Régulation de la faune sauvage: table-ronde à la FWA

Le vendredi 9 juin, la Fédération Wallonne de l’Agriculture organisait en ses murs, une table-ronde visant à faire le bilan de la situation en matière de dégâts de gibier, dont on sait qu’ils sont de plus en plus fréquents et graves pour de nombreux agriculteurs. Nous avions invité, outre les deux Ministres de l’Agriculture (fédéral et régional), l’ensemble des parlementaires wallons des commissions de l’Agriculture et de l’Environnement. Résumé d’un échange très intéressant…

Anne Pétré-Didier Vieuxtemps

En présence de plusieurs parlementaires wallons ou de leurs représentants, ainsi que du Ministre Borsus et d’un représentant du Ministre Collin, le Président Joseph Ponthier a brièvement introduit la réunion en en rappelant les objectifs: faire un bilan de la situation des dégâts causés par la faune sauvage tant du point de vue des agriculteurs, des riverains, des forestiers et des environnementalistes.

C’est Didier Vieuxtemps, conseiller au Service d’études en charge de cette matière, qui a ensuite exprimé le constat fait par la FWA sur ce dossier.

Il a notamment rappelé que le terme «régulation» est un terme prôné par la Fédération Wallonne de l’Agriculture depuis quelques années déjà. Si la population des espèces était  correctement régulée, on parlerait beaucoup moins de la problématique des dégâts, d’indemnisation et de clôtures et les relations entre agriculteurs-chasseurs seraient certainement meilleures. Il est évident que les dégâts de la faune sauvage sont trop nombreux et provoquent des situations de plus en plus intolérables. Les agriculteurs sont les premiers à se plaindre depuis longtemps pour des récoltes détruites mais ces dégâts s’étendent également chez les particuliers et en forêt. On ne compte plus les parterres retournés, les pelouses labourées, les accidents de voiture, les dégâts aux arbres forestiers, aux terrains à destination récréative comme les terrains de golf, terrains de football, etc.

Nonobstant ces inconvénients majeurs, d’aucuns chasseurs osent même rendre les agriculteurs responsables d’une partie des dégâts ou de leur reprocher d’établir des cultures jugées être zones de refuge du sanglier alors que c’est principalement en raison de cette surpopulation que le gibier est contraint à trouver refuge en dehors du bois parce que sa capacité d’accueil a largement atteint ses limites. Il est donc plus qu’urgent de prendre ce dossier à bras-le-corps et de mettre en œuvre une politique cohérente qui permette de juguler cette surpopulation de grand gibier.

 

Gérard Jadoul, spécialiste de la grande faune en Wallonie, a ensuite pris la parole, en précisant qu’il était là en qualité de naturaliste et qu’il voulait s’exprimer librement…quitte à heurter certains membres de l’assistance. La grande faune fait partie intégrante de la biodiversité, mais elle peut également lui nuire, si on dépasse un certain niveau de concentration de grand gibier, a-t-il d’emblée annoncé. Les graphiques de l’évolution de la grande faune montrent une hausse ininterrompue depuis 3 à 4 décennies, une tendance que l’on rencontre aussi dans d’autres pays d’Europe, comme en France ou en Italie. Les causes de cette hausse sont plurielles. On peut évidemment incriminer le changement climatique: des hivers moins rudes ne jouent plus le rôle de régulateur naturel qui élimine les plus faibles des animaux. Néanmoins, il faut aussi relever la responsabilité des chasseurs, qui par ailleurs contestent les chiffres de hausse présentés par le DNF. Des pratiques comme un nourrissage intensif, une pression insuffisante de la chasse sur les populations de gibier, ne font rien pour arranger la situation, bien au contraire. Gérard Jadoul souligne que les prix d’une journée de chasse pour les grandes chasses organisées par des sociétés  étant en hausse, il est évidemment important pour les participants d’avoir pléthore d’animaux à tirer… Dans ces conditions, la gestion de la population de gibier ne répond évidemment pas aux mêmes objectifs pour les uns ou les autres… La surpopulation de grand gibier cause des dégâts aux cultures et pâtures, mais aussi aux jardins des particuliers, la pression poussant certains animaux à sortir de leur lieu de vie pour s’approcher des agglomérations. De plus, la présence massive des cervidés et des sangliers a aussi des conséquences sur la capacité de renouvellement des forêts: les fruits sont mangés avant d’avoir pu donner naissance à un nouvel arbre, les écorces et branchages rongés, les jeunes troncs cassés… Cela nuit aussi, on le comprend aisément, à la préservation d’autres espèces animales dont le biotope est dès lors perturbé.

L’aspect sanitaire de la problématique est aussi très préoccupant: comme la FWA l’avait mentionné dans l’introduction, ces grands animaux sont porteurs de diverses pathologies qui, si elles s’étendaient, pourraient causer une crise sanitaire majeure, un risque que Gérard Jadoul estime bien réel !

M. Jadoul a également évoqué les plans de régulation de plusieurs pays voisins, dont celui du  Grand Duché de Luxembourg, qui a pour double objectif de respecter la biodiversité et de prévenir les épizooties.

Diverses mesures préconisées par le Ministre régional précédent ont été abandonnées par le Ministre actuel, ce qui est regrettable, estime G. Jadoul, qui considère que pour que ce dossier avance, il est indispensable qu’une réaction politique s’organise urgemment dans notre région.

Après ce passionnant exposé, divers témoignages d’agriculteurs ou de riverains ont permis d’illustrer les conséquences sérieuses de la surpopulation de grand gibier sur le territoire. Au travers de ces témoignages, on a pu également mesurer toute la difficulté qui existe à faire reconnaître leur part de responsabilité par certains chasseurs, et la quasi impossibilité à obtenir réparation des dommages occasionnés dans de très nombreux cas. Une tension bien réelle existe entre les usagers des zones fréquentées par ces animaux, et les chasseurs, dont les objectifs ne rejoignent plus celle de la majorité de nos concitoyens. Outre les dégâts observables, comme les arrachages de clôtures, le piétinement ou la destruction du sol par des animaux, plusieurs agriculteurs témoignent aussi de problèmes sanitaires dans leur bétail qu’on peut attribuer à une mauvaise surveillance épidémiologique du gibier, qui transmet ainsi ses pathologies aux bovins ou ovins.

A l’issue des exposés et témoignages, divers échanges ont eu lieu avec les élus présents ou leurs représentants. Le Ministre Borsus a réaffirmé son souhait que ce problème soit géré de façon rapide, et a souligné qu’un groupe de travail «Wild Life» a été mis sur pied pour analyser tant le problème que ses solutions potentielles.

Anne Bedoret, qui est à la fois agricultrice et expert agricole, explique que pour sa part, elle refuse désormais de réaliser des expertises de dégâts de gibier, tant la tension est palpable avec le monde de la chasse, et la mauvaise foi règne en maître de la part des chasseurs qui refusent de reconnaître leur responsabilité et en conséquence, d’indemniser la partie lésée comme elle devrait l’être.

Laetitia Brogniez, députée et agricultrice, explique qu’elle se sent donc doublement préoccupée par ce dossier, dont son exploitation, située dans la région de Philippeville, est également victime.

Elle a régulièrement posé des questions parlementaires sur la pléthore de sangliers en Wallonie mais n’a pas reçu de réponse ambitieuse pour faire baisser les populations. De plus, comme l’a souligné Pierre Mouton, représentant du Ministre René Collin, il est possible pour l’occupant de solliciter une demande de destruction en plaine (le formulaire ad hoc est disponible sur le site FWA, dans la partie formulaires).

 

Quelles mesures pour atteindre un équilibre?

Des plans de tirs pour le cerf existent depuis fin des années 80’ mais la prolifération des dégâts alliée avec l’estimation quantitative de la population par cette espèce démontre aujourd’hui l’inefficacité de ce plan.

