires depuis plusieurs décennies. Cette pratique intègre tant une bonne connaissance du sol, une observation in situ des besoins de protections, la définition la plus adéquate du moment d’application, un suivi administratif rigoureux des actes de pulvérisation, une gestion parcimonieuse de l’utilisation des produits phytos s’appuyant sur des techniques et du matériel de pointe, et enfin un respect strict des règles en vigueur pour le stockage et la manipulation de ces produits.
Pour sa part, Monsieur Pirard, au nom de la société Apligeer (organisation de producteurs de légumes destinés à la congélation), a dans un premier temps, présenté la croissance de son secteur économique largement ouvert vers l’exportation et pourvoyeur d’emplois pour notre région.
Au travers du concept Mimosa (pour « Minimum Imput Maximum Output Sustainable Agriculture »), il a exprimé la stratégie de sa société visant à atteindre un minimum d’impact sur l’environnement ainsi que de résidus dans les produits, combiné à un maximum d’output visant un rendement maximal, une qualité supérieure et une réelle compétitivité.
Dans ses conclusions, JM.Pirard plaidait pour une stratégie visant à redorer l’image de notre agriculture conventionnelle plutôt que de la condamner.

Enfin, riche d’une expérience de plus de 30 ans, le professeur Michel De Proft, a développé différents aspects de la problématique sous l’angle de l’approche scientifique. Il a tenu a rappeler que par définition, les pesticides sont des poisons, et que certains végétaux eux-mêmes en produisent. Au cours de sa longue carrière, M.De Proft a observé une évolution considérable dans l’utilisation des pesticides, certains (tel que l’arsenic, par exemple) étant devenus complètement proscrits. Désormais, tous les produits sont soumis à agréation rigoureuse, ce qui implique une mesure d’impacts en termes de résidus, d’effets sur l’environnement et d’efficacité.
Pour lui, cultiver est l’art du déséquilibre qui consiste non pas à éradiquer les ennemis des cultures, mais bien à vivre avec en utilisant les lois naturelles, qu’il convient de combiner avec des résistances variétales et des substances acceptables.

Au terme de ces exposés, Bernard Decock a repris la parole pour exprimer le positionnement et les propositions d’action de la FWA. Ces derniers sont détaillés dans le dossier que vous trouverez dans la présente édition (la brochure complète est disponible ici   PART 1   –   PART  2)
La FWA rappelle que :
- Depuis des décennies, les agriculteurs ont adapté leurs pratiques dans le sens d’une diminution constante de l’usage des produits phytosanitaires
- Elle reste ouverte au dialogue pour poursuivre la dynamique déjà enclenchée d’une évolution vers un usage des phytos qui reste compatible avec la notion de durabilité dans ses trois aspects (environnemental, social et économique), de façon réaliste et progressive
- Il est essentiel d’être à l’écoute des agriculteurs et de mettre en place des politiques en concertation avec le secteur. A ce titre, nous regrettons que l’effet d’annonce auprès du grand public, qui doit être informé de manière objective en toutes circonstances, ait précédé l’indispensable concertation avec les acteurs concernés. L’image qui en est ressortie pour le grand public, est que les agriculteurs utilisent les phytos de manière irraisonnée et sans encadrement.
- Il faut s’assurer que des alternatives crédibles soient disponibles pour permettre aux agriculteurs de poursuivre leur activité de manière durable

La FWA propose diverses actions :
- La première, et la plus essentielle en termes de communication, est de sortir de ce concept de « zéro phyto » et propose désormais de parler de « duraphyto » pour parler de l’usage des produits phytosanitaires qui intègre tous les objectifs de la durabilité
- Etablir, avec le soutien du gouvernement, une communication positive sur les bonnes pratiques déjà réalisées par les agriculteurs
- Mettre en place une concertation associant le secteur agricole, la recherche, les centres pilotes, les filières de transformation et de commercialisation. En résumé, il faut développer une réelle politique de filières.
- Renforcer les moyens de la communauté scientifique tant dans sa dimension de recherche que d’encadrement
- Une étude de comportement réelle des consommateurs telle que réalisée par le ministère français de l’agriculture nous semble également pertinente.

