Le «Zéro phyto» ne fait pas le pois

Posté le 7 mars 2017 | comment Aucun commentaires.

La dernière en date des 8 réunions de réflexion initiées par la FWA à propos du projet «Zéro Phyto» était consacrée aux légumes d’industrie. Il en ressort que comme pour les autres productions, ce ne sont pas seulement les producteurs mais bien l’ensemble de la filière qui craint le pire si une telle mesure devait être d’application en Wallonie dans un avenir dont certains nous disent maintenant qu’il ne sera peut-être pas si proche que ça.

Bernard Kersten

Avec un peu moins de 15.000 ha en Wallonie, la culture des légumes destinés à l’industrie de transformation représente évidemment beaucoup moins (du moins en matière de superficie emblavée; pour ce qui est de la valeur ajoutée c’est autre chose) que des productions comme le froment (130.000 ha), les betteraves ou les pommes de terre (35.000 ha). L’organisation d’un débat «zéro phyto» spécifiquement consacré à ces «petites» cultures qui occupent seulement 2% de la SAU wallonne était-elle dès lors pertinente? A en juger par la présence nombreuse des agriculteurs à Momalle, en ce compris une proportion non négligeable de producteurs n’étant pas directement concernés par les légumes, il ne fait guère de doute que la réponse est clairement oui.

En fait plusieurs spécificités de ces productions font qu’elles méritaient de faire l’objet d’une réflexion plus approfondie. Nous pensons particulièrement à deux d’entre elles.

Il y a tout d’abord le fait que c’est vraiment mal à propos que l’on parle le plus souvent de légumes destinés à l’industrie «de transformation» dans la mesure où la plupart d’entre eux ne subissent justement aucune autre transformation qu’un nettoyage, un triage, un calibrage et un conditionnement. On a donc à faire à un circuit très court où l’industriel est directement en contact tant avec l’agriculteur qu’avec le consommateur. Pour les autres secteurs, les acheteurs sont unanimes à clamer que non seulement ils ne sont absolument pas en mesure d’offrir une quelconque plus-value à une production «zéro-phyto», mais ils se disent en outre très inquiets quant à leur approvisionnement, tant du point de vue quantitatif que qualitatif. Il était donc particulièrement intéressant de connaître le point de vue des acheteurs dans une filière plus courte où l’industrie est très proche du consommateur.

Qu’une partie non négligeable de la filière soit aujourd’hui passée en mode bio constitue l’autre point particulièrement intéressant de cette filière. Même s’il nous a une nouvelle fois été dit qu’il ne fallait pas confondre zéro phyto et 100% bio, l’expérience acquise dans ce domaine peut être particulièrement enrichissante. Elle permet en effet de beaucoup mieux appréhender les possibilités mais aussi les limites d’une culture conduite sans le recours à des produits de protection des plantes de synthèse.

 

Last…but not least

C’est à Amaury Poncelet, producteur membre de l’Apli qu’il revenait d’introduire le débat. L’Association des Producteurs de Légumes Industriels regroupe 80 exploitations produisant sur environ 2.000 ha haricots, fèves de marais, épinards, carottes, choux de Bruxelles, cerfeuil et panais commercialisés par la coopérative Apligeer et destinés à la société Hesbaye Frost à Geer.

Outre les points évoqués plus haut, Amaury Poncelet n’a pas manqué de mettre en exergue d’autres spécificités du secteur, comme notamment:

- le fait que plus de la moitié des légumes produits en Wallonie sont surgelés en Flandre, un détail qui n’est pas sans importance dans ce débat;

- le légume se cultive dans le cadre d’une rotation. Il est donc simpliste d’isoler les problèmes agronomiques liés à l’interdiction des produits de protection des plantes en légume;

- le marché potentiel limité pour la plupart des légumes et les coûts exorbitants liés au développement et à l’agréation des produits phytosanitaires entraînent un désintérêt des firmes actives dans ce domaine avec comme corollaire une érosion constante du panel de solutions disponibles;

- même constat pour la recherche variétale qui peine également à proposer des variétés plus résistantes comme c’est le cas en grandes cultures;

- la filière relativement courte a fait de longue date prendre conscience aux producteurs de l’importance de la qualité. La filière a d’ailleurs été la première à s’inscrire dans des cahiers de charges. Mais comme le dit si bien Amaury Poncelet, «le plus beau label de qualité, n’est-ce pas le petit sachet que chacun d’entre nous se garde le jour de la récolte pour alimenter sa famille?».

