La Fédération Wallonne de l’Agriculture reçoit GAIA

Posté le 23 octobre 2013 | comment Aucun commentaires.

Ce lundi 21 octobre après-midi, le Président Daniel Coulonval a rencontré la directrice de l’association GAIA, Ann Degreef, à sa demande et cela afin de discuter deux dossiers d’actualité ; l’hébergement des lapins et l’arrêt de la castration des porcelets. 

 Ana Granados-Chapatte

La FWA a exprimé sereinement mais fermement son point de vue à la Directrice de l’organisation ; à savoir, les éleveurs sont les premiers inquiets du bien-être de leurs animaux, mais ne peuvent se permettre d’oublier les aspects d’ordre financier, l’élevage étant  une activité économique. Gaïa refuse de s’aligner sur la législation européenne et veut aller plus loin dans les réglementations imposées chez nous, notamment en matière de castration des porcelets et d’hébergement des lapins.

Pour commencer, la FWA a signé un accord de principe au sein de la filière porcine belge, dans le cadre de la déclaration européenne de 2010, afin de se pencher sur les problèmes auxquels la filière est confrontée et qui empêchent l’arrêt de la castration. Néanmoins, bien cadrée et en traitant la douleur, elle pourrait être justifiée pour certains types de production. En tout cas, dans l’état actuel de choses, des contraintes d’ordre législatif, qui empêchent de travailler dans la sérénité, n’ont aucune raison d’être. La déclaration européenne prévoit déjà la date de 2018 et tous les pays limitrophes y travaillent aussi.

Coté lapins, c’est un peu plus long et compliqué mais en gros, les tests effectués par les éleveurs nous montrent que les solutions en matière d’hébergement demandées par GAIA obligeraient les éleveurs à voir plus de lapins mourir dans leurs fermes et à leur donner davantage de médicaments. Le recours aux médicaments n’entre évidemment pas dans nos objectifs d’élevage pour une alimentation saine pour les consommateurs. Une mortalité plus élevée signifie également moins de bien-être animal, et une rentabilité moindre pour l’éleveur.

De plus, une législation plus restrictive que celle des autres pays européens pénalisera tous les types d’éleveurs : les  « traditionnels » qui doivent amortir leurs installations et concourir dans un marché européen qui a moins de contraintes, et ceux qui optent pour une production différenciée, en parc. En effet, toute obligation légale ferait disparaître le supplément donné actuellement à ces éleveurs au moment de la vente de leurs lapins à l’abattoir, alors que leur production a un coût plus élevé que la traditionnelle et peut être considérée et valorisée comme de la qualité différenciée. L’adoption de réglementations en matière de bien-être animal ne permet pas de répercuter au consommateur le surcoût qui représente pour l’éleveur les nouvelles normes.

Le Parlement Européen a publié une résolution sur la stratégie de l’UE en matière de Bien-être animal le 4 juillet 2012. Il déconseille aux pays de l’UE d’approuver des lois sans attendre un cadre législatif européen dans les matières de  bien-être animal car cela engendre des problèmes de concurrence. La Belgique connaît un taux d’approvisionnement de 20% pour la viande de lapin. Va-t-elle interdire l’entrée de lapins hollandais élevés autrement qu’en parc ? Elle ne peut pas empêcher les échanges intracommunautaires !

La FWA a donc démontré la bonne volonté des agriculteurs mais a voulu faire comprendre à la représentante de l’organisation que ses exigences placeraient les agriculteurs belges dans une situation de concurrence déloyale vis-à-vis des agriculteurs européens qui ne devraient pas respecter les mêmes exigences et pourraient donc produire à moindre coût. La FWA se refuse à détacher la réflexion sur le bien-être animal de la notion de rentabilité pour les éleveurs.

Lors de cette rencontre, la représentante de GAIA a fait tomber le masque. Selon elle, la préoccupation de son organisation ne se limite pas au bien-être des animaux puisqu’elle s’attache également à la défense du droit des animaux. Ceci signifie pour elle que l’objectif à terme de son organisation est de mettre fin à l’élevage quel qu’il soit, celui-ci étant considéré comme un mode d’exploitation organisée des animaux.

La FWA ne peut évidemment pas souscrire à ce point de vue qui vise ni plus ni moins à supprimer un pan entier de l’activité économique de notre secteur. Malgré notre bonne volonté évidente et en particulier celle des éleveurs dans de très nombreux dossiers relatifs au bien-être animal, nous doutons de l’intérêt de continuer à discuter à l’avenir avec des interlocuteurs qui ont pour objectif de faire disparaître un pan de notre secteur d’activité.

 

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