Unis, solidaires et combatifs !

Posté le 9 mai 2018 | comment Aucun commentaires.

La quinzaine écoulée a été très active dans les champs comme dans les bureaux et les salles de réunion de la Fédération Wallonne de l’Agriculture. Dossier produits phytosanitaires, budget PAC, RN 25… de nombreux rebondissements dans l’actualité des secteurs, rarement (pour ne pas dire jamais) favorables aux agriculteurs. Résumé de cette période très chargée…

 Anne Pétré

Pour commencer sur une note positive, il faut avant toute autre chose rappeler que le vendredi 27 avril dernier, l’Union des Agricultrices Wallonnes organisait son assemblée annuelle à Gembloux. Ecrire sur cet évènement incontournable de la vie de nos mouvements est toujours un peu embêtant, car on a l’impression de se répéter. Chaque année, le même commentaire s’impose: c’était formidable! Des invités passionnants (Ch. Lambert, présidente de la FNSEA, Luc Vernet, du Think tank Farm Europe,  Bernard Decock et Anne Bedoret, de l’ASBL Duraphyto), une organisation impeccable, des moments d’humour, avec un vrai contenu… Un cocktail que l’UAW réussit chaque année, quel que soit le thème abordé. Pour l’édition 2018, les agricultrices avaient choisi: «La coopération en agriculture familiale: un champ de possibles!». Nous vous conseillons de vous plonger dans la lecture des pages de l’UAW, au centre de ce journal, qui vous donneront une idée plus précise du contenu des diverses interventions du jour. Vous pourrez aussi, comme nous l’avons fait le jour même, sourire devant les illustrations du caricaturiste invité pour l’occasion, qui a ponctué toutes les interventions de quelques dessins piquants à souhait.

Bravo et merci à l’UAW pour cette magnifique journée, qui nous a offert une respiration positive et dynamique dans une quinzaine bien sombre sur le plan syndical!

Tandis que l’assemblée de l’UAW battait son plein, une mauvaise nouvelle tombait: l’Europe a voté pour l’interdiction pure et simple de l’usage des néonicotinoïdes dans les cultures de plein air. Une décision catastrophique pour nos betteraviers, pour lesquels nous avions revendiqué une dérogation bien argumentée, comme vous pourrez le voir dans l’article consacré à ce dossier ICI .

La veille, le jeudi 26 avril, le Gouvernement wallon  approuvait en première lecture un arrêté qui vise à renforcer les contraintes liées aux méthodes de pulvérisations sur nos champs. Une proposition du Ministre Di Antonio, qui entend ainsi «protéger les riverains» des pulvérisations agricoles. La FWA a travaillé sur cet arrêté de long mois, et communiqué ses revendications à de multiples reprises. Nous avons dû forcer le débat avec le Ministre Di Antonio qui préférait une fois de plus passer en, force et communiquer via la presse plutôt que de se mettre autour de la table avec le secteur  . Parmi les acquis FWA, on peut aussi souligner une autre avancée significative: l’abandon d’une bande tampon de 6 mètres, que le Ministre entendait généraliser pour toutes les zones fréquentées par le public. Dans le nouveau texte, pas de bande-tampon générale, mais des limitations des conditions dans lesquelles on pourra utiliser des produits phytosanitaires (voir l’article y consacré ICI).

Dans la dernière édition de Pleinchamp, nous aussi abordions l’épineux dossier de la RN25, cette nationale qui traverse le Brabant de Grez-Doiceau à Nivelles, et qui est essentielle aux agriculteurs. Nous vous l’expliquions il y a 15 jours, le Ministre Di Antonio a provoqué de sérieux remous dans les campagnes brabançonnes en annonçant par voie de presse, que la route serait fermée aux véhicules lents, et donc au charroi agricole, dès le 1er juillet.

Une décision imbuvable pour les agriculteurs, qui nous a amenés à demander d’urgence au Ministre de nous recevoir. Dans le même temps, la FWA du Brabant organisait aussi une opération de sensibilisation aux deux extrémités de la route, distribuant des pommes de terre et des tracts explicatifs à des automobilistes plutôt réceptifs à nos revendications. Davantage que le Ministre, en tous cas, comme vous pourrez le lire ICI  !

Et comme si cela ne suffisait pas, voilà que fin de la semaine dernière, nous recevions la confirmation de l’une de nos craintes: l’Europe propose de revoir le budget PAC à la baisse. Une diminution de 5%, qui finirait par réduire en réalité les moyens dédiés à l’agriculture de plus de 7%, selon certains observateurs (lire l’article y consacré ICI)

On sentait venir cette annonce, au vu du contexte européen encore plus complexe que d’habitude. Tout attendue qu’elle soit, cette annonce ne passe pas plus facilement pour autant! Alors qu’on exige toujours plus des agriculteurs, en n’assurant aucune stabilité de marché, on les soutient sans cesse moins.

Une schizophrénie de nos décideurs européens qu’il nous faudra combattre fermement, avec nos collègues de l’Agrofront et bien évidemment du COPA, pour tenter de récupérer un budget PAC à la hauteur des attentes sociétales et des missions qui sont confiées à notre secteur.

Une période sombre, on ne peut pas le nier, mais qui nous rappelle une chose essentielle: il est plus que nécessaire de s’unir pour réagir. C’est la mission de notre organisation: rassembler les agriculteurs pour construire des revendications argumentées et bâtir une défense solide, entre nous, puis avec d’autres organisations européennes, au bénéfice de tous les secteurs de notre agriculture.

 

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