Faisant suite aux exposés de nos représentants, suivis par de nombreux visiteurs dont une très large représentation d’agriculteurs de la FWA, un long débat s’est tenu avec les parlementaires. Des questions parlementaires, nous retiendrons deux catégories : celles de ceux qui manifestement, cherchaient à mieux percevoir les enjeux liés au dossier, et ceux qui nous ont semblé s’être déjà forgé une opinion définitive sur la question.
Il reste donc un gros travail à mener sur ce dossier et plus largement, les déclarations récentes du Ministre Borsus sur la vente du glyphosate, et du Ministre Di Antonio sur les néo-nicotinoïdes, montrent que plus que jamais, notre secteur doit rester vigilant dans les orientations que l’on veut donner à ses pratiques.
Tant qu’il y aura des hommes, il faudra des agriculteurs. Si un jour, nous n’avons plus d’agriculteurs en Wallonie, nous consommerons des produits venus d’ailleurs, qui risquent de répondre à des normes très largement inférieures à celles que nos producteurs respectent déjà aujourd’hui.
Il est clair pour la FWA que ce scénario n’est pas envisageable, et qu’elle se battra sans répit pour une agriculture économiquement, socialement et environnementalement viable, orientée vers l’avenir plutôt que vers le passé.

MAE: la FWA demande de la cohérence!

Comme nous l’avons largement évoqué dans l’édito de cette édition, le remboursement de montants perçus par certains agriculteurs pour les MAE ne faisant plus partie du nouveau PWDR a fait l’objet d’un cafouillage certain de la part de l’administration. Voici le courrier que nous avons adressé ce lundi à son directeur général, avec copie au Ministre Collin qui en a la tutelle.

«Monsieur le Directeur Général,

Objet: Courrier MAE de mise en demeure de remboursement (3/12ème)

Ce jeudi 6 avril 2017, des centaines d’agriculteurs wallons ont reçu un courrier de mise en demeure de l’administration réclamant le remboursement endéans les 30 jours d’une somme correspondant aux 3/12ème de trop-perçus pour 3 mesures agri-environnementales non reconduites dans le PWDR 2014-2020.

Lors d’un précédent courrier envoyé le 7 décembre 2016 aux mêmes agriculteurs, il avait été précisé que «ces montants seront compensés de vos prochains versements de l’organisme payeur si d’autres aides vous sont dues et un décompte vous sera envoyé». C’est dire l’étonnement et l’incompréhension des agriculteurs de recevoir cette mise en demeure par recommandé postal.

Du côté de la FWA, l’étonnement est grand également car nous tenons mensuellement une réunion de Front Vert avec la DG03 pour discuter des dossiers agricoles et jamais l’envoi de ce courrier de mise en demeure MAE n’a été abordé.

Ce lundi matin, nouveau rebondissement, nous avons reçu une copie du courrier d’un membre où l’administration précise que le montant des 3/12ème a été «compensé» d’un versement Adisa. Entretemps sous la menace du courrier de mise en demeure, l’agriculteur a déjà réalisé son remboursement. Tout cela fait grand désordre et sème la cacophonie parmi les agriculteurs de notre région.

Concernant ces 3/12ème, sur le fond du dossier, les agriculteurs se sentent toujours lésés et floués car ils estiment avoir respecté à la lettre leur engagement MAE jusqu’au 31 mars 2015 et de se demander si la Commission européenne est dans son bon droit de réclamer ces montants aux agriculteurs. Nous avons sollicité un bureau d’avocats pour analyser cette question.

Nous réclamons qu’un minimum de cohérence et de discipline soit rapidement retrouvé au sein des composantes de votre administration et que ce dossier soit reconsidéré au plus vite avec plus de professionnalisme.

En vous remerciant de l’attention portée à la présente […]

(s) Y HAYEZ, Secrétaire Général»

Terres en Flandre : suite mais pas fin !

Voilà un dossier qui irrite dans les zones frontalières. Charges administratives supplémentaires, manque de communication, questions sans réponses, secteur concerné mis de côté. Piquée au vif, la FWA ne démord pas sur ce dossier.

