Paiement des aides directes 2015: le point sur la question

La situation des trésoreries de la majorité de nos exploitations wallonnes est plus que tendue. Les prix des denrées sont faibles, les coûts de production élevés, et les finances des agriculteurs s’en ressentent douloureusement. Dans ce contexte, un paiement d’une part substantielle des aides aurait été le bienvenu. La frustration, pour ne pas dire la colère, d’avoir reçu 70% du seul paiement de base, additionné d’une part égale du verdissement dans certains cas, est perceptible et bien compréhensible.

Qui a reçu quoi? Pourquoi? Quand arrivera le solde? Retour sur ce dossier…

 Yvan Hayez

La PAC 2015-2020 est sans doute la plus complexe des versions de la politique agricole que nous ayons connue jusqu’ici.
Conçu comme une lasagne multicouche, le paiement que vous percevrez est difficile à expliquer et à comprendre. Revenons néanmoins une fois encore sur cet exercice.

 Le paiement de base

La première couche de la lasagne PAC est constituée du paiement de base des aides découplées. Le montant de ce paiement de base vous a été communiqué par l’administration au mois de décembre 2014.
A l’exception de certains, vous avez tous reçu 70% de ce montant sur votre compte au cours de la semaine du 16 novembre. Un complément arrivera sur vos comptes avant Noël.
Remarque: Les agriculteurs n’ayant pas reçu cette avance sont heureusement minoritaires, il s’agit essentiellement de personnes impliquées dans un conflit parcellaire ou dont le «bloc» de parcelles est concerné par un tel conflit.

Le verdissement

La couche suivante est constituée du verdissement. Le montant de cette couche est sensiblement identique au montant du paiement de base.
Près de 6000 agriculteurs ont déjà reçu 70% de leur couche verdissement en même temps que leur avance sur le paiement de base.
Qui l’a reçu et surtout, pourquoi pas tout le monde? Pour rappel, le verdissement est conditionné au respect de divers critères: la conservation du pourcentage de prairies permanentes à l’échelle régionale, la diversification des cultures et la mise en œuvre de surfaces d’intérêts écologiques (SIE) sur 5% des terres arables de l’exploitation. L’Europe exige que le respect de ces critères soit contrôlé pour que l’agriculteur puisse recevoir la couche «verdissement» de ses aides PAC. C’est pour cette raison que la Région Wallonne n’a pas encore versé cette part de l’aide aux agriculteurs qui sont soumis à ce verdissement.
Les autres, soit environ 55 % des agriculteurs wallons, considérés comme «automatiquement verts», ont néanmoins déjà perçu 70% de cette couche verte de la PAC. Qui et pourquoi? Il s’agit des agriculteurs «bio» et des agriculteurs dont la SAU est composée de plus de 75% de prairie (dans la négociation PAC, la FWA a notamment négocié et obtenu que les agriculteurs dont 75% de la SAU est composée d’herbage soient d’office exemptés des exigences verdissement).

Les aides couplées

Ces aides concernent l’élevage. Elles remplacent l’ancien système de l’aide vache allaitante.
Une portion qui correspond à 70% de l’aide couplée a déjà été versée aux éleveurs mi-octobre. Attention, cette avance n’a pas été versée à certains éleveurs ayant introduit un recours lorsqu’ils ont reçu leur notification. Ces recours sont en voie de traitement, et l’ensemble des avances non payées devraient l’être avant Noël.

Le «top up» ou paiement redistributif

Il vise à donner un supplément d’aide aux 30 premiers hectares de l’exploitation, en fonction du nombre d’unités de travail présentes sur la ferme. Cette aide sera versée vers le 21/12. Le montant maximal sera d’environ 3.000€ pour ces 30 hectares (augmenté dans certains cas selon le nombre d’unités de travail reconnues par l’administration).

