Coup de gueule et mise au point !

Posté le 9 mai 2018 | comment Aucun commentaires.

Vous l’aurez compris, la réunion que nos représentants ont eue avec le Ministre Di Antonio jeudi dernier au sujet de la RN25 n’a pas été constructive du tout. L’ensemble de la délégation est sortie dépitée, voire très irritée de cette rencontre, qui a démontré une fois de plus que le Ministre de l’Environnement ne tient clairement pas compte des préoccupations des agriculteurs lorsqu’il prend des décisions. Le Président de la FWA du Brabant, Pierre Vromman, a pris sa plume et l’a trempée dans l’ironie pour pousser le coup de gueule très compréhensible que lui a inspiré l’évident manque de respect du Ministre.

«Je n’avais jamais rencontré dans ma vie aucun ministre wallon de la mobilité qui connaisse aussi bien notre Brabant Wallon dans ses moindres recoins et surtout sa région centrale qui va de Nivelles à Mont –st-Guibert, celle de notre belle Ardenne brabançonne. Sa forte densité  en  population, surtout en son  centre, n’est nullement comparable à celle de sa région natale, et ça se remarque lorsqu’on discute avec lui.  Selon le Ministre, il faudra s’habituer à voir nos champs de betteraves jaunir, nos fanes de pomme de terre prendre la couleur du tabac et que les rasettes partagées  fleurissent à tous les coins de rue afin de sarcler nos cultures, faute d’accès à des produits phytosanitaires pour les préserver.  Selon notre ministre de la Mobilité, il faut interdire les convois agricoles sur la RN25 pour leur caractère accidentogène, mais surtout la nuit, car ils transporteraient selon lui, des matières interdites afin d’échapper à la traçabilité et aux contrôles inopinés de l’Afsca. On mesure bien là tout le respect et la confiance que place le Ministre dans le secteur agricole de sa région!
Les automobilistes de la RN25 roulent, selon les études, à 128 km/h de moyenne… Normal, d’après le Ministre, il faut faciliter leur mobilité et accélérer le trafic en Brabant wallon.  
Il nous annonce que ses collègues de l’Agriculture, les mandataires des villes et communes  concernées vont mettre d’importants moyens financiers en oeuvre afin de sécuriser les nombreuses  écoles qui bordent la N237 qu’il nous faudrait emprunter si l’interdiction RN25 est confirmée, pour que leurs sorties se fassent en toute sécurité. Encore faudrait-il voir si les bourgmestres de ces communes trouvent cette idée intéressante ou même réalisable!
Peut-être le Ministre va-t-il  aussi  nous envoyer aux USA afin de suivre des stages de formation chez les agriculteurs de la communauté Amish, pour nous re-familiariser à la traction et la mobilité avec nos fiers et ardents chevaux de traits brabançons et ardennais qui, à l’avenir vont remplacer nos tracteurs et peut-être aussi notre BBB que certains trouvent décadent?
Je plaisante, mais je ne ris pas… Car ce n’est pas drôle! Le Ministre nous accuse de mensonge, alors que c’est lui qui travestit la réalité en prétendant nous avoir convoqués à une réunion RN25 qui était en réalité organisée à l’initiative du Gouverneur du Brabant! C’est comme ça que le Ministre négocie et consulte… et lorsqu’il nous reçoit, c’est sans aucune volonté d’entendre nos arguments ni de chercher de façon constructive une solution qui conviendrait à tous les usagers de la RN25!

On peut ne pas partager un point de vue sur un dossier, c’est clair. On peut discuter de façon un peu vive. On peut avoir du mal à trouver un terrain d’entente ou un bon compromis, d’accord, c’est toute la difficulté d’une négociation… mais le respect, Monsieur Di Antonio, c’est la moindre des choses!»

 

Mise au point !

Dans l’article par lequel le Ministre Di Antonio annonçait sa volonté de fermer la RN 25 aux véhicules lents, celui-ci affirmait aussi avoir négocié avec les agriculteurs.

Peut-être…mais lesquels? Car la FWA, elle, n’a JAMAIS été invitée à cette négociation par le ministre!

Lors de la réunion de jeudi dernier (voir article ci-contre), le Ministre répétait à nouveau, pour notre plus grande surprise, qu’il avait invité  notre organisation à une réunion de négociation en décembre dernier…

Une contre-vérité que nous ne pouvions pas laisser passer. La réunion dont il s’agit – la seule sur ce sujet depuis plusieurs années- était en réalité convoquée par le Gouverneur de la province du Brabant, Gilles Mahieu. Un détail? Pas vraiment, quand le Ministre disqualifie ses interlocuteurs, en les accusant de travestir la vérité! Dès lors, notre Président, Joseph Ponthier, a adressé ce courrier au Ministre, pour lui rappeler, preuve à l’appui (la copie de l’invitation du Gouverneur), qui était réellement à l’initiative de cette réunion à laquelle le Ministre n’était d’ailleurs pas présent.

«Monsieur le Ministre,

Suite à notre réunion d’hier à votre cabinet sur la problématique de la RN25, je me dois de réagir à certains propos qui ont été tenus à l’encontre de la FWA.

Vous trouverez ci-dessous l’invitation qui nous avait été envoyée pour la réunion du 13 décembre dernier. Vous conviendrez que, selon la formulation utilisée, l’initiateur de celle-ci était le Gouverneur de la Province du Brabant Wallon sur demande de Monsieur le Procureur du Roi. Votre cabinet n’apparaît donc pas comme à l’initiative de cette réunion mais bien comme partie concernée dans ce dossier au même titre que les zones de Police, le SPW,…

En conséquence, il est clair que la FWA n’a jamais eu de réunion de concertation à l’initiative de votre cabinet sur ce sujet. Lors de cette réunion de décembre 2017 à laquelle votre cabinet était présent, certaines pistes de solution avaient déjà été envisagées par les différents protagonistes. Nous avions déjà à ce moment, exposé nos difficultés et évoqués les difficultés énormes auxquelles les agriculteurs seraient confrontés si la RN25 leur étaient interdite.

La FWA s’attendait donc à ce qu’une concertation s’ensuive, initiée cette fois par votre cabinet, ce qui n’a jamais été le cas.

En tout état de cause, ni lors de la réunion de décembre 2017, ni à aucun autre moment, la FWA n’a marqué son accord sur l’interdiction aux tracteurs de circuler sur la RN25 sans que des mesures ou une alternative valable n’ait été entérinée.

Je tenais à clarifier cet aspect des choses.

Je vous souhaite bonne réception de ce courriel et vous prie de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de mes sentiments les meilleurs.

(s) Joseph Ponthier»

Voilà qui est désormais clarifié!

Articles pouvant vous intéresser