Le Premier à la ferme

Posté le 17 mai 2017 | comment Aucun commentaires.

Ce mardi le Premier Ministre Charles Michel, accompagné du Ministre fédéral de l’Agriculture Willy Borsus, est venu à la rencontre des agriculteurs dans l’exploitation de Philippe et Bernard Janssens et de leurs épouses à Corroy-le-Grand. Au menu de cette rencontre matinale, les enjeux de l’agriculture européenne mais également le mal-être croissant entre notre profession et la population.

Yvan Hayez

Dès 7 heures du matin, Charles Michel et Willy Borsus sont venus à la rencontre de notre profession dans l’exploitation de la famille Janssens à Corroy-le-Grand.  La famille Janssens avait, très tôt ce matin, soigné le bétail pour être disponible pour la visite de l’exploitation avec la délégation des Ministres. Cette ferme implantée à Corroy-le-Grand en Brabant wallon combine grandes cultures, production laitière et viande bovine. Un atelier de vente de glaces est également développé à partir de la ferme.

Dès l’arrivée des ministres, un temps a été consacré à la visite de l’exploitation, lors de laquelle les hôtes du jour ont pu faire état de leurs préoccupations et difficultés au quotidien.

Après la visite, les Ministres ont été reçus en comité restreint dans le corps de logis de la ferme. Après les remerciements d’usage, Philippe Janssens a souhaité axer la rencontre selon deux volets: celui de la Politique Agricole Commune et donc de l’enjeu essentiel du devenir économique de notre secteur, mais également la relation entre notre profession et la population en marge des stigmatisations de plus en plus prégnantes dont nous faisons l’objet.

De son côté, le Premier Ministre a argumenté dans un exposé bien étayé les deux volets des enjeux pour notre secteur. Au niveau belge, il a tenu à rappeler la politique menée par son gouvernement depuis sa mise en place en faveur des indépendants et des PME, soulignant au passage le travail réalisé par Sabine Laruelle. Le Premier Ministre a présenté le bilan du gouvernement qui s’est traduit par la création de 130.000 emplois dans le secteur privé, ainsi qu’une résorption du handicap salarial par rapport à nos pays voisins. Sur le plan européen, le Premier Ministre considère que l’Europe se situe à un moment clef en raison du résultat des élections aux Pays-Bas et en France, ainsi que celles attendues du côté allemand à l’automne prochain. Charles Michel ne plaide pas pour une révolution par des changements fondamentaux des traités européens, mais estime qu’il faut redéfinir des priorités absolues dans le cadre de ces mêmes traités. Pour Charles Michel, l’agriculture doit être au cœur des priorités européennes.

L’agrandissement de l’Union européenne a largement influé sur la gestion du dossier agricole, mais pas au bénéfice des agriculteurs des pays historiquement membres de l’Union. Le dumping social au sein même de l’Europe est à cet égard un véritable sujet de préoccupation qui doit nous amener à réfléchir à des solutions durables et acceptables pour tous. Conjointement, Charles Michel a livré son analyse de l’approche politique des grands de ce monde (Messieurs Trump et Poutine), mais également des facteurs de déstabilisation que peuvent engendrer le Brexit, la Corée du nord et la cybercriminalité.

De son côté, le Ministre Willy Borsus a rappelé la vocation nourricière première de l’agriculture mais également les services multiples qu’elle peut offrir à la société. Lors de la discussion, il a rappelé l’importance d’une valorisation des produits de chez nous, ainsi que tous les efforts réalisés au niveau de son département pour réinvestir les marchés à l’exportation, en particulier le marché chinois, et plus largement asiatique. Au niveau de la PAC, Willy Borsus a confirmé qu’il continuerait à plaider pour des mesures temporaires de régulation des marchés.

Lors des échanges avec nos représentants (dont Pierre Vromman, président provincial et Laurent Gomand, vice-président national et deux représentants de la CBB), une large place a été donnée à la menace que fait peser l’interdiction des néonicotinoïdes sur le secteur de la production végétale et des betteraves en particulier. Rappelant les nombreuses démarches positives adoptées par la profession au cours des dernières décennies, nos agriculteurs ont fait le lien avec un regard qui ne cesse de se dégrader de la part de notre population, ce dernier étant entretenu par les discours populistes et démagogues d’une part de notre classe politique.

Au cours de ces discussions, nous avons pu aborder aussi la nécessité de mettre en œuvre une PAC plus forte et plus stable pour le bénéfice de nos agriculteurs et en particulier des jeunes qui ont besoin de cette stabilité pour s’engager dans notre profession. Il faut se réjouir de ce type de rencontres qui donnent l’opportunité de sensibiliser les décideurs du plus haut niveau de notre Etat, aux réalités quotidiennes et aux enjeux à plus long terme liés à notre profession.

Pour conclure, nous voulons encore remercier la famille Janssens de nous avoir accueillis et d’avoir contribué à porter le message de la profession.

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