L’aide «jeunes»

Elle s’ajoute à l’aide perçue dans l’exploitation pour soutenir en particulier ceux qui se sont engagés récemment dans la profession, et qui portent encore de lourds investissements sur leurs épaules. Cette aide «jeunes» n’a pas encore été versée. Elle sera versée, selon le Ministre, vers le 21 décembre et devrait correspondre à un maximum d’environ 8.000 € par exploitation «jeune» (environ 90 € par hectare pour un maximum de 90 hectares).

Pourquoi ne pas tout verser?

Ce qui empêche qu’une part plus importante des aides soit versée aux agriculteurs, c’est l’obligation européenne d’organiser des contrôles.

 

Mais que fait la FWA?

Nous avons envoyé un courrier au Ministre Collin , dans lequel nous refaisions le point sur nos revendications.

Dans ce courrier, nous disions notamment: «Nous connaissons parfaitement les conditions nouvelles et difficiles auxquelles votre administration a dû faire face, avec ces modifications importantes qui sont intervenues dans la nouvelle PAC et les procédures de recours à divers niveaux qui ont été créées. La FWA ne peut cependant se contenter de ces justifications pour admettre qu’un nombre important d’agriculteurs ne reçoivent en 2015 qu’une part très réduite, voire inférieure au quart, de l’enveloppe qu’ils sont censés toucher, et doivent attendre quasiment le printemps prochain pour voir venir le solde.»

La FWA continue à revendiquer auprès du Ministre de tutelle qu’il concentre toutes les forces de son administration pour permettre de payer, sinon le solde, au minimum une part complémentaire des aides dues dans des délais rapides, et en tout état de cause, avant la fin de cette année 2015.

Parallèlement au suivi de ce dossier crucial auprès du Ministre et de son administration, la FWA a également reçu des représentants des principales institutions bancaires actives dans le secteur agricole.
Nous les avons sensibilisés aux difficultés financières des agriculteurs dans le contexte particulier de la mise en œuvre de la PAC 2015-2020 et leur avons demandé d’examiner les demandes des agriculteurs en difficulté à la lumière de ce contexte et avec la plus grande bienveillance.
La FWA poursuit ses contacts politiques de manière quotidienne afin de faire avancer ses revendications auprès du Ministre et de son administration pour dégager des solutions concrètes qui doivent permettre aux agriculteurs de percevoir la plus grande part des aides qui leur sont dues dans les plus brefs délais.

Il s’agit avant tout d’équilibrer la trésorerie des exploitations et par là, d’assurer la viabilité de la filière agricole de notre région.

 

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La FWA entendue sur les reports des déclarations PAC et aides couplées

 

Dans l’édito publié le 16 avril dernier et consacré aux aides couplées de la PAC, la FWA a déploré le manque de transparence et les retards constatés dans l’envoi des notifications des références.

Anne Pétré

 

Dans ses contacts avec le Cabinet du Ministre Collin, la FWA a évoqué la nécessité d’accorder un délai supplémentaire aux agriculteurs, afin de leur permettre d’avoir le temps de comprendre toutes les implications de ce nouveau système et de remplir le formulaire en toute connaissance de cause. Un délai par ailleurs bien nécessaire aussi pour la DS web, ce que la FWA n’a pas manqué de relever également. Entretemps, la FWA a organisé une réunion d’urgence avec tous les secrétaires FWA afin de leur donner rapidement toute l’information dont ils ont besoin pour aider efficacement les membres qui les sollicitent. Des documents relevant les questions les plus fréquemment posées sur la DS web et sur les aides couplées sont aussi à la disposition de nos membres sur notre site internet. Ils sont régulièrement mis à jour. Consultez-les ici !

- Foire aux questions DS web
- Foire aux questions Vaches viandeuses

Ce lundi, le Ministre a confirmé par communiqué que notre demande a bien été entendue et que le délai sollicité est accordé dans les deux dossiers. Voici le communiqué du Ministre Collin.

Campagne agricole 2015 : report de la date limite pour les déclarations de superficie via « PAC on web » et la demande d’aide couplée.