En l’absence de plan de tir pour le sanglier, la Fédération Wallonne de l’Agriculture demande:

- d’allonger les périodes de chasse;
- d’obliger les chasseurs à poser des clôtures de protection aux endroits sensibles (points noirs) et assurer l’entretien régulier de ces clôtures;
-  d’éviter pour les bailleurs publics de limiter les dates d’organisation de battues dans leur cahier des charges;
- l’interdiction des restrictions de tir et sanctions éventuelles;
- d’autoriser des battues aux endroits non chassés (réserves naturelles, etc.)
- de permettre la destruction du sanglier lors des travaux de récolte;
- d’imposer des plans de tirs minima par conseil cynégétique, sur base des résultats de tirs des 5 dernières années;
- de prévoir des ateliers pour écouler les carcasses hors de période de chasse traditionnelles
- et SURTOUT, parallèlement à ce plan, la Fédération Wallonne de l’Agriculture demande une modification de la législation sur le nourrissage. Si celui-ci ne constitue qu’un des leviers de la réduction des densités, il n’en demeure pas moins un des facteurs importants. Nous demandons à ce que le nourrissage ne soit plus pratiqué que de manière dispersée durant la réelle période de sensibilité des cultures et uniquement là où des dégâts attestés sont rendus intolérables. La Fédération Wallonne de l’Agriculture demande que le nourrissage soit interdit en période de chasse et en période hivernale. Cela favorisera une dispersion des sangliers sur tous les territoires de chasse et aura un effet très significatif sur la réduction des densités.

 

Une bombe sanitaire prête à exploser!

Enfin, vu le contexte sanitaire actuel de la Brucellose porcine et du risque concernant la maladie d’Aujeszky, , le risque potentiel d’autres maladies comme la tuberculose, présente dans la faune du nord de la France ; il nous paraît capital de conscientiser au maximum les chasseurs et toutes les associations de chasse concernées afin que la chasse se fasse de manière coordonnée et uniforme non seulement dans les zones infestées par la bactérie Brucella Suis biovar 2, notamment,  et ailleurs. Il faut absolument éviter les plans de tirs restrictifs qui préserveraient une partie de la population. Les tirs doivent être intensifiés dans toutes les zones où les densités sont excessives. La destruction sur les lieux de nourrissage doit être autorisée. Il nous paraît urgent de réduire la population de sangliers dans les limites supportables pour les agriculteurs et raisonnables d’un point de vue sanitaire. De plus, chasseurs et autres acteurs de la chasse, tant publics que privés, doivent être formés aux risques de propagation des maladies de la faune sauvage vers les animaux domestiques, chiens mais aussi les animaux d’élevage.

Rappelons aussi que l’on suspecte l’importation et le lâcher de sangliers d’élevage venant de l’étranger, ce qui pose problème tant sur le plan sanitaire, que sur le renforcement des populations locales déjà trop nombreuses.

C’est un objectif à atteindre, la régulation doit être le maître mot de tous les acteurs de la ruralité. La Fédération Wallonne de l’Agriculture regrette que le sanglier ne soit plus considéré comme un animal nuisible, que les agriculteurs pourraient réguler eux-mêmes; La population de l’espèce serait alors certainement en chute libre assez rapidement.

 

 

 

 

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Barèmes en baisse: reflet de la situation économique du secteur

La semaine dernière, les négociations relatives aux barèmes forfaitaires entre les organisations professionnelles agricoles représentatives du secteur (FWA, Boerenbond et ABS) et le SPF Finance ont été conclues. La rapidité des négociations et le fait qu’elles aboutissent à un résultat en baisse pour tous les secteurs, traduisent hélas une détérioration du revenu agricole en 2016, toutes spéculations confondues.

Joseph Ponthier & Yvan Hayez

La négociation des barèmes forfaitaires reste un exercice important des organisations agricoles représentatives de notre pays. Historiquement et avant tout, le barème forfaitaire se veut être un outil de simplification administrative pour ceux qui font le choix de ce mode de taxation, comme plus de 90% des agriculteurs du pays.

Organisées à la demande des organisations professionnelles, ces négociations tentent d’objectiver pour le plus grand nombre une évolution du revenu généré par les différentes productions et le système fiscal de base qui doit y être appliqué. Cette année, les négociations ont été particulièrement rapides et ce, en raison d’une détérioration manifeste du revenu pour l’ensemble des secteurs.

Le résultat des négociations a conduit à:

- une diminution de 4%  du bénéfice semi-brut dans le secteur laitier
- une diminution de 7 à 8% dans le secteur de la viande bovine
- une diminution de 16 à 22% pour les cultures.
(voir plus en détails ICI).

Ces baisses viennent s’ajouter à des diminutions déjà rencontrées l’année dernière, ce qui traduit malheureusement un déclin continu du revenu des agriculteurs.
Loin de nous l’idée de dire que cette diminution générale des barèmes doit constituer un sujet de réjouissance. En effet, une diminution globale des barèmes en référence à l’année précédente, qui voyait elle-même des barèmes en baisse, est le signe d’une tendance à la baisse des revenus qui est un réel sujet de préoccupation.
Cette nouvelle diminution ne fait qu’à nouveau confirmer que notre secteur se trouve dans une spirale négative. Les résultats de la négociation d’un barème ne sont que le reflet de l’évolution de la santé économique des secteurs au fil des années.
Il est essentiel de retrouver un contexte économique dans lequel les agriculteurs pourront non seulement gagner leur vie mais aussi constituer des réserves de trésorerie désormais maigres ou inexistantes dans la majorité de nos fermes, confrontées à plusieurs années de crises successives.

Plusieurs années de crises successives démontrent, si besoin en était, que nous sommes désormais dans un contexte qui, structurellement, place l’agriculture dans une spirale dépressionnaire. Il est donc urgent que nos responsables politiques mesurent l’ampleur des difficultés du secteur et s’attachent enfin à remettre en place un cadre qui assure un revenu aux agriculteurs et une stabilité de ces revenus. La FWA continue à s’opposer à un système qui engendre la volatilité des prix. Nous revendiquons donc des mesures structurelles qui assurent une régulation des marchés et une plus grande stabilité des prix pour tous les secteurs.
En conclusion, la diminution des barèmes obtenue par les organisations agricoles n’est pas une victoire en soi: c’est le reflet d’une situation économique délétère dont nous devons sortir.

 

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Le Premier à la ferme

Ce mardi le Premier Ministre Charles Michel, accompagné du Ministre fédéral de l’Agriculture Willy Borsus, est venu à la rencontre des agriculteurs dans l’exploitation de Philippe et Bernard Janssens et de leurs épouses à Corroy-le-Grand. Au menu de cette rencontre matinale, les enjeux de l’agriculture européenne mais également le mal-être croissant entre notre profession et la population.

Yvan Hayez

Dès 7 heures du matin, Charles Michel et Willy Borsus sont venus à la rencontre de notre profession dans l’exploitation de la famille Janssens à Corroy-le-Grand.  La famille Janssens avait, très tôt ce matin, soigné le bétail pour être disponible pour la visite de l’exploitation avec la délégation des Ministres. Cette ferme implantée à Corroy-le-Grand en Brabant wallon combine grandes cultures, production laitière et viande bovine. Un atelier de vente de glaces est également développé à partir de la ferme.

Dès l’arrivée des ministres, un temps a été consacré à la visite de l’exploitation, lors de laquelle les hôtes du jour ont pu faire état de leurs préoccupations et difficultés au quotidien.

Après la visite, les Ministres ont été reçus en comité restreint dans le corps de logis de la ferme. Après les remerciements d’usage, Philippe Janssens a souhaité axer la rencontre selon deux volets: celui de la Politique Agricole Commune et donc de l’enjeu essentiel du devenir économique de notre secteur, mais également la relation entre notre profession et la population en marge des stigmatisations de plus en plus prégnantes dont nous faisons l’objet.

De son côté, le Premier Ministre a argumenté dans un exposé bien étayé les deux volets des enjeux pour notre secteur. Au niveau belge, il a tenu à rappeler la politique menée par son gouvernement depuis sa mise en place en faveur des indépendants et des PME, soulignant au passage le travail réalisé par Sabine Laruelle. Le Premier Ministre a présenté le bilan du gouvernement qui s’est traduit par la création de 130.000 emplois dans le secteur privé, ainsi qu’une résorption du handicap salarial par rapport à nos pays voisins. Sur le plan européen, le Premier Ministre considère que l’Europe se situe à un moment clef en raison du résultat des élections aux Pays-Bas et en France, ainsi que celles attendues du côté allemand à l’automne prochain. Charles Michel ne plaide pas pour une révolution par des changements fondamentaux des traités européens, mais estime qu’il faut redéfinir des priorités absolues dans le cadre de ces mêmes traités. Pour Charles Michel, l’agriculture doit être au cœur des priorités européennes.

