Projet «Zéro phyto»: son impact en horticulture

Posté le 7 mars 2017 | comment Aucun commentaires.

 Le 17 janvier dernier, s’est tenue à Visé, la réunion «Zéro phyto» consacrée à l’impact que ce projet pourrait avoir sur les productions horticoles. En présence d’une petite quarantaine de participants, dont -seulement- 2 parlementaires, les horticulteurs avaient choisi d’aborder la problématique en prenant l’exemple concret de la production de pommes et poires.

Claude Vanhemelen – FWH

Retour sur les objectifs du projet des ministres wallons

Après la projection du film introductif réalisé par la FWA, José Renard, représentant du Ministre René Collin, rappelle à l’assemblée que le projet dit «Zéro phyto» est porté par 3 ministres wallons, respectivement ceux de la santé, de l’agriculture et de l’environnement et pas uniquement par le ministre de l’agriculture. Il est conscient qu’un chemin a déjà été parcouru par les agriculteurs (réduction des PPP grâce aux techniques culturales, agriculture de précision, contrôle des pulvérisateurs, systèmes d’avertissement, local phyto, lutte intégrée, phytolicence, démarches volontaires de type Vegaplan, programmes agro-environnementaux,…). Le but n’est pas de méconnaitre ces efforts. L’éco-efficience du secteur agricole en Wallonie s’améliore et l’utilisation des PPP est à la baisse. Il reconnaît en particulier que le secteur fruitier a déjà particulièrement travaillé à la diminution des PPP, et ce depuis 25 ans, et il rappelle à ce propos l’action volontariste de Jacques Denis, président fondateur du GAWI.

Le projet de tendre vers le «zéro phyto» est dans une démarche qui existe depuis longtemps; en voici les principales étapes:

- juin 2014: interdiction d’usage sur les zones liées au réseau de pluie
- octobre 2016: tous les utilisateurs utilisent la lutte intégrée
- 2017: interdiction du glyphosate dans jardins et lieux publics
- juin 2018: renforcement des mesures pour public vulnérable (ex: zones tampons autour des écoles)
- juin 2019: interdiction des PPP dans les espaces publics et dans les forêts
- par conséquent, en 2019, plus de 50% du territoire wallon sera sans phyto.

Les PPP se retrouvent dans l’environnement: on constate leur présence et celle de leurs métabolites dans les eaux souterraines. Il est difficile de savoir s’il s’agit de témoins des pratiques actuelles ou passées mais certaines molécules mettent beaucoup de temps à se dégrader, comme l’atrazine par exemple. Il est évident que la qualité de l’eau est un enjeu capital de santé publique.

José Renard reconnaît que même si des études affirment que le consommateur est prêt à payer davantage pour des produits alimentaires de qualité garantie, cette intention ne se concrétise pas toujours dans ses actes d’achat. Le projet devra s’inscrire dans la thématique «consommez wallon», avec des objectifs de valorisation des produits et du savoir-faire afin que le consommateur puisse adhérer à la démarche. Un des leviers est d’utiliser la clause de durabilité dans les marchés publics (dans les écoles, communes, …) pour sensibiliser le consommateur.

Le chemin vers le «zéro phyto» sera construit en concertation avec tous les acteurs, dans une approche différenciée selon les cultures; il est évidemment plus facile d’atteindre l’objectif en prairie qu’en betteraves ou horticulture. Et certaines années de conditions climatiques difficiles, comme en 2016, le non recours aux PPP est quasi impossible, sous peine de n’avoir aucune production!

Selon les ministres, le projet «zéro phyto» aura de nombreux avantages: qualité des aliments, amélioration du revenu des agriculteurs (par une moindre dépendance aux intrants) et diminution des risques pour la santé. Ce projet favorisera la capacité de la Wallonie à innover et posera notre région comme pionnière d’un cadre de vie plus favorable.

La volonté des pouvoirs publics est de mobiliser tous les leviers pour accompagner les agriculteurs. La recherche est le 1er levier et peut s’appuyer, grâce au programme triennal de la recherche (70 millions d’euros pour 3 ans) sur des aspects tels que les molécules alternatives, la lutte intégrée et des itinéraires de culture alternatifs. Dans un avenir proche, le PwRP (Programme wallon de Réduction des pesticides) sera revu ainsi que le PwDR (Programme wallon de Développement Rural). La réforme de l’encadrement du secteur agricole et des centres pilotes est prévue pour 2017 ainsi que le soutien à l’agriculture biologique et aux produits de qualité différenciée.