La nouvelle Politique Agricole Commune (PAC) entre en application dans son entièreté en cette année 2015 : nouvelles modalités pour les paiements directs dont le paiement vert, aides aux jeunes, complément pour les premiers hectares, et aides couplées à destination de l’élevage. Pour réduire la charge administrative et faciliter le remplissage par les agriculteurs de leur déclaration de superficie et de leur demande d’aides, l’application informatique « PAC on web» a été développée par l’Administration et mise en ligne en février. Par rapport au formulaire « papier », le formulaire électronique « PAC on web » permet:

- d’éviter des erreurs, des oublis ou des incohérences
– de dessiner de façon très prĂ©cise et souple les parcelles et les Ă©lĂ©ments du paysage
– de vĂ©rifier le respect des critères du verdissement pour la diversification des cultures, les prairies permanentes et les surfaces d’intĂ©rĂŞt Ă©cologique
– de guider les agriculteurs dans les choix en matière d’aide du 2ème pilier (MAE, BIO,..).

A ce jour, près de 5.000 déclarations ont été effectués via « PAC on web », ce qui démontre la réussite de ce projet qui simplifie le travail administratif des agriculteurs et de l’administration.   En cette année de changements importants et afin de laisser à tous les acteurs le temps nécessaire pour finaliser leurs demandes, le Ministre René COLLIN a décidé de repousser du 30 avril au 15 mai 2015 la date limite d’introduction pour les documents suivants :

- déclaration de superficie agricole et demande d’aides, uniquement via l’outil « PAC on web»
– demande d’aide couplĂ©e (via formulaire papier transmis Ă  chaque producteur)
– Natura 2000 : formulaire d’identification d’un propriĂ©taire forestier et dĂ©claration de superficie pour les parcelles non exploitĂ©es par un agriculteur (via formulaire papier transmis aux propriĂ©taires concernĂ©s).

La date limite de dĂ©pĂ´t des demandes de modifications des dĂ©clarations de superficie agricole, quel que soit le support d’introduction des demandes, est fixĂ©e au 15 juin 2015.   Le Ministre RenĂ© COLLIN rappelle Ă  tous les agriculteurs qu’un simulateur est disponible sur le portail wallon de l’agriculture pour estimer les aides dĂ©couplĂ©es de la PAC de 2015 Ă  2019.   Ce simulateur et les rĂ©ponses aux questions frĂ©quemment posĂ©es sur l’évolution de la PAC sont disponibles Ă  l’adresse : http://agriculture.wallonie.be/pac

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Assemblée annuelle- PAC 2015-2020

Notre assemblĂ©e annuelle s’est dĂ©roulĂ©e ce mercredi 4 fĂ©vrier Ă  Gembloux. Vous Ă©tiez 500 Ă  nous rejoindre pour cet Ă©vĂ©nement important de la vie de notre organisation. Merci pour votre prĂ©sence !

Retrouvez ici les vidéos projetées à cette occasion, le powerpoint illustrant les exposés ainsi que quelques unes des photos prises au cours de la matinée.

 

Nos vidéos:

   Les Aides Directes

  Le Verdissement

  Le Deuxième pilier

 

L’assemblĂ©e en images:

 

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PAC 2014-2020: ce qu’a revendiqué la FWA… et pourquoi

Anne Pétré

Le cadre européen

 

En juin 2011, la Commission a communiqué sa proposition de réforme PAC pour la période 2014-2020. Sur cette base, les services et les structures décisionnelles de la FWA ont longuement réfléchi afin de construire des revendications basées sur les réalités économiques de nos exploitations.
Au terme de près de 3 ans, durant lesquels la FWA a travaillé notamment avec des organisations européennes partageant ses points de vue, le cadre final de la réforme PAC a été défini.
Comment ce dossier at-il évolué au fil de ces 3 années ? Qu’a revendiqué et obtenu la FWA ? Nous vous invitons à replonger  dans l’historique de cette réforme…

La convergence interne des paiements directs :

La commission proposait : une convergence totale, avec un niveau de paiement direct égal pour tous les agriculteurs du pays ou de la région. Le rapprochement devait débuter dès 2014 (-40%) et s’achever en 2019 (100%).

