La sécheresse en Wallonie reconnue comme exceptionnelle par l’IRM

Comme vous l’avez certainement appris via la presse, la quasi-totalité de la Wallonie a été reconnue par l’IRM comme ayant subi une sécheresse exceptionnelle (avec une période de retour supérieure à 20 ans), ce qui est une des conditions nécessaires pour obtenir un dédommagement des calamités agricoles.

Aurélie Noiret

La période prise en compte est celle demandée par la FWA lors des différentes réunions, à savoir la sécheresse ayant débuté en août 2016 jusqu’à juin 2017 pour 260 communes. Une seconde période analysée s’étalant du 1er avril 2017 au 30 juin de cette année pour 170 communes a également été reconnue comme exceptionnelle au sens des calamités agricoles.

Au niveau des démarches à effectuer pour obtenir les indemnités, si ce n’est pas encore fait, les agriculteurs doivent contacter leurs communes afin qu’ils réunissent la commission des dégâts. Cette commission se réunit, en principe, à la demande écrite des agriculteurs concernés auprès du Bourgmestre de chaque commune où des dégâts sont constatés. Lorsque les parcelles endommagées sont situées sur le territoire de plusieurs communes, il faut donc faire appel aux Bourgmestres respectifs pour obtenir l’intervention de la Commission d’expertise locale.

Cette demande doit spécifier la date, la cause des dégâts et les parcelles touchées.
Le Bourgmestre concerné convoque la Commission qui doit constater et quantifier officiellement les dommages sur le terrain.
Les procès-verbaux de constat doivent être signés sur l’honneur par 3 membres au moins de la commission.
Les dommages doivent, en principe, être constatés à 2 reprises :
- à l’époque des faits dommageables
- au moment de l’enlèvement de la récolte

Le premier constat est nécessaire pour établir que les dégâts sont dus à un événement exceptionnel et pour préciser la nature des cultures et des superficies en cause.
Le deuxième constat sert à évaluer la perte définitive subie, après dommage, sur la parcelle concernée. Si le dommage définitif peut être déterminé lors du premier constat, celui-ci peut suffire.
L’original est conservé par la commune et des copies sont envoyées au Contrôle local des contributions directes et au représentant de l’administration de l’agriculture (DGO3). Une copie du constat définitif est également remise à l’agriculteur concerné.

Les autres conditions nécessaires de reconnaissance d’un événement comme une calamité agricoles sont les suivantes :

- le montant total des dégâts doit se monter à minimum 1.240.000 euros ;
- le montant moyen des dégâts par dossier doit être d’au moins 5.580 euros ;
- 30 % de perte minimum pour une même culture sur un territoire déterminé selon la réglementation européenne

Plus d’infos auprès de votre secrétaire FWA ou auprès de nos services.

Accord sur les barèmes forfaitaires agricoles – revenus de 2016

Les pourparlers annuels relatifs à l’élaboration des bases forfaitaires de taxation applicables aux agriculteurs pour déterminer les revenus imposables de 2016 viennent de s’achever. Le SPF Finances et les groupements professionnels représentatifs du secteur (FWA, Boerenbond et ABS) ont pu trouver les termes d’un accord dont nous vous livrons les grandes lignes directrices et les chiffres ci-dessous.

Christine Le Borne

De part et d’autre de la table de négociation, le constat a été d’emblée le même: l’année 2016 fut mauvaise globalement dans tous les grands secteurs. Voici donc ci-dessous les tendances qui sous-tendent à l’accord chiffré:

Lait

Dans le secteur laitier, le prix moyen du lait a encore subi une diminution sur l’année civile 2016 selon les chiffres communiqués par la CBL.
Le prix des vaches de réforme et des veaux ont également subi une tendance baissière.
La production par vache augmente toujours et donc aussi l’apport en concentrés. Par contre, le prix de ces derniers a légèrement diminué.
Comme l’année dernière également, les aides «Comeos» octroyées ont été intégrées dans le calcul du bénéfice semi-brut et ne doivent donc pas être déclarés individuellement.
Dans de telles conditions, le bénéfice semi-brut enregistre une diminution de 4% applicable à toutes les régions du pays pour les superficies fourragères affectées à la production laitière.
Le système de progressivité  du barème laitier qui existe pour les exploitations au-dessus de 25 ha consacrés au lait reste conforme à l’accord engrangé l’année dernière et donc varie chaque année en fonction du prix moyen du lait et ce, de la manière suivante:
- 5 € pour un prix supérieur à 36 €;
- 4 € pour un prix entre 34 et 36 €;
- 3 € pour un prix entre 32 et 34 €;
- 2 € pour un prix entre 30 et 32 €;
- 1 € pour un prix inférieur à 30€.

Pour les revenus 2016, c’est donc une progressivité de 1 € qui sera d’application puisque le prix moyen du lait en 2016 était de 0.2782 €/litre.

Viande

Dans le secteur de la viande, le barème à l’hectare enregistre une diminution d’environ 7 à 8%, reflet à la fois d’une diminution du prix du bétail et du coût de l’alimentation et aussi d’une modulation en rapport avec l’importance de la finition du bétail.

Cultures

Dans le secteur des grandes cultures, la négociation doit, comme à l’accoutumée, prendre en considération tous les grands secteurs traditionnels (céréales, betteraves, pommes de terre). Alors que les deux premiers secteurs ont subi des diminutions importantes de rendement, force est de constater à nouveau que le troisième a enregistré une sensible augmentation des prix malgré un rendement en nette baisse également.

C’est pourquoi, en fonction de la présence plus ou moins prépondérante de la culture des pommes de terre, le bénéfice semi-brut diminue de 26, 22 ou 16 % selon les régions.

Semi-brut

Une fois encore, il faut rappeler que les chiffres de barème semi-brut à l’hectare publiés dans le tableau ne sont pas des chiffres nets et que pour obtenir les revenus imposables des exploitations qui vont appliquer les bases forfaitaires de taxation, il faut encore tenir compte des charges déductibles individuellement comme les fermages, les cotisations sociales, les honoraires payés aux vétérinaires et aux conseils fiscaux, les intérêts d’emprunts professionnels, etc. Les factures payées à des groupements d’employeurs sont également déductibles au même titre que les salaires ou les travaux agricoles payés à des entrepreneurs.

Au demeurant, rappelons qu’à l’impôt des personnes physiques, les aides directes qu’elles soient couplées comme les aides à la vache allaitante, laitière ou mixte, ou que ce soient des aides découplées comme le paiement de base ou le verdissement par exemple, bénéficient d’un taux de taxation distinct de 12,5%. Les aides à l’investissement ou à l’installation (Aida/Isa/Adisa) payées en capital ou en subvention-intérêt sont toujours totalement exonérées d’impôt. Pour les personnes morales soumises à l’impôt des sociétés, ces aides bénéficient d’un taux réduit à 5 %.

Il n’est sans doute pas inutile de souligner à nouveau que les chiffres de bénéfices semi-bruts qui ont été arrêtés pour les différentes régions du pays constituent des moyennes générales qui peuvent trouver à s’appliquer à une majorité des agriculteurs exerçant leur profession, en personne physique, dans des conditions normales.

Déclarations fiscales

Le manuel consacré aux modalités pratiques d’application du barème forfaitaire sera publié sur le site du SPF Finances (www.fisconet.fgov.be) aux alentours du 1er septembre prochain. Les déclarations fiscales sont attendues cette année encore pour la mi-septembre et devront être renvoyées en principe pour le 10 décembre 2017 pour les déclarations «papier» ou le 10 janvier 2018 pour les déclarations «Tax-on-web» complétées par un mandataire. Attention, dans le cas où votre déclaration a déjà été rentrée précédemment via «Tax-on-web», il se pourrait que vous ne receviez plus de déclaration «papier»: cela ne vous exonère évidemment pas de votre «devoir fiscal».

N’hésitez pas à prendre contact sans attendre la dernière minute avec votre Secrétaire FWA qui pourra, cette année encore, vous assister dans la rédaction de votre déclaration fiscale.

MAE: la FWA demande de la cohérence!

Comme nous l’avons largement évoqué dans l’édito de cette édition, le remboursement de montants perçus par certains agriculteurs pour les MAE ne faisant plus partie du nouveau PWDR a fait l’objet d’un cafouillage certain de la part de l’administration. Voici le courrier que nous avons adressé ce lundi à son directeur général, avec copie au Ministre Collin qui en a la tutelle.

«Monsieur le Directeur Général,

Objet: Courrier MAE de mise en demeure de remboursement (3/12ème)

Ce jeudi 6 avril 2017, des centaines d’agriculteurs wallons ont reçu un courrier de mise en demeure de l’administration réclamant le remboursement endéans les 30 jours d’une somme correspondant aux 3/12ème de trop-perçus pour 3 mesures agri-environnementales non reconduites dans le PWDR 2014-2020.

Lors d’un précédent courrier envoyé le 7 décembre 2016 aux mêmes agriculteurs, il avait été précisé que «ces montants seront compensés de vos prochains versements de l’organisme payeur si d’autres aides vous sont dues et un décompte vous sera envoyé». C’est dire l’étonnement et l’incompréhension des agriculteurs de recevoir cette mise en demeure par recommandé postal.

Du côté de la FWA, l’étonnement est grand également car nous tenons mensuellement une réunion de Front Vert avec la DG03 pour discuter des dossiers agricoles et jamais l’envoi de ce courrier de mise en demeure MAE n’a été abordé.

Ce lundi matin, nouveau rebondissement, nous avons reçu une copie du courrier d’un membre où l’administration précise que le montant des 3/12ème a été «compensé» d’un versement Adisa. Entretemps sous la menace du courrier de mise en demeure, l’agriculteur a déjà réalisé son remboursement. Tout cela fait grand désordre et sème la cacophonie parmi les agriculteurs de notre région.