Les caractéristiques générales du secteur horticole wallon

Claude Vanhemelen introduit brièvement la thématique du jour en rappelant que l’horticulture en Wallonie représente quelque 10% du secteur horticole belge et 10% du secteur agricole wallon. En Flandre, par contre, l’horticulture est le plus gros sous-secteur de l’agriculture et ses produits s’exportent énormément, notamment vers la Wallonie.

Chacune des différentes productions horticoles comestibles et ornementales a ses exigences propres mais elles ont des caractéristiques communes qui les différencient de l’agriculture:

- besoins en main-d’œuvre plus importants
- chiffre d’affaires à l’ha plus élevés mais investissements également importants
- gamme de produits très étendue
- circuits de commercialisation très diversifiés
- proximité avec le consommateur: le produit horticole est peu ou pas transformé et doit avoir une belle apparence pour être commercialisé à un prix correct pour le producteur.

Les caractéristiques du secteur fruitier 

Olivier Warnier, technicien d’encadrement au Centre d’Essais Fruitiers (partenaire du Centre pilote CEPIFRUIT) situe la production fruitière dans le monde, en Europe et en Belgique. L’Europe représente 23 % de la production mondiale de pommes, qui s’élève à plus de 65 millions de tonnes. La Belgique produit 3% de la production européenne. La Pologne produit aujourd’hui 23% et dans 10 ans, sera à 30%. En poires, c’est l’Italie qui est le plus gros producteur (36%) mais le Benelux est un acteur important (24%), à part égale entre la Belgique et les Pays-Bas.

Au niveau belge, la province de Limbourg concentre plus de la moitié de la production fruitière. La Wallonie représente 8 à 9% de la production belge et les vergers wallons sont majoritairement situés en province de Liège.

L’assortiment variétal est relativement réduit, surtout en poires: la Conférence représente 90% de la production belge. En pommes, on retrouve Jonagold et ses mutants pour 65% du total, ainsi que quelques variétés «Club», qui sont des variétés privées dont le ‘Club’ propriétaire définit les règles de commercialisation et de marketing.

La superficie totale du verger belge évolue peu depuis 2008 mais un glissement s’opère entre les pommes et les poires : les poires sont passées de 6500 à 9500 ha tandis que les pommes ont diminué de 10.000 à 6500 ha. La superficie en cerises atteint aujourd’hui les 1200 ha. La prune reste une culture anecdotique.

La production professionnelle s’effectue dans des vergers basses-tiges, d’une superficie moyenne de 15 à 25 ha. Le rendement moyen est de 40 à 50 T/ha et il faut compter 500 à 750 heures de travail/ha.
La commercialisation des fruits s’effectue à 60% par les criées (veiling), toutes situées en Flandre, à 30 % par les grossistes et à 10 % en vente directe (dont 3-4% maximum à la ferme). Les poires sont exportées à 60-70% et les pommes à 30-40%.

Olivier Warnier termine en exposant les spécificités de l’arboriculture qui déterminent les pratiques phytosanitaires de cette culture.
- On plante un verger pour 20-50 ans: les investissements sont importants et il n’y a pas de rotations.
- Les variétés actuellement cultivées sont souvent très sensibles aux maladies car elles ont été sélectionnées principalement pour l’apparence impeccable des fruits, telle que demandée par le commerce.
- Il y a un très grand nombre de maladies et ravageurs (insectes, acariens) à combattre.
- Le climat belge, humide et pluvieux, favorise le développement de certaines maladies, comme la tavelure.
- Les critères de qualité exigés par la distribution et les réglementations EU sont très sévères.
- L’aspect visuel des fruits est aujourd’hui le 1er critère d’achat du consommateur, le 2d étant le prix.