 Christian Hick

Contexte

Début janvier, quelque 400 agriculteurs wallons exploitant des terres en Flandre découvraient de nouvelles dispositions pour l’épandage d’engrais de ferme. Celles-ci sont issues d’un protocole de coopération signé entre la Wallonie et la Flandre en mai dernier et pour lequel aucune concertation n’avait été organisée que ce soit au nord ou au sud du pays. Ce protocole concerne l’échange d’informations et la collaboration en matière de suivi de l’épandage pour permettre l’application des réglementations de chaque région. En pratique, chaque agriculteur concerné devra pré notifier, imprimer un document de transport et confirmer le jour même et ce, pour chaque épandage réalisé, avec ses propres engrais de ferme, sur ses terres situées dans l’autre région. Les Wallons devront réaliser les démarches sur le site internet de la région flamande, et inversement pour les Flamands. Les quantités exportées seront déduites du taux de liaison au sol. Précédemment, dans le taux de liaison au sol de l’agriculteur wallon, les terres déclarées en Flandre étaient comptabilisées comme un potentiel d’exportation à l’instar des terres déclarées en Wallonie comptabilisées comme un potentiel d’épandage. Par conséquent, outre le fait de risquer un contrôle lors du transport vers la Flandre, les agriculteurs qui ne respectent pas ces modalités, se verront pénaliser dans leur taux de liaison au sol.

Réaction de la FWA

Informée par ses membres, la FWA a multiplié les contacts auprès de l’administration wallonne et auprès de nos homologues flamands pour comprendre les nouvelles impositions, leurs origines et les raisons qui ont amenés notre administration à signer dans le secret ce protocole.

Alertée par les lourdes démarches que l’on voulait faire incomber aux frontaliers, face aux nombreuses questions posées sur le terrain et restant sans réponse et vu les implications sur le taux de liaison au sol, la FWA a rédigé un premier courrier le 10 janvier, adressé au Ministre Carlo Di Antonio et demandant une réunion d’urgence. Bien que promise, cette réunion ne s’est toujours pas tenue, la FWA devant se contenter de réponses évasives. Certes, le Cabinet du Ministre reconnaît des erreurs dans la méthode de travail et la communication appliquée sur le dossier et nous assure travailler à des solutions. A chaque occasion, la FWA rappelle l’urgence du dossier. En mars, les épandages battent leur plein et les questions pratiques restent sans réponses. Un second courrier est transmis, par l’intermédiaire de son conseil juridique, au Ministre Di Antonio avec copie au Ministre Président, Paul Magnette, pour les mettre en garde des conséquences inacceptables que ce protocole fait courir sur les agriculteurs. Pour le Cabinet Di Antonio, rien ne presse. Pour la FWA, au-delà des contraintes qu’elle considère comme inacceptables, les agriculteurs ne peuvent en aucun cas être pénalisés du manque d’information qu’ils ont reçue malgré leurs demandes répétées.

Des nouvelles du Front

Vendredi dernier, toujours sans répondre à nos courriers, le Cabinet nous informait qu’aucune adaptation n’était possible, et cela, suite à une réunion qui s’est tenue entre les administrations wallonne et flamande. A leur niveau, il est impossible de déroger aux modalités fixées par le protocole de coopération, entré en vigueur le 1er janvier. Il aura fallu trois mois.

La FWA est scandalisée par ces méthodes visant à piéger les agriculteurs dans de lourdes contraintes et sans laisser au secteur la possibilité de faire entendre sa voix. Une fois de plus, le Ministre cautionne les mesures imaginées par une Administration en décalage total avec la pratique. Ont-ils réfléchi aux conséquences sur le terrain ?