Concernant ces 3/12ème, sur le fond du dossier, les agriculteurs se sentent toujours lésés et floués car ils estiment avoir respecté à la lettre leur engagement MAE jusqu’au 31 mars 2015 et de se demander si la Commission européenne est dans son bon droit de réclamer ces montants aux agriculteurs. Nous avons sollicité un bureau d’avocats pour analyser cette question.

Nous réclamons qu’un minimum de cohérence et de discipline soit rapidement retrouvé au sein des composantes de votre administration et que ce dossier soit reconsidéré au plus vite avec plus de professionnalisme.

En vous remerciant de l’attention portée à la présente […]

(s) Y HAYEZ, Secrétaire Général»

Terres en Flandre : suite mais pas fin !

Voilà un dossier qui irrite dans les zones frontalières. Charges administratives supplémentaires, manque de communication, questions sans réponses, secteur concerné mis de côté. Piquée au vif, la FWA ne démord pas sur ce dossier.

 Christian Hick

Contexte

Début janvier, quelque 400 agriculteurs wallons exploitant des terres en Flandre découvraient de nouvelles dispositions pour l’épandage d’engrais de ferme. Celles-ci sont issues d’un protocole de coopération signé entre la Wallonie et la Flandre en mai dernier et pour lequel aucune concertation n’avait été organisée que ce soit au nord ou au sud du pays. Ce protocole concerne l’échange d’informations et la collaboration en matière de suivi de l’épandage pour permettre l’application des réglementations de chaque région. En pratique, chaque agriculteur concerné devra pré notifier, imprimer un document de transport et confirmer le jour même et ce, pour chaque épandage réalisé, avec ses propres engrais de ferme, sur ses terres situées dans l’autre région. Les Wallons devront réaliser les démarches sur le site internet de la région flamande, et inversement pour les Flamands. Les quantités exportées seront déduites du taux de liaison au sol. Précédemment, dans le taux de liaison au sol de l’agriculteur wallon, les terres déclarées en Flandre étaient comptabilisées comme un potentiel d’exportation à l’instar des terres déclarées en Wallonie comptabilisées comme un potentiel d’épandage. Par conséquent, outre le fait de risquer un contrôle lors du transport vers la Flandre, les agriculteurs qui ne respectent pas ces modalités, se verront pénaliser dans leur taux de liaison au sol.

Réaction de la FWA

Informée par ses membres, la FWA a multiplié les contacts auprès de l’administration wallonne et auprès de nos homologues flamands pour comprendre les nouvelles impositions, leurs origines et les raisons qui ont amenés notre administration à signer dans le secret ce protocole.

Alertée par les lourdes démarches que l’on voulait faire incomber aux frontaliers, face aux nombreuses questions posées sur le terrain et restant sans réponse et vu les implications sur le taux de liaison au sol, la FWA a rédigé un premier courrier le 10 janvier, adressé au Ministre Carlo Di Antonio et demandant une réunion d’urgence. Bien que promise, cette réunion ne s’est toujours pas tenue, la FWA devant se contenter de réponses évasives. Certes, le Cabinet du Ministre reconnaît des erreurs dans la méthode de travail et la communication appliquée sur le dossier et nous assure travailler à des solutions. A chaque occasion, la FWA rappelle l’urgence du dossier. En mars, les épandages battent leur plein et les questions pratiques restent sans réponses. Un second courrier est transmis, par l’intermédiaire de son conseil juridique, au Ministre Di Antonio avec copie au Ministre Président, Paul Magnette, pour les mettre en garde des conséquences inacceptables que ce protocole fait courir sur les agriculteurs. Pour le Cabinet Di Antonio, rien ne presse. Pour la FWA, au-delà des contraintes qu’elle considère comme inacceptables, les agriculteurs ne peuvent en aucun cas être pénalisés du manque d’information qu’ils ont reçue malgré leurs demandes répétées.

Des nouvelles du Front

Vendredi dernier, toujours sans répondre à nos courriers, le Cabinet nous informait qu’aucune adaptation n’était possible, et cela, suite à une réunion qui s’est tenue entre les administrations wallonne et flamande. A leur niveau, il est impossible de déroger aux modalités fixées par le protocole de coopération, entré en vigueur le 1er janvier. Il aura fallu trois mois.

La FWA est scandalisée par ces méthodes visant à piéger les agriculteurs dans de lourdes contraintes et sans laisser au secteur la possibilité de faire entendre sa voix. Une fois de plus, le Ministre cautionne les mesures imaginées par une Administration en décalage total avec la pratique. Ont-ils réfléchi aux conséquences sur le terrain ?

Si le Cabinet du Ministre a reconnu différentes erreurs dans la gestion du dossier, il ne juge pas nécessaire de les corriger. Pour 2017, le mal est fait. Aucune possibilité n’est laissée à l’agriculteur pour renseigner ses épandages a posteriori. Impossible dès lors de faire valoir ses épandages de printemps dans son taux de liaison au sol s’ils n’ont pas été notifiés en bonne et due forme. Signalons, par ailleurs, que le courrier demandant des précisions sur les modalités d’inscription est resté sans réponse. Le LS étant soumis à la conditionnalité et étant une condition d’accès aux aides à l’investissement et à la reprise, la FWA demande qu’aucun agriculteur ne soit sanctionné sur ces aspects. En outre, et soutenue par les collègues du Boerenbond, la FWA demande la révision du protocole de coopération en concertation avec le secteur en prévision de 2018. Un courrier reprenant ces exigences lui a été envoyé. En parallèle, la FWA a chargé son conseil juridique d’analyser la valeur d’un tel protocole.

Nous vous tiendrons informés des suites de ce dossier.

 

Enquête publique sur la réduction des pesticides: participez!!!

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Remarques de la Fédération Wallonne de l’Agriculture sur le NAPAN (Mars 2017)

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Projet «Zéro phyto»: son impact en horticulture

 Le 17 janvier dernier, s’est tenue à Visé, la réunion «Zéro phyto» consacrée à l’impact que ce projet pourrait avoir sur les productions horticoles. En présence d’une petite quarantaine de participants, dont -seulement- 2 parlementaires, les horticulteurs avaient choisi d’aborder la problématique en prenant l’exemple concret de la production de pommes et poires.

Claude Vanhemelen – FWH

Retour sur les objectifs du projet des ministres wallons

Après la projection du film introductif réalisé par la FWA, José Renard, représentant du Ministre René Collin, rappelle à l’assemblée que le projet dit «Zéro phyto» est porté par 3 ministres wallons, respectivement ceux de la santé, de l’agriculture et de l’environnement et pas uniquement par le ministre de l’agriculture. Il est conscient qu’un chemin a déjà été parcouru par les agriculteurs (réduction des PPP grâce aux techniques culturales, agriculture de précision, contrôle des pulvérisateurs, systèmes d’avertissement, local phyto, lutte intégrée, phytolicence, démarches volontaires de type Vegaplan, programmes agro-environnementaux,…). Le but n’est pas de méconnaitre ces efforts. L’éco-efficience du secteur agricole en Wallonie s’améliore et l’utilisation des PPP est à la baisse. Il reconnaît en particulier que le secteur fruitier a déjà particulièrement travaillé à la diminution des PPP, et ce depuis 25 ans, et il rappelle à ce propos l’action volontariste de Jacques Denis, président fondateur du GAWI.

Le projet de tendre vers le «zéro phyto» est dans une démarche qui existe depuis longtemps; en voici les principales étapes:

- juin 2014: interdiction d’usage sur les zones liées au réseau de pluie
- octobre 2016: tous les utilisateurs utilisent la lutte intégrée
- 2017: interdiction du glyphosate dans jardins et lieux publics
- juin 2018: renforcement des mesures pour public vulnérable (ex: zones tampons autour des écoles)
- juin 2019: interdiction des PPP dans les espaces publics et dans les forêts
- par conséquent, en 2019, plus de 50% du territoire wallon sera sans phyto.

Les PPP se retrouvent dans l’environnement: on constate leur présence et celle de leurs métabolites dans les eaux souterraines. Il est difficile de savoir s’il s’agit de témoins des pratiques actuelles ou passées mais certaines molécules mettent beaucoup de temps à se dégrader, comme l’atrazine par exemple. Il est évident que la qualité de l’eau est un enjeu capital de santé publique.

José Renard reconnaît que même si des études affirment que le consommateur est prêt à payer davantage pour des produits alimentaires de qualité garantie, cette intention ne se concrétise pas toujours dans ses actes d’achat. Le projet devra s’inscrire dans la thématique «consommez wallon», avec des objectifs de valorisation des produits et du savoir-faire afin que le consommateur puisse adhérer à la démarche. Un des leviers est d’utiliser la clause de durabilité dans les marchés publics (dans les écoles, communes, …) pour sensibiliser le consommateur.

Le chemin vers le «zéro phyto» sera construit en concertation avec tous les acteurs, dans une approche différenciée selon les cultures; il est évidemment plus facile d’atteindre l’objectif en prairie qu’en betteraves ou horticulture. Et certaines années de conditions climatiques difficiles, comme en 2016, le non recours aux PPP est quasi impossible, sous peine de n’avoir aucune production!

Selon les ministres, le projet «zéro phyto» aura de nombreux avantages: qualité des aliments, amélioration du revenu des agriculteurs (par une moindre dépendance aux intrants) et diminution des risques pour la santé. Ce projet favorisera la capacité de la Wallonie à innover et posera notre région comme pionnière d’un cadre de vie plus favorable.

