Joseph Ponthier, nouveau président de la FWA

Beaucoup d’entre vous le connaissent déjà, Joseph Ponthier est loin d’être un novice dans l’implication dans nos structures syndicales. Tout nouvellement élu président de notre Fédération, Joseph Ponthier nous en dit plus sur lui, son parcours, ses priorités…

Qui êtes-vous, Joseph Ponthier?

J’ai 55 ans, et j’exploite une ferme laitière à Presseux (Sprimont) en Province de Liège. C’est une exploitation de 53ha, en Ourthe Amblève, juste entre le Pays de Herve et le Condroz liégeois. C’est une ferme composée exclusivement de prairies permanentes, avec 95 vaches Holstein, plus les jeunes bêtes.

J’ai repris l’exploitation de mes parents après mes études secondaires. En 2014, comme je n’ai pas de successeur direct, je me suis associé avec un jeune, Maxime, qui avait envie d’entrer dans la profession. Il reprendra progressivement mon exploitation.

J’adore mon métier, même s’il est parfois difficile. Quand j’étais jeune, j’ai envisagé de devenir vétérinaire. Finalement, j’ai repris l’exploitation il y a presque 35 ans et je ne l’ai vraiment jamais regretté!

A part l’aspect agricole, je suis aussi impliqué à divers niveaux dans ma commune (CLDR, ALE…), mais je n’ai pas de mandat politique.

Vous n’êtes pas un débutant dans le domaine de l’implication syndicale, racontez-nous votre parcours dans le mouvement.

J’ai commencé par m’impliquer aux JAP de ma cantonale, dont je suis devenu président en 1981, puis président provincial. En 1992, je suis devenu président national des JAP, jusqu’en 1995. J’ai participé aux réunions et activité du CEJA, le COPA des jeunes.  près les JAP, j’ai tout de suite embrayé sur les structures UPA, puis FWA.

Il m’a toujours paru indispensable de s’impliquer dans la défense du métier, c’est une évidence pour moi! Depuis le début, je me suis intéressé à la formation, parce que je pense que c’est vraiment important d’être formé à la base, mais aussi de continuer tout au long de sa carrière. C’est aussi l’une des missions d’une organisation comme la nôtre, former et informer en permanence.

Pourquoi est-il important de s’engager dans une organisation comme la FWA?

Parce qu’on est tellement plus forts quand on se rassemble, c’est la première des raisons! La FWA, c’est une organisation qui défend tous les secteurs, tous les modes de production, de commercialisation, … Cette diversité-là, c’est celle du monde agricole. A la FWA, on tient à cette diversité, c’est la richesse de notre agriculture.

La FWA, c’est aussi une énorme quantité de compétences, un réseau de secrétaires proches des agriculteurs et un personnel motivé.

Je veux être un président qui rassemble. Je suis convaincu qu’au-delà de nos différences, au fond, nous partageons tous la même volonté de soutenir et défendre notre agriculture, qui est un secteur économique vraiment important pour notre région wallonne.

S’impliquer à la FWA, c’est rencontrer d’autres agriculteurs, découvrir ce que vivent nos collègues des autres secteurs agricoles, d’autres régions… Echanger des points de vue, partager, communiquer entre nous et vers l’extérieur. C’est vraiment très enrichissant sur le plan personnel et c’est indispensable pour l’avenir de la profession.

En tant que Président de la FWA, quelles sont vos priorités pour les premiers mois de votre mandat?

Il y a des gros dossiers en cours, dont notamment le TTIP, qui sera au cœur des discussions de notre Assemblée de février. Nous allons devoir prendre position à ce sujet et les interventions de l’assemblée devraient nous y aider. C’est évidemment un dossier très important dans un contexte mondialisé!

Je suis aussi convaincu que nous devons nous assurer que la concertation chaîne se poursuit en dehors des périodes de crises aigües. Il faut maintenir les contacts entre les divers maillons des filières en permanence, même lorsque les prix sont meilleurs pour le producteur. Nous devons vraiment travailler avec les autres acteurs de l’agroalimentaire et réfléchir à la commercialisation de nos productions.

De façon plus générale, comme je l’ai déjà évoqué, je tiens à ce qu’on forme solidement nos jeunes, mais aussi qu’on se forme davantage en tant que responsables.

Enfin, nous devons travailler encore notre communication, notamment vers le grand public.

Comment envisagez-vous les relations avec les autres composantes de la «famille FWA», la FJA et l’UAW?

Pour moi, nos mouvements forment une famille où chacun doit pouvoir exprimer ses préoccupations spécifiques, et où les autres doivent pouvoir écouter et prendre en compte. Le Président de la FJA et la Présidente de l’UAW sont d’ailleurs membres du Bureau national et vice-présidents de la FWA, et c’est tout à fait normal.

Quand on est attaché à une agriculture familiale, et c’est mon cas, on ne peut qu’avoir envie de collaborer avec les jeunes et les femmes, c’est évident!

 

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Un orateur de marque à la Section régionale de Verviers!

La Section locale FWA de Herve-Aubel a pour tradition de mettre chaque année un orateur du Nord du pays au programme de ses activités. L’an passé, le 9 avril, le thème était «Le paquet lait vu de Flandre» avec comme orateur Guy Vandepoel, conseiller au service d’étude du Boerenbond.

Pour clôturer cette saison hivernale 2014-2015, c’est Piet Vanthemsche en personne qui sera à la tribune.

L’affiche étant prestigieuse, Manu Bragard (Président de la SL de Aubel-Herve et Régionale de Verviers) et le Secrétaire Benoît Charlier ont étendu l’invitation à l’ensemble de la régionale de Verviers.
Notre Président Daniel Coulonval sera présent pour accueillir son homologue le Président du Boerenbond.

 

Mercredi 11 mars à 13 h

Restaurant «Le Charmes Chambertin» à Clermont (vaste parking à l’arrière)

Thème: «L’agriculture vue de Flandre» par Piet Vanthemsche, Président du Boerenbond

La SR de Verviers vous y attend nombreux!

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Pesticides : consommateurs et utilisateurs en danger?

La section provinciale FWA-Liège organise le jeudi 29 janvier à 19h45 au Post Hôtel, rue Hurbise 160 à 4040 Herstal une conférence :

Pesticides :
consommateurs et utilisateurs en danger?
Comment un produit phytosanitaire est-il agréé? Quels contrôles pour nos céréales,
fruits et légumes? Le danger est-il dans l’assiette?
par
Chantal Vervaet – SPF Santé publique, Service Pesticides et Engrais
Michaël Colson – AFSCA, UPC de Liège
Alfred Bernard – Directeur de recherche au FNRS, toxicologue à l’UCL

Infos : Christine Gonay (FWA) : 0493 65 98 61

 

 

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Résumé de la première assemblée d’automne 2014 de la FWA consacrée aux aides directes

Réduction globale des budgets de 20% pour toutes les aides, qu’elles soient couplées ou découplées, et nouvelles règles de redistribution, c’est ce qui ressort de la réforme imposée par l’UE. Des nouveaux principes auxquels la profession doit se plier mais dont la FWA a essayé de limiter au maximum l’impact négatif en défendant ses positions devant les autorités wallonnes et européennes. La première Assemblée sectorielle d’automne, qui s’est tenue à Courrière le 25 novembre dernier, a permis de faire le point sur le dossier des aides directes, d’en rappeler les différentes négociations et d’évoquer les répercussions attendues sur les revenus dans le secteur.

Marie-France Vienne

Et on peut d’emblée dire que la FWA a été entendue dans ses revendications puisqu’elle a obtenu, comme l’a rappelé le Président provincial Reinhard Hoste, un maintien des aides couplées à un niveau très proche de celui existant jusqu’à ce jour, notamment pour les troupeaux allaitants (18,8% de l’enveloppe totale du 1er Pilier et non 10%, voire plus rien comme le proposait la Commission), l’application d’une convergence partielle (et non totale) des aides découplées, l’obtention de surprimes ou top up aux premiers ha par unité de travail professionnelle permettant la prise en compte de l’importance de la main d’œuvre sur l’exploitation, une période de transition au moins jusqu’en 2020 pour une évolution en douceur des règles actuelles et, enfin, une simplification des règles du verdissement, en particulier pour les exploitations tournées de manière importante vers l’élevage qui en seront exemptées.

La réforme de la PAC et ses objectifs

Avant toute chose, Silvain Delannoy du SPW, Direction de la Politique agricole qui travaille sur le premier pilier de la PAC, a proposé un rappel du processus impulsé en 2010 qui a abouti à la réforme. A commencer par la structure de PAC, avec l’OCM unique, qui ne concerne plus que 5% de l’enveloppe européenne, les paiements directs qui représentent quant à eux 70% et enfin le développement rural. Les objectifs de la réforme visent une production alimentaire viable, notamment par un soutien au revenu, une gestion durable des ressources naturelles et climatiques avec de nouveaux défis environnementaux, justification du verdissement, et enfin un développement territorial équilibré. Des objectifs soutenus par des instruments de compétitivité accrue, de durabilité avec, notamment, le nouveau paiement «vert» qui aide à cet aspect de la PAC en même temps qu’un renforcement de la conditionnalité, et d’efficacité avec la refonte des paiements directs et leur redistribution entre et au sein des Etats membres.

Un cadre financier pluriannuel morose

Le nouveau cadre financier pluriannuel de la Commission est très sévère avec l’agriculture puisque le budget alloué sera de373.179 milliards € (dont 84.936 milliards € pour le second pilier, soit près de 23% du budget). Par rapport à la programmation précédente, ce budget est diminué de près de 12% (le budget PAC 2007-2013 s’élevait à 420.682 milliards €). A cela se greffe une redistribution budgétaire entre les Etats membres et une nouvelle répartition des aides entre eux. Afin de parvenir, à terme, à une répartition plus équitable des paiements directs entre les Etats membres, les enveloppes nationales réservées à ces paiements seront progressivement ajustées. Ainsi, dans les Etats membres dont le niveau des paiements directs par ha est inférieur à 90% de la moyenne européenne, l’écart entre leur niveau actuel et ce niveau moyen sera réduit d’un tiers d’ici 2019, avec un niveau minimal d’aide par ha. Le financement de cette convergence reposera sur les Etats membres dont le niveau des paiements directs par ha dépasse la moyenne européenne. Pour la Belgique, le budget des paiements directs passe de 569 millions d’aides directes en 2013 à 505 millions pour 2019. Elle a toutefois obtenu en février 2013 une enveloppe spécifique de 80 millions € en guise de compensation dans le second pilier.

Propositions et compromis final

Concernant la structure des paiements directs, la Commission proposait au départ un paiement de base pour tous les agriculteurs, un paiement vert pour ceux qui se conforment à de bonnes pratiques pour le climat et l’environnement, l’introduction d’un paiement spécifique pour les jeunes, un régime simplifié pour les petites exploitations qui seraient dispensées du paiement vert et de la conditionnalité. A côté de cela un régime facultatif: d’une part un soutien couplé où les Etats membres ont la possibilité de soutenir plusieurs secteurs (jusqu’à 5% de l’enveloppe nationale, voire même au-delà avec l’approbation de la Commission) et d’autre part un paiement pour les zones défavorisées. Le tout, à part le paiement vert, est soumis à une dégressivité des montants au-delà de 150.000€/agriculteur. Le compromis final voit s’ajouter en cours de négociation la surprime aux premiers ha, une aide qui vise à redistribuer les aides en faveur des petites et moyennes exploitations en octroyant une aide supplémentaire aux premiers ha. Autre changement,  le niveau d’aide pour le soutien couplé qui peut aller jusqu’à 8 ou 13% au lieu de 5 et 10% et le régime petite exploitation devenu facultatif. Le plafonnement a été nettement réduit et ne s’applique plus qu’au paiement de base.

Aides couplées: des négociations toujours en cours

Trois options figuraient dès le début des négociations en la matière à commencer par la règle générale, avec maximum 8% de l’enveloppe totale des aides directes qui pouvaient rester couplées et 2% pour les cultures protéagineuses. Une deuxième option pour laquelle l’Etat membre qui a  déjà un couplage à 5% pouvaient  aller jusqu’à 13% avec toujours 2% pour les aides protéagineuses. Et enfin, le cas où l’Etat membre a un couplage supérieur à 10%, ce qui est le  cas de la Wallonie. Dans ce cas, il pouvait monter au-delà de 13% sous réserve d’obtenir toutefois l’accord de la Commission. La Région wallonne a opté pour cette troisième voie. Une victoire en soi, a souligné Marie-Laurence Semaille, Conseillère au Service d’Etude de la FWA, puisque l’enveloppe couplée est restée identique, à savoir  21,3% de l’enveloppe totale des aides directes, avec une nouvelle répartition en 4 parties: 18,8% pour les vaches viandeuses, 1,1% pour les mixtes, 1,1% pour les laitières et 0,3% pour les ovins/caprins. En terme budgétaire, cela se traduit par une enveloppe totale de 61.283 millions € d’aides couplées dont la plus grosse part est dédiée à la vache allaitante. Une enveloppe qui va évoluer jusqu’en 2019 pour aboutir, restriction budgétaire oblige, à 57.760 millions €.

Un cadre complexe

La base de réflexion au niveau des vaches allaitantes et du couplage est caduque en raison du fait que l’on ne puisse plus faire référence au quota historique. La redistribution doit s’effectuer  selon un critère à définir mais qui doit s’appliquer à tous les animaux qui y répondent, donc une obligation de fixer le nombre d’animaux qui vont être primés. La Wallonie compte à peu près 5.500 producteurs ayant au moins une prime vache allaitante. Sur base des statistiques de 2013 sur le cheptel, on peut considérer que le territoire wallon compte environ 520.000 femelles de plus de 8 mois. Par rapport aux 263.000 primes octroyées actuellement en Région wallonne, l’enveloppe potentielle de redistribution des primes vaches allaitantes explose sans que l’on puisse mettre de référence par rapport au quota et à l’enveloppe dont disposait l’exploitant antérieurement. 2015 verra l’arrivée potentielle de 2.500 nouveaux entrants, des agriculteurs qui n’avaient pas de primes vaches allaitantes mais disposaient de vaches codées viandeuses, une donne  qui rendra l’équation encore plus difficile à solutionner. Pour rappel, si l’on se base sur une enveloppe fermée de 54 millions€, que l’on prend le potentiel des 520.000 femelles primables, on arrive à une prime dont le montant chute largement en-deçà de 100€. Un chiffre inacceptable pour la FWA. A cela s’ajoute la prise en considération des génisses au travers desquelles certains activaient des primes vaches allaitantes. Ce sont près de 44% de producteurs qui utilisent cette possibilité d’activation pour justifier leur quota de vaches allaitantes.

Des principes forts défendus par la FWA

La FWA a défendu dès le départ un nouveau système qui soit pérenne et stable.  La transition vers le nouveau système de distribution doit être progressive, tenir compte de la spécificité liée aux génisses et maintenir une prime suffisante. La Commission viande de la FWA avait proposé de démarrer  sur base d’une année référence, en l’occurrence 2013, puisque stable en termes de cheptel, pour éviter toute spéculation et fluctuation du montant des aides. Elle avait aussi la volonté de créer une réserve privilégiant les jeunes afin de soutenir ceux qui viennent de s’installer et ceux qui le sont depuis moins de 10 ans. Le maintien d’une prime suffisante ne peut se faire qu’en réduisant  le nombre de bêtes éligibles en se basant sur un critère. De nombreux scenarii ont fleuri et l’option finale retenue a été de travailler avec des femelles entre 18 et 84 mois de type viandeux, portant ainsi l’enveloppe à 376.000 femelles éligibles pour une prime de 150€. Ne sont plus éligibles dans le nouveau système: environ 86.500 femelles en dessous de 18 mois et 35.000 autres au-dessus de 18 mois. Le fait de ne pas primer toutes les femelles permet d’accroître le montant de la prime. Deux autres mesures spécifiques proposées par la FWA ont également été prévues. Ces mesures complémentaires sont fondamentales car elles permettent d’éviter que certains producteurs ne soient trop impactés par le nouveau système : une redistribution de la réserve pour ceux qui ont perdu 25 % des références entre 2014 et 2015 : + 60 % sur 3 ans. La FWA a aussi imaginé un système de convergence appliqué à l’élevage. Si plus de 25 % de pertes, pendant 4 ans, 10 % du budget affecté aux gros perdants.

Mais la Commission refuse toute référence à un historique et a remis en cause ces deux mesures complémentaires. Or, 150€ sans mesure complémentaire est une situation  inacceptable pour la FWA qui réfléchit à une autre option. Quant aux vaches mixtes, toutes seront primées, qu’elles soient traites ou non, sur base d’une aide au vêlage. C’est aussi le cas pour la vache laitière en remplacement de la prime à l’herbe avec un plafonnement de 1.000€. Mais rien n’est à ce jour finalisé et aucune solution ne semble la bonne. Du moins pour l’instant.

Des aides indispensables, voire vitales

En ce qui concerne le secteur des grandes cultures, les aides sont  indispensables En raison de la grande volatilité des cours sur la période de 6 dernières années, ils ont varié de 107 à 228€/T. En prenant comme référence une exploitation limoneuse d’une superficie de 91ha  dont 71ha de grandes  cultures dont 30 ha de froment et qui dispose de 75 DPU, Michel Mathieu, Directeur du CGTA, constate une évolution des rendements et des prix depuis 2009, année comme 2014 où le prix de revient est supérieur au prix de vente. Ce qui veut dire que la vente du froment n’est pas suffisante pour couvrir tous les coûts. En ce qui concerne le prix de revient à la tonne, plus le rendement est élevé, plus le prix de revient est dilué. Quant à l’évolution du prix de revient de 2009 à 2014, il est observé une augmentation supérieure à 25%. L’influence des DPU dans le revenu est notable puisque l’on passe, en 2009 de 451€/ha et à 401€ en 2014. En 6 ans, il s’agit tout de même d’une diminution de 50€/ha uniquement dû à la diminution du DPU. La volatilité des prix entraîne une grande variation des revenus. L’excédent net varie de 400€/ha avec un prix de la céréale inférieur à 130€/T pour atteindre les 1.000€/ha avec un prix plus favorable supérieur à 180€/T.   En ce qui concerne les vaches allaitantes, les aides sont non seulement indispensables mais vitales pour le secteur. Michel Mathieu constate que quelle que soit l’année depuis 2009 la production n’est pas suffisante pour couvrir l’ensemble des  coûts, ce qui signifie qu’il faut puiser dans les aides pour compenser les tous frais. Mais que représentent les aides dans le revenu? Les bonnes années, en céréales, 40%, les mauvaises années, 100% et quelle que soit l’année en vaches allaitantes, elles représentent en moyenne sur la période étudiée près de 170% du revenu. On constate l’importance cruciale des aides en viande bovine. Michel Mathieu a également mis en évidence l’importance du maintien du couplage en vaches allaitantes: sans le couplage, la perte dans les exploitations d’élevage est encore bien plus grande! Il a également pu montrer que pour que les prix de vente «rattrapent» la perte liée à la réduction du soutien PAC, il faudrait environ augmenter les prix augmenter les prix de vente de plus de 9%. Une réalité quelque peu différente pour le secteur laitier, par contre fortement confronté au problème de la volatilité, explique André Ledur, du CGTA. Il constate une augmentation des coûts de production entre 2009 et 2013. L’évolution au niveau des charges opérationnelles de plus de 40% due au prix des intrants. Augmentation aussi au niveau des charges de structure, +25%, essentiellement imputable aux frais d’entretien et de réparation et coût de l’énergie. En 2009 et 2012, le prix du lait ne permet pas de couvrir les coûts de l’exploitation. Sur la période étudiée, soit de 2009 à 2013, il observe que trois années sur cinq, la différence entre la valeur de la production brute et les coûts n’atteint pas 10€/100L. C’est totalement insuffisant pour faire face aux charges de remboursement des crédits et rémunérer la main-d’œuvre familiale.  Ceci démontre à suffisance que les aides au revenu sont absolument indispensables, avec, également une importance de celles du second pilier. Les aides du premier pilier représentent environ 25% de l’excédent net de l’exploitation en année normale. Par contre, en année de crise, leur part dans l’excédent net d’exploitation est bien plus importante.

Les regards déjà tournés vers 2020

Certes, a insisté René Vansnick, Conseiller au Service d’Etudes de la FWA, le système historique est obsolète, mais la FWA est en faveur convergence interne la plus douce possible. Elle souhaite un maintien du couplage au niveau actuel, demande un soutien aux installations et aux jeunes. Au niveau du verdissement, la FWA souhaite une révision du cadastre des superficies et surtout une valorisation des mitoyennetés. La FWA est favorable au top up, pour autant qu’il soit équilibré. Et ne veut absolument pas, compte tenu du faire-valoir majoritaire au niveau de la Wallonie qu’il y ait totale transparence entre 1ha et un DPU. La part du budget dans le paiement de base doit être la plus élevée possible. Enfin, on demande aux agriculteurs de faire plus avec moins. Si l’objectif de la Commission était une simplification, force est de constater que l’on aura une PAC plus complexe sur le plan administratif, a souligné Yvan Hayez, le Secrétaire général de la FWA dans ses conclusions. Et il faut déjà  travailler à la préparation de la PAC de 2020. L’action de la FWA, c’est d’instruire les dossiers, d’aller sur le terrain pour informer ses membres et sensibiliser les politiques à tous les niveaux. La Fédération a toujours recherché une voie qui aboutisse à un compromis le plus juste possible, sachant qu’il s’agit d’un dossier pénalisant dès le départ, que ce soit pour l’agriculture européenne en général et wallonne en particulier. Les services de la FWA n’ont pas lésiné sur leurs efforts pour en ménager l’impact. Pour preuve, la FWA a participé à 148 rencontres à l’échelon européen et a organisé, dans le cadre de ses tournées de campagnes, plus de 315 soirées qui ont rassemblé non moins de 20.000 personnes.

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