«Zéro phyto»: un projet qui tient la route? – Aspects santé

Posté le 20 janvier 2017 | comment Aucun commentaires.

Une série de séances d’information et surtout de réflexion sur le projet «zéro phyto» de nos ministres wallons est organisée en ce moment par la FWA en collaboration avec l’UAW, la FJA et la FWH. Ces séances feront le tour de toutes les principales productions agricoles wallonnes concernées pour mesurer les impacts du projet sur celles-ci. Deux séances ont également été prévues pour analyser les conséquences de l’usage des phytos ou du passage au zéro phyto sur la santé et l’environnement. La journée consacrée à l’aspect santé a eu lieu le vendredi 13 janvier à Gembloux. Voici ce que nous y avons appris.

Anne Pétré

Marianne Streel, présidente de l’UAW, était chargée d’introduire la journée. Elle a rappelé d’entrée que l’objectif de la «tournée zéro-phyto» était de permettre aux agriculteurs, les premiers concernés, de se réapproprier le débat autour du projet proposé par les Ministres wallons de l’Environnement, de l’Agriculture et de la Santé. Pour les agriculteurs, il est important de pouvoir mesurer les conséquences très concrètes de ce projet, en associant à notre réflexion une série d’experts des divers aspects et divers secteurs touchés par celui-ci.

Nous voulons porter la réflexion sur tous les axes: économique, environnemental et social. On le sait, le citoyen qui répond à un sondage ne concrétise pas toujours ses déclarations quand il devient le consommateur poussant son caddy dans un supermarché. Il est donc important que nous pensions à la manière dont ce projet pourrait se mettre en œuvre en rémunérant le travail de l’agriculteur à sa juste valeur. Nous voulons donc voir comment un tel projet serait applicable dans nos exploitations, mais aussi réfléchir à l’organisation de nos filières agricoles.

Enfin, la Présidente de l’UAW a aussi voulu rappeler l’importance des efforts réalisés par les agriculteurs au fil du temps, rappelant que la majorité des agriculteurs appliquent leurs traitements phytosanitaires sur base d’avertissements et pratiquent ainsi une lutte intégrée, et que sans doute, les progrès réalisés dans les techniques d’agriculture de précision permettront encore de réduire le recours aux phytos.

 

Stop au marketing de la peur!

Alfred Bernard, toxicologue à l’UCL, entame son exposé en faisant une mise au point importante: lorsqu’on parle de produits phytos, il faut distinguer deux choses: la ou les molécules actives et les co-formulants. En effet, ce qui, par exemple, présente une odeur forte qui peut effrayer le passant qui croise la route d’un pulvérisateur, c’est bien souvent les solvants, adjuvants qui font partie de la «recette» du produit phyto. Ces solvants peuvent ne pas être anodins pour la santé du professionnel qui manipule de produit: ils sont parfois irritants, peuvent avoir une action narcoleptique… Bref, et Monsieur Bernard le répétera tout au long de son exposé, l’utilisateur professionnel de produits phytos doit être prudent et appliquer toutes les précautions d’usage lorsqu’il manipule un produit!

C’est d’ailleurs avant tout pour l’utilisateur que les produits phytos posent des risques liés à la santé: on constate en effet que l’usage répété et sans précautions de ces produits peut augmenter le risque de développer la maladie de Parkinson (essentiellement les insecticides, qui sont des neurotoxiques) ou certains types de cancers (lymphomes, leucémies, cancers hormono-dépendants…), ou enfin de rencontrer une baisse de la fertilité.

Des molécules dangereuses ont été retirées de la vente, fort heureusement… Toutefois, il est vraiment capital avec les produits toujours en vente aujourd’hui de respecter scrupuleusement toutes les mesures de précaution décrites par la notice. Il faut porter des gants, un masque, une salopette, et il est impératif de retirer ses vêtements de protection avant d’entrer dans le lieu de vie familial, pour ne pas contaminer celui-ci. Les risques de contamination para-professionnelle sont en effet bien présents si l’on n’y prend pas garde. Il faut systématiquement prendre une douche lorsqu’on termine une pulvérisation.

Ceci étant mis au clair, Alfred Bernard tient à fermement rappeler qu’on ne peut en rien extrapoler les risques pris par un utilisateur régulier de phytos à ceux que prendraient les consommateurs du produit final. Dénonçant la tendance croissante des médias à développer un véritable marketing de la peur,replique montres pas cher le toxicologue rappelle que le facteur de sécurité appliqué aux résidus autorisés dans l’alimentation est énorme. On calcule ainsi la dose qui pose des soucis de santé chez l’animal, et on la divise par 100 au minimum, voire plus, pour définir le seuil autorisé chez l’homme. Cela signifie que lorsqu’on trouve des résidus qui dépassent le seuil autorisé dans un aliment, cela n’implique pas qu’il soit dangereux pour notre santé, cela veut simplement dire que la marge de sécurité est plus faible!

