N25: action syndicale chez le Ministre di Antonio

Posté le 9 mai 2018 | comment Aucun commentaires.

C’est optimiste et forte de l’action de sensibilisation qui s’était déroulée très positivement le matin-même, qu’une délégation de la Fédération s’est rendue le jeudi après-midi chez le Ministre di Antonio afin de discuter du dossier relatif à la RN25.
Dès l’arrivée du Ministre, notre optimisme est néanmoins très vite redescendu et c’est très déçu que nous avons quitté la rencontre que nous espérions constructive.

Anne-Sophie Stenuit

Non, Monsieur le Ministre, nous ne sommes pas des menteurs. La réunion de décembre dernier était bien de l’initiative du Gouverneur de la Province sur demande de Monsieur le Procureur du Roi même si vous soutenez ardemment qu’elle était de votre initiative.

Non, Monsieur le Ministre, il n’y a donc pas eu de concertation et nous n’avons certainement pas marqué notre accord sur la fermeture de la RN25 aux tracteurs sans avoir de solution alternative.

Non, Monsieur le Ministre, nous ne contestons ni les chiffres ni la dangerosité de la RN25 dans les conditions actuelles. Nous n’avons juste pas d’autres solutions que de l’emprunter actuellement car aucun autre itinéraire ne nous permet de relier Nivelles à Louvain-La-Neuve.

Non, Monsieur le Ministre, nous ne proposons pas que des «mesurettes» mais des mesures qui, si elles sont cumulées et appliquées permettront sans aucun doute de diminuer le risque d’accidents.

Par ailleurs, finalement vous n’avez pas de solution toute faite non plus à nous proposer ce qui révèle la complexité du dossier de la RN25.
En effet, le dossier est complexe sur plusieurs aspects.
Tout d’abord au niveau historique. A l’époque, la RN25 a coupé des parcelles agricoles et des exploitations en deux si bien qu’il avait été convenu que les tracteurs pourraient l’emprunter pour rejoindre leurs terrains notamment. Corollairement à cela, les communes ont pris au fil des ans toute une série de mesures (limitation du tonnage autorisé, aménagements de chicanes, de plateaux ralentisseurs,…) afin de ne plus permettre la circulation du charroi agricole en centre de village.
La topographie particulière de la RN25 caractérisée par un tracé sinueux et un dénivelé important la rend dangereuse d’autant plus si on y circule à grande vitesse. En outre on peut pointer également que les différentes bandes de lancement pour y accéder sont particulièrement courtes et obligent les usagers à s’intégrer rapidement dans la circulation. Les obstacles naturels à traverser tels que la vallée de la Dyle, la vallée de l’Orne et la ligne de chemin de fer contribuent à la complexité du dossier.
Enfin, de par son statut d’axe structurant du Brabant Wallon permettant de relier l’Ouest à l’Est sans «équivalent» autoroutier, la RN25 est également l’axe majeur de transport des matières premières agricoles ainsi que du compost provenant des stations IBW de Basse-Wavre et de Virginal.

La Fédération propose quelques pistes de solutions dans ce dossier et notamment de réduire la vitesse autorisée de 120km/h à 90km/h à tous le moins sur les portions les plus vallonnées et les plus sinueuses.

Nous proposons également d’intensifier les contrôles de vitesse sur la RN25 où la vitesse moyenne est souvent supérieure à celle autorisée, d’intensifier les contrôles des véhicules agricoles en termes de respect des normes d’éclairage et de visibilité et d’entamer une réflexion en termes de visibilité du matériel agricole.

Nous plaidons également en faveur d’une réflexion globale sur l’éclairage de la RN25 et sur l’amélioration des panneaux existants en y apposant des flashs notamment et en les nettoyant. Une autre possibilité serait d’apposer des panneaux d’affichage à messages variables comme il en existe sur les autoroutes.

A l’heure actuelle, personne n’a de solution toute faite et les pistes devront certainement évoluer avec les propositions raisonnables de chacun ainsi que la bonne volonté de nos mandataires politiques.

La balle sera demain dans le camp des Bourgmestres des communes riveraines de la RN25 qui, nous l’espérons, prendront le problème à bras le corps afin de trouver une solution pérenne et durable à la traversée du Brabant Wallon par les charrois agricoles.

 LIRE ICI- Coup de gueule et mise au point  sur le même sujet

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