- la filière ne peut s’envisager qu’à l’échelle européenne. Une politique régionale créant une distorsion de concurrence serait intolérable.

Pour la suite, nous ne résistons pas à l’envie de vous livrer tels quels de larges extraits de l’intervention de M. Poncelet: «Quand Henry de Marneffe, secrétaire de la FWA de Waremme, m’a demandé d’intervenir, il a insisté pour que mon introduction reste ouverte et constructive.

Pendant des nuits et des nuits, j’ai tenté d’éprouver de la compréhension pour le zéro phyto. Après 10 jours d’efforts, j’ai pensé que c’était peut-être une belle façon d’occuper massivement les réfugiés de toute nature. Il m’a encore fallu 10 jours de réflexion pour envisager que l’on trouverait peut être enfin la solution miracle au problème de l’érosion incessante du prix des matières premières agricoles.

Mais quand même, restons sérieux! Après la réduction drastique des DPU qui nous met à mal, après le PGDA et son cortège d’obligations, et notre classement en zone vulnérable qui nous complique la vie tout au long de l’année (Apl, terres en pentes, transferts de matières organiques), après la fin des quotas betteraviers, véritable séisme dans la région, après avoir accepté sans sourciller les principes de l’IPM qui révolutionne le suivi de nos parcelles, après l’ensemble des éco conditionnalités, les SIE, et j’en passe, on devrait encore être naïf de croire que c’est la prochaine contrainte, le zéro phyto, qui va sauver l’agriculture?! Permettez-moi d’en douter (et je ne pense pas être le seul agriculteur de cet avis).

Mais qu’a donc bien fait la phytopharmacie au bon Dieu pour se retrouver ainsi clouée au pilori alors que l’on attend monts et merveilles de la chimie pour trouver des remèdes miracles dans les domaines de la médecine, de la transition énergétique et de la durabilité en général?

Nous avons conscience que l’on doit encore travailler à perfectionner les itinéraires culturaux. Par contre, nous refusons que notre travail soit condamné au mépris de la science par les idéologues des temps modernes où la post vérité est devenue un phénomène inquiétant. Combien de fois ne sommes-nous pas tombés du fauteuil du tracteur en entendant ou en lisant toutes sortes de contrevérités qui nous blessent. Le grand public aime à placer l’agriculteur conventionnel dans le camp des méchants et même Philippe Baret, doyen de la faculté des bio-ingénieurs de l’UCL, n’hésite pas d’affirmer qu’une partie des frais d’alimentation des ménages se retrouve sur la facture de la sécurité sociale, sous entendant que nous empoisonnons les gens!

En roi de la post-vérité, Trump nous intrigue avec son slogan «America first»; on craint dans notre cas, la politique de «Wallonie last»». 

Notre image en prend un coup

Pour un intervenant dans un débat quel qu’il soit, prendre la parole face à un public dont on sait par avance qu’il n’est pas du tout acquis à la cause n’est pas chose aisée. A Momalle, c’est une fois encore à José Renard, chef de cabinet adjoint du Ministre René Collin que revenait la délicate mission de présenter la position du ministre dans un dossier tout aussi délicat.