L’agrandissement de l’Union européenne a largement influé sur la gestion du dossier agricole, mais pas au bénéfice des agriculteurs des pays historiquement membres de l’Union. Le dumping social au sein même de l’Europe est à cet égard un véritable sujet de préoccupation qui doit nous amener à réfléchir à des solutions durables et acceptables pour tous. Conjointement, Charles Michel a livré son analyse de l’approche politique des grands de ce monde (Messieurs Trump et Poutine), mais également des facteurs de déstabilisation que peuvent engendrer le Brexit, la Corée du nord et la cybercriminalité.

De son côté, le Ministre Willy Borsus a rappelé la vocation nourricière première de l’agriculture mais également les services multiples qu’elle peut offrir à la société. Lors de la discussion, il a rappelé l’importance d’une valorisation des produits de chez nous, ainsi que tous les efforts réalisés au niveau de son département pour réinvestir les marchés à l’exportation, en particulier le marché chinois, et plus largement asiatique. Au niveau de la PAC, Willy Borsus a confirmé qu’il continuerait à plaider pour des mesures temporaires de régulation des marchés.

Lors des échanges avec nos représentants (dont Pierre Vromman, président provincial et Laurent Gomand, vice-président national et deux représentants de la CBB), une large place a été donnée à la menace que fait peser l’interdiction des néonicotinoïdes sur le secteur de la production végétale et des betteraves en particulier. Rappelant les nombreuses démarches positives adoptées par la profession au cours des dernières décennies, nos agriculteurs ont fait le lien avec un regard qui ne cesse de se dégrader de la part de notre population, ce dernier étant entretenu par les discours populistes et démagogues d’une part de notre classe politique.

Au cours de ces discussions, nous avons pu aborder aussi la nécessité de mettre en œuvre une PAC plus forte et plus stable pour le bénéfice de nos agriculteurs et en particulier des jeunes qui ont besoin de cette stabilité pour s’engager dans notre profession. Il faut se réjouir de ce type de rencontres qui donnent l’opportunité de sensibiliser les décideurs du plus haut niveau de notre Etat, aux réalités quotidiennes et aux enjeux à plus long terme liés à notre profession.

Pour conclure, nous voulons encore remercier la famille Janssens de nous avoir accueillis et d’avoir contribué à porter le message de la profession.

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Duraphyto : la FWA présente ses travaux en parlement

Jeudi dernier, la Fédération Wallonne de l’Agriculture a présenté l’important travail de réflexion qu’elle a réalisé sur les enjeux liés à l’utilisation des produits phytosanitaires.
Compte-rendu…

Yvan Hayez

Le 4 mai dernier, à sa demande, la Fédération Wallonne de l’Agriculture a été auditionnée en Commissions conjointes de l’environnement et de l’agriculture du Parlement wallon. Cette rencontre avec les parlementaires constituait une étape importante du travail entamé à l’automne dernier par nos services sur le dossier relatif à l’utilisation des produits phytosanitaires.
Pour rappel, le Ministre wallon de l’environnement Carlo Di Antonio avait lancé, lors de la dernière édition de Libramont, le concept d’une agriculture «zéro phyto» qui avait suscité un très vif émoi au sein de la profession. En réaction aux multiples enjeux qu’impliquait cette déclaration péremptoire du Ministre, la FWA a entrepris un travail de fonds pour objectiver le plus largement possible les conséquences qu’une telle approche pourrait engendrer.

Il est important de rappeler que l’étude menée par la FWA était multidisciplinaire et visait tous les secteurs de production de notre agriculture, sur les volets santé, environnement et économie en associant divers acteurs liés à la thématique (producteurs, filières économiques et scientifiques).
Au cours de 8 séances, ce n’est pas moins de 29 orateurs qui sont venus alimenter le débat. Pour la FWA, il s’agissait avant tout de donner la parole aux acteurs, de proposer des pistes concrètes d’action et de réaliser un dossier détaillé qui a été présenté et remis aux parlementaires wallons jeudi dernier.
Sur la forme, nous pouvons exprimer notre satisfaction d’avoir pu durant 3 heures présenter le fruit de cet important travail et mener un échange avec les parlementaires de notre région.
Sur le fonds, l’avenir nous dira si bien qu’ayant été écoutés, nous aurons été entendus.Suite à l’introduction menée par Bernard Decock, la parole a été donnée à Anne Bedoret, agricultrice membre du Groupe de travail « Phytos » de la FWA, à Jean-Marc Pirard, directeur de la société Apligeer, et enfin, à Michel De Proft, de l’Unité Protection des plantes et écotoxicologie du CRA-W.

Lors de son intervention, Anne Bedoret a témoigné de l’évolution considérable qui s’est faite de l’usage des produits phytosanitaires depuis plusieurs décennies. Cette pratique intègre tant une bonne connaissance du sol, une observation in situ des besoins de protections, la définition la plus adéquate du moment d’application, un suivi administratif rigoureux des actes de pulvérisation, une gestion parcimonieuse de l’utilisation des produits phytos s’appuyant sur des techniques et du matériel de pointe, et enfin un respect strict des règles en vigueur pour le stockage et la manipulation de ces produits.
Pour sa part, Monsieur Pirard, au nom de la société Apligeer (organisation de producteurs de légumes destinés à la congélation), a dans un premier temps, présenté la croissance de son secteur économique largement ouvert vers l’exportation et pourvoyeur d’emplois pour notre région.
Au travers du concept Mimosa (pour « Minimum Imput Maximum Output Sustainable Agriculture »), il a exprimé la stratégie de sa société visant à atteindre un minimum d’impact sur l’environnement ainsi que de résidus dans les produits, combiné à un maximum d’output visant un rendement maximal, une qualité supérieure et une réelle compétitivité.
Dans ses conclusions, JM.Pirard plaidait pour une stratégie visant à redorer l’image de notre agriculture conventionnelle plutôt que de la condamner.

Enfin, riche d’une expérience de plus de 30 ans, le professeur Michel De Proft, a développé différents aspects de la problématique sous l’angle de l’approche scientifique. Il a tenu a rappeler que par définition, les pesticides sont des poisons, et que certains végétaux eux-mêmes en produisent. Au cours de sa longue carrière, M.De Proft a observé une évolution considérable dans l’utilisation des pesticides, certains (tel que l’arsenic, par exemple) étant devenus complètement proscrits. Désormais, tous les produits sont soumis à agréation rigoureuse, ce qui implique une mesure d’impacts en termes de résidus, d’effets sur l’environnement et d’efficacité.
Pour lui, cultiver est l’art du déséquilibre qui consiste non pas à éradiquer les ennemis des cultures, mais bien à vivre avec en utilisant les lois naturelles, qu’il convient de combiner avec des résistances variétales et des substances acceptables.