La FWA a revendiqué : l’application d’une méthode « tunnel », c’est-à-dire une réduction de l’écart entre le montant des aides perçues par les agriculteurs, avec une limitation de la perte sur les droits les plus élevés, mais aussi une hausse des droits les plus faibles, le tout étalé sur l’ensemble de la période 2014-2020.

Pourquoi ? Parce que pour la FWA, l’application d’un niveau de paiement direct égal pour tous mettait en danger la pérennité des exploitations qui ont réfléchi leurs investissements sur base de leur revenu et donc de leurs montants de DPU, ces derniers pouvant représenter une part plus ou moins  importante du revenus selon les secteurs. Une convergence partielle et étalée sur une longue période de transition permet à l’agriculteur de s’adapter, et de conserver un lien avec le montant historique de ses droits au paiement.

L’accord final : Les DPU sous 90% de la moyenne régionale devront rattraper un tiers de leur retard d’ici la fin de la programmation 2014-2019. A terme, en 2019, aucun exploitant ne pourra percevoir de DP inférieur à 60% de la moyenne nationale/régionale. Mais aucun d’entre eux ne pourra plus non plus, dans les mêmes délais, percevoir de DPU qui dépasserait la moyenne de plus de 30%.

La convergence externe des paiements directs :

La commission proposait : une convergence visant à amener chaque agriculteur d’Europe à atteindre au minimum 90% de la moyenne européenne et à rattraper un tiers de l’écart par rapport à cette moyenne.

La FWA a revendiqué : l’application d’une méthode « tunnel », c’est-à-dire une réduction de l’écart entre le montant des aides perçus par les agriculteurs dans les divers pays de l’Union, avec une limitation de la perte des droits les plus élevés, et une hausse des droits les plus faibles, le tout étalé sur l’ensemble de la période 2014-2020. La FWA a également insisté sur un financement de cette mesure le plus limité possible par la Belgique.

Pourquoi ? Parce que pour la FWA, l’application d’un niveau de paiement direct égal pour tous les agriculteurs européens ne tient pas compte des réalités agricoles et économiques des divers pays, qui ont des niveaux de vie et des coûts de production radicalement différents.

L’accord final : les Etats membres dont le niveau d’aide est inférieur à la moyenne européenne devront combler une part de leur retard et atteindre au minimum 75% de la moyenne Européenne d’ici 2020.

Le couplage :

La commission proposait : un couplage possible de 5%, voire 10%, ou plus si l’Etat membre pouvait en justifier l’utilité.

La FWA a revendiqué : la conservation d’un couplage de 20% avec un équilibre entre les divers secteurs bovins.

Pourquoi ? Parce que les chiffres dont nous disposons démontrent que le secteur bovin est le plus dépendant des aides  européennes, celles-ci constituant sur la dernière décennie entre 90 voire 100%  du revenu des exploitations d’élevage, selon l’étude menée par le professeur Lebailly de la Faculté de Gembloux.

L’accord final : les Etats membres ou régions peuvent appliquer un couplage de base de 8% (+2% consacrés à l’aide à la production de protéines végétales) et peuvent monter jusqu’à 13% +2 % protéines végétales. Si l’Etat membre ou la région appliquait un taux de couplage supérieur à 13% avant la réforme, il ou elle pourra demander à l’Europe d’obtenir un taux de couplage plus important, pour autant que le mécanisme défendu n’incite pas à la production.

Les suppléments ou « top-ups » :

Pour les jeunes : 

La commission proposait : une aide supplémentaire  de 25% max pendant 5 ans sur un min de 25ha, et financée par un max de 2% de l’enveloppe nationale ou régionale.

La FWA a revendiqué : que cette mesure soit appliquée en fixant la surface concernée en fonction de la SAU moyenne de la région ou de l’Etat membre.