La volonté des pouvoirs publics est de mobiliser tous les leviers pour accompagner les agriculteurs. La recherche est le 1er levier et peut s’appuyer, grâce au programme triennal de la recherche (70 millions d’euros pour 3 ans) sur des aspects tels que les molécules alternatives, la lutte intégrée et des itinéraires de culture alternatifs. Dans un avenir proche, le PwRP (Programme wallon de Réduction des pesticides) sera revu ainsi que le PwDR (Programme wallon de Développement Rural). La réforme de l’encadrement du secteur agricole et des centres pilotes est prévue pour 2017 ainsi que le soutien à l’agriculture biologique et aux produits de qualité différenciée.

Les caractéristiques générales du secteur horticole wallon

Claude Vanhemelen introduit brièvement la thématique du jour en rappelant que l’horticulture en Wallonie représente quelque 10% du secteur horticole belge et 10% du secteur agricole wallon. En Flandre, par contre, l’horticulture est le plus gros sous-secteur de l’agriculture et ses produits s’exportent énormément, notamment vers la Wallonie.

Chacune des différentes productions horticoles comestibles et ornementales a ses exigences propres mais elles ont des caractéristiques communes qui les différencient de l’agriculture:

- besoins en main-d’œuvre plus importants
- chiffre d’affaires à l’ha plus élevés mais investissements également importants
- gamme de produits très étendue
- circuits de commercialisation très diversifiés
- proximité avec le consommateur: le produit horticole est peu ou pas transformé et doit avoir une belle apparence pour être commercialisé à un prix correct pour le producteur.

Les caractéristiques du secteur fruitier 

Olivier Warnier, technicien d’encadrement au Centre d’Essais Fruitiers (partenaire du Centre pilote CEPIFRUIT) situe la production fruitière dans le monde, en Europe et en Belgique. L’Europe représente 23 % de la production mondiale de pommes, qui s’élève à plus de 65 millions de tonnes. La Belgique produit 3% de la production européenne. La Pologne produit aujourd’hui 23% et dans 10 ans, sera à 30%. En poires, c’est l’Italie qui est le plus gros producteur (36%) mais le Benelux est un acteur important (24%), à part égale entre la Belgique et les Pays-Bas.

Au niveau belge, la province de Limbourg concentre plus de la moitié de la production fruitière. La Wallonie représente 8 à 9% de la production belge et les vergers wallons sont majoritairement situés en province de Liège.

L’assortiment variétal est relativement réduit, surtout en poires: la Conférence représente 90% de la production belge. En pommes, on retrouve Jonagold et ses mutants pour 65% du total, ainsi que quelques variétés «Club», qui sont des variétés privées dont le ‘Club’ propriétaire définit les règles de commercialisation et de marketing.

La superficie totale du verger belge évolue peu depuis 2008 mais un glissement s’opère entre les pommes et les poires : les poires sont passées de 6500 à 9500 ha tandis que les pommes ont diminué de 10.000 à 6500 ha. La superficie en cerises atteint aujourd’hui les 1200 ha. La prune reste une culture anecdotique.

La production professionnelle s’effectue dans des vergers basses-tiges, d’une superficie moyenne de 15 à 25 ha. Le rendement moyen est de 40 à 50 T/ha et il faut compter 500 à 750 heures de travail/ha.
La commercialisation des fruits s’effectue à 60% par les criées (veiling), toutes situées en Flandre, à 30 % par les grossistes et à 10 % en vente directe (dont 3-4% maximum à la ferme). Les poires sont exportées à 60-70% et les pommes à 30-40%.

Olivier Warnier termine en exposant les spécificités de l’arboriculture qui déterminent les pratiques phytosanitaires de cette culture.
- On plante un verger pour 20-50 ans: les investissements sont importants et il n’y a pas de rotations.
- Les variétés actuellement cultivées sont souvent très sensibles aux maladies car elles ont été sélectionnées principalement pour l’apparence impeccable des fruits, telle que demandée par le commerce.
- Il y a un très grand nombre de maladies et ravageurs (insectes, acariens) à combattre.
- Le climat belge, humide et pluvieux, favorise le développement de certaines maladies, comme la tavelure.
- Les critères de qualité exigés par la distribution et les réglementations EU sont très sévères.
- L’aspect visuel des fruits est aujourd’hui le 1er critère d’achat du consommateur, le 2d étant le prix.

La protection phytosanitaire en arboriculture fruitière

Philippe Thiry, technicien d’encadrement du GAWI (également partenaire du centre pilote CEPIFRUIT) développe l’aspect phytosanitaire de la production de fruits à pépins. Celle-ci fait partie des cultures les plus traitées avec des PPP mais les producteurs en ont pris conscience très tôt: dès 1988, avec la création du GAWI, des efforts importants ont été menés pour le développement de la lutte intégrée. En 1996, un Arrêté Royal reconnaissait officiellement la production intégrée de fruits à pépins. En 2003, suite à la régionalisation de l’agriculture, le Cahier des charges régional de production fruitière intégrée (PFI) est reconnu par Arrêté Ministériel. Cela fait plus de 20 ans que la majorité des producteurs en PFI sont contrôlés par des organismes certificateurs.

La production intégrée, qui est donc plus exigeante que l’IPM devenu obligatoire en Europe depuis 2014, se définit comme une production économique de fruits de qualité qui vise à améliorer la production de l’environnement et la santé humaine.

Les producteurs suivent un schéma décisionnel de traitement. Il y a pas de calendrier de pulvérisations préétabli; tout se fait sur base des avertissements envoyés par le Centre pilote et les seuils observés par les producteurs dans leur verger. La priorité est donnée aux méthodes naturelles et produits biologiques et si ceux-ci ne sont pas efficaces et/ou économiquement supportables, on recourt à un produit de synthèse, en privilégiant ceux qui sont les moins toxiques pour l’environnement et les plus appropriés à la situation (le choix peut être fait avec l’appui du centre pilote). On fait un choix sélectif dans les PPP chimiques en fonction de leur toxicité. La liste des pesticides utilisables en PFI est plus restrictive que la liste des produits agréés Phytoweb.

A côté de la production intégrée, il y a la production biologique qui existe depuis 30 ans et s’est fortement développée ces 5 dernières années. Comme en PFI, l’agriculture biologique fait appel aux techniques culturales qui améliorent le sol et l’environnement du verger de manière à placer les plantes dans les conditions les plus favorables pour éviter les ravageurs et maladies. Pour la lutte, le producteur fait appel à des techniques alternatives mais en cas de menace avérée pour la culture, il utilise alors des PPP d’origine naturelle ou à base d’extraits de micro-organismes, agréés en agriculture biologique (liste BE sur fytoweb). Par contre, les PPP de synthèse sont interdits en AB. Il faut bien se rendre compte que la production fruitière est une des productions les plus difficiles à mener en AB, surtout sous le climat belge.

Philippe Thiry développe ensuite quelques exemples d’efforts déjà entrepris pour réduire les traitements phytos dans la lutte contre des maladies ou ravageurs importants en culture fruitière.

La tavelure du pommier et du poirier est la maladie n°1, qui justifie à elle seule 75% des PPP utilisés. Lors de chaque pluie entre le débourrement et la fin juin, il y a risque d’infection par les spores du champignon qui se trouvent au niveau du sol. Si on ne fait rien, il y aura des tâches sur les feuilles et les fruits. Or, dès qu’il y a une tâche, le fruit est déclassé. Les variétés modernes sont toutes sensibles ou très sensibles à la tavelure, ce qui oblige donc à traiter. Les centres pilotes gèrent cela avec un réseau de station météo et de la modélisation, et publient des avertissements. Les avertissements permettent de mieux positionner les traitements et donc d’assurer leur efficacité tout en diminuant leur nombre. En bio, on peut remplacer par des PPP bio mais ces produits ont tous des effets secondaires (brûlures, rugosité) sur les fruits ou les feuilles, qui doivent donc être maitrisés car il y a un fort risque de ne pas correspondre aux standards de vente. Il y a aussi des risques d’apparition de maladies secondaires, qui peuvent se révéler très dangereuses s’il y a production de mycotoxines; dans ce cas, les fruits ne sont même plus valorisables en jus! On peut aller plus loin dans la réduction des PPP en changeant l’assortiment variétal. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire! Cela fait 30 ans que des recherches existent partout dans le monde là-dessus, notamment au CRA-W, en partenariat avec le secteur. La Coxybelle est apparue en 2014 et une autre est en cours d’obtention mais ces variétés ne sont pas encore à même de détrôner les variétés les plus vendues.

Il y a aussi des maladies de conservation: une 10aine de maladies sont connues. Plusieurs PPP peuvent couvrir l’ensemble des maladies, ce qui permet de limiter le nombre d’interventions (choix du produit en fonction des maladies présentes ce qui permet de limiter le traitement à un produit) et la rotation dans les traitements. En bio, peu de produits sont disponibles et leur efficacité est relative; la conservation des fruits est donc très difficile.

Depuis 1990, on lutte contre l’araignée rouge par l’introduction d’acariens prédateurs dans les vergers. Après 2 ans d’introduction, les traitements PPP ne sont plus nécessaires. En Bio, les traitements au soufre contre la tavelure, s’ils sont trop nombreux, peuvent faire diminuer la population d’acariens prédateurs et permettre aux populations d’araignées rouges de se redévelopper.

Pour lutter contre le carpocapse (ver des fruits), il faut agir rapidement car quand la larve est dans le fruit, il est trop tard. Différents moyens de lutte existent aujourd’hui; soit chimiques, soit biologiques. La lutte contre le carpocapse a connu une grande évolution. Après l’utilisation en alternance de PPP, afin de lutter contre la résistance, on a eu recours, il y a 25 ans au piège à phéromones, qui a déjà permis de réduire le nombre de traitements. Le virus de la granulose (produit phyto bio) a diminué le risque de résidus sur les fruits, sans effets secondaires indésirables sur la faune auxiliaire. A partir de 2008, l’utilisation de la confusion sexuelle (nuage de phéromones qui perturbe la rencontre entre papillons mâles et femelles) a quasi supprimé le recours aux traitements phyto. Cette technique revient à 250 euros/ha, contre 50 €/ha pour des PPP. Elle est remboursée à 100% en Flandre alors que les producteurs wallons ne bénéficient d’aucune aide!!

