Dossier Veviba: suites, et pas fin

Posté le 23 mars 2018 | comment Aucun commentaires.

Dans le dossier Veviba, chaque jour ou presque apporte son lot de nouvelles informations. Comme elle s’y est engagée depuis le début, la FWA suit ce dossier de très près.

Yvan Hayez

Comme cela a été largement répercuté dans les médias, la Fédération Wallonne de l’Agriculture a mené une action, avec l’UAW et la FJA, devant le Parlement de Wallonie le mercredi 14 mars. L’objectif premier était de conscientiser et de responsabiliser l’ensemble de la classe politique wallonne, tous partis tous confondus, aux initiatives visant la mise en place de process assurant un maximum de transparence au sein des maillons intermédiaires de la chaine agroalimentaire en général, et des abattoirs et particulier.

Comme annoncé dans la précédente édition, la FWA a réalisé un document de travail formulant des propositions concrètes pour atteindre cet objectif de transparence. Les propositions formulées par l’ensemble des maillons de la chaîne agroalimentaire belge seront débattues ce vendredi dans la perspective d’un cahier des charges défendu par tous les maillons et devant être appliqué et contrôlé au niveau de tous les abattoirs de notre pays.

In fine, ce cahier des charges sera adressé tant aux responsables fédéraux que régionaux. Les propositions formulées devraient également aider à améliorer le mode de fonctionnement de l’AFSCA.

Dans l’état actuel de nos connaissances, il apparaît en effet que si l’AFSCA semble avoir appliqué les procédés que lui impose son cahier des charges, elle a peut-être négligé d’élargir sa vision aux fraudes économiques qui s’organisaient chez Veviba. A cet égard, il nous paraît opportun qu’une meilleure coordination des divers contrôles qui s’exercent au niveau d’une entreprise soit mise en place afin d’éviter que de tels événements puissent se reproduire. C’est dans cet état d’esprit que la FWA est disposée à collaborer pour améliorer le fonctionnement de l’AFSCA. Par contre, les propositions de régionalisation de l’AFSCA présentées par certains nous semblent tout à fait inappropriées. Ceci pour diverses raisons, à savoir un coût important pour nos concitoyens risquant d’entraîner une politique sanitaire à deux vitesses dans notre pays, et de par le fait que l’outil contribue à nos arguments d’exportation, qu’il est indispensable de conserver au niveau fédéral.

La proposition émise cette semaine par divers intervenants dans le débat, de transférer la tutelle de l’AFSCA de l’Agriculture vers la Santé peut être prise en compte par la FWA. Toutefois, nous craignons que l’arrivée des compétences «AFSCA» dans le portefeuille déjà très chargé du Ministère de la Santé relègue les préoccupations du secteur agricole au second plan. Au final, ce qui nous inquiète c’est que ce transfert de compétences conduise à la dilution des questions de santé et de traçabilité animale et végétale qui restent fondamentales pour les agriculteurs comme pour toute la filière agroalimentaire, jusqu’au consommateur.

Comme elle l’a dit depuis le début, la FWA est également très attentive aux enjeux socio-économiques qui se jouent autour des outils gérés par le groupe Veviba. Selon nous, leur avenir est étroitement lié à un changement de management et doit prendre en compte les dispositions prises par la justice à leur encontre (certains outils étant placés sous scellés avec un retrait d’agrément et d’autres pas). Lundi matin, le patron de Veviba a publiquement annoncé son intention de faire un pas de côté.

Par ailleurs, et l’initiative est largement soutenue par l’ensemble de la communauté politique, au moins deux projets de coopératives impliquant des éleveurs sont à un stade de réflexion avancé et pourraient intégrer la reprise d’un outil d’abattage.

Sur cet aspect du dossier et sans a priori, la FWA se veut fédératrice et propose une réflexion commune visant à aboutir sur un projet solide à la construction duquel elle est prête à apporter son appui logistique et toutes ses compétences.

Toutefois et de façon assez surprenante, alors que l’ensemble de la classe politique semblait soutenir l’idée d’une coopérative impliquant les producteurs, nous avons appris ce lundi fin de journée qu’un accord était intervenu jeudi dernier entre le management de l’abattoir et la Région via les deux managers de crise désignés dans l’affaire. Cet accord prévoit que le management libérerait l’outil, mais aussi qu’un appel est en cours pour permettre aux repreneurs intéressés de se faire connaître pour le mercredi 22 à minuit, ouvrant la possibilité de reprise à des opérateurs étrangers,replique Audemars Piguet montres ce qui n’était pas souhaité par la classe politique au départ. Un nouveau développement qui laisse une marge de manœuvre étroite à un projet de coopérative associant les éleveurs….

Tout nous laisse croire que ce dossier mobilisera encore nos services pendant plusieurs semaines. Peut-être serons-nous amenés à mobiliser encore une fois nos affiliés.

Que tous ceux qui nous ont rejoints à Namur le 14 mars dernier soient remerciés d’avoir contribué largement, par leur présence, à la réussite de cette action.

Cliquez ici pour lire l’édito de la semaine dernière, qui revient sur les débuts du dossier.

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