La protection phytosanitaire en arboriculture fruitière

Philippe Thiry, technicien d’encadrement du GAWI (également partenaire du centre pilote CEPIFRUIT) développe l’aspect phytosanitaire de la production de fruits à pépins. Celle-ci fait partie des cultures les plus traitées avec des PPP mais les producteurs en ont pris conscience très tôt: dès 1988, avec la création du GAWI, des efforts importants ont été menés pour le développement de la lutte intégrée. En 1996, un Arrêté Royal reconnaissait officiellement la production intégrée de fruits à pépins. En 2003, suite à la régionalisation de l’agriculture, le Cahier des charges régional de production fruitière intégrée (PFI) est reconnu par Arrêté Ministériel. Cela fait plus de 20 ans que la majorité des producteurs en PFI sont contrôlés par des organismes certificateurs.

La production intégrée, qui est donc plus exigeante que l’IPM devenu obligatoire en Europe depuis 2014, se définit comme une production économique de fruits de qualité qui vise à améliorer la production de l’environnement et la santé humaine.

Les producteurs suivent un schéma décisionnel de traitement. Il y a pas de calendrier de pulvérisations préétabli; tout se fait sur base des avertissements envoyés par le Centre pilote et les seuils observés par les producteurs dans leur verger. La priorité est donnée aux méthodes naturelles et produits biologiques et si ceux-ci ne sont pas efficaces et/ou économiquement supportables, on recourt à un produit de synthèse, en privilégiant ceux qui sont les moins toxiques pour l’environnement et les plus appropriés à la situation (le choix peut être fait avec l’appui du centre pilote). On fait un choix sélectif dans les PPP chimiques en fonction de leur toxicité. La liste des pesticides utilisables en PFI est plus restrictive que la liste des produits agréés Phytoweb.

A côté de la production intégrée, il y a la production biologique qui existe depuis 30 ans et s’est fortement développée ces 5 dernières années. Comme en PFI, l’agriculture biologique fait appel aux techniques culturales qui améliorent le sol et l’environnement du verger de manière à placer les plantes dans les conditions les plus favorables pour éviter les ravageurs et maladies. Pour la lutte, le producteur fait appel à des techniques alternatives mais en cas de menace avérée pour la culture, il utilise alors des PPP d’origine naturelle ou à base d’extraits de micro-organismes, agréés en agriculture biologique (liste BE sur fytoweb). Par contre, les PPP de synthèse sont interdits en AB. Il faut bien se rendre compte que la production fruitière est une des productions les plus difficiles à mener en AB, surtout sous le climat belge.

Philippe Thiry développe ensuite quelques exemples d’efforts déjà entrepris pour réduire les traitements phytos dans la lutte contre des maladies ou ravageurs importants en culture fruitière.

La tavelure du pommier et du poirier est la maladie n°1, qui justifie à elle seule 75% des PPP utilisés. Lors de chaque pluie entre le débourrement et la fin juin, il y a risque d’infection par les spores du champignon qui se trouvent au niveau du sol. Si on ne fait rien, il y aura des tâches sur les feuilles et les fruits. Or, dès qu’il y a une tâche, le fruit est déclassé. Les variétés modernes sont toutes sensibles ou très sensibles à la tavelure, ce qui oblige donc à traiter. Les centres pilotes gèrent cela avec un réseau de station météo et de la modélisation, et publient des avertissements. Les avertissements permettent de mieux positionner les traitements et donc d’assurer leur efficacité tout en diminuant leur nombre. En bio, on peut remplacer par des PPP bio mais ces produits ont tous des effets secondaires (brûlures, rugosité) sur les fruits ou les feuilles, qui doivent donc être maitrisés car il y a un fort risque de ne pas correspondre aux standards de vente. Il y a aussi des risques d’apparition de maladies secondaires, qui peuvent se révéler très dangereuses s’il y a production de mycotoxines; dans ce cas, les fruits ne sont même plus valorisables en jus! On peut aller plus loin dans la réduction des PPP en changeant l’assortiment variétal. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire! Cela fait 30 ans que des recherches existent partout dans le monde là-dessus, notamment au CRA-W, en partenariat avec le secteur. La Coxybelle est apparue en 2014 et une autre est en cours d’obtention mais ces variétés ne sont pas encore à même de détrôner les variétés les plus vendues.