L’hoplocampe du pommier est un ravageur très important en bio, qui peut entrainer plus de 50% de dégâts sur les fruits. En production intégrée, le seul produit agréé contre ce ravageur est un néonicotinoïde, le Calypso. En bio, deux produits pourraient convenir (dont le Spinosad, très toxique pour les pollinisateurs et la faune auxiliaire) mais ils ne sont pas agréés en Belgique pour cet usage et ils sont extrêmement coûteux (400-450 €/ha).

La Drosophila suzukii est une nouvelle mouche des fruits, très dangereuse pour les cerises, fraises et petits fruits. Aujourd’hui, il n’y a que des solutions chimiques ou le Spinosad, limité à 2 traitements alors que les cycles se succèdent tous les 4 à 7 jours! Si plus de 2 à 3% des cerises sont touchées, les lots sont refusés dans le commerce. Actuellement, malgré les nombreux essais et recherches, aucune solution ‘durable’ n’a encore été trouvée.

Témoignage d’un producteur: Serge Fallon

Serge Fallon est arboriculteur fruitier dans la région d’Eghezée. Son verger est constitué, comme une majorité de producteurs, de 60% de poires et 40% de pommes. Il est un des fondateurs du GAWI et en assure actuellement la présidence, ainsi que celle de la FWH. Depuis quelques années, il vend lui-même directement une partie de sa production dans certains magasins de la grande distribution.

La vidéo de la FWA, montrée en début de réunion, retrace bien, d’après lui, ce que le secteur arboricole ressent. Il rappelle que la Wallonie a toujours eu une longueur d’avance sur la Flandre en matière de lutte intégrée et de réduction des PPP. Et depuis 3 ans, avec quelques autres collègues, il cherche à aller encore plus loin en suivant la charte «Fruits d’ici». Son objectif est de pouvoir fournir des fruits exempts de résidus sur le marché en pratiquant la lutte intégrée jusqu’à la floraison puis en utilisant uniquement des produits bio jusqu’à la récolte. Mais techniquement, cela reste difficile et c’est non rentable pour les producteurs qui vendent en criées. Les grandes chaînes de magasin ne sont pas encore très bien organisées pour accepter les produits locaux, livrés en plus petites quantités. Elles ne prennent pas suffisamment en compte les efforts des producteurs et tirent les prix vers le bas, à cause de la concurrence effrénée qu’elles se livrent entre elles.

Serge Fallon exprime son inquiétude suite à l’arrachage de 35% des pommiers ces dernières années. Quel est l’avenir de la production en Belgique? En arrivera-t-on à ne plus produire chez nous et à consommer uniquement des pommes venant de l’étranger alors que l’usage des PPP y est nettement plus important? Le rôle défavorable des médias est également à épingler: ils présentent toujours les producteurs comme des pollueurs, sans jamais mettre en évidence tous les efforts consentis et les progrès réalisés depuis 30 ans. 

En conclusion de la présentation

Il apparaît clairement que produire des fruits sans aucun PPP, qu’ils soient chimiques ou bio, est impossible, dans le cadre des standards de qualité demandés par le commerce et les consommateurs.

Si le «Zéro phyto» signifie aucun PPP de synthèse, c’est, en arboriculture fruitière comme dans le reste de l’horticulture, un objectif utopique à court et moyen terme, voire même à long terme.

Ce qui est par contre un objectif plus crédible, c’est de poursuivre les efforts pour continuer à développer les modes de production qualitative, c’est-à-dire la production intégrée et la production biologique, qui existent déjà.

Pour ce faire, il est nécessaire de financer correctement et durablement les projets de recherche axés vers la réduction des PPP ainsi que les encadrements techniques de terrain fournis par les centres pilotes spécifiques à chaque sous-secteur horticole.

Débats avec l’assemblée

A l’issue des présentations des différents orateurs, une séance d’échanges avec l’assemblée est animée par Bernard Decock, conseiller au Service d’études de la FWA.

La charte «Fruits d’ici» ou l’agriculture biologique sont peut-être des solutions d’avenir mais le marché est loin d’être prêt à accepter ces produits et les producteurs ne sont pas tous en condition de pouvoir se tourner aujourd’hui vers ces modes de production. Il est bien difficile de faire comprendre aux consommateurs qu’il faut accepter des défauts sur les fruits et les légumes si on veut atteindre une diminution des PPP; or c’est essentiel pour les produits non transformés, qui s’achètent avec les yeux.

François Desquesnes, parlementaire cdH, réaffirme, comme José Renard, que le « Zéro phyto» donne un cap. Beaucoup de démarches sont à soutenir. Il faut communiquer vers les consommateurs. L’enjeu actuel est important car on ne sait pas dans quelle mesure les mélanges de PPP sont dangereux alors même que chaque PPP séparément ne serait pas toxique. Il prône le développement d’outils comme des coopératives, avec l’aide des pouvoirs publics wallons. Il faut arriver à valoriser ce qui est fait en Wallonie.

Les criées flamandes, qui sont elles-mêmes des organisations de producteurs, ont encore leur rôle à jouer, compte tenu notamment de leur aide au niveau logistique. En Belgique, 5 chaînes de distribution écoulent 90% des volumes. Il y a une évolution dans la demande de ces magasins pour aller vers des produits locaux, des produits de qualité différenciée mais, dès qu’il y a une promotion, il y a une pression pour diminuer le prix, indépendamment des coûts de production pour des produits de haute qualité.

Les horticulteurs sont à l’écoute de ce que veulent les citoyens. Il faudrait également que les pouvoirs publics et les politiques soutiennent les producteurs en communiquant sur ce que ceux-ci font comme efforts et en valorisant la qualité des produits wallons. Des études comme celles de Greenpeace sur les résidus trouvés sur les fruits et légumes sont reprises par la presse avec des raccourcis et des erreurs, et il est très difficile ensuite pour le secteur de rattraper le message négatif qui est passé. Le soutien aux activités de l’Interprofession ‘Fruits et Légumes de Wallonie’ est également évoqué puisque cette asbl vise justement à faire davantage consommer par les Wallons des fruits et légumes produits en Wallonie.

Pour les producteurs, il s’avère en tout cas important de ne pas faire de la Wallonie un désert économique au milieu de l’Europe en y mettant en place des règlements plus contraignants que dans les régions voisines. Selon François Desquesnes, il ne s’agit pas de réglementer mais de trouver, par le dialogue, les mesures qui permettront le plus d’avancer et qui auront un intérêt économique pour le producteur.

Le « Zéro phyto » en pommes de terre : une utopie qui ne tient pas la route !

Avant-dernière de la série des débats  « Zéro phyto » organisés par la FWA qui ont débuté à la mi-décembre pour se clôturer ce 31 janvier, cette conférence était consacrée aux productions de pommes de terre et s’est déroulée à Braine-le –Comte, en terres hennuyères où cette culture connait depuis longtemps un intérêt important. Il était donc nécessaire de faire le point sur ce projet de nos ministres wallons avec des représentants de la recherche, de l’encadrement et de l’industrie de transformation dans un secteur en plein développement et donc le succès de ces dernières années est incontestablement lié au professionnalisme extrêmement important de toute la filière.

Alain Masure

Michel Balcaen, membre de la Commission Productions végétales de la FWA et « patatier » dans la région d’Ath, a accueilli l’ensemble des orateurs et du public, en rappelant les énormes évolutions positives que les producteurs ont intégrées en la matière dans la conduite de leurs cultures depuis quelques années mais aussi, face à ces déclarations politiques jugées souvent excessives, les craintes des « campagnes » quant aux répercussions énormes que des décisions pourraient avoir en termes de revenus, l’agriculture étant d’abord et avant tout un métier et une activité économique.

Que veulent nos ministres ?

En tous cas, celui de l’Agriculture, René Collin, s’était fait représenté par Benoît Georges à cette occasion, lequel a pu rappeler les objectifs de la proposition ministérielle devant une assistance particulièrement attentive de plus de cent personnes. Reconnaissant d’emblée tout le chemin qui a déjà été parcouru par les agriculteurs (réduction des PPP grâce aux techniques culturales, agriculture de précision, contrôle des pulvérisateurs, systèmes d’avertissement et conseils par les centres pilotes, local phyto, aménagement des horaires de pulvérisation, récupération des emballages, lutte intégrée, phytolicence, démarches volontaires de certification VEGAPLAN),  Benoît Georges estime que ce projet de tendre vers l’absence de produits phytopharmaceutiques est dans une démarche qui existe depuis un certain temps déjà (juin 2014 et l’interdiction d’usage sur les zones liées au réseau de pluie) et qui devrait nous amener  en 2019 à plus de 50% du territoire wallon sans phyto.

Les consommateurs pour ?

D’après les études, les consommateurs se disent prêts à payer pour des produits alimentaires de qualité garantie, même si le « sondage du portefeuille » au supermarché ne confirme pas les mêmes intentions. Mais il faut quand même tenir compte de ces tendances et continuer à poursuivre le chemin déjà parcouru pour tendre vers une Wallonie avec une utilisation quasiment nulle de phyto. Ces dernières étapes qui seront les plus dures mais Benoît Georges affirme que la Wallonie veut travailler sans obligation et en concertation avec les différents secteurs, étant bien conscient qu’il faut une approche différenciée selon les cultures (plus facile à atteindre en prairie qu’en betteraves, pommes de terre ou horticulture). Cela s’inscrit aussi dans les thématiques de type « consommez wallon », avec des objectifs de valorisation des produits, de savoir-faire, d’exportation.