Pourquoi ? Pour aider les jeunes à s’installer et à démarrer leur activité dans de meilleures conditions et en phase avec la réalité agricole de l’Etat ou Région d’installation.

L’accord final : correspond à la proposition initiale de la Commission, et donc à la revendication de la FWA,  et prévoit une adaptation de la surface concernée à la SAU moyenne de l’Etat ou de la région.

Pour les premiers has :

La Commission proposait : rien ! Aucune mesure de ce type n’était prévue dans la proposition initiale. Elle est venue s’insérer dans la discussion lorsque Stéphane Le Foll est devenu Ministre français de l’agriculture. Ce dernier a proposé cette aide  sur les premiers ha en vue de renforcer, selon ses dires, les exploitations moyennes diversifiées.

La FWA a revendiqué : un supplément pour les premiers has à calculer en fonction des chiffres wallons, c’est-à-dire de l’impact budgétaire global et sur le revenu de l’ensemble des agriculteurs, tous secteurs confondus.

Pourquoi ? La FWA a pour mission de défendre tous les types d’agricultures et d’exploitations. On travaille sur base d’une enveloppe fermée : ce qui est consacré au top-up aux premiers has sera donc retiré du budget « paiement de base, seul soumis à convergence. Pour la FWA,  il était donc important de calculer ce montant de top-up pour qu’il aide les exploitations dont la surface est limitée, sans pour autant conduire à une diminution trop importante du paiement de base, notamment pour ceux qui possèdent des droits supérieurs à la moyenne. Rappelons que les détenteurs de droits supérieurs à la moyenne ne sont pas forcément à la tête d’exploitations dont la SAU est importante. Les exploitations dont les droits sont supérieurs à la moyenne sont en effet souvent des fermes diversifiées de SAU moyenne.

L’accord final : prévoit une aide aux 30 premiers has (ou plus si la SAU moyenne de l’Etat ou la région est de plus de 30ha) pour un max de 30% de l’enveloppe budgétaire 1er pilier.

Le verdissement :

La commission proposait : 30% du budget consacré au verdissement. Le paiement de ces 30% devait être subordonné au respect de 3 types de mesures : la diversification des cultures (min. 3 cultures différentes chacune représentant minimum 5% et max 70 % de la SAU), le maintien des prairies permanentes (5% max de diminution par exploitation), 7% de la SAU en surface d’intérêt écologique (SIE) hors prairies permanentes.

La FWA a revendiqué :   10% du budget max consacré au verdissement ainsi qu’un assouplissement des  mesures préconisées par l’Europe  : la diversification des cultures limitée à 2 cultures différentes et une exemption si la SAU est de 75% ou plus de prairies permanentes, la conservation des prairies permanentes calculée à l’échelle régionale et pas à l’échelle de l’exploitation, les surfaces d’intérêt écologiques limitées à 3% (et la prise en compte des cultures protéiques comme SIE)

Pourquoi ? Pour limiter l’impact sur le revenu et faciliter la mise en œuvre par les agriculteurs, limiter la part de la SAU « sortie » de la production pour être consacrée aux mesures d’intérêt écologique et prendre en considération l’apport vert des prairies et des cultures protéiques.

L’accord final : 30% du budget consacré au verdissement. La diversification des cultures est limitée à 2 cultures différentes si moins 30ha de terres arables, 3 cultures si plus de 30ha de terres arables, avec une exemption si les terres arables représentent moins de 10ha ou si 75% de la SAU est composée de prairies permanentes. La conservation des et prairies permanentes peut être calculée à l’échelle régionale ou  de l’exploitation au choix de l’Etat ou de la région. Les surfaces d’intérêt écologiques limitées à 5% jusqu’en 2016, et 7% ensuite (après évaluation de l’UE).  Les exploitations de moins de 30ha de surface arable et  comptant plus de  75% de prairies permanentes, ainsi que les exploitations en bio sont considérées comme répondant aux critères de verdissement. Les SIE seront sélectionnées par l’Etat ou la région dans un catalogue de mesures, que l’Etat ou la région pourra encore étendre avec l’accord de l’Europe.