Si le Cabinet du Ministre a reconnu différentes erreurs dans la gestion du dossier, il ne juge pas nécessaire de les corriger. Pour 2017, le mal est fait. Aucune possibilité n’est laissée à l’agriculteur pour renseigner ses épandages a posteriori. Impossible dès lors de faire valoir ses épandages de printemps dans son taux de liaison au sol s’ils n’ont pas été notifiés en bonne et due forme. Signalons, par ailleurs, que le courrier demandant des précisions sur les modalités d’inscription est resté sans réponse. Le LS étant soumis à la conditionnalité et étant une condition d’accès aux aides à l’investissement et à la reprise, la FWA demande qu’aucun agriculteur ne soit sanctionné sur ces aspects. En outre, et soutenue par les collègues du Boerenbond, la FWA demande la révision du protocole de coopération en concertation avec le secteur en prévision de 2018. Un courrier reprenant ces exigences lui a été envoyé. En parallèle, la FWA a chargé son conseil juridique d’analyser la valeur d’un tel protocole.

Nous vous tiendrons informés des suites de ce dossier.

 

Cafouillage à l’administration

Depuis plus de 20 ans, les agriculteurs de notre région ont adapté et amplifié leurs pratiques dans le souci d’un meilleur impact de leur activité sur l’environnement. Bénéficiant d’un soutien financier légitime de la part des pouvoirs publics, force est de constater que les moyens de mise en œuvre organisés par ces mêmes pouvoirs publics ont de quoi décourager plus d’un agriculteur.

Yvan Hayez

Les services de la Fédération Wallonne de l’Agriculture ont reçu la semaine dernière de très nombreux appels suite au courrier envoyé par l’administration (DGO3), intimant les agriculteurs concernés (1500 selon nos sources) de rembourser un trimestre des aides liées à des mesures agri-environnementales (MAE) perçues en 2015, pour les engagements qu’ils avaient respectés durant l’exercice 2014.
Petit rappel historique. La mise en œuvre des MAE relève du Plan Wallon du Développement Rural (PWDR) qui relève lui-même du second pilier de la PAC.
Sous l’ancien régime (PWDR 2007-2013), les contrats étaient conclus pour une période de 5 ans, courant du 1er avril au 31 mars. Dans le nouveau programme (2014-2020), les contrats sont renouvelables par année civile (1er janvier au 31 décembre).
Les retards de la mise en œuvre du régime actuel, principalement imputables à l’Union européenne (mais également d’Etats membres ou de régions très en retard), ont conduit à un problème de transition synchronisée entre l’ancien et le nouveau PWDR. Le nouveau PWDR est entré en vigueur le 1er janvier 2015. Dans ce nouveau PWDR, certaines MAE n’ont pas été reconduites (les mesures M3b, M4 et M5). Pour les agriculteurs engagés, le contrat sur ces mesures courait jusqu’à fin mars 2015. Ils ont donc respecté leurs engagements jusqu’à cette date et ont perçu en conséquence l’aide due pour la période complète.
Toutefois, suite à un audit de l’Europe, la Wallonie s’est vue sommée de réclamer le remboursement du 1er trimestre 2015 pour les MAE qui n’existent plus dans le nouveau PWDR, considérant que ce trimestre ne faisait plus partie de la période couverte par le PWDR 2007-2014.
Dans un courrier du 7 décembre 2016, l’administration wallonne signifiait aux agriculteurs concernés que les montants «indûment versés» (alors que les engagements avaient été respectés par les agriculteurs!) seraient déduits dans les prochains paiements délivrés par l’organisme payeur.
Dès décembre, la FWA a consulté ses conseillers juridiques afin de vérifier les bases légales de cette décision injuste vis-à-vis des agriculteurs qui ont respecté leurs contrats. La FWA a ensuite diffusé dans le même mois, un modèle de recours dont nous proposions l’envoi par les agriculteurs concernés afin de protester contre cette décision.
La semaine dernière, à notre grande stupéfaction et celle des agriculteurs concernés, ces derniers se sont vus adresser un courrier exigeant le remboursement, avec menace de mise en demeure si non-paiement dans les 30 jours, des montants perçus pour ce fameux premier trimestre 2015. Ce courrier nous a d’autant plus surpris, qu’il n’a jamais été évoqué lors des réunions mensuelles que nous avons avec les responsables de l’administration! Par ailleurs, nous constatons une nouvelle fois qu’il est adressé lors d’une période de congés, ce qui laisse les agriculteurs sans réponse de la part des services de l’administration et donc dans le désarroi.
Sans attendre, nous avons à nouveau sollicité l’avis de notre conseil juridique par rapport à la réaction à apporter vis-à-vis de ce nouveau courrier. Dans le même temps, nos services ont eu des contacts avec le Ministre de l’Agriculture, René Collin, qui semble-t-il, n’avait pas été tenu informé de cette initiative de son administration et considérait qu’il fallait s’en tenir à la solution proposée dans le courrier de décembre dernier (soit pas de remboursement, mais une retenue sur les prochains paiements).
Ce lundi 10 avril, la Fédération Wallonne de l’Agriculture a adressé officiellement un courrier au directeur général de l’administration avec copie au Ministre R. Collin, que le lecteur pourra lire ICI.
Etant donné que l’introduction d’un recours ne suspend pas la décision, notre conseil juridique conseille aux agriculteurs qui paieraient la somme réclamée, pour se réserver toutes les possibilités, de faire une lettre d’accompagnement dans laquelle ils précisent que le paiement intervient sans reconnaissance préjudiciable et sous toutes réserves.
En procédent ainsi, l’agriculteur signifie qu’il n’accepte pas la décision et qu’il se réserve le droit d’exiger le remboursement s’il obtient gain de cause par exemple sur recours.
 