Les avantages du projet zéro phyto seraient multiples selon lui : la qualité des aliments (les consommateurs pouvant considérer qu’une production sans phyto est d’office de meilleure qualité), la diminution des risques « éventuels » pour la santé, la création d’une différenciation et d’une valeur ajoutée supplémentaire, la capacité à innover sans pour autant isoler la Wallonie qui deviendrait pionnière au niveau technique (des robots qui pulvériseraient uniquement les mauvaises herbes dans les 20-30 ans ? Non, nous ne sommes pas dans un nouvel épisode de Star Wars !), un cadre de vie plus favorable …

 Et le revenu des producteurs ?

Benoît Georges le rappelle une nouvelle fois, les agriculteurs doivent être des partenaires. La recherche est le 1er levier et peut travailler sur des aspects tels que les molécules alternatives, la lutte intégrée et des itinéraires de culture alternatifs. Dans un avenir proche, le Programme wallon de réduction des phytos (le PWDR) et la réforme de l’encadrement du secteur agricole et des centres pilotes prévue pour 2017 ainsi que le soutien à l’agriculture biologique et aux produits de qualité différenciée sont d’autres pistes qui leur sont proposées. Pour que le système réussisse, il faut que le consommateur soit d’accord avec l’idée. Un des leviers est d’utiliser la clause de durabilité dans les marchés publics (dans les écoles, communes, …) pour sensibiliser le consommateur. Tout cela doit être mis en place, avec des certifications. La démarche doit rester flexible et rester volontaire !

Quant à l’amélioration des revenus des agriculteurs (car moins de dépendance aux intrants), il reste un élément essentiel pour la réussite du programme. Il faut une rémunération juste pour l’agriculteur et établir un contrat de société entre consommateurs et agriculteurs. Le prix doit stimuler la prise de décision de ne pas traiter et pour que le consommateur suive, il faudra que le produit soit bien mis en évidence et bien identifié. Il faut donc travailler avec l’ensemble de la filière, jusqu’au distributeur.

Le CRA-W et les recherches pour une culture soucieuse de l’environnement.

 Le docteur Jean-Louis Rollot, du l’Unit » d’amélioration des espèces du  CRA-W à Libramont, rappela d’abord certains chiffres importants : l’évolution des surfaces et des rendements (de moins de 30 tonnes il y a 40 ans à 45-50tonnes par ha aujourd’hui) ; une baisse de la consommation en frais (130 à 25kg) mais une très forte augmentation de la transformation de pdt (de 140.000 tonnes en 1986 à 3,8 millions en 2014 – la Belgique est  devenue le premier exportateur au monde).

La production s’est adaptée à la demande des industriels, ce qui signifie une diminution drastique du nombre d’exploitations (11800 exploitations en 2015 pour 30.000 en 1986) et la professionnalisation des acteurs, les phytos ayant aidé à contrôler la production et sa qualité.

La pomme de terre est évidemment une culture difficile sur le plan des ravageurs et, parmi ceux-ci, le Mildiou dont le haut potentiel d’adaptation  le met dans des conditions très favorables en Belgique et nous impose de lutter dès son apparition dans les champs. Le mildiou évolue très vite et contourne les stratégies génétiques mises en place pour le combattre. Il est particulièrement difficile de trouver des variétés à bon rendement et aux caractéristiques adaptées à la transformation et qui correspondent  aux attentes des consommateurs et des industries, qui présentent en même temps une résistance suffisante au mildiou.

On a donc encore besoin de la recherche pour trouver des solutions face au mildiou et Jean-Louis Rolot insiste sur la nécessité de pouvoir utiliser des techniques innovantes, dans le cadre de la recherche de nouvelles variétés plus tolérantes, pour y parvenir dans des délais efficaces, telle la Cis-genèse, considérée à tort comme une technique « OGM » pure et dure, alors qu’il s’agit bien de transfert de gènes ciblés au sein d’une même et seule espèce. Avec cette technique, on gagne un temps appréciable car on peut gagner plus de 20 ans sur le processus de création des variétés par hybridation classique. De plus, il y a la possibilité d’empiler les gènes permettant la tolérance ;

Actuellement existe le système de réseau d’avertissement pour le mildiou ; il permet le suivi des populations dans le pays  et collecte les données météo. Le CRA-W fait partie d’un programme européen de surveillance des souches du mildiou et étudie la sensibilité des variétés, notamment  par des essais au champ de toute une série de variété sans traitement contre le mildiou. Les principales variétés utilisées en Belgique sont hélas très fragiles face au mildiou. Ces tests permettent par ailleurs  de déterminer quelles variétés pourraient être utilisées en production bio.

En plants, le problème du virus Y est important ce virus est responsable du déclassement de plus de 95 % des lots. L’intensité des vols de pucerons conditionne fortement le risque et oblige les producteurs à protéger de manière intensive leurs cultures au moyen d’insecticides et d’huiles minérales paraffiniques. Le CRA participe à la certification des lots de plants au niveau officiel. Un autre domaine de recherche concerne l’évaluation d’efficacité de produits de protection alternatifs (en laboratoire et au champ).

Le CRA-W mène aussi des recherches sur la conservation des plants : l’objectif est bien de pouvoir conserver les plants à une température moins élevée sans utilisation d’antigerminatif (puisque interdit pour les plants).

 

La clinique des plantes de l’UCL : des stratégies innovantes pour contrôler les maladies !

Anne Legrève, professeur à la Faculté des Bioingénieurs de UCL, est co-responsable du laboratoire de Pathologie végétale. Elle y mène des activités d’enseignement et une partie « services » : la clinique des plantes participe à l’analyse de pathologies, aux avertissements et à la vulgarisation, tandis que le comité phyto s’occupe davantage de la  phytolicence et du programme de réduction des phytos – le PWRP).

Au niveau du laboratoire microbiologie, on développe des recherches en appui à la protection intégrée des cultures et au « zéro phyto ». Il s’agit de stratégies innovantes pour le contrôle des maladies des plantes sur plusieurs plans : l’amélioration variétale, la lutte biologique, la stimulation des défenses naturelles des plantes (les éliciteurs) et le développement d’outils d’aide à la décision.

En ce qui concerne la protection intégrée, il s’agit d’une approche systémique, où l’on recherche notamment les facteurs qui limitent la propagation de la maladie. On peut agir de différentes manières : via les pratiques culturales (connues par les agriculteurs), par le développement d’outils d’aide à la décision pour mieux prévenir l’arrivée des pathogènes, par le monitoring des maladies pour mieux les connaître. Le contrôle biologique consiste à utiliser de manière raisonnée des organismes vivants qui vont limiter, voire supprimer, les activités des populations de pathogènes. Mais il reste une place pour le contrôle chimique.

Le laboratoire travaille à différents niveaux et sur différentes stratégies, tels que les capteurs de spores dans les champs. Par analyse moléculaire, on peut évaluer ainsi tout ce qui « vole » au-dessus du champ. Puis on évalue quels facteurs prédisent à la forte présence des inoculum au-dessus des champs. Actuellement développés au niveau du blé, il serait intéressant de développer certains modèles au niveau du mildiou.

Les recherches portent sur les différents types d’antagonismes, direct (un champignon qui empêche un autre champignon de se développer) ou indirect (microorganismes qui stimulent l’expression du système immunitaire de la plante).

Anne Legrève commente le projet « WACOBI »,  où l’on examine les propriétés intéressantes de certaines bactéries pour limiter le développement des pathogènes. Après des tests permettant de mieux connaitre le fonctionnement des processus de plus de 2500 souches différentes, les tests en champ ont débuté. Les résultats actuels ne permettent en tous cas pas de combattre efficacement le mildiou et il faudra encore du temps avant que ce type de mécanisme puisse être utilisé. La patience s’impose donc !

A côté de la problématique « mildiou », celles de gale commune, de l’alternariose et des champignons (projet PROBIOM) qui pourraient être utiles en lutte biologique sont également examinées. Pour le moment, les tests se limitent au maïs mais les champignons isolés pourraient avoir un spectre plus large et pourraient donc être utilisé sur d’autres cultures.

Le projet Elibio concerne l’étude des capacités élicitrices et protectrices de l’éliciteur. C’est quoi l’éliciteur ? il s’agit d’une molécule qui va stimuler une réaction dans la plante pour que celle-ci se mette à combattre elle-même le ravageur. Dans une attaque, on distincte l’expression des gènes du pathogène et l’expression des gènes de la plante pour contrer l’infection. Comment la plante fait-elle pour réagir ?

Le professeur Legrève conclura donc que la recherche doit venir en appui à la protection intégrée des cultures et, à plus long terme, à la réduction maximale d’utilisation de produits phytos sinon au zéro phyto proprement dit.

Un service d’avertissements performant

Adrien Degavre, ingénieur au CARAH, présente le service d’avertissement financé par la Wallonie et les agriculteurs eux-mêmes (par les abonnements). Trois partenaires collaborent à ce niveau : le CARAH, pour la rédaction des avertissements et les essais en champ, le CRA-W pour la recherche et les essais au champ également et Pameseb (fusionné avec CRA) pour les données météo.

C’est un service complet qui ne couvre pas uniquement la lutte anti-mildiou. Les services d’avertissements permettent de réduire l’utilisation des phytos qui permet de « gagner » de 1 à 4 traitements. La culture de la pomme de terre est gourmande en phyto, notamment en désherbage (en pré-émergence : besoin d’une longue rémanence) mais aussi en insecticides contre les pucerons. En fin de cycle, le défanage demande aussi une utilisation de phyto.