Au terme de ces exposés, Bernard Decock a repris la parole pour exprimer le positionnement et les propositions d’action de la FWA. Ces derniers sont détaillés dans le dossier que vous trouverez dans la présente édition (la brochure complète est disponible ici   PART 1   –   PART  2)
La FWA rappelle que :
- Depuis des décennies, les agriculteurs ont adapté leurs pratiques dans le sens d’une diminution constante de l’usage des produits phytosanitaires
- Elle reste ouverte au dialogue pour poursuivre la dynamique déjà enclenchée d’une évolution vers un usage des phytos qui reste compatible avec la notion de durabilité dans ses trois aspects (environnemental, social et économique), de façon réaliste et progressive
- Il est essentiel d’être à l’écoute des agriculteurs et de mettre en place des politiques en concertation avec le secteur. A ce titre, nous regrettons que l’effet d’annonce auprès du grand public, qui doit être informé de manière objective en toutes circonstances, ait précédé l’indispensable concertation avec les acteurs concernés. L’image qui en est ressortie pour le grand public, est que les agriculteurs utilisent les phytos de manière irraisonnée et sans encadrement.
- Il faut s’assurer que des alternatives crédibles soient disponibles pour permettre aux agriculteurs de poursuivre leur activité de manière durable

La FWA propose diverses actions :
- La première, et la plus essentielle en termes de communication, est de sortir de ce concept de « zéro phyto » et propose désormais de parler de « duraphyto » pour parler de l’usage des produits phytosanitaires qui intègre tous les objectifs de la durabilité
- Etablir, avec le soutien du gouvernement, une communication positive sur les bonnes pratiques déjà réalisées par les agriculteurs
- Mettre en place une concertation associant le secteur agricole, la recherche, les centres pilotes, les filières de transformation et de commercialisation. En résumé, il faut développer une réelle politique de filières.
- Renforcer les moyens de la communauté scientifique tant dans sa dimension de recherche que d’encadrement
- Une étude de comportement réelle des consommateurs telle que réalisée par le ministère français de l’agriculture nous semble également pertinente.

Faisant suite aux exposés de nos représentants, suivis par de nombreux visiteurs dont une très large représentation d’agriculteurs de la FWA, un long débat s’est tenu avec les parlementaires. Des questions parlementaires, nous retiendrons deux catégories : celles de ceux qui manifestement, cherchaient à mieux percevoir les enjeux liés au dossier, et ceux qui nous ont semblé s’être déjà forgé une opinion définitive sur la question.
Il reste donc un gros travail à mener sur ce dossier et plus largement, les déclarations récentes du Ministre Borsus sur la vente du glyphosate, et du Ministre Di Antonio sur les néo-nicotinoïdes, montrent que plus que jamais, notre secteur doit rester vigilant dans les orientations que l’on veut donner à ses pratiques.
Tant qu’il y aura des hommes, il faudra des agriculteurs. Si un jour, nous n’avons plus d’agriculteurs en Wallonie, nous consommerons des produits venus d’ailleurs, qui risquent de répondre à des normes très largement inférieures à celles que nos producteurs respectent déjà aujourd’hui.
Il est clair pour la FWA que ce scénario n’est pas envisageable, et qu’elle se battra sans répit pour une agriculture économiquement, socialement et environnementalement viable, orientée vers l’avenir plutôt que vers le passé.

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Des actions à tous les étages!

Répondant à une énième agression vis-à-vis de l’élevage bovin, les éleveurs de la Fédération Wallonne de l’Agriculture se sont invités dans une émission en direct de la RTBF (la Une) jeudi dernier en soirée. Emmenés par Pierre Vromman, président de la province du Brabant, et par le président de la commission «Productions Animales» de la FWA, nos éleveurs ont organisé une distribution de viande bovine de chez nous à la station Nivelles de l’autoroute Mons-Bruxelles.

Yvan Hayez

 

Quelques jours avant cette action visant à défendre notre Blanc Bleu Belge, le journaliste Benjamin Maréchal a interpellé ses auditeurs de l’émission radio «C’est vous qui le dites» (Vivacité) sur la consommation de viande bovine, et de BBB en particulier. Il réagissait en cela aux propos tenus par Ryan O’Leary, président de la compagnie aérienne irlandaise low cost Ryanair.

«Le BBB, c’est moche comme le péché», a-t-il notamment déclaré!   Cette nouvelle attaque à l’égard d’un fleuron de notre agriculture n’a pas manqué de susciter de nombreuses réactions parmi les affiliés de notre Fédération. Prenant les choses en main, Pierre Vromman, président FWA du Brabant, avec l’appui des services de la FWA, a organisé en un temps record, une action de sensibilisation en faveur de notre élevage Blanc Bleu Belge.

De fait, et outre son émission quotidienne sur Vivacité, Benjamin Maréchal anime également sur la Une (RTBF télé) une émission hebdomadaire qui se déroule en direct à la station de Nivelles. Une cinquantaine d’éleveurs se sont mobilisés en un temps record pour organiser la cuisson et la distribution de savoureux morceaux de BBB, avec le talent et la complicité de Martine Leclercq, de la toute proche Ferme des Nauves (Braine-le-Comte).

Cette action de communication fut sans conteste un succès médiatique. Bien qu’organisée sans l’accord formel de l’animateur, ce dernier a accepté de jouer le jeu. C’est ainsi qu’au fil du direct, notre action a été largement relayée. L’ouverture de l’émission s’est faite devant notre banderole FWA rappelant que «les agriculteurs remplissent nos assiettes et façonnent nos paysages», en présence de la délégation d’éleveurs qui entouraient l’animateur. Durant l’émission, une capsule a été enregistrée et diffusée, présentant les commentaires de Marie-Laurence Semaille, responsable du secteur bovin au sein de notre Service d’Etudes. L’animateur et certains de ses invités, connus du monde des médias ont également été filmés et diffusés en train de déguster et d’apprécier notre viande.  Enfin, peu avant la clôture de l’émission vers 23h30, l’un de nos éleveurs, Manu Laruelle de Faimes, a représenté la FWA dans une interview avec l’animateur de l’émission.

Cette action fut indiscutablement un succès, tant sur le plan de la mobilisation des éleveurs, que sur son impact médiatique. Retenus par la rencontre «Epis-Logues» programmée de longue date le même jour  à Gembloux, le président Joseph Ponthier et la présidente Marianne Streel ont rejoint les organisateurs de l’action à Nivelles, sur le coup de 23h, marquant ainsi leur disponibilité et leur soutien à cette remarquable action de terrain. 

Le lecteur trouvera dans la présente édition un large écho de la conférence «Epis-Logues» qui après avoir reçu l’économiste Etienne de Callataÿ, et le représentant du COPA, Arnaud Petit, recevait cette fois Olivier De Schutter, ex-rapporteur pour le «droit à l’alimentation» auprès de l’Organisation des Nations Unies. Une nouvelle fois, cette conférence «Epis-Logues» a rencontré son objectif premier,  à savoir nourrir et élargir la réflexion et le dialogue.

Enfin, une délégation des secrétaires de la Fédération Wallonne de l’Agriculture, emmenée par son président Benoit Charlier, a été reçue par le Ministre René Collin, en son Cabinet, vendredi dernier. L’objectif principal de cette rencontre était de la part des secrétaires, de faire part au Ministre des difficultés quotidiennes qu’ils rencontrent dans le traitement des dossiers et de services qu’ils offrent à nos affiliés. Cette rencontre s’inscrivait pleinement en appui de la dénonciation des excès administratifs formulée depuis des années par notre Fédération. Le Ministre Collin s’est déclaré parfaitement conscient du problème et a spontanément proposé une prochaine réunion associant les responsables concernés de son administration. Comme ils l’étaient lors de la rencontre de ce vendredi matin, les représentants de la FWA seront également présents lors de cette réunion programmée début mai.

Les 3 exemples relatés ci-avant témoignent du fait que la Fédération Wallonne de l’Agriculture, que ce soit par sa base, par son réseau de secrétaires ou par ses services propres, agit sans répit et en pleine complémentarité de l’ensemble de ses structures.

C’est notre force et notre fierté, c’est bien qu’il en soit ainsi. Merci à celles et ceux qui au quotidien se battent et se mobilisent pour faire vivre la FWA!

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40 jours pour soutenir l’élevage !

Les attaques qu’a dû subir le secteur de la viande, et de la viande bovine en particulier, ont suscité une réaction immédiate de la part de la Fédération Wallonne de l’Agriculture. D’autres ont ensuite réagi à leur tour. A l’image des organisations agricoles françaises qui étaient la semaine dernière en plein salon de l’Agriculture à Paris, les messages ont convergé pour dénoncer ces attaques contre ce qui constitue l’un des piliers de notre agriculture régionale et européenne.

Yvan Hayez

Dès l’annonce de la campagne «40 jours sans viande», la FWA a réagi pour dénoncer cette campagne et les mensonges sur lesquels elle s’appuyait. Loin de nous l’idée d’interdire au concitoyen l’un ou l’autre mode d’alimentation, mais le prosélytisme organisé autour du véganisme n’est pas acceptable. Nous ne cesserons jamais de rappeler que ces campagnes s’appuient sur des affirmations mensongères.

