La Coopérative des Eleveurs de Wallonie est née

Posté le 29 mars 2018 | comment Aucun commentaires.

Vendredi dernier, des éleveurs de Wallonie, dont la plupart sont affiliés à la Fédération Wallonne de l’Agriculture, ont constitué une coopérative ayant pour objectif principal de s’unir pour obtenir une meilleure rémunération au travers d’une valorisation plus transparente du fruit de leur travail.

Yvan Hayez

Le projet d’une coopérative d’éleveurs était en gestation depuis plusieurs mois au sein de la Fédération Wallonne de l’Agriculture. Le scandale lié à la société Veviba, la fraude économique avérée aux dépens des éleveurs et l’atteinte qu’elle porte à l’image de notre profession, ont, sans conteste, contribué à accélérer la création de ce groupement d’éleveurs. Par cette démarche, les éleveurs ont la volonté d’aborder le marché de la viande bovine sous un nouvel angle en offrant un produit clairement identifié et différencié aux consommateurs. Les objectifs principaux sont d’offrir un produit local rémunérateur qui répond à une demande qualitative de la part du consommateur en termes de goût et de mode de production. Conjointement à son objectif commercial, la coopérative veut développer une structure sous forme d’organisation de producteurs (OP) ouverte à tous les producteurs sans qu’ils ne fournissent nécessairement des bêtes à des fins de commercialisation. L’objectif de cette plate-forme est d’informer (recueillir des infos sur la filière, les synthétiser et les diffuser vers les producteurs), former (organiser des formations pertinentes, centraliser les supports techniques, créer un espace d’échanges), planifier (assurer la coordination de la production, la logistique de transport, …) et communiquer (promouvoir les produits, défendre les intérêts des producteurs). L’ambition de la coopérative créée vendredi dernier va donc au-delà des aspects commerciaux et purement économiques.

Comme évoqué plus haut, le scandale Veviba – il aura au moins eu cette vertu – a contribué à accélérer le processus de constitution de la coopérative. De fait, le lundi 19 mars dernier, le manager de crise nommé par les pouvoirs publics wallons et dûment mandaté par les conseils d’administration des sociétés concernées pour mener les négociations de vente, a invité tout acquéreur intéressé à lui manifester son intérêt (non liant) par courriel pour le mercredi 21 mars minuit. Réuni en urgence avant son Conseil Général de mercredi dernier, le Comité Directeur Syndical de la FWA a pris la décision d’introduire avant minuit un courriel d’intention et de constituer dans les meilleurs délais une coopérative d’éleveurs, ce qui a été fait vendredi dernier en matinée. Le courriel ayant été réceptionné le jeudi, le timing imposé par le manager de crise prévoyait l’introduction dans les 48h par le candidat d’une lettre d’introduction non liante décrivant succinctement le projet et comprenant divers informations dont l’identité du candidat acquéreur, en l’occurrence, la coopérative d’éleveurs qui a été mise place vendredi dernier. Les services de la FWA ont introduit la lettre d’intention dans les délais (vendredi soir) pour compte de la Coopérative des Eleveurs de Wallonie. C’est donc bien la coopérative et non la FWA qui se porte candidat acquéreur.

Les grandes lignes du projet sont l’acquisition minoritaire d’un ou d’outils d’abattage du groupe Veviba situé dans notre Région. Les autres acquéreurs pourraient être des membres du personnel de Veviba et bien entendu un professionnel de la cheville qui serait majoritaire. Des contacts – discrets pour des raisons évidentes – sont en cours avec ces derniers.

Il va de soi que la Coopérative des Eleveurs de Wallonie pourra retirer à tout moment sa candidature si elle estime que les garanties minimales d’une reprise viable et sérieuse n’étaient pas rencontrées.

Selon nos informations, une trentaine de candidats se seraient manifestés et les candidatures retenues pourraient être connues d’ici deux semaines. Parmi celles-ci il y a bien entendu des professionnels de la cheville, tant belges qu’étrangers, mais également des éleveurs regroupés eux aussi au sein d’une structure similaire à la coopérative mise en place vendredi dernier. La Fédération Wallonne de l’Agriculture a eu divers contacts et s’est voulue fédératrice d’un maximum d’éleveurs de notre région. Nous avons pris acte de la volonté d’aucun de poursuivre leur propre voie. Il va de soi pour la FWA et la coopérative qu’elle a contribué à mettre en place, que chaque éleveur reste libre d’adhérer ou de ne pas adhérer à tel ou telles structures.

Lors de sa constitution, la Coopérative des Eleveurs de Wallonie a nommé un Conseil d’Administration provisoire parmi ses 14 membres fondateurs. Ce CA s’est réuni une première fois cette semaine. Une séance d’information ouverte à tous les éleveurs qui le souhaitent est organisée le mercredi 4 avril prochain à partir de 19h30 au siège de la Fédération (cf encart ci-dessous). Les responsables de la coopérative présenteront le projet et répondront aux questions de l’assemblée. Au terme de la séance, ceux qui le souhaitent, pourront déclarer leur intention d’adhésion à la Coopérative des Eleveurs de Wallonie.

Comme elle s’y était engagée, la FWA et ses services sont heureux d’avoir contribué à la naissance d’une coopérative d’éleveurs. De fait, elle considère que cette dernière peut être un levier de développement positif et significatif pour le secteur de l’élevage de notre région. Au-delà de son implication dans un ou des abattoirs qui reste incertaine à ce jour, la coopérative fédérant des éleveurs de notre région devrait se concentrer sur sa vocation de l’intérêt collectif et ainsi pouvoir contribuer à une meilleure valorisation et transparence du fruit du travail de qualité des éleveurs.

En cohérence avec sa vocation première de défense professionnelle des agriculteurs de notre région, la FWA n’a pas pour mission de s’impliquer financièrement dans des outils à finalité commerciale. Par contre, comme elle s’y est engagée et pour autant que les responsables de la coopérative le souhaitent,replique montres pas cher la FWA et ses services sont à disposition pour apporter leur expertise et contribuer à l’épanouissement et le rayonnement de la Coopérative des Eleveurs de Wallonie.

Quoi qu’il en soit et comme elle l’a déclaré depuis le début de l’affaire Veviba, la FWA ne lâchera pas le morceau. Avec ses collègues de l’Agrofront et notamment au travers de la concertation de la chaîne agroalimentaire qui s’est encore réunie vendredi dernier, la FWA continuera à peser de tout son poids et ce, à tous les niveaux, pour que cette crise soit mise à profit pour corriger et améliorer les process au sein des maillons intermédiaires de la chaîne agroalimentaire de notre pays. S’il y a un après-Vevibas, cela doit s’inscrire dans la perspective de circonscrire au maximum les tentations de fraudes économiques, et par là de fraudes sanitaires, en imposant la plus grande transparence légitimement attendue par les consommateurs.

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