Objectiver avant de décider !

Posté le 18 janvier 2018 | comment Aucun commentaires.

Les années se suivent et malheureusement, se ressemblent. De fait, en ce début d’année, nous ne pouvons que constater une stagnation de l’économie agricole de notre région, tous secteurs confondus. Face à ce constat, l’adoption de nouvelles contraintes de production paraît inopportune voire tout à fait inacceptable. La semaine prochaine, une délégation de la Fédération Wallonne de l’Agriculture sera reçue à sa demande par le Ministre Président et les Ministres wallons fonctionnels. 
Yvan Hayez


 A la veille des fêtes de fin d’année, le Ministre de l’Environnement a annoncé sa volonté de renforcer les contraintes de pulvérisation afin « d’assurer la protection des citoyens contre l’exposition aux pulvérisations de produits phytosanitaires ».
Outre sa vocation première qui est d’alimenter nos concitoyens, la profession est parfaitement consciente des attentes de la société en matière d’environnement et de santé publique.
Il y a moins d’un mois, le Ministre a commandé auprès de l’Institut Scientifique de service public (ISSEP) une étude visant à objectiver cette exposition et proposer des mesures de réduction du risque. Les résultats sont attendus pour fin 2018.

Toutefois, sans attendre les résultats, le Ministre entend prendre de nouvelles mesures obligatoires dès juin 2018 :
- Sur tout le territoire wallon, la personne appliquant les produits phytopharmaceutiques devrait utiliser au minimum des buses qui limitent la dérive de 50%
- Sur tout le territoire wallon, il serait interdit de pulvériser lorsque la vitesse du vent est supérieure à 15km/h 
- Il serait interdit de pulvériser en bordure de toute parcelle, sur une largeur de 6 mètres sur les parties qui jouxtent une parcelle d’habitation ou fréquentée par le public. 
- Sur les parcelles situées à moins de 50 mètres d’un lieu d’habitation ou fréquenté par le public, il serait interdit de pulvériser entre 8h et 16h.
 
Pour la FWA, ces propositions ne sont pas acceptables !
- elles mettent la charge d’une préoccupation sociétale uniquement sur le secteur agricole
- elles sont non fondées au niveau scientifique,
- elles sont ingérables au niveau pratique,
- elles sont inefficaces au niveau de la limitation du risque
 
De plus, la FWA rappelle que de telles mesures ne manqueraient pas d’avoir un impact grave sur le revenu de l’agriculteur, et ce sans qu’une compensation ne soit prévue.
La FWA considère également qu’alors que l’on veut promouvoir nos productions locales, ces mesures vont soumettre nos producteurs à des contraintes de production qui, de facto, risquent de les disqualifier sur le plan économique face à la concurrence des produits importés qui ne sont pas soumis à ces mêmes contraintes. De telles mesures ne pourraient qu’encore grever la compétitivité de nos exploitations, déjà mise à mal sur les marchés mondiaux et même européens.
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Sur base de l’évaluation de nos services, en fonction de la densité d’habitat et des zones fréquentées par le public (variable d’une exploitation à l’autre), la seule mesure d’interdiction de pulvérisation sur 6m pourrait impacter jusqu’à 5% de la surface des exploitations. La perte est même parfois plus importante pour des exploitations avec des petites parcelles dans des zones fortement urbanisées. Quel citoyen accepterait de se voir retirer une telle part de ses ressources ? A ce sujet, comme vous pouvez le lire dans l’encadré ci-dessous, la FWA appelle ses membres à évaluer l’impact que ces mesures auraient sur leurs exploitations respectives. Tous les éléments que vous pourrez nous communiquer nous permettront de renforcer nos revendications.
 
Lors de sa rencontre avec le Gouvernement wallon, la FWA réaffirmera ses revendications pour la viabilité de notre secteur. Pour la FWA, il ne peut être question d’adopter cet arrêté du Gouvernement wallon sans attendre les résultats de l’étude commandée auprès de l’ISSEP. 
Compte tenu des impacts multiples de ce dossier, la FWA exigera aussi que l’étude du dossier  soit pluridisciplinaire, et qu’elle intègre, outre les aspects environnementaux et sanitaires, les aspects économiques et sociaux.
 
Notre organisation sera très ferme sur ce dossier et ne pourra se laisser mener dans un agenda qui n’est pas le sien. Lors nos échanges avec le Ministre Président, nous l’avons d’ores et déjà informé que, en l’absence d’une issue recevable, la FWA se réserve tous les modes d’actions qu’elle jugera opportuns.      
 

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