 

 

La mise en œuvre régionale :

 

La réforme de la PAC est certes très cadrée par l’Europe, mais elle offre aussi la possibilité de nombreuses adaptations dans plusieurs de ses aspects. La FWA a donc travaillé et réfléchi afin de construire des revendications qui, ensemble, construisent une PAC aussi équilibrée que possible pour assurer la viabilité d’un maximum d’exploitations agricoles familiales de notre région, tous secteurs et tous types d’exploitations confondus.

Il s’agit d’un exercice d’autant plus difficile que l’on travaille dans une enveloppe budgétaire réduite (le budget PAC aura en effet diminué de plus de 11 %, hors inflation, à l’horizon 2020) et fermée (ce qui implique que les moyens alloués à une mesure doivent être retirés du budget global).

Néanmoins, notre réflexion basée sur les références économiques des exploitations wallonnes, nous a permis de dégager une position, fruit d’une concertation entre tous les secteurs et modes de production.

La semaine dernière, le Ministre Di Antonio a fixé le cadre régional de cette réforme de la PAC. La FWA a salué dans un communiqué, la prise en compte par le Ministre de la majorité de ses revendications. Néanmoins, la FWA a aussi constaté et regretté que le Ministre n’ait pu adhérer pleinement à la position équilibrée qu’elle défendait.

Nous reproduisons ici l’exercice réalisé plus haut pour le cadre européen. Qu’a proposé la Région ? Qu’a demandé la FWA ? Pourquoi ? Quel est l’accord final ?

Verdissement :

La proposition régionale : un paiement du verdissement calculé à l’échelle régionale, ce qui implique qu’il représente 30% de l’enveloppe et soit en quelque sorte « lissé » et distribué en complément de chaque paiement de base, quel que soit le montant de celui-ci.

La FWA a revendiqué : un paiement du verdissement calculé à l’échelle individuelle, ce qui implique que chaque paiement de base sera augmenté de 30% de son montant si l’agriculteur respecte les règles du verdissement. La FWA a également demandé que le catalogue des mesures considérées comme correspondant aux surfaces d’intérêt écologique, soit étendu de manière à permettre aux exploitants dont la SAU est essentiellement composée de cultures arables de ne pas devoir exclure trop de surface de la production (discussion des coefficients de conversion).

Pourquoi ? Comme nous l’avons dit plus haut dans le volet européen, la convergence exigée par l’UE implique que les droits supérieurs à la moyenne soient diminués tandis que les droits inférieurs devront augmenter. Afin de garder un lien avec la référence historique de chacun et de préserver la capacité des exploitants à assumer les investissements qu’ils ont réalisés, la FWA a souhaité que le calcul du verdissement soit individuel, ce qui permet de réduire la perte des droits supérieurs à la moyenne, qui rappelons-le encore, ne sont pas forcément détenus par des exploitants dont la SAU est élevée, mais plutôt par des agriculteurs travaillant sur des fermes moyennes et diversifiées.

L’accord final : le paiement du verdissement sera calculé à l’échelle individuelle. De plus, le Ministre s’est engagé à chercher des mesures considérées comme surfaces d’intérêt écologique favorables aux exploitations axées vers les cultures, comme par exemple la prise en compte dans ces SIE de certaines cultures rémunératrices.

Couplage :

La FWA a revendiqué : dès le départ le maintien d’un taux de couplage maximum en maintenant l’historique en ce qui concerne la référence

La proposition régionale : taux de couplage maximum (à présenter et défendre auprès de la DG Agri)

L’accord final : couplage 21,3% et maintien de l’historique (mais nécessité d’un accord européen) ; les 21,3% se décomposeraient en 18 % pour vaches allaitantes ; 3,1 % pour une prime « fourrages » et 0,2 % prime ovine. Des discussions sont toujours en cours concernant une adaptation de la réglementation « vaches allaitantes » actuelles dans le sens d’une simplification et de la constitution d’une réserve à redistribuer prioritairement et gratuitement aux jeunes.