Ce lundi matin, l’une de nos membres nous informe d’un nouveau rebondissement.
Ayant payé rapidement le montant réclamé dans le courrier adressé en date du 4 avril qui demande le remboursement du premier trimestre 2015, elle a néanmoins reçu un second courrier datant du 6 avril lui signalant qu’un même montant a été déduit d’une aide qui lui était due (selon les modalités définies dans le courrier du 7 décembre). En résumé, cette agricultrice paie deux fois les 3/12èmes correspondant au premier trimestre 2015!
Ceci traduit un dysfonctionnement manifeste et un évident manque de coordination au sein de l’administration. Cette situation est inacceptable, en particulier au regard des sanctions auxquelles sont soumis les agriculteurs au moindre de leur manquement, retard ou erreur!
 
Par ailleurs, nous rappelons les difficultés dans lesquelles sont aujourd’hui placés les agriculteurs dont l’exploitation est à cheval sur la frontière linguistique. Cette situation fait suite à un protocole d’accord entre Ministres de l’environnement des Gouvernements régionaux flamand et wallon, sans qu’il y ait eu aucune concertation tant au nord qu’au sud du pays avec les organisations représentatives des agriculteurs (ce dossier est exposé plus en détail ICI).
Alors que depuis de nombreuses années, les agriculteurs ont intégré dans leur gestion d’exploitation, des pratiques en faveur de l’environnement pour répondre à la demande de la société, les deux exemples relatés dans cet éditorial traduisent une attitude de certains pouvoirs publics qui semblent s’ingénier à décourager les agriculteurs dans leurs efforts. Ceci est tant absurde qu’inacceptable. 
La Fédération Wallonne de l’Agriculture continue à suivre ces dossiers de très près et continuera à tenir ses affiliés informés des suites de chacun d’entre eux.
Malgré les difficultés, nous voulons souhaiter à tous nos lecteurs de passer d’excellentes fêtes de Pâques!

Des actions à tous les étages!

Répondant à une énième agression vis-à-vis de l’élevage bovin, les éleveurs de la Fédération Wallonne de l’Agriculture se sont invités dans une émission en direct de la RTBF (la Une) jeudi dernier en soirée. Emmenés par Pierre Vromman, président de la province du Brabant, et par le président de la commission «Productions Animales» de la FWA, nos éleveurs ont organisé une distribution de viande bovine de chez nous à la station Nivelles de l’autoroute Mons-Bruxelles.

Yvan Hayez

 

Quelques jours avant cette action visant à défendre notre Blanc Bleu Belge, le journaliste Benjamin Maréchal a interpellé ses auditeurs de l’émission radio «C’est vous qui le dites» (Vivacité) sur la consommation de viande bovine, et de BBB en particulier. Il réagissait en cela aux propos tenus par Ryan O’Leary, président de la compagnie aérienne irlandaise low cost Ryanair.