Les études montrent que la consommation de minimum 5 fruits et légumes par jour diminue de façon drastique le risque de cancer ou de maladie cardiovasculaire et ce, depuis plus de 30 ans. Or, à l’époque, les normes de résidus autorisés étaient moins sévères et certains produits aujourd’hui interdits étaient encore utilisés. Les maigres résidus de phytos qu’on peut retrouver ça et là dans nos végétaux ne viennent pas contrecarrer ces effets bénéfiques constatés, y compris sur la fertilité humaine! Il faut aussi se méfier du mythe de la nature bénéfique, car celle-ci peut aussi être dangereuse: ainsi, certaines plantes produisent des mycotoxines qui sont des cancérogènes bien plus redoutables que les phytos!

Hélas, le grand public est confronté à des informations, des articles, des émissions qui ne reposent sur aucune base scientifique sérieuse. Ainsi, l’émission «Cash investigation» consacrée aux phytos était honteusement dénuée de fondement scientifique! Lorsqu’on mesure par exemple, les risques liés à l’exposition aux phytos comme riverain à la campagne, on constate que plus on s’éloigne du champ, plus le risque diminue (de façon exponentielle) et qu’à 100 mètres du champ, celui-ci est nul.

Lors de sa conclusion, Alfred Bernard conseille un ouvrage de Serge Michels «Le marketing de la peur» qui explique bien comment on se saisit d’un sujet qui effraie la population, car lié à sa longévité, sa santé et sa fertilité, pour le monter en épingle en exagérant les risques encourus. A cet égard, le toxicologue interpelle aussi les hommes et femmes politiques en leur demandant d’être mesurés et prudents dans leurs déclarations, et surtout d’être cohérent en n’obligeant pas les agriculteurs à cesser d’utiliser les phytos –soi-disant hyper dangereux pour nos consommateurs- tout en leur demandant de recycler des boues d’épurations, autrement plus inquiétantes en termes de santé publique.

 Cliquez ici pour voir la présentation powerpoint de A.Bernard

Agréation: le très long chemin des phytos

Olivier Guelton travaille pour le SPF Santé publique et est membre du comité qui agréée les produits phytosanitaires en Belgique. C’est à ce titre qu’il est venu expliquer quel chemin doit suivre une demande d’agréation avant qu’un produit puisse enfin être mis en marché sur notre territoire.

Un produit phyto, c’est une ou plusieurs substances actives, et des co-formulants: la substance active est évaluée puis autorisée par l’Europe, tandis que la «recette» du produit qui comprend des adjuvants est, elle, évaluée et autorisée au niveau national. Bien sûr, si une molécule est interdite par l’Europe, son chemin s’arrête là, car elle ne sera pas évaluée au niveau national. Depuis des années, et plus notablement encore au cours de la dernière décennie, de très nombreuses molécules ont été retirées du marché. Le cadre légal qui entoure l’usage des produits phytosanitaires est par ailleurs de plus en plus sévère, jusqu’aux règlements européens de 2009 et 2013 qui définissent les procédures auxquelles nous sommes soumis aujourd’hui.

L’évaluation de la toxicité potentielle porte sur tous les axes qui pourraient causer des risques: l’environnement, la santé humaine et de la faune, le maintien de la biodiversité… Dès qu’un risque trop élevé est pointé, la molécule est tout simplement interdite, même si le risque peut être réduit par des mesures d’utilisation spécifiques.

Le processus d’agréation de la molécule au niveau européen prévoit qu’un dossier soit déposé auprès de l’EFSA, comprenant autant d’informations que possibles sur la molécule, sa chimie, son efficacité, ses impacts… y compris toutes les études disponibles sur le sujet. Les firmes doivent fournir des études sur la toxicité sur une multiplicité d’aspects (hormones, cancer, tératogénicité sur humains, animaux…).

Après vérification de divers aspects liés à l’aspect administratif et à l’exhaustivité du dossier, des experts se réunissent sous la houlette de l’EFSA afin d’analyser le dossier. Les études de toxicologie déterminent 3 dosages: la dose journalière acceptable (qu’on peut ingérer chaque jour sans risque, définie avec un facteur de sécurité de minimum 100), la dose aigüe de référence (dose maximum qui peut être ingérée en une seule prise sans effet sur la santé) et enfin la dose d’application acceptable pour l’opérateur (AOEL)qui désigne la quantité maximum de substance active á laquelle on peut être exposé quotidiennement, sans effet dangereux pour sa santé en tant qu’utilisateur.

A l’issue de ce processus, l’EFSA rédige un projet de conclusion, sur lequel la Commission européenne se positionne ensuite.