Dans la lutte contre le mildiou,  les avis avec des observations de terrain, conseil des types de produits à utiliser et une date de traitement, en fonction de la classe de variété que l’agriculteur utilise, sont des éléments importants. En 2016, il y a eu au minimum 20 traitements et, au niveau des foyers eux-mêmes, il a fallu traiter encore plus. Dans le cas de cette maladie, seuls les traitements préventifs sont vraiment efficaces.

Par conséquent, Adrien Degavre se demande comment encore diminuer l’utilisation de phyto. Et il cite alors un ensemble de mesures qui peuvent y contribuer : l’importance de la rotation, le travail du sol (non labour, faux semis, buttage différé), le maintien de la matière organique (meilleure efficacité des phytos), la fertilisation, la lutte contre les insectes avec les avertissements pucerons (comptage des pucerons et des auxiliaires), les traitements contre les doryphores, la préservation des auxiliaires, …

Au niveau du défanage, on peut pratiquer le broyage mécanique (qui n’est pas efficace sur les adventices présentes dans le champ) ou le  défanage thermique qui va constituer des dépenses énergétiques conséquentes. En ce qui concerne la conservation des pommes de terre, se pose la problématique des résidus sur les tubercules (certaines molécules sont fort rémanentes et on s’expose donc au risque d’interdiction). Il existe des alternatives mais elles ne sont pas toutes applicable à tous les modes de commercialisation, comme par exemple l’huile de menthe qui donne une odeur et reste dans le produit final.

Aujourd’hui, conclut Adrien Degavre, se passer des phytos n’est pas possible car cela se traduirait par des coûts supplémentaires avec en outre un rendement moindre. Trop peu d’alternatives efficaces et rentables existent. Le Cuivre qui est utilisé en bio est un métal lourd et présente des risques pour l’environnement ; cela montre la complexité des solutions alternatives.

Lutosa et les transformateurs très perplexes !

Hugo Morelle de la société LUTOSA rappelle les exigences du transformateur : produire des frites et des spécialités de qualité qui tiennent compte du souhait des clients et des possibilités agronomiques pour les agriculteurs. L’importance de la sécurité de l’approvisionnement de l’usine est un élément essentiel au niveau de la filière ; il faut donc des quantités suffisantes pour le transformateur, d’un bon niveau de qualité, sans OGM dans l’état actuel des règlementations, assurant un revenu correct aux agriculteurs mais en visant une diminution des intrants dans le futur. Les critères de qualité que l’industrie exige ont évidemment un impact au point de vue agronomique : iI faut des plants sains, une lutte efficace contre les mauvaises herbes (le désherbage mécanique est possible à petite échelle mais n’est pas applicable en grandes cultures). Hugo Morelle rappelle les principaux points du cahier des charges de Lutosa : des pommes de terre indemnes de maladie : pour le mildiou, les traitements sont évidemment nécessaires, comme les orateurs précédenst l’ont tous clairement souligné. Sinon, il faudra se tourner vers les OGM (la « Bintje PLUS » obtenue par cis-genèse, la recherche de nouvelles variétés). Pour les nématodes, le problème est plus important en Flandre. Pour les insectes,  le problème se pose surtout pour les cultures de plants mais pas forcément pour les cultures de tubercule. La présence de taupins et de limaces redevient un souci pour les industries car on a plus de produits qui nettoie complètement le sol. Contre l’alternaria, plusieurs traitements sont nécessaires à partir de la floraison, sur base d’avertissements. Pour le poste « conservation », un anti-germinatif, tel l’hydrazyde maléïque, est utilisé durant la culture, le CIPC pendant le stockage. Les alternatives ne sont pas toutes acceptées par l’industrie (test actuellement de l’éthylène qui influence la couleur lors de la friture et de l’huile de menthe qui peut apporter un goût au produit fini). Ces alternatives sont beaucoup plus chères et ne sont pas réalistes pour l’industrie aujourd’hui.

En conclusion, Hugo Morelle demande encore du temps et des résultats de recherche probants pour s’engager plus avant dans le scénario « zéro phyto ».

Le rôle de la FWA !

Il revenait une nouvelle fois au président de la FWA, Joseph Ponthier, à rappeler le travail de réflexion et de discussion que notre organisation a voulu mener dans ce dossier de manière totalement responsable et démocratique. Le projet « zéro phyto » mérite d’être décortiqué sous tous ses aspects : technique, environnemental et économique. Il mérite aussi un débat clair et accessible à tous les acteurs concernés, puisque en plus des agriculteurs et des spécialistes de divers niveaux qui ont eu l’occasion de s’exprimer au cours des différentes conférences, les élus politiques communaux et régionaux y ont également été conviés. La FWA veut en tout cas que la décision finale sur ce projet tienne compte de façon objective de tous les avis et expertises divers, tant à décharge qu’à charge.

Le «Zéro phyto» ne fait pas le pois

La dernière en date des 8 réunions de réflexion initiées par la FWA à propos du projet «Zéro Phyto» était consacrée aux légumes d’industrie. Il en ressort que comme pour les autres productions, ce ne sont pas seulement les producteurs mais bien l’ensemble de la filière qui craint le pire si une telle mesure devait être d’application en Wallonie dans un avenir dont certains nous disent maintenant qu’il ne sera peut-être pas si proche que ça.

Bernard Kersten

Avec un peu moins de 15.000 ha en Wallonie, la culture des légumes destinés à l’industrie de transformation représente évidemment beaucoup moins (du moins en matière de superficie emblavée; pour ce qui est de la valeur ajoutée c’est autre chose) que des productions comme le froment (130.000 ha), les betteraves ou les pommes de terre (35.000 ha). L’organisation d’un débat «zéro phyto» spécifiquement consacré à ces «petites» cultures qui occupent seulement 2% de la SAU wallonne était-elle dès lors pertinente? A en juger par la présence nombreuse des agriculteurs à Momalle, en ce compris une proportion non négligeable de producteurs n’étant pas directement concernés par les légumes, il ne fait guère de doute que la réponse est clairement oui.

En fait plusieurs spécificités de ces productions font qu’elles méritaient de faire l’objet d’une réflexion plus approfondie. Nous pensons particulièrement à deux d’entre elles.

Il y a tout d’abord le fait que c’est vraiment mal à propos que l’on parle le plus souvent de légumes destinés à l’industrie «de transformation» dans la mesure où la plupart d’entre eux ne subissent justement aucune autre transformation qu’un nettoyage, un triage, un calibrage et un conditionnement. On a donc à faire à un circuit très court où l’industriel est directement en contact tant avec l’agriculteur qu’avec le consommateur. Pour les autres secteurs, les acheteurs sont unanimes à clamer que non seulement ils ne sont absolument pas en mesure d’offrir une quelconque plus-value à une production «zéro-phyto», mais ils se disent en outre très inquiets quant à leur approvisionnement, tant du point de vue quantitatif que qualitatif. Il était donc particulièrement intéressant de connaître le point de vue des acheteurs dans une filière plus courte où l’industrie est très proche du consommateur.

Qu’une partie non négligeable de la filière soit aujourd’hui passée en mode bio constitue l’autre point particulièrement intéressant de cette filière. Même s’il nous a une nouvelle fois été dit qu’il ne fallait pas confondre zéro phyto et 100% bio, l’expérience acquise dans ce domaine peut être particulièrement enrichissante. Elle permet en effet de beaucoup mieux appréhender les possibilités mais aussi les limites d’une culture conduite sans le recours à des produits de protection des plantes de synthèse.

 

Last…but not least

C’est à Amaury Poncelet, producteur membre de l’Apli qu’il revenait d’introduire le débat. L’Association des Producteurs de Légumes Industriels regroupe 80 exploitations produisant sur environ 2.000 ha haricots, fèves de marais, épinards, carottes, choux de Bruxelles, cerfeuil et panais commercialisés par la coopérative Apligeer et destinés à la société Hesbaye Frost à Geer.

Outre les points évoqués plus haut, Amaury Poncelet n’a pas manqué de mettre en exergue d’autres spécificités du secteur, comme notamment:

- le fait que plus de la moitié des légumes produits en Wallonie sont surgelés en Flandre, un détail qui n’est pas sans importance dans ce débat;

- le légume se cultive dans le cadre d’une rotation. Il est donc simpliste d’isoler les problèmes agronomiques liés à l’interdiction des produits de protection des plantes en légume;

- le marché potentiel limité pour la plupart des légumes et les coûts exorbitants liés au développement et à l’agréation des produits phytosanitaires entraînent un désintérêt des firmes actives dans ce domaine avec comme corollaire une érosion constante du panel de solutions disponibles;

- même constat pour la recherche variétale qui peine également à proposer des variétés plus résistantes comme c’est le cas en grandes cultures;

- la filière relativement courte a fait de longue date prendre conscience aux producteurs de l’importance de la qualité. La filière a d’ailleurs été la première à s’inscrire dans des cahiers de charges. Mais comme le dit si bien Amaury Poncelet, «le plus beau label de qualité, n’est-ce pas le petit sachet que chacun d’entre nous se garde le jour de la récolte pour alimenter sa famille?».

- la filière ne peut s’envisager qu’à l’échelle européenne. Une politique régionale créant une distorsion de concurrence serait intolérable.

Pour la suite, nous ne résistons pas à l’envie de vous livrer tels quels de larges extraits de l’intervention de M. Poncelet: «Quand Henry de Marneffe, secrétaire de la FWA de Waremme, m’a demandé d’intervenir, il a insisté pour que mon introduction reste ouverte et constructive.

Pendant des nuits et des nuits, j’ai tenté d’éprouver de la compréhension pour le zéro phyto. Après 10 jours d’efforts, j’ai pensé que c’était peut-être une belle façon d’occuper massivement les réfugiés de toute nature. Il m’a encore fallu 10 jours de réflexion pour envisager que l’on trouverait peut être enfin la solution miracle au problème de l’érosion incessante du prix des matières premières agricoles.

Mais quand même, restons sérieux! Après la réduction drastique des DPU qui nous met à mal, après le PGDA et son cortège d’obligations, et notre classement en zone vulnérable qui nous complique la vie tout au long de l’année (Apl, terres en pentes, transferts de matières organiques), après la fin des quotas betteraviers, véritable séisme dans la région, après avoir accepté sans sourciller les principes de l’IPM qui révolutionne le suivi de nos parcelles, après l’ensemble des éco conditionnalités, les SIE, et j’en passe, on devrait encore être naïf de croire que c’est la prochaine contrainte, le zéro phyto, qui va sauver l’agriculture?! Permettez-moi d’en douter (et je ne pense pas être le seul agriculteur de cet avis).

Mais qu’a donc bien fait la phytopharmacie au bon Dieu pour se retrouver ainsi clouée au pilori alors que l’on attend monts et merveilles de la chimie pour trouver des remèdes miracles dans les domaines de la médecine, de la transition énergétique et de la durabilité en général?

Nous avons conscience que l’on doit encore travailler à perfectionner les itinéraires culturaux. Par contre, nous refusons que notre travail soit condamné au mépris de la science par les idéologues des temps modernes où la post vérité est devenue un phénomène inquiétant. Combien de fois ne sommes-nous pas tombés du fauteuil du tracteur en entendant ou en lisant toutes sortes de contrevérités qui nous blessent. Le grand public aime à placer l’agriculteur conventionnel dans le camp des méchants et même Philippe Baret, doyen de la faculté des bio-ingénieurs de l’UCL, n’hésite pas d’affirmer qu’une partie des frais d’alimentation des ménages se retrouve sur la facture de la sécurité sociale, sous entendant que nous empoisonnons les gens!

En roi de la post-vérité, Trump nous intrigue avec son slogan «America first»; on craint dans notre cas, la politique de «Wallonie last»». 

Notre image en prend un coup

Pour un intervenant dans un débat quel qu’il soit, prendre la parole face à un public dont on sait par avance qu’il n’est pas du tout acquis à la cause n’est pas chose aisée. A Momalle, c’est une fois encore à José Renard, chef de cabinet adjoint du Ministre René Collin que revenait la délicate mission de présenter la position du ministre dans un dossier tout aussi délicat.

Pour avoir eu l’occasion de l’entendre dans le même rôle à l’occasion de la première réunion, consacrée celle-là aux céréales, nous pouvons écrire que son discours a un peu évolué. De là à en déduire que cette évolution traduit une volonté politique d’amender fondamentalement le projet, il y a un pas qu’à ce stade nous nous abstiendrons bien de franchir. En fait c’est davantage sur la forme que sur le fond que le discours a changé. Monsieur Renard, qui n’est quand même pas un perdreau de l’année, semble notamment avoir renoncé à tenter de convaincre le monde agricole du bien-fondé de la démarche «zéro-phyto». Tout au plus s’est-il borné à essayer de rassurer le public, en parlant notamment d’un «projet à très long terme d’une agriculture qui n’utiliserait plus ou peu de produits de synthèse».

Mais là encore, la mission s’avère bien difficile. Pas certain en effet que beaucoup de participants s’en seront retournés chez eux convaincus qu’après avoir «embarqué le consommateur dans le projet» (Ndlr: plus facile à dire qu’à faire), celui-ci sera alors tout disposé à ouvrir plus grand son portemonnaie pour ses dépenses alimentaires et que, in fine, le producteur recevra (enfin) une juste rémunération. Nous reviendrons plus loin plus en détail sur l’intervention du représentant de l’industrie mais précisons d’emblée que pas plus que pour les productions évoquées à l’occasion des débats précédents, il n’entrevoit la moindre opportunité de valoriser commercialement ce concept utopique.

A l’entame de son intervention, José Renard a admis que le «projet zéro phyto» a souffert dès le départ de grosses erreurs de communication. Certainement, mais que faut-il précisément entendre par là? C’est que la «communication» a progressivement remplacé l’informatique au hit-parade des prétextes universels. Il n’y a pas encore très longtemps, dès que quelque chose allait de travers, c’était «la faute à l’informatique». Aujourd’hui c’est la faute à la communication…

On ne peut évidemment que partager le point de vue de Monsieur Renard quand il dit que l’on n’a pas assez (pas du tout) insisté sur le chemin déjà parcouru par les agriculteurs et les nombreux efforts consentis. Comme l’a toutefois fait remarquer Bernard Decock durant le débat, il y a aussi un autre couac de communication, infiniment plus dommageable celui-là car sans doute irréversible: pour le grand public et les médias, l’annonce fracassante du projet «zéro-phyto» a le plus souvent été comprise comme «maintenant on va enfin produire de la qualité» (sous-entendu: et jusqu’ici on vous a fourni de la m….). Le monde agricole ne saura jamais assez remercier nos représentants politiques d’avoir ainsi terni son image et anéanti les innombrables efforts de communication du secteur.

 

Des cultures difficiles

Laurence Limbort du Cpl-Vegemar a d’abord situé l’importance de la production de légumes en Wallonie, une production qui a vu les superficies qui lui étaient consacrées progresser de 50% au cours des quinze dernières années. Si les petits pois représentent à eux seuls plus de la moitié de la surface, la liste des différents légumes produits chez nous est impressionnante: depuis les haricots jusqu’aux carottes en passant par les différentes espèces de choux, les céleris, les poireaux, les asperges….  il est impossible de les nommer tous.

On a déjà évoqué les difficultés pour ces petites cultures qui ne représentent qu’un marché de niche pour les fournisseurs de disposer d’une offre suffisamment étoffée de moyens de protection ou de variétés performantes en termes de résistance. Pour les organismes de recherche et d’encadrement s’y ajoute une difficulté supplémentaire: la grande diversité des cultures. On peut en effet aisément comprendre que ce qui est vrai pour le petit pois par exemple le sera rarement pour l’asperge, la carotte ou le chou de Bruxelles.

Autre spécificité: il s’agit de productions qui, certes, offrent une haute valeur ajoutée mais pour lesquelles le coût des intrants est supérieur alors que les exigences qualitatives des acheteurs sont particulièrement élevées. C’est dire à quel point l’impact financier des éventuels accidents culturaux peut être important.

Comme pour les autres cultures, la tendance est clairement ici à la réduction des quantités de produits de protection des plantes utilisées. Cette tendance n’est pas seulement la conséquence du développement de la lutte intégrée ou de la mise en œuvre du Programme Wallon de Réduction des Pesticide; elle fait également suite au retrait d’un nombre croissant de matières actives.

Le CPL-Vegemar réalise de nombreux essais portant notamment sur les réductions de doses, avec, selon les cas, des réponses divergentes. Ainsi dans un essai réalisé sur les traitements de post-émergence en désherbage d’épinard, on observe une (logique) corrélation entre la dose appliquée et l’efficacité du traitement. A l’inverse, dans un essai de réduction d’apport de bentazone en désherbage de pois, on observe que le résultat final est davantage lié à l’année ou à l’état initial de salissement de la parcelle qu’aux quantités de produit apportées.

En épinard, un essai fongicide a mis en évidence qu’outre la dose appliquée, le choix du produit pouvait considérablement influencer le niveau de résidu à la récolte.

Laurence Limbort a également présenté les essais réalisés en culture intégrée ainsi que quelques-uns des systèmes d’avertissement mis en place ou en cours de développement.

Yaka?

Méconnaissant totalement l’agronomie et ses réalités, d’aucuns se demandent tout simplement pourquoi une majorité d’agriculteurs persistent à vouloir utiliser des produits de traitement alors que les producteurs bio s’en passent sans problème. Sans problème, vraiment?

En charge du volet bio au CPL-Vegemar, Julie Legrand allait-elle confirmer ce «y a qu’à»? Le moins que l’on puisse écrire est que, en présentant les possibilités mais aussi les limites des techniques utilisées en agriculture bio, son propos fut à tout le moins nuancé.

En bio, l’adage «il vaut mieux prévenir que guérir» s’applique à tous les niveaux. C’est notamment le cas pour le désherbage où les méthodes préventives (déchaumage, labour, faux semis…) sont d’une importance capitale. Elles sont hélas rarement suffisantes et le désherbage mécanique est souvent incontournable. Bineuses, herses-étrille, houes rotatives…, le tout éventuellement lié à des technologies telles que le guidage optique ou le GPS, peut donner d’excellents résultats. Ceux-ci seront toutefois largement dépendant des conditions climatiques. Pour une efficacité optimale, il importe en effet de pouvoir accéder à la parcelle alors que les adventices sont encore jeunes mais aussi que l’intervention soit suivie de 48 heures sans pluie pour éviter le repiquage des adventices.

Il y a également le désherbage thermique et, en dernier recours, le désherbage manuel qui a pour effet d’exploser le coût du désherbage.

A ce propos, quelques chiffres intéressants ont été avancés par Julie Legrand. Si en pois ou haricot le désherbage sans produits de synthèse a pour effet d’en multiplier le coût par un facteur de 2,5 à 3 par rapport au désherbage chimique, en carotte, où on compte entre 50 et 200h de désherbage manuel par hectare, le différentiel atteint un facteur 10! (de 210 €/ha à 2.180).

Sans phyto, la lutte contre les maladies est d’autant plus compliquée que les moyens curatifs sont peu efficaces. La combinaison de différentes méthodes préventives constitue donc la base de la lutte fongicide: choix variétal, rotation longue, date et densité de semis…

Pour le curatif, certains biopesticides, provenant le plus souvent de micro-organismes, offrent des perspectives intéressantes. On notera également qu’apparaissent sur le marché un nombre croissant de produits autorisés comme engrais mais avec une action biostimulants, SDN, antagoniste… A ce stade, la confirmation objective de leur efficacité fait hélas souvent défaut.

Dans ces conditions, les pertes de rendement, variables d’une année à l’autre, sont inévitables. A fortiori si le recours aux biopesticides n’est pas autorisé, ce qui ne semble toutefois pas être le cas dans le cadre du projet zéro phyto.

Dans les grands principes, on peut pratiquement écrire la même chose à propos de la lutte contre les insectes, à savoir l’importance des mesures préventives (en partie les mêmes que pour la lutte fongicide) et l’existence de biopesticides.

Pour le préventif, on ajoutera l’association de plantes pour leurrer les insectes (mais qui pose problème à la récolte) ou l’entretien des haies et bandes fleuries afin d’attirer les auxiliaires. Du coté des biopesticides, on peut citer les pyrèthres naturels (très peu sélectifs), les huiles végétales ou encore des micro-organismes tels que la bactérie BT permettant de lutter contre les chenilles.

On le voit, il est effectivement possible de cultiver des légumes sans utiliser de produits de synthèse. Toutefois, sans ceux-ci, la maîtrise des adventices mais plus encore la lutte contre les maladies et les insectes exigent beaucoup d’observation, de réactivité et de technicité de la part de l’agriculteur. Elles entraînent de surcroit des coûts pouvant être (beaucoup) plus élevés. Et en ce qui concerne le rendement, les choses sont simples: cela peut aller de pertes nulles, avec un rendement comparable à celui obtenu avec une conduite culturale conventionnelle, jusqu’à rien moins que la perte totale de la culture.

Du bio: au rythme du marché

La branche agronomique de Hesbaye Frost, c’est aujourd’hui le groupement de producteurs Apligeer. Son directeur, Jean-Marie Pirard, est venu présenter la position de l’industrie non sans rappeler que Hesbaye Frost représente 280 emplois équivalents temps plein. La production annuelle, en constante croissance atteint 120.000 tonnes dont –et c’est évidemment un élément important dans le débat- 85% partent à l’exportation.

Ni l’industrie du légume ni les distributeurs qui commercialisent leurs produits n’ont évidemment attendu le projet zéro phyto pour se préoccuper de la qualité du produit fini et en particulier du niveau des éventuels résidus de produits de traitement.

Avec une norme fixée à 0,01ppm, soit en fait la limite de détection, le babyfood constitue de ce point de vue une sacrée école. Mais chez Hesbaye Frost on n’a pas hésité à étendre ce principe à d’autres produits au point qu’aujourd’hui plus de la moitié de la production est labélisée «zéro résidus».

Ici le concept IPM s’est traduit en ‘Mimosa’ pour «Minimum Impact, Maximum Output, Sustainable Agriculture» ou en français, minimiser les résidus et l’impact des cultures sur l’environnement, maximaliser les rendements, la qualité et la compétitivité, le tout en préservant la durabilité de l’environnement.

N’oublions pas non plus que la production bio, en croissance constante, représente aujourd’hui 15% du volume produit par Hesbaye Frost.

Mimosa, 15% en bio, 50% en zéro résidus, sans parler du babyfood: avec une telle attention apportée à la qualité et en particulier aux résidus phytos, on pourrait penser qu’Hesbaye Frost voit d’un bon œil l’arrivée du projet zéro phyto. Et bien pas du tout! C’est même franchement le contraire.

Prenons le cas de la production zéro résidu. Si on en arrive à un tel résultat c’est justement par la maîtrise des conditions culturales et en particulier l’utilisation raisonnée et optimalisée des produits phytosanitaires. Et puis ce qui est vrai en pois par exemple ne l’est pas forcément en haricots, particulièrement vulnérables face au sclerotinia, ou en fèves des marais, dont raffolent les pucerons, pas plus qu’en choux de Bruxelles qu’apprécient tant les chenilles.

Pour M. Pirard, il fait peu de doute que si demain la Wallonie optait pour une politique zéro phyto, cela entrainerait une telle distorsion de concurrence par rapport aux régions et pays voisins qu’il s’ensuivrait un déplacement immédiat des zones de culture. Si une poignée de consommateurs wallons est peut-être disposée à payer davantage un produit vaguement positionné quelque part entre le bio et le conventionnel, obtenir un cent de plus de l’acheteur allemand ou anglais relève de la pure utopie (et pour rappel, 85% de la production d’Hesbaye Frost est destinée à l’exportation)

Quant au bio, il est certes en croissance constante et rien ne porte à croire que cette croissance s’arrête dans l’immédiat mais ici aussi il faut que l’offre corresponde à la demande. Et la demande, actuellement, c’est 85% d’acheteurs qui sont davantage sensibles au prix qu’à un légume produit selon les normes agrobiologiques.

 

Interdire le glyphosate ? REAGISSEZ !!!

Solidaris, en collaboration avec Greenpeace, a lancé récemment une pétition visant à interdire le glyphosate dans notre région.
Nous avons voulu réagir et nous vous invitons à le faire également en faisant parvenir ce courrier type (téléchargeable en PDF ici)  à Solidaris à l’adresse suivante:
Mutualité Solidaris - Service Promotion de la santé
Rue Saint-Jean, 32-38
1000 Bruxelles

Madame, Monsieur

Vous nous faites parvenir une pétition qui  concerne le glyphosate.
En tant qu’agriculteurs, nous sommes les premiers concernés par l’utilisation de produits phytopharmaceutiques.
Depuis des années, nous essayons de les utiliser à bon escient, le moins possible et de la façon la plus sécurisée pour nous-mêmes, pour notre entourage, pour les consommateurs et pour l’environnement.
Certains de ces produits sont de grande utilité pour fournir à nos concitoyens des produits en quantité et qualité à des prix raisonnables.

Nous respectons le bon usage agricole et des doses recommandées et agréées, faisant périodiquement contrôler notre matériel d’épandage, tenant des fiches de traçabilité, respectant les délais d’attente… La législation qui encadre ces pratiques est extrêmement sévère et nous sommes tenus de la respecter scrupuleusement, sous peine de sanctions.

Il faut également savoir que le glyphosate est un désherbant et que chez nous, il est utilisé bien avant les semis, ou après la récolte, et que les végétaux susceptibles d’être consommés par les hommes ou les animaux ne sont jamais pulvérisés avec cette molécule en Europe. Cela réduit considérablement le risque d’en retrouver des traces dans l’alimentation, ce que montrent les chiffres de l’AFSCA, puisque sur 207 échantillons de produits alimentaires analysés en 2013, seuls deux se sont révélés comporter des résidus de glyphosate (à des niveaux qui ne sont pas dangereux pour la santé lors d’une consommation normale quotidienne).

Par ailleurs, le glyphosate nous est très utile pour permettre de réaliser des mesures importantes pour l’environnement, tels que la diminution de l’azote dans les eaux, la limitation des risques d’érosion ou le travail simplifié du sol. La suppression de cette substance active pourrait donc limiter la capacité des agriculteurs à mettre en place ces mesures à vocation environnementale.
Il serait donc contreproductif d’interdire le glyphosate, d’autant que les alternatives qui peuvent être mises en place, lorsqu’elles existent, sont plus dommageables pour la santé que le glyphosate lui-même.
Techniquement, il s’avère que les risques cancérogènes qu’on attribue au glyphosate sont en réalité liés aux adjuvants présents dans le produit tel qu’il est commercialisé. Or, depuis ce 1er janvier 2017, par mesure de précaution, tous les produits à base de glyphosate contenant les adjuvants suspects ont été interdits en Belgique par le Ministère Fédéral de la Santé qui gère les agréations. Seules les formules sans ces adjuvants restent autorisées pour un usage qui a encore été restreint.

Vous pouvez lire toutes les informations sur la page :
http://fytoweb.be/fr/produits-phytopharmaceutiques/usage/utilisateur-professionnel/glyphosate 

Nous craignons que le glyphosate, parce qu’il est fortement médiatisé, ne soit pointé du doigt à tort, et interdit sur notre territoire, avec le risque qu’il soit remplacé par des produits plus dangereux pour l’agriculteur comme pour le consommateur. De plus, si la Wallonie est la seule à interdire ce produit, cela n’empêchera pas nos consommateurs d’y être confrontés via des produits alimentaires importés de pays extra-européens où les législations sont moins sévères que les nôtres.

Nous participons depuis plusieurs années, au sein de notre organisation professionnelle (la Fédération Wallonne de l’Agriculture) à une réflexion approfondie, scientifiquement étayée et indépendante sur l’usage de “pesticides”. Les agriculteurs sont conscients de l’importance que peut jouer leur secteur dans l’avenir de notre planète, la lutte contre le réchauffement climatique, l’environnement en général. La FWA a organisé une dizaine de réunion autour de la problématique « Zéro Phyto » durant cet hiver. Vous pouvez en lire les comptes-rendus dans le journal “PleinChamp”.

Enfin, nous voulons vous rappeler que la terre est notre outil de travail : nous y sommes profondément attachés, ainsi qu’à la mission principale de notre métier : nourrir nos concitoyens.

Nous tenons à sortir de nos exploitations des produits de qualité, c’est notre fierté.

Pour toutes ces raisons, nous ne signerons pas votre pétition.

Nous sommes prêts à en discuter directement avec vous, ou au travers de nos représentants à la Fédération Wallonne de l’Agriculture (eb.aw1511108186f@awf1511108186 ou 081/60.00.60). N’hésitez pas à prendre contact !

De notre côté, nous nous engageons à poursuivre l’évolution de notre profession vers un modèle encore plus durable.

Avec nos salutations les meilleures