Top-up :

Jeunes : le Ministre et la FWA se sont accordés sur le principe de l’attribution d’un supplément d’aide aux jeunes  correspondant à 25 % de la moyenne du total des paiements directs/ha durant 5 ans sur une surface calculée qui pourrait aller jusque 75 ha (encore à définir exactement) et le tout, pour un montant maximum de 2% de l’enveloppe.

Premiers hectares:

La proposition régionale : l’attribution d’un supplément de 30% aux 50 premiers has de l’exploitation.

La FWA a revendiqué : l’attribution d’un supplément de 10% aux 50 premiers has de l’exploitation.

Pourquoi ? Comme nous l’avons dit plus haut dans le volet européen, la FWA a pour mission de défendre tous les types d’agricultures et d’exploitations. On travaille sur base d’une enveloppe fermée: ce qui est consacré au top-up aux premiers has sera donc retiré du budget « paiement de base ». Pour la FWA,  un top-up de 10% permet à la fois de soutenir les exploitations dont la SAU est dans la moyenne wallonne, sans pour autant réduire de façon trop drastique le montant réservé aux paiements de base.

L’accord final : le top-up attribué sera de 20, sur les 50 premiers ha et par producteur.

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Communiqué- Pac: la FWA poursuit le dialogue

PAC : la FWA poursuit le dialogue

 

Dans le cadre des nĂ©gociations sur la mise en Ĺ“uvre en  Wallonie de la politique agricole commune, le comitĂ© directeur de la FWA (associant l’Union des Agricultrices Wallonnes et la FĂ©dĂ©ration des Jeunes Agriculteurs) s’est rĂ©uni  ce mardi 21 janvier en soirĂ©e.

 

 

La politique agricole commune constitue un élément économiquement déterminant pour l’avenir de l’agriculture européenne en général et wallonne en particulier.

De fait, les aides européennes constituent pour bon nombre d’entreprises agricoles, quelle que soit leur orientation technico-économique, la principale source dans la formation du revenu. Dès l’amorce de cette réforme,  la Fédération Wallonne de l’Agriculture a eu pour souci principal de trouver un équilibre qui, sur base de références économiques, permette d’assurer un avenir et une viabilité à un maximum d’exploitations agricoles familiales.

La mise en œuvre en  Wallonie de la politique agricole commune est en phase de finalisation. La position défendue par la FWA est le fruit d’une concertation entre tous les secteurs et modes de production et se traduit par un équilibre mûrement réfléchi.

La FWA salue le fait que  la proposition présentée par le Ministre rencontre, sur une majorité de points, les positions définies par la FWA.

Toutefois, la FWA constate et regrette que le Ministre ne puisse adhérer pleinement à la position d’équilibre qu’elle défendait.

La Fédération Wallonne de l’Agriculture continuera à défendre ce qu’elle considère comme un point d’équilibre lié à la réalité économique de l’ensemble des exploitations wallonnes.

A ce titre, elle prend acte des ouvertures et pistes de compromis formulées par le Ministre Di Antonio pour rencontrer les revendications défendues par la FWA et faire en sorte que l’impact soit le moins pénalisant possible pour l’ensemble des exploitations agricoles de notre région.

Concrètement, la Fédération Wallonne de l’Agriculture continuera en pleine responsabilité et indépendance à construire, avec le Ministre de l’Agriculture, une politique agricole régionale permettant d’offrir une perspective d’avenir à un maximum de nos agriculteurs.

 

Contact :    Yvan Hayez (Secrétaire général) : 0477/47.16.25

Anne Pétré  (Responsable communication) : 0484/499.077

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INFOFWA : Versement anticipé des aides directes aux agriculteurs wallons

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