Oui, la viande est bonne pour la santé et fait partie intégrante de l’équilibre alimentaire, notamment par la source de protéines qu’elle offre. Ce n’est pas seulement nous qui le disons, mais bien une grande majorité des nutritionnistes et diététiciens.

Oui, nos élevages sont respectueux de l’environnement, car ils sont étroitement liés au sol, les pâtures constituant un important puit de carbone qui compense les émissions liées au métabolisme des ruminants. Oui, l’élevage est un secteur économique important de notre agriculture, qui détermine l’emploi et le revenu de nombreux éleveuses et éleveurs qui méritent le respect de la société. Rappelons à ce titre que tant en amont qu’en aval, l’élevage permet l’organisation de toute une filière dont l’impact économique est également non négligeable.

Confronter l’idéologie à une réalité économique et sociétale est totalement inacceptable.

Ceci nous apparaît d’autant plus inacceptable que derrière cette idéologie se cachent sans doute certains lobbys ayant des visées économiques difficilement avouables sur la place publique.

De plus en plus, nous vivons dans une société culpabilisante et anxiogène. L’actualité nous montre que la consommation de viande n’est pas la seule visée et que les campagnes «sans ceci» ou «contre cela» se multiplient. Face à cette approche négative, la Fédération Wallonne de l’Agriculture a voulu répondre par une campagne positive en lançant un appel à soutien intitulé «40 jours pour soutenir nos agriculteurs». La motion de soutien lancée par la FWA a, en moins de 48 heures, récolté plus de signatures que la campagne «sans viande» en Wallonie. A l’heure où nous écrivons ces lignes, plus de 5000 citoyens se sont engagés auprès des agriculteurs en signant la motion. C’est un très beau résultat qui démontre que nos concitoyens tiennent à leur élevage, à la viande de qualité qu’ils produisent, et font confiance aux agriculteurs wallons.

De son côté, le Ministre régional de l’Agriculture et l’Apaq-W ont lancé vendredi dernier une campagne «40 jours, 40 menus locaux», s’appuyant sur les recettes de nos chefs les plus réputés. Finalement et à l’analyse, cette attaque contre la consommation de viande pourrait s’avérer contreproductive pour ses promoteurs et au bénéfice d’un secteur qui a bien besoin du soutien de nos concitoyens. Comme elle l’a toujours fait, la FWA ne cessera jamais de réagir pour dénoncer les attaques à l’égard de notre secteur et ce, d’où qu’elles viennent.

La campagne «40 jours pour soutenir les agriculteurs» continuera jusqu’au terme de la campagne «sans viande». Il est plus que temps, si vous ne l’avez déjà fait, d’apporter votre contribution en la diffusant largement par mail, par Facebook… Le site, réalisé par nos soins, www.jesuisagriculteur.be, comprend un argumentaire complet qui bat en brèche les arguments de la campagne «sans viande», et mène aussi directement vers la motion de soutien qui doit continuer à être promue. Nous comptons sur vous!

 

La FWA dans la presse:

Dès  l’annonce de cette campagne, le 21 février, nous avions écrit et diffusé le communiqué de presse  (cliquez ici pour revoir ce communiqué)

La FWA a pris la parole pour vous défendre!

- nous étions sur Bel RTL le mercredi 22 dans l’émission « On refait le monde ».
- nous étions sur Nostalgie la veille du lancement de la campagne.
- nous avons été interviewés par le journal Vers l’Avenir que nous avons largement alimenté en chiffres pour appuyer notre argumentaire.
- notre Secrétaire-général est intervenu à diverses reprises sur les antennes de la RTBF Première et de Vivacité sur la même thématique dans la matinée du mercredi 22 février.
- le communiqué de presse a été posté sur Facebook et a été vu 15.000 fois dans les 12 heures qui ont suivi sa publication. Il ne comptabilise pas loin de 23.000 vues à l’heure actuelle.
- une réunion a été organisée dans la région de Waremme par des jeunes éleveurs et notre Service d’études qui était présent a largement alimenté en arguments chiffrés le journaliste de Vers l’Avenir
- la position de la FWA et des extraits du communiqué FWA ont également été diffusés dans le Sillon Belge.
- le dimanche 26/02, sur RTL tvi, dans « C’est pas tous les jours dimanche », un éleveur du Brabant était invité. La FWA l’a aidé à se préparer au mieux à cette interview
- ce mercredi 1er mars, nous étions présents et avons défendu notre point de vue dans l’émission «Le forum de midi» sur la Première

 

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PAC post-2020: au travail !

La prochaine phase de programmation de la Politique Agricole Commune prendra effet à partir du premier janvier 2020. Selon le Commissaire européen à l’Agriculture, Phil Hogan, un premier aperçu de ce que pourrait être la Pac Post 2020 devrait être dévoilé fin 2017. Compte tenu des enjeux et du fait qu’une année passe extrêmement vite, la Fédération Wallonne de l’Agriculture a réactivé à rythmes réguliers son groupe de travail Pac. Lors de la dernière réunion, un bilan chiffré de l’impact de la PAC 2015-2019 a, sans surprise, montré les effets globalement négatifs qu’elle a eu sur nos exploitations.

Yvan Hayez

Bien que la Commission européenne n’ait encore rien dévoilé des orientations de ce que pourrait être la Pac Post 2020, il n’est pas un mois sans que le sujet ne soit traité dans le giron européen. De même, de nombreux représentants venus de divers horizons  non-agricoles de la société participent activement à une multitude de réunions dont les conséquences peuvent s’avérer déterminantes pour l’avenir de notre secteur. Lors du précédent exercice, la Commission avait dévoilé les orientations qui ont mené à la réforme en cours bien plus tôt qu’elle ne pourra désormais le faire vis-à-vis de la prochaine phase de programmation. L’évolution de ce dossier devrait donc passer à une vitesse supérieure, s’exercer dans un temps plus court par rapport au précédent exercice avec une probable progression du lobbying non agricole.

Selon nos informations, le timing de gestation menant à la prochaine Pac devrait être le suivant: large consultation publique durant le premier semestre 2017, communication de la Commission sur les principales orientations fin 2017, consultation des principaux acteurs concernés en 2018, proposition d’un cadre législatif fin 2018-début 2019 dans la perspective du démarrage de la Pac en 2020. D’ici cette échéance, l’Union européenne aura dû fixer son budget et en particulier la part de ce dernier consacré à l’agriculture et tout cela en y intégrant les conséquences du Brexit. Il convient en effet de rappeler que le Royaume-Uni reste contributeur net à hauteur de 7 milliards d’euros. Selon une première évaluation, la sortie des Britanniques devrait amputer le budget agricole européen de l’ordre de 4,4 milliards d’euros, alors qu’il s’élève encore actuellement à quelque 56 milliards d’euros.

Sans attendre d’avoir des informations plus précises, la FWA a considéré qu’il était opportun de réactiver à un rythme soutenu son groupe de travail Pac. Pour rappel, ce dernier se compose des membres du Bureau, des présidents provinciaux, des présidents des commissions ainsi que de tout expert ou invité qu’il juge utile à la bonne organisation de ses travaux.

Le lundi 23 janvier, pour sa troisième réunion Pac post 2020, le groupe de travail a invité François Terrones de l’unité d’Economie de l’UCL-Gembloux AgroBioTech. Ce dernier est mandaté depuis plusieurs années par la Région Wallonne pour assurer, au travers d’une convention, le suivi, l’évaluation et les conséquences de l’évolution de la Pac. Considérant que l’avenir se construit notamment en tirant les enseignements du passé, le groupe de travail Pac de la FWA a invité M. Terrones pour une présentation de l’«Etude d’impacts du système des paiements directs 2015-2019 en Wallonie». Le lecteur trouvera ci-après les principaux éléments d’enseignements de l’étude de M. Terrones.