Il y a aussi des maladies de conservation: une 10aine de maladies sont connues. Plusieurs PPP peuvent couvrir l’ensemble des maladies, ce qui permet de limiter le nombre d’interventions (choix du produit en fonction des maladies présentes ce qui permet de limiter le traitement à un produit) et la rotation dans les traitements. En bio, peu de produits sont disponibles et leur efficacité est relative; la conservation des fruits est donc très difficile.

Depuis 1990, on lutte contre l’araignée rouge par l’introduction d’acariens prédateurs dans les vergers. Après 2 ans d’introduction, les traitements PPP ne sont plus nécessaires. En Bio, les traitements au soufre contre la tavelure, s’ils sont trop nombreux, peuvent faire diminuer la population d’acariens prédateurs et permettre aux populations d’araignées rouges de se redévelopper.

Pour lutter contre le carpocapse (ver des fruits), il faut agir rapidement car quand la larve est dans le fruit, il est trop tard. Différents moyens de lutte existent aujourd’hui; soit chimiques, soit biologiques. La lutte contre le carpocapse a connu une grande évolution. Après l’utilisation en alternance de PPP, afin de lutter contre la résistance, on a eu recours, il y a 25 ans au piège à phéromones, qui a déjà permis de réduire le nombre de traitements. Le virus de la granulose (produit phyto bio) a diminué le risque de résidus sur les fruits, sans effets secondaires indésirables sur la faune auxiliaire. A partir de 2008, l’utilisation de la confusion sexuelle (nuage de phéromones qui perturbe la rencontre entre papillons mâles et femelles) a quasi supprimé le recours aux traitements phyto. Cette technique revient à 250 euros/ha, contre 50 €/ha pour des PPP. Elle est remboursée à 100% en Flandre alors que les producteurs wallons ne bénéficient d’aucune aide!!

L’hoplocampe du pommier est un ravageur très important en bio, qui peut entrainer plus de 50% de dégâts sur les fruits. En production intégrée, le seul produit agréé contre ce ravageur est un néonicotinoïde, le Calypso. En bio, deux produits pourraient convenir (dont le Spinosad, très toxique pour les pollinisateurs et la faune auxiliaire) mais ils ne sont pas agréés en Belgique pour cet usage et ils sont extrêmement coûteux (400-450 €/ha).

La Drosophila suzukii est une nouvelle mouche des fruits, très dangereuse pour les cerises, fraises et petits fruits. Aujourd’hui, il n’y a que des solutions chimiques ou le Spinosad, limité à 2 traitements alors que les cycles se succèdent tous les 4 à 7 jours! Si plus de 2 à 3% des cerises sont touchées, les lots sont refusés dans le commerce. Actuellement, malgré les nombreux essais et recherches, aucune solution ‘durable’ n’a encore été trouvée.

Témoignage d’un producteur: Serge Fallon

Serge Fallon est arboriculteur fruitier dans la région d’Eghezée. Son verger est constitué, comme une majorité de producteurs, de 60% de poires et 40% de pommes. Il est un des fondateurs du GAWI et en assure actuellement la présidence, ainsi que celle de la FWH. Depuis quelques années, il vend lui-même directement une partie de sa production dans certains magasins de la grande distribution.

La vidéo de la FWA, montrée en début de réunion, retrace bien, d’après lui, ce que le secteur arboricole ressent. Il rappelle que la Wallonie a toujours eu une longueur d’avance sur la Flandre en matière de lutte intégrée et de réduction des PPP. Et depuis 3 ans, avec quelques autres collègues, il cherche à aller encore plus loin en suivant la charte «Fruits d’ici». Son objectif est de pouvoir fournir des fruits exempts de résidus sur le marché en pratiquant la lutte intégrée jusqu’à la floraison puis en utilisant uniquement des produits bio jusqu’à la récolte. Mais techniquement, cela reste difficile et c’est non rentable pour les producteurs qui vendent en criées. Les grandes chaînes de magasin ne sont pas encore très bien organisées pour accepter les produits locaux, livrés en plus petites quantités. Elles ne prennent pas suffisamment en compte les efforts des producteurs et tirent les prix vers le bas, à cause de la concurrence effrénée qu’elles se livrent entre elles.