«Le BBB, c’est moche comme le péché», a-t-il notamment déclaré!   Cette nouvelle attaque à l’égard d’un fleuron de notre agriculture n’a pas manqué de susciter de nombreuses réactions parmi les affiliés de notre Fédération. Prenant les choses en main, Pierre Vromman, président FWA du Brabant, avec l’appui des services de la FWA, a organisé en un temps record, une action de sensibilisation en faveur de notre élevage Blanc Bleu Belge.

De fait, et outre son émission quotidienne sur Vivacité, Benjamin Maréchal anime également sur la Une (RTBF télé) une émission hebdomadaire qui se déroule en direct à la station de Nivelles. Une cinquantaine d’éleveurs se sont mobilisés en un temps record pour organiser la cuisson et la distribution de savoureux morceaux de BBB, avec le talent et la complicité de Martine Leclercq, de la toute proche Ferme des Nauves (Braine-le-Comte).

Cette action de communication fut sans conteste un succès médiatique. Bien qu’organisée sans l’accord formel de l’animateur, ce dernier a accepté de jouer le jeu. C’est ainsi qu’au fil du direct, notre action a été largement relayée. L’ouverture de l’émission s’est faite devant notre banderole FWA rappelant que «les agriculteurs remplissent nos assiettes et façonnent nos paysages», en présence de la délégation d’éleveurs qui entouraient l’animateur. Durant l’émission, une capsule a été enregistrée et diffusée, présentant les commentaires de Marie-Laurence Semaille, responsable du secteur bovin au sein de notre Service d’Etudes. L’animateur et certains de ses invités, connus du monde des médias ont également été filmés et diffusés en train de déguster et d’apprécier notre viande.  Enfin, peu avant la clôture de l’émission vers 23h30, l’un de nos éleveurs, Manu Laruelle de Faimes, a représenté la FWA dans une interview avec l’animateur de l’émission.

Cette action fut indiscutablement un succès, tant sur le plan de la mobilisation des éleveurs, que sur son impact médiatique. Retenus par la rencontre «Epis-Logues» programmée de longue date le même jour  à Gembloux, le président Joseph Ponthier et la présidente Marianne Streel ont rejoint les organisateurs de l’action à Nivelles, sur le coup de 23h, marquant ainsi leur disponibilité et leur soutien à cette remarquable action de terrain. 

Le lecteur trouvera dans la présente édition un large écho de la conférence «Epis-Logues» qui après avoir reçu l’économiste Etienne de Callataÿ, et le représentant du COPA, Arnaud Petit, recevait cette fois Olivier De Schutter, ex-rapporteur pour le «droit à l’alimentation» auprès de l’Organisation des Nations Unies. Une nouvelle fois, cette conférence «Epis-Logues» a rencontré son objectif premier,  à savoir nourrir et élargir la réflexion et le dialogue.

Enfin, une délégation des secrétaires de la Fédération Wallonne de l’Agriculture, emmenée par son président Benoit Charlier, a été reçue par le Ministre René Collin, en son Cabinet, vendredi dernier. L’objectif principal de cette rencontre était de la part des secrétaires, de faire part au Ministre des difficultés quotidiennes qu’ils rencontrent dans le traitement des dossiers et de services qu’ils offrent à nos affiliés. Cette rencontre s’inscrivait pleinement en appui de la dénonciation des excès administratifs formulée depuis des années par notre Fédération. Le Ministre Collin s’est déclaré parfaitement conscient du problème et a spontanément proposé une prochaine réunion associant les responsables concernés de son administration. Comme ils l’étaient lors de la rencontre de ce vendredi matin, les représentants de la FWA seront également présents lors de cette réunion programmée début mai.

Les 3 exemples relatés ci-avant témoignent du fait que la Fédération Wallonne de l’Agriculture, que ce soit par sa base, par son réseau de secrétaires ou par ses services propres, agit sans répit et en pleine complémentarité de l’ensemble de ses structures.

C’est notre force et notre fierté, c’est bien qu’il en soit ainsi. Merci à celles et ceux qui au quotidien se battent et se mobilisent pour faire vivre la FWA!