Sur la période 2015-2019, la diminution des aides est évaluée à 7,1% du budget, avec une diminution en moyenne par exploitation de l’ordre de 12%, pondérée par l’entrée dans la profession de nouveaux arrivants. L’impact est important et se traduit par une perte de plus de 5% pour un peu plus de 80% des exploitations, alors qu’une exploitation sur 5 a vu ses aides augmenter de plus de 50%. Il faut relativiser ces chiffres en tenant compte de références historiques du «portefeuille» d’aide propre à chaque exploitation. Les pertes supérieures à 30 % des aides concernent moins d’un agriculteur sur 10. C’est moins que prévu par le scénario de convergence pure et dure écrit au départ par l’Europe, grâce à la convergence partielle que nous avons obtenue …mais pour la FWA, c’est évidemment encore trop! La réforme de la Pac actuelle a induit un rééquilibrage des aides entre régions agricoles. Les pertes sont importantes en région de cultures, «heureusement» atténuées par les aides couplées dans les exploitations qui en possèdent. Les régions d’élevages connaissent également des pertes mais plus faibles avec une forte dépendance vis-à-vis des aides couplées. Les régions laitières connaissent un gain, sauf la région herbagère liégeoise, avec des aides moyennes par exploitation qui sont inférieures à la moyenne de l’ensemble des régions. Il s’agit évidemment de tendances globales et non de réalités individuelles. Si l’on se réfère à la taille des exploitations, la réforme que nous vivons est globalement favorable aux exploitations de 30 à 50 ha; son impact est limité pour les exploitations inférieures à 30ha, moindre qu’envisagé pour les exploitations de 50 à 80 ha, et défavorable aux grandes exploitations.

Si l’on considère le revenu au niveau des régions agricoles et la taille des exploitations, on constate sans surprise une corrélation évidente du montant des aides et de l’impact sur le revenu. Les orientations technico-économiques (OTE) cultures connaissent des pertes importantes et supérieures à la moyenne alors que les OTE «bovines spécialisées» connaissent des pertes inférieures à la moyenne. En résumé, la réforme de la Pac que nous vivons est plus défavorable aux OTE combinant culture et élevage qu’aux OTE spécialisées, ce qui va à contresens d’un modèle d’autonomie alimentaire combinant culture et élevage.

En ce qui concerne le verdissement, l’objectif de diversification des cultures et de maintien des prairies permanentes existantes a été rencontré. Au niveau des SIE, 56% des exploitants ont été exemptés car leur modèle d’exploitation était d’office «vert» selon les critères européens (forte présence d‘herbages et fourrages, et donc modèle agricole wallon très lié au sol). Pour les 44% concernés, 97% ont rencontré l’objectif avec une moyenne de 6,9% de SIE par rapport aux 5% exigé. Il faut rappeler que l’éligibilité des couvertures de sol en inter-culture revendiquée et obtenue par la FWA a grandement facilité l’atteinte de ces objectifs, mais qu’elle reste contestée dans l’espace européen. Quoi qu’il en soit, pour 80% des exploitations, les SIE sont restées inchangées entre 2015 et 2016. Pour les aides couplées, l’étude de François Terrones indique une diminution globale des aides octroyées de 0,6%, ce qui représente 384.000 euros. Sur l’aspect des aides couplées, la réforme a induit un impact globalement favorable aux régions laitières et de cultures, alors qu’elle est défavorable aux régions d’élevages de bovins, en particulier en région jurassique. Pour les élevages de bovins à viande, le budget a diminué de 5%, le pourcentage de perdants étant équivalent au pourcentage de gagnants avec une perte de plus de 30% pour un quart des exploitations et un gain supérieur à 50% pour près d’une exploitation sur trois. A nouveau, ces chiffres sont liés à l’historique de chaque exploitation. Les élevages de bovins à viande sans quota historique ont évidemment connu un impact favorable. Par contre, pour les élevages similaires disposant d’un quota avant réforme, 60% d’entre eux ont été impactés négativement, principalement en raison de la baisse du montant des primes couplées aux bovins.

Pour la Pac après 2020, certains échos feraient état d’un nombre de piliers variant de 1 à 3 selon les choix faits au niveau du paiement direct, des mesures de marché, du système de gestion des risques et du développement rural. Selon les combinaisons, 5 scénarii seraient mis sur la table des discussions.

Sans faire de spéculation à cet égard, les services de la FWA et le groupe de travail Pac s’emploient dès à présent à la réflexion et à la construction de notre argumentation pour peser auprès du monde politique (à quelque niveau que ce soit) dans la perspective d’une Pac qui soit si possible améliorée et en aucun cas une nouvelle source de bouleversements. Le maintien des aides directes (découplées et couplées) déterminant pour notre modèle wallon, l’environnement et les SIE (avec un maintien de la valorisation des couvertures de sols), le top up, l’amplification éventuelle du 2e pilier, ce qui induirait son nécessaire cofinancement par la Région ainsi que le transfert d’exploitation et les enjeux liés à la reprise des fermes constituent l’essentiel du plan de travail que nous devrons étudier point par point, car ils sont tous déterminants pour l’avenir de notre secteur. C’est en pleine concertation, solidarité et avec le soutien le plus large que nous nous devons de relever ce défi essentiel.

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Mise au point

Depuis plusieurs semaines, la Fédération Wallonne de l’Agriculture organise des conférences dont le thème s’articule autour de l’implication et des conséquences de l’usage des produits phytosanitaires. Par ces séances d’information et de réflexion, la FWA veut, de manière objective et sereine, construire son argumentation et les raisons de son positionnement à l’égard de ce dossier dont les enjeux sont particulièrement importants.

Yvan Hayez

Courant 2016, certains représentants de la classe politique wallonne ont fait des déclarations annonçant à terme la fin de l’usage des produits phytopharmaceutiques dans notre Région.
«Une wallonie Zéro Phyto».
En tant qu’organisation professionnelle agricole responsable, la FWA a pris l’initiative d’organiser des conférences dont l’objectif est d’initier une réflexion large et objective sur ce sujet. Tous secteurs agricoles et horticoles confondus, toutes sensibilités et enjeux sociétaux abordés, nos responsables ont souhaité la mise en œuvre d’une réflexion à la fois objective et sans tabou ni idéologie. Pour ce faire, nos services ont sollicité la participation à ces travaux de personnes ressources venues d’horizon les plus larges. Lors des différentes réunions organisées, les services de la FWA font appel à l’expertise des orateurs les plus divers; qu’il s’agisse de personnalités scientifiques, de représentants de différentes autorités publiques ou para-publiques, de représentant des filières de commercialisation de nos productions ou encore d’intervenants dont l’expertise sur le sujet est communément admise. Au travers des différentes séances organisées, l’enjeu est analysé sous ses angles les plus divers, qu’il s’agisse de l’aspect agronomique, économique, environnemental et de santé-tant professionnelle que publique- tout en y intégrant les attentes sociétales et les aspects de communication qui y sont étroitement liés.
Par sa démarche, la FWA veut nourrir une réflexion objective et par là enrichir son argumentation pour s’inscrire en faux face aux affirmations et aux déclarations péremptoires d’aucuns. Certes la démarche n’est pas aisée mais c’est la seule crédible.
Cette démarche, et nous en sommes conscient, est susceptible de semer le doute dans l’esprit de certains agriculteurs. Soyons clair et sans équivoque: «Wallonie zéro-phyto…Un projet qui tient la route?» intitulé de nos conférences, est marqué par le point d’interrogation du questionnement (du doute!) et n’indique en rien une quelconque adhésion de la Fédération à ce type de perspectives pour notre agriculture.
Rappelons que les agriculteurs se sont toujours attachés à pratiquer leur profession en minimisant ses éventuels impacts négatifs sur la santé et l’environnement, et ont constamment évolué au fil du temps et des connaissances scientifiques, des nouvelles techniques développées. Ils continueront à le faire, en insistant sur la nécessité:
-de les consulter en amont, lorsqu’on envisage un projet de grande envergure qui les concerne au premier chef;
-de valoriser les efforts considérables déjà réalisés par le secteur pour améliorer ses pratiques, de reconnaître aussi les nombreuses externalités positives de notre secteur sur la santé et l’environnement;
-de développer une recherche, un encadrement, qui leur permette de continuer à évoluer dans leurs pratiques;
-de prendre aussi en considération les volets économique et social de la durabilité.