Serge Fallon exprime son inquiétude suite à l’arrachage de 35% des pommiers ces dernières années. Quel est l’avenir de la production en Belgique? En arrivera-t-on à ne plus produire chez nous et à consommer uniquement des pommes venant de l’étranger alors que l’usage des PPP y est nettement plus important? Le rôle défavorable des médias est également à épingler: ils présentent toujours les producteurs comme des pollueurs, sans jamais mettre en évidence tous les efforts consentis et les progrès réalisés depuis 30 ans. 

En conclusion de la présentation

Il apparaît clairement que produire des fruits sans aucun PPP, qu’ils soient chimiques ou bio, est impossible, dans le cadre des standards de qualité demandés par le commerce et les consommateurs.

Si le «Zéro phyto» signifie aucun PPP de synthèse, c’est, en arboriculture fruitière comme dans le reste de l’horticulture, un objectif utopique à court et moyen terme, voire même à long terme.

Ce qui est par contre un objectif plus crédible, c’est de poursuivre les efforts pour continuer à développer les modes de production qualitative, c’est-à-dire la production intégrée et la production biologique, qui existent déjà.

Pour ce faire, il est nécessaire de financer correctement et durablement les projets de recherche axés vers la réduction des PPP ainsi que les encadrements techniques de terrain fournis par les centres pilotes spécifiques à chaque sous-secteur horticole.

Débats avec l’assemblée

A l’issue des présentations des différents orateurs, une séance d’échanges avec l’assemblée est animée par Bernard Decock, conseiller au Service d’études de la FWA.

La charte «Fruits d’ici» ou l’agriculture biologique sont peut-être des solutions d’avenir mais le marché est loin d’être prêt à accepter ces produits et les producteurs ne sont pas tous en condition de pouvoir se tourner aujourd’hui vers ces modes de production. Il est bien difficile de faire comprendre aux consommateurs qu’il faut accepter des défauts sur les fruits et les légumes si on veut atteindre une diminution des PPP; or c’est essentiel pour les produits non transformés, qui s’achètent avec les yeux.

François Desquesnes, parlementaire cdH, réaffirme, comme José Renard, que le « Zéro phyto» donne un cap. Beaucoup de démarches sont à soutenir. Il faut communiquer vers les consommateurs. L’enjeu actuel est important car on ne sait pas dans quelle mesure les mélanges de PPP sont dangereux alors même que chaque PPP séparément ne serait pas toxique. Il prône le développement d’outils comme des coopératives, avec l’aide des pouvoirs publics wallons. Il faut arriver à valoriser ce qui est fait en Wallonie.

Les criées flamandes, qui sont elles-mêmes des organisations de producteurs, ont encore leur rôle à jouer, compte tenu notamment de leur aide au niveau logistique. En Belgique, 5 chaînes de distribution écoulent 90% des volumes. Il y a une évolution dans la demande de ces magasins pour aller vers des produits locaux, des produits de qualité différenciée mais, dès qu’il y a une promotion, il y a une pression pour diminuer le prix, indépendamment des coûts de production pour des produits de haute qualité.

Les horticulteurs sont à l’écoute de ce que veulent les citoyens. Il faudrait également que les pouvoirs publics et les politiques soutiennent les producteurs en communiquant sur ce que ceux-ci font comme efforts et en valorisant la qualité des produits wallons. Des études comme celles de Greenpeace sur les résidus trouvés sur les fruits et légumes sont reprises par la presse avec des raccourcis et des erreurs, et il est très difficile ensuite pour le secteur de rattraper le message négatif qui est passé. Le soutien aux activités de l’Interprofession ‘Fruits et Légumes de Wallonie’ est également évoqué puisque cette asbl vise justement à faire davantage consommer par les Wallons des fruits et légumes produits en Wallonie.

Pour les producteurs, il s’avère en tout cas important de ne pas faire de la Wallonie un désert économique au milieu de l’Europe en y mettant en place des règlements plus contraignants que dans les régions voisines. Selon François Desquesnes, il ne s’agit pas de réglementer mais de trouver, par le dialogue, les mesures qui permettront le plus d’avancer et qui auront un intérêt économique pour le producteur.

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