Pour avoir eu l’occasion de l’entendre dans le même rôle à l’occasion de la première réunion, consacrée celle-là aux céréales, nous pouvons écrire que son discours a un peu évolué. De là à en déduire que cette évolution traduit une volonté politique d’amender fondamentalement le projet, il y a un pas qu’à ce stade nous nous abstiendrons bien de franchir. En fait c’est davantage sur la forme que sur le fond que le discours a changé. Monsieur Renard, qui n’est quand même pas un perdreau de l’année, semble notamment avoir renoncé à tenter de convaincre le monde agricole du bien-fondé de la démarche «zéro-phyto». Tout au plus s’est-il borné à essayer de rassurer le public, en parlant notamment d’un «projet à très long terme d’une agriculture qui n’utiliserait plus ou peu de produits de synthèse».

Mais là encore, la mission s’avère bien difficile. Pas certain en effet que beaucoup de participants s’en seront retournés chez eux convaincus qu’après avoir «embarqué le consommateur dans le projet» (Ndlr: plus facile à dire qu’à faire), celui-ci sera alors tout disposé à ouvrir plus grand son portemonnaie pour ses dépenses alimentaires et que, in fine, le producteur recevra (enfin) une juste rémunération. Nous reviendrons plus loin plus en détail sur l’intervention du représentant de l’industrie mais précisons d’emblée que pas plus que pour les productions évoquées à l’occasion des débats précédents, il n’entrevoit la moindre opportunité de valoriser commercialement ce concept utopique.

A l’entame de son intervention, José Renard a admis que le «projet zéro phyto» a souffert dès le départ de grosses erreurs de communication. Certainement, mais que faut-il précisément entendre par là? C’est que la «communication» a progressivement remplacé l’informatique au hit-parade des prétextes universels. Il n’y a pas encore très longtemps, dès que quelque chose allait de travers, c’était «la faute à l’informatique». Aujourd’hui c’est la faute à la communication…

On ne peut évidemment que partager le point de vue de Monsieur Renard quand il dit que l’on n’a pas assez (pas du tout) insisté sur le chemin déjà parcouru par les agriculteurs et les nombreux efforts consentis. Comme l’a toutefois fait remarquer Bernard Decock durant le débat, il y a aussi un autre couac de communication, infiniment plus dommageable celui-là car sans doute irréversible: pour le grand public et les médias, l’annonce fracassante du projet «zéro-phyto» a le plus souvent été comprise comme «maintenant on va enfin produire de la qualité» (sous-entendu: et jusqu’ici on vous a fourni de la m….). Le monde agricole ne saura jamais assez remercier nos représentants politiques d’avoir ainsi terni son image et anéanti les innombrables efforts de communication du secteur.

 

Des cultures difficiles

Laurence Limbort du Cpl-Vegemar a d’abord situé l’importance de la production de légumes en Wallonie, une production qui a vu les superficies qui lui étaient consacrées progresser de 50% au cours des quinze dernières années. Si les petits pois représentent à eux seuls plus de la moitié de la surface, la liste des différents légumes produits chez nous est impressionnante: depuis les haricots jusqu’aux carottes en passant par les différentes espèces de choux, les céleris, les poireaux, les asperges….  il est impossible de les nommer tous.

On a déjà évoqué les difficultés pour ces petites cultures qui ne représentent qu’un marché de niche pour les fournisseurs de disposer d’une offre suffisamment étoffée de moyens de protection ou de variétés performantes en termes de résistance. Pour les organismes de recherche et d’encadrement s’y ajoute une difficulté supplémentaire: la grande diversité des cultures. On peut en effet aisément comprendre que ce qui est vrai pour le petit pois par exemple le sera rarement pour l’asperge, la carotte ou le chou de Bruxelles.

Autre spécificité: il s’agit de productions qui, certes, offrent une haute valeur ajoutée mais pour lesquelles le coût des intrants est supérieur alors que les exigences qualitatives des acheteurs sont particulièrement élevées. C’est dire à quel point l’impact financier des éventuels accidents culturaux peut être important.

Comme pour les autres cultures, la tendance est clairement ici à la réduction des quantités de produits de protection des plantes utilisées. Cette tendance n’est pas seulement la conséquence du développement de la lutte intégrée ou de la mise en œuvre du Programme Wallon de Réduction des Pesticide; elle fait également suite au retrait d’un nombre croissant de matières actives.