Depuis son lancement, cette série de conférences suscite une très forte participation des professionnels du secteur agricole, qu’il s’agisse des agriculteurs ou des représentants d’autres maillons concernés par la filière agricole. Les élus que nous avons invités, à quelque niveau que ce soit, sont également présents. Ce succès de participation nous réjouit et nous conforte dans notre démarche. Il traduit la conscience de l’importance des enjeux et renforce d’autant le poids de notre démarche.
Au terme de ce cycle de conférences, les services de la FWA en feront une synthèse et le document qui sera validé par nos instances servira de référence pour nos représentants lors des contacts futurs avec le milieu politique.
Cohérente à sa vocation d’organe de concertation, la FWA entend privilégier le dialogue en s’appuyant sur une argumentation forte et crédible. Si son message ne rencontrait que de sourdes oreilles, la FWA n’hésiterait pas à mener des actions plus tonitruantes pour défendre les intérêts du secteur.

Cliquez ci-dessous pour lire en ligne les résumés de ces réunions:

- Aspects Santé

- Céréales

- Betteraves

- Fourrages et élevages

- Aspects environnement

 - Légumes pour la transformation 

- Pommes de terres

- Horticulture

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2017: tous ensemble pour notre agriculture !

2016 est terminée, et pour beaucoup d’entre nous, c’est sans regret que nous fermons la porte sur une année qui ne nous laissera guère de bons souvenirs dans le secteur agricole ou dans l’actualité.

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Joseph Ponthier

Voilà maintenant un an que vous m’avez désigné comme votre représentant à la tête de la FWA. Ce fut un grand honneur pour moi, mais je dois bien vous avouer que ce fut aussi une année difficile: aucun secteur de notre agriculture ne s’est bien porté, et qu’à titre personnel, il est pénible de voir tant de collègues traverser des moments si durs dans leur exploitation.

Pour autant, je veux aussi remarquer des éléments positifs: une solidarité renforcée s’est installée entre nos divers secteurs. C’est évidemment très important dans une organisation comme la FWA, qui tient à défendre tous les modes de production, tous les modes de commercialisation, toutes les spéculations agricoles. Pour rappel, la taille moyenne d’une exploitation membre à la FWA est la même que celle de l’exploitation moyenne wallonne, je me permets de le dire pour tordre le cou aux discours un peu populistes de certains…

La FWA s’est largement mobilisée tout au long de l’année pour faire prendre conscience à nos décideurs, à tous les niveaux, de l’Europe à la région en passant par le fédéral, de la crise profonde que traverse l’agriculture. Nous avons manifesté à Bruxelles, à Luxembourg, nous avons organisé une ferme en ville au pied des institutions européennes, et interpelé de nombreuses fois nos responsables politiques, aussi lors des réunions de négociation et rencontres diverses auxquelles nous vous avons représentés tout au long de l’année.

Par notre participation aux réunions du Conseil économique et social tant wallon qu’européen, où nous sommes représentés, nous avons aussi alerté les autres secteurs de l’économie par rapport à la situation agricole.

Nous avons aussi voulu organiser, pour informer nos membres et faire connaître notre position aux hommes et femmes politiques, de nombreuses réunions sur divers sujets d’actualité.

Le dossier du CETA, notamment, qui a mis notre Wallonie au centre de l’attention, a été largement étudié en interne. Notre position sur ce dossier était très claire: c’est NON, sauf si des aménagements conséquents étaient apportés notamment en termes de respect des standards de qualité européens. Nous craignions aussi que le CETA ne donne le «mauvais exemple» aux négociateurs du TTIP, traité encore bien plus inquiétant, en particulier en ce qui concerne les contingents d’importation de viande bovine. Au-delà de ces aspects, dans cette négociation comme dans d’autres, nous refusons que l’agriculture soit systématiquement considérée comme une variable d‘ajustement que l’on se permettrait de négliger, voire de sacrifier, au bénéfice d’autres secteur de l’économie.

Pour élargir notre réflexion, nous avons mis en place, avec l’Amicale des secrétaires de la FWA, un cycle de réunions que nous avons intitulé Epis-LOGUE. L’objectif est d’inviter des orateurs de haut niveau afin d’aborder des thématiques qui replacent l’agriculture dans un contexte économique plus large. La première de ces réunions, qui s’est tenue fin novembre, était consacrée au Brexit et à ses conséquences sur le futur de l’Europe et de son agriculture.

Ceux qui ont assisté à cette soirée, et ils étaient très nombreux, ou ceux qui en auront lu l’écho dans le journal, conviendront que c’était réellement une réunion passionnante avec des orateurs passionnés!

Suite aux déclarations de nos ministres régionaux de l’environnement et de l’agriculture sur leurs projets pour notre agriculture (100% bio ou zéro phytos d’ici 2030), nous avons pris l’initiative d’organiser des rencontres secteur par secteur, avec les partenaires des différentes filières, où nous vous avons bien évidemment invités pour que vous exprimiez votre point de vue. Nous avons aussi convié les parlementaires wallons afin qu’ils puissent vous entendre, et entendre comment les maillons économiques envisagent la faisabilité de ces projets.

Après les deux premières réunions, sur les céréales et sur les betteraves, un premier bilan s’impose: votre présence massive montre que vous êtes préoccupés par les projets que les responsables wallons imaginent pour notre agriculture sans en consulter les principaux acteurs, nous, les agriculteurs. Que ce soit en céréales ou en betteraves, les perspectives de commercialisation en 100% bio ou en zéro phytos ne semblent guère enthousiasmer les représentants des différents négoces, qui ont clairement exprimé qu’ils ne voient pas comment on pourra valoriser une production répondant à un cahier des charges aussi sévère, en payant le prix aux agriculteurs. Ces projets font peser en outre de grosses craintes sur l’emploi induit en amont et en aval de nos exploitations…sans parler de l’emploi de nos exploitations elles-mêmes! Sans tirer de conclusions hâtives, puisqu’il reste encore plusieurs secteurs à aborder, il apparaît déjà qu’il sera difficile de passer à une agriculture zéro phytos si la recherche ne dégage pas rapidement des solutions alternatives et rentables pour le producteur.

L’encadré qui donne le programme complet des prochaines réunions est disponible dans cette édition: venez nous rejoindre nombreux lors de ces réunions, c’est VOTRE avis que nous voulons entendre!

Le cycle de réunions se terminera par un Conseil général où nous remettrons nos conclusions aux deux ministres wallons concernés par le projet.

 

Nous abordons 2017 avec des convictions fortes que nous défendrons avec énergie: nous voulons une agriculture qui rémunère nos producteurs à la hauteur de la grande qualité des produits qui sortent de nos exploitations. Nous exigeons de nos responsables politiques une reconnaissance, une promotion de notre savoir-faire et des efforts consentis pour faire de notre production agricole wallonne ce qu’elle est aujourd’hui: respectueuse de l’environnement, du bien-être animal, des paysages de notre Wallonie et, c’est peut-être le plus important, de la santé des consommateurs!

2016 a montré que l’Europe n’avait pas encore pris la pleine mesure de l’importance du secteur et des difficultés qu’il traverse. Par exemple, la mise en place de mesures volontaires de réduction de la production laitière, alors que nous demandions qu’elles soient obligatoires, l’a bien démontré! Des mesures conjoncturelles ont été prises, mais c’est de mesures structurelles dont le secteur a besoin pour espérer renouer avec une stabilité économique.

De plus, ce sont TOUS les secteurs de l’agriculture qui sont demandeurs d’un cadre européen qui protège et valorise le revenu des agriculteurs.

C’est ce que la Fédération Wallonne de l’Agriculture continuera à revendiquer auprès des institutions européennes, en s’associant aux autres délégations européennes qui partagent ce point de vue et cette volonté au sein du COPA. C’est en créant des liens et un front commun avec des pays partenaires que nous pourrons influencer l’Europe et faire avancer notre projet d’une agriculture durable pour ceux qui y travaillent.

