Soutenez Benoît…et tous les autres !

Posté le 5 décembre 2017 | comment Aucun commentaires.

Cette semaine, nous avons été contactés par un jeune agriculteur de la commune de Braine-le-Comte qui a pour projet de s’installer dans le cadre d’une ferme familiale et d’y développer l’élevage de porcs. Malgré son caractère durable, familial, respectueux du cadre villageois et de l’environnement, ce projet fait l’objet d’une violente opposition de la part d’un collectif de militants qui n’entend pas laisser l’agriculteur le mener à bien.
Parce qu’il s’agit d’un beau projet et parce qu’il est exemplatif de l’ambiance qui règne, dans le milieu rural, face à tout nouveau développement d’une activité agricole, la FWA a décidé de réagir et d’interpeler les médias via un communiqué qui a mené à de nombreux contacts positifs avec l’agriculteur.

Anne Pétré

La famille Pattyn exploite une ferme familiale située au cœur de Braine-le-Comte. Le projet du fils, Benoît, est la suite logique d’un élevage existant qui engraisse déjà la moitié des porcelets naissant sur place et qui cherche à engraisser l’autre moitié qui est actuellement vendue à l’extérieur. Benoît (29 ans) projette, à terme, de créer une boucherie à la ferme avec sa compagne, ce qui permettra de vendre une partie de la production de l’exploitation en circuit court. Son projet est réfléchi, concerté avec les administrations de la RW. Tout est mis en oeuvre pour assurer l’intégration de la ferme dans l’environnement de sa commune, dans l’économie régionale, dans le plus grand respect de ses concitoyens et des normes en vigueur.

La porcherie devrait être construire à l’extérieur du village de Ronquières où la famille dispose d’un terrain idéalement situé, à bonne distance du centre du village et de ses habitations. Pour s’assurer de la parfaite intégration de son projet dans le contexte villageois, Benoît Pattyn a fait réaliser une étude préalable qui confirme que sa porcherie ne causera aucune nuisance olfactive (pour rappel, il ne s’agit en rien d’une obligation). Une très grande partie des effluents de l’élevage pourra être utilisée comme engrais naturels directement sur les terres de l’exploitation, qui servent notamment à produire des aliments pour les animaux de l’élevage des Pattyn. Le solde sera exporté via contrat d’épandage.
Bref, un beau projet, à caractère familial, avec une volonté de fonctionner en circuit court et en économie circulaire. A priori, difficile de faire mieux…
Le jeune éleveur a pourtant vu se lever, à peine l’enquête publique lancée, une vague d’opposition très virulente de la part d’un collectif composé d’habitants du village et de communes voisines, de militants de la cause animale, qui souhaitent l’empêcher de mener son projet à bien. Leurs arguments sont essentiellement axés sur des questions d’environnement et de bien-être animal.
Des critiques qui nous semblent purement idéologiques. La ferme respecte scrupuleusement la législation européenne et belge en matière de bien-être animal, qui est pour rappel la plus stricte de la planète.
Si nous pouvons comprendre que le sujet intéresse voire préoccupe les riverains, il est difficilement acceptable que le projet soit rejeté d’emblée avant même que l’agriculteur ait pu l’expliquer.
Le projet dont il s’agit ici remplit tous les critères de la durabilité : il est familial, réfléchi, respectueux de l’environnement, du bien-être animal. Il est aussi créateur d’emploi.
Benoît Pattyn, qui souhaite pouvoir apporter à ses concitoyens toutes les réponses aux questions qu’ils se posent, a créé un site internet où son projet est expliqué soigneusement (www.je-soutiens-benoit.be). Nous vous invitons à y faire une visite et à signer la motion de soutien qui y est disponible.
A travers cet exemple, c’est un problème plus général que nous avons voulu relever. Un phénomène Nimby très répandu en Wallonie, qui pousse la population à s’opposer à tout projet de développement d’une activité économique qui ne correspond pas à l’idée qu’elle se fait de la vie à la campagne.
La FWA souhaite rappeler que les zones rurales sont aussi des lieux où l’on doit développer et maintenir un tissu économique créateur d’emplois, et que l’agriculture durable et familiale typique de notre région est l’une des activités qui peuvent y participer.
Le secteur porcin est très peu développé et déficitaire en Wallonie. Parmi les exploitations porcines wallonnes, une petite centaine d’éleveurs seulement assurent toutes les étapes de l’élevage ; de la naissance des porcelets jusqu’à l’engraissement. Le projet de la famille Pattyn s’inscrit dans ce contexte. Il s’agît de ce qu’on appelle une ferme porcine en circuit fermé car on maitrise toutes les étapes de la production, et on recycle les effluents qu’elle engendre. Ce genre de ferme doit être soutenu en Wallonie, faute de quoi, nous n’aurons que des bâtiments qui engraissent des porcelets venus d’autres régions ou pays européens. Combien d’agriculteurs, face à la levée de bouclier de riverains qui s’opposent à tout développement agricole, n’ont-ils pas baissé les bras et renoncé à leur projet ? Trop ! Et nous ne pouvons l’accepter !
L’exemple de la ferme Pattyn permet de poser une question essentielle : quel modèle économique agricole, quel modèle d’agriculture, veut-on développer et soutenir en Wallonie ?
La FWA est fermement convaincue que c’est en soutenant des projets comme celui de la famille Pattyn que l’on pourra aider notre agriculture familiale à garder sa place et à exercer les multiples missions qu’elle assure en termes d’environnement, de bien-être animal, de santé publique… Des missions dont nous craignons qu’une agriculture plus industrielle et qui perdrait son caractère rural et familial, ne soit plus aussi soucieuse.
La FWA souhaite aussi qu’on ne fasse pas porter sur une famille, le poids d’un débat qui devrait être mené de façon plus large à l’échelle de toute notre région.

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