Le CPL-Vegemar réalise de nombreux essais portant notamment sur les réductions de doses, avec, selon les cas, des réponses divergentes. Ainsi dans un essai réalisé sur les traitements de post-émergence en désherbage d’épinard, on observe une (logique) corrélation entre la dose appliquée et l’efficacité du traitement. A l’inverse, dans un essai de réduction d’apport de bentazone en désherbage de pois, on observe que le résultat final est davantage lié à l’année ou à l’état initial de salissement de la parcelle qu’aux quantités de produit apportées.

En épinard, un essai fongicide a mis en évidence qu’outre la dose appliquée, le choix du produit pouvait considérablement influencer le niveau de résidu à la récolte.

Laurence Limbort a également présenté les essais réalisés en culture intégrée ainsi que quelques-uns des systèmes d’avertissement mis en place ou en cours de développement.

Yaka?

Méconnaissant totalement l’agronomie et ses réalités, d’aucuns se demandent tout simplement pourquoi une majorité d’agriculteurs persistent à vouloir utiliser des produits de traitement alors que les producteurs bio s’en passent sans problème. Sans problème, vraiment?

En charge du volet bio au CPL-Vegemar, Julie Legrand allait-elle confirmer ce «y a qu’à»? Le moins que l’on puisse écrire est que, en présentant les possibilités mais aussi les limites des techniques utilisées en agriculture bio, son propos fut à tout le moins nuancé.

En bio, l’adage «il vaut mieux prévenir que guérir» s’applique à tous les niveaux. C’est notamment le cas pour le désherbage où les méthodes préventives (déchaumage, labour, faux semis…) sont d’une importance capitale. Elles sont hélas rarement suffisantes et le désherbage mécanique est souvent incontournable. Bineuses, herses-étrille, houes rotatives…, le tout éventuellement lié à des technologies telles que le guidage optique ou le GPS, peut donner d’excellents résultats. Ceux-ci seront toutefois largement dépendant des conditions climatiques. Pour une efficacité optimale, il importe en effet de pouvoir accéder à la parcelle alors que les adventices sont encore jeunes mais aussi que l’intervention soit suivie de 48 heures sans pluie pour éviter le repiquage des adventices.

Il y a également le désherbage thermique et, en dernier recours, le désherbage manuel qui a pour effet d’exploser le coût du désherbage.

A ce propos, quelques chiffres intéressants ont été avancés par Julie Legrand. Si en pois ou haricot le désherbage sans produits de synthèse a pour effet d’en multiplier le coût par un facteur de 2,5 à 3 par rapport au désherbage chimique, en carotte, où on compte entre 50 et 200h de désherbage manuel par hectare, le différentiel atteint un facteur 10! (de 210 €/ha à 2.180).

Sans phyto, la lutte contre les maladies est d’autant plus compliquée que les moyens curatifs sont peu efficaces. La combinaison de différentes méthodes préventives constitue donc la base de la lutte fongicide: choix variétal, rotation longue, date et densité de semis…

Pour le curatif, certains biopesticides, provenant le plus souvent de micro-organismes, offrent des perspectives intéressantes. On notera également qu’apparaissent sur le marché un nombre croissant de produits autorisés comme engrais mais avec une action biostimulants, SDN, antagoniste… A ce stade, la confirmation objective de leur efficacité fait hélas souvent défaut.

Dans ces conditions, les pertes de rendement, variables d’une année à l’autre, sont inévitables. A fortiori si le recours aux biopesticides n’est pas autorisé, ce qui ne semble toutefois pas être le cas dans le cadre du projet zéro phyto.

Dans les grands principes, on peut pratiquement écrire la même chose à propos de la lutte contre les insectes, à savoir l’importance des mesures préventives (en partie les mêmes que pour la lutte fongicide) et l’existence de biopesticides.