La PAC 2020-2027 fait déjà l’objet de réunions de réflexions au COPA, mais aussi au sein de nos structures FWA, car 2020, c’est demain, et nous devons construire ensemble et rapidement une position ferme en faveur des agriculteurs. Le contexte européen bousculé par le Brexit et les élections françaises ou allemandes risque de perturber l’agenda des futures négociations PAC, mais cela ne doit pas nous empêcher, au sein de la FWA, de réfléchir d’ores et déjà à l’avenir de notre secteur.

Je tiens à vous remercier pour la confiance que vous nous accordez en étant membre de notre fédération. Je voudrais aussi remercier le personnel et nos secrétariats qui mettent leur disponibilité et leurs compétences dans tous les domaines, au service de notre agriculture et des agriculteurs.

Je veux conclure en vous souhaitant une excellente année 2017 tant sur le plan familial que sur le plan professionnel: que 2017 vous apporte santé, bonheur et tout ce que vous pourriez

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Et si on généralisait le bio?

Dans le cadre de ses assemblées d’automne, la Fédération Wallonne de l’Agriculture a accueilli les Ministres Collin et Di Antonio, respectivement ministres de l’agriculture et de l’environnement pour notre Région. A l’initiative du Groupe de travail Bio de la FWA qui fête ses dix ans d’existence, le thème de la soirée était «Politique-fiction: Et si on généralisait le Bio?».

 Yvan Hayez

C’est dans une salle de la Vieille Cense à Marloie, copieusement garnie, que les Ministres Collin et Di Antonio sont, ensemble, venus exposer leurs points de vue sur l’avenir de la production agricole en mode biologique en Wallonie, mais également d’une agriculture régionale qui tendrait vers le «zéro phyto». L’initiative de cette assemblée automnale avait été suggérée par le Groupe de travail Bio de la FWA qui, on ne le rappellera jamais assez, constitue le plus gros groupe structuré de producteurs Bio.
Accueillis par le Président Joseph Ponthier, les participants ont pu ensuite découvrir un récit fictif réalisé et présenté par les soins de Caroline Decoster, conseillère au Service d’études de la FWA. Dans cette fiction, Caroline posait toute une série de questions relatives à la généralisation de la production bio sur notre territoire, à la place des différents acteurs sur le terrain, ainsi qu’aux conséquences pour nos agriculteurs.

Suite à cette introduction, Messieurs Di Antonio et Collin se sont succédé à la tribune qui leur était offerte. Nous retiendrons de leurs interventions les principaux éléments suivants. Pour les Ministres, sur base de la progression de l’agriculture biologique de ces derniers mois, nous pouvons aisément espérer 2000 producteurs bio d’ici 2020. Les objectifs du plan stratégique bio ont donc été revus dans ce sens.
Comme les producteurs, et contrairement aux titres «Une Wallonie 100% bio dans 10 ans» lus dans certaines presses, les Ministres s’accordent pour considérer que la production biologique dans notre Région doit évoluer en fonction de la demande, et qu’une conversion massive de notre agriculture serait contre-productive. Notre modèle agricole se doit de répondre à la demande de nos concitoyens et non précéder l’expression de ces derniers.
La conviction des Ministres vers une telle évolution est renforcée par leur constat que la situation économique actuelle du secteur agricole n’est pas favorable et que les agriculteurs sont et seront mieux payés par leur production sous label bio.
A ces convictions viennent s’ajouter l’impact négatif de l’usage des produits phytosanitaires sur l’environnement et, en particulier, sur la qualité des eaux.Par ces approches, les Ministres expriment leur volonté d’inscrire la Wallonie dans un projet de société permettant de valoriser économiquement les productions wallonnes.
L’approche d’une évolution vers le «zéro phyto» principalement défendue par le Ministre Di Antonio s’appuie sur le constat qu’une partie importante du territoire de notre Région l’est déjà (les forêts) ou le sera bientôt (domaines publics à partir de 2019). Selon les Ministres, diverses études montrent que les consommateurs sont prêts à payer plus cher pour des produits identifiés et liés à une image de qualité.

C’est par cette image de qualité qu’ils veulent donner une plus grande visibilité aux produits wallons en inscrivant notre agriculture régionale dans un projet «zéro phyto».
Tout en précisant que les particuliers constituent la première cible dans la restriction de l’usage des phytos aujourd’hui, ils considèrent que l’évolution des pratiques doit être progressive. Il n’est donc pas question à ce stade, d’interdire aux professionnels l’usage des produits qui sont par ailleurs utilisés en Europe. La volonté exprimée par les Ministres est de travailler sur base d’accords avec l’ensemble de la filière agricole et en aucun cas, de forcer l’évolution par la voie de l’interdiction. Voulant privilégier la voie de la concertation, le Ministre de l’Environnement annonce la présentation d’une étude avec une analyse fouillée, filière par filière, à laquelle notre Fédération serait conviée.
Enfin, nous noterons qu’en aucun cas il n’est question pour les Ministres d’opposer la production bio à la production conventionnelle ni, tout en rappelant l’importance de l’organisation des producteurs, de tout miser sur les circuits courts.

 

Pour les très nombreux agriculteurs présents dans la salle, l’avenir du modèle de notre agriculture régionale suscite de multiples et légitimes questions. Substituer une agriculture majoritairement conventionnelle par une agriculture bio peut-il garantir une meilleure santé économique pour nos producteurs? Ne risque-t-on pas de retomber dans un rapport de force déséquilibré, quel que soit le mode de production? En ce qui concerne l’interdiction d’usage des produits phytos, qui est présentée comme une manière d’accéder à la généralisation de la production bio, pourquoi ne pas mettre plus en avant les très nombreux efforts déjà réalisés par la profession dans ce domaine? De même, nos agriculteurs s’interrogent sur les lourdeurs d’un nouveau système de certification qui viserait à identifier et valoriser leurs produits «zéro phyto» vis-à-vis des consommateurs. Ne faut-il pas utiliser, et peut-être renforcer, les certifications déjà existantes? Les ministres eux-mêmes ont rappelé les gigantesques efforts déjà réalisés par les agriculteurs notamment en termes d’environnement.

Enfin, nombreux sont les agriculteurs qui se demandent comment ils doivent interpréter les différentes annonces du Ministre de l’Environnement relatives à l’augmentation de la taille des zones tampons sans phytos.

Lors du dialogue avec la salle, certains producteurs bio ont clairement exprimé leur inquiétude face à un développement trop rapide de leur mode de production. En effet, lorsqu’un produit devient la norme, donc accessible à tous, il risque de perdre l’avantage économique que procure sa relative rareté. Certains ont également tenu à rappeler que la productivité, et par conséquence le revenu, est même souvent plus variable d’une année à l’autre; quand la météo capricieuse rend les cultures plus vulnérables aux maladies, les possibilités d’apporter un traitement sont nettement plus limitées qu’en conventionnel. De même, il convient de rappeler que produire est un métier, transformer est un autre métier et vendre, un troisième. Tous les producteurs n’ont pas nécessairement vocation à combiner ces 3 métiers et d’aucuns parmi les producteurs bio, ont rappelé qu’ils ne souhaitaient pas forcément s’intégrer dans un groupement de producteurs.

 

Pour la FWA, notre secteur est multiple et complémentaire, répondant en cela à la multiplicité des comportements de consommation.

Sans avoir épuisé le sujet, nous nous réjouissons de la tenue de cette assemblée automnale pour 4 raisons:

-         la très large participation de nos membres tant bio que conventionnels;
-         la clarification de la vision des Ministres sur ce dossier;
-         la volonté exprimée par les Ministres d’engager une démarche «zéro phyto» qui soit progressive, volontaire et concertée;
-         la porte laissée ouverte au dialogue.

Mais le plus important reste qu’un projet politique concernant à ce point l’avenir des agriculteurs doit se discuter avec les principaux concernés. C’est dans ce but que la FWA organise une série de réunions en cette fin d’automne et début d’hiver sur le thème «Wallonie zéro phyto… un projet qui tient la route?». Nous invitons les membres de la FWA à participer activement à ces réunions afin de poursuivre, au sein de notre mouvement, la réflexion sur l’évolution de notre secteur.

 

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