Mercosur: la FWA multiplie les rencontres

Posté le 28 février 2018 | comment Aucun commentaires.

Face à la menace que font peser les accords du Mercosur sur notre secteur en général, et sur celui de la viande bovine en particulier, la FWA multiplie les contacts tous azimuts auprès du monde politique.

 

Yvan Hayez

Les accords du Mercosur en discussion depuis plusieurs années déjà pourraient toucher plusieurs piliers de l’économie agricole européenne et a fortiori wallonne. Pour rappel, l’offre de l’UE affiche notamment 600.000 t d’éthanol, 100.000 t de sucre destiné au raffinage, 2.000 t d’autres sucres, 90.000 t. de viande de volailles et 90.000 t. de viande bovine.

Face à ce dossier, la Fédération Wallonne de l’Agriculture a multiplié les contacts. Le premier d’entre eux s’est tenu le 19 février au Cabinet du Ministre fédéral de l’Agriculture, Denis Ducarme, où nous étions reçu avec le Président Joseph Ponthier, par deux collaborateurs de la cellule agriculture du Cabinet du Ministre. Peu avant cette rencontre, nous avons eu l’occasion d’un bref échange avec le Ministre qui quittait son Cabinet pour se rendre au Conseil des Ministres européens de l’Agriculture.

Ce dernier a exprimé sa détermination à défendre nos intérêts et à adopter une attitude défensive tant sur la viande que sur le sucre et l’éthanol. Dans cette perspective, il avait pour objectif de trouver des alliés parmi ses homologues européens.

La rencontre avec ses collaborateurs a principalement servi à échanger les points de vue sur ce dossier et à donner des éléments permettant d’étayer la position du Ministre en notre faveur. Cette rencontre a également permis d’aborder d’autres dossiers tels que les enjeux de la PAC 2020, la problématique des OGM, la FCO, le fonctionnement de l’AFSCA ou encore la ferme volonté du Ministre d’exploiter le marché asiatique en matière d’exportation de notre viande bovine.

Le lendemain matin, le mardi 20, les représentants de l’Agrofront (AAB, BB et FWA) se réunissaient au siège du Boerenbond à Louvain pour y traiter de 9 points d’actualité dont la préparation de contacts avec divers hommes politiques sur la question du Mercosur. Il s’agissait avant tout sur ce dossier, de concilier les positions des membres de l’Agrofront, ce qui a pu être fait sans difficulté. La rédaction de cette position commune a donc pu être présentée dès l’après-midi au Ministre Kris Peeters (vice-Premier Ministre, en charge de l’emploi, de l’économie et des exportations) qui a reçu la délégation de l’Agrofront et s’est montré particulièrement attentif au point de vue de notre secteur. Au cours de l’entretien, le ministre s’est engagé à sensibiliser la Commissaire Cécilia Malström qui s’apprêtait à partir vers l’Amérique du sud dans la perspective du suivi de ce dossier, ainsi que le Ministre Reynders, également étroitement impliqué dans ce dossier. Le Ministre Peeters nous a affirmé que le Premier ministre Charles Michel était également  très sensible à ces enjeux et que celui-ci ne manquerait pas d’interpeler la Commission notamment sur les normes phytosanitaires et les normes de production, ainsi que la mise en place de réels contrôles.

Le Ministre Peeters a également évoqué la pertinence de mettre en place des clauses de sauvegarde en cas de déstabilisation des marchés au sein de l’Union européenne.

Au terme de cette rencontre, les membres de l’Agrofront ont décidé de solliciter une rencontre avec le Premier Ministre. Cette demande est en cours. Le lendemain, les partenaires de l’Agrofront ont reçu une réponse du Ministre Reynders, au courrier qui lui avait été adressé en date du 1er février.

Dans sa réponse, le Ministre Reynders rappelle qu’il est important de conclure des accords commerciaux afin d’assurer un commerce plus durable et plus équitable. Il assure que par ces accords, la Commission européenne entend conduire les producteurs d’Amérique du Sud à respecter les mêmes normes sévères que celles qui sont appliquées chez nous pour assurer une concurrence loyale et éviter de fragiliser des secteurs déjà sensibles, comme la production de viande bovine ou de volaille. Il se dit très attentif à ce que la négociation débouche sur des avantages tarifaires qui ne soient pas de nature à mettre à mal nos secteurs agricoles. Il a demandé, signale-t-il, que ses services étudient la mise en œuvre d’un système transversal qui prendrait en compte les effets cumulatifs des divers accords internationaux, afin d’éviter de fixer des quotas à un niveau qui déséquilibrerait le monde agricole.

De même que pour le Premier Ministre, les partenaires de l’Agrofront ont sollicité une rencontre avec Didier Reynders afin de discuter de ce dossier plus avant.

Au cours de cette semaine très active, une rencontre sur un tout autre dossier avec le Ministre wallon de l’Agriculture René Collin a aussi offert l’occasion à nos représentants de rappeler les inquiétudes du secteur face au Mercosur. Des inquiétudes que le Ministre régional comprend et partage,ugg bottes pas cher et dont il nous a encore assuré qu’il ne manquerait pas de les appuyer auprès du Ministre fédéral.

Enfin, à l’initiative de Pierre Vromman, président FWA du BW, nous avons eu l’occasion d’un échange avec le Ministre-Président wallon Willy Borsus accompagné de la Ministre Valérie De Bue, dans l’exploitation familiale des Vermeiren à Mellery.

Lors de ces trois heures d’échanges à bâtons rompus et particulièrement conviviales, les préoccupations de, et exprimées par, nos affiliés sur tous les dossiers d’actualité agricole et sur le Mercosur notamment, ont été largement discutées.

Félicitations aux organisateurs de cette rencontre qui, par leur dynamique de terrain, s’inscrivent parfaitement en synergie avec le travail de sensibilisation que les responsables de notre organisation ont pu réaliser par ailleurs. Défendre tous ensemble, à tous les niveaux, les intérêts communs de notre profession, c’est bien là la raison d’être de notre Fédération!

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