Pour le préventif, on ajoutera l’association de plantes pour leurrer les insectes (mais qui pose problème à la récolte) ou l’entretien des haies et bandes fleuries afin d’attirer les auxiliaires. Du coté des biopesticides, on peut citer les pyrèthres naturels (très peu sélectifs), les huiles végétales ou encore des micro-organismes tels que la bactérie BT permettant de lutter contre les chenilles.

On le voit, il est effectivement possible de cultiver des légumes sans utiliser de produits de synthèse. Toutefois, sans ceux-ci, la maîtrise des adventices mais plus encore la lutte contre les maladies et les insectes exigent beaucoup d’observation, de réactivité et de technicité de la part de l’agriculteur. Elles entraînent de surcroit des coûts pouvant être (beaucoup) plus élevés. Et en ce qui concerne le rendement, les choses sont simples: cela peut aller de pertes nulles, avec un rendement comparable à celui obtenu avec une conduite culturale conventionnelle, jusqu’à rien moins que la perte totale de la culture.

Du bio: au rythme du marché

La branche agronomique de Hesbaye Frost, c’est aujourd’hui le groupement de producteurs Apligeer. Son directeur, Jean-Marie Pirard, est venu présenter la position de l’industrie non sans rappeler que Hesbaye Frost représente 280 emplois équivalents temps plein. La production annuelle, en constante croissance atteint 120.000 tonnes dont –et c’est évidemment un élément important dans le débat- 85% partent à l’exportation.

Ni l’industrie du légume ni les distributeurs qui commercialisent leurs produits n’ont évidemment attendu le projet zéro phyto pour se préoccuper de la qualité du produit fini et en particulier du niveau des éventuels résidus de produits de traitement.

Avec une norme fixée à 0,01ppm, soit en fait la limite de détection, le babyfood constitue de ce point de vue une sacrée école. Mais chez Hesbaye Frost on n’a pas hésité à étendre ce principe à d’autres produits au point qu’aujourd’hui plus de la moitié de la production est labélisée «zéro résidus».

Ici le concept IPM s’est traduit en ‘Mimosa’ pour «Minimum Impact, Maximum Output, Sustainable Agriculture» ou en français, minimiser les résidus et l’impact des cultures sur l’environnement, maximaliser les rendements, la qualité et la compétitivité, le tout en préservant la durabilité de l’environnement.

N’oublions pas non plus que la production bio, en croissance constante, représente aujourd’hui 15% du volume produit par Hesbaye Frost.

Mimosa, 15% en bio, 50% en zéro résidus, sans parler du babyfood: avec une telle attention apportée à la qualité et en particulier aux résidus phytos, on pourrait penser qu’Hesbaye Frost voit d’un bon œil l’arrivée du projet zéro phyto. Et bien pas du tout! C’est même franchement le contraire.

Prenons le cas de la production zéro résidu. Si on en arrive à un tel résultat c’est justement par la maîtrise des conditions culturales et en particulier l’utilisation raisonnée et optimalisée des produits phytosanitaires. Et puis ce qui est vrai en pois par exemple ne l’est pas forcément en haricots, particulièrement vulnérables face au sclerotinia, ou en fèves des marais, dont raffolent les pucerons, pas plus qu’en choux de Bruxelles qu’apprécient tant les chenilles.

Pour M. Pirard, il fait peu de doute que si demain la Wallonie optait pour une politique zéro phyto, cela entrainerait une telle distorsion de concurrence par rapport aux régions et pays voisins qu’il s’ensuivrait un déplacement immédiat des zones de culture. Si une poignée de consommateurs wallons est peut-être disposée à payer davantage un produit vaguement positionné quelque part entre le bio et le conventionnel, obtenir un cent de plus de l’acheteur allemand ou anglais relève de la pure utopie (et pour rappel, 85% de la production d’Hesbaye Frost est destinée à l’exportation)

Quant au bio, il est certes en croissance constante et rien ne porte à croire que cette croissance s’arrête dans l’immédiat mais ici aussi il faut que l’offre corresponde à la demande. Et la demande, actuellement, c’est 85% d’acheteurs qui sont davantage sensibles au prix qu’à un légume produit selon les normes agrobiologiques.

 

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