Si la molécule est autorisée, on passe aux Etats membres qui évaluent les produits qui la contiennent. Si elle n’est pas autorisée, tous les Etats membres doivent retirer leurs autorisations de vente aux produits concernés.

L’évaluation nationale s’effectue ensuite par groupes de pays, zones qui ont pour caractéristiques de partager des conditions pédoclimatiques, et qui vont chacun définir un pays rapporteur pour chaque dossier.

La Belgique est dans la zone centrale. Un Etat membre va évaluer le produit pour l’ensemble de la zone (dans certains cas, on peut faire une évaluation pour les 3 zones).

Tout le processus de soumission du dossier par la firme recommence, produit par produit, avec vérification des aspects administratifs avant le passage devant le Comité d’agréation des phytos, qui se réunit pour analyser la chimie et l’efficacité du produit ainsi que ses impacts potentiels sur la santé et l’environnement, sa rémanence, sa stabilité lors du stockage…. Si l’autorisation de vente est donnée, elle l’est pour une période limitée et des conditions d’utilisation sont définies pour limiter encore les risques et déterminer les doses autorisées.

En résumé, il faut qu’une molécule passe bien des tests et des contrôles, qu’elle franchisse de nombreuses barrières avant de pouvoir être utilisée dans nos campagnes: un processus certes très lourd, mais au final rassurant pour le consommateur dont la santé et l’environnement sont étroitement protégés!

 Cliquez ici pour voir la présentation powerpoint de O.Guelton

Analyser le risque, le gérer…et communiquer

Philippe Castelain, de l’Institut scientifique de santé publique, est ensuite intervenu afin d’expliquer comment on évalue le risque lié à l’exposition aux produits phytopharmaceutiques, pour les utilisateurs, les passants et les riverains. Ces études sont, souligne Philippe Castelain, particulièrement poussées dans notre pays.

En fonction du public, les doses de référence seront évidemment différenciées: un promeneur qui passe près d’un champ durant une heure n’est pas exposé de la même manière que l’agriculteur qui utilise le produit de façon régulière.

L’exposition des divers publics est calculée via une série de tests en champ avec des «patchs» capteurs, qui permettent de mesurer la contamination des divers endroits du corps ainsi que l’ingestion par voie respiratoire. Sur ces bases, des modélisations sont réalisées pour évaluer les divers niveaux d’exposition des publics visés.

En 2016, on utilise un nouveau modèle de calcul, le modèle ESFA qui s’appuie sur 34 nouveaux essais conduits en Europe dans les années précédentes. Il offre l’avantage de permettre un calcul unique et d’être valable pour tous les publics analysés. Par contre, il ne s’applique ni au traitement de la graine, ni aux traitements en serre, pour lesquels d’autres modèles de calcul doivent être appliqués. Ce modèle EFSA prend aussi en considération l’impact des mesures atténuantes, comme le port de protections, qui se révèlent cruciales dans la réduction du risque.

L’exposition des travailleurs est scrutée de très près, et l’on analyse toutes les situations où celui-ci serait potentiellement exposé, tout au long de la manipulation, de la récolte finale, du stockage….

Pour les risques éventuels pour les passants et les résidents, on prend en compte la durée d’exposition journalière, l‘absence de protections, la distance… Il n’existe pas de chiffres pour les distances inférieures à 2 m en grande culture, ou 3 mètres en verger, ce qui mène à préconiser une zone tampon de cette largeur.

Des études épidémiologiques sur les effets de l’exposition à plus long terme sont aussi réalisées et analysées. Elles permettent de mesurer si l’exposition de l’utilisateur de façon régulière aux substances visées augmente son risque de contracter certaines maladies, dont essentiellement des cancers. Une étude élargie menée sur un grand nombre de pays européens et tiers, et sur 180.000 personnes semble montrer qu’il n’y a pas de risque augmenté de cancer ni de mortalité (sauf peut-être une légère hausse des cancers de la prostate, à creuser dans le futur).

On remarque toutefois une légère augmentation du risque lié à certaines activités agricoles particulières, comme la fenaison. De façon transversale, il apparait que le port des protections est essentiel.

Au-delà de l’analyse des risques, il faut réaliser un travail de communication de ceux-ci. En effet, les échos médiatiques peuvent fausser la réalité de ce que montrent les études. La transparence est donc essentielle tout au long du processus d’étude, pour rétablir la confiance chez toutes les parties concernées.

  Cliquez ici pour voir la présentation powerpoint de P.Castelain

Beau bulletin pour nos producteurs!

Jean-François Schmidt, de l’AFSCA précise avant tout que l’agence est chargée de contrôler les pesticides d’un bout à l’autre de la chaîne. Au départ, le stockage, l’emballage, sont vérifiés lors de la mise en marché du produit lui-même, tant chez le fabricant que chez le revendeur.

Ensuite, les agriculteurs le savent bien, l’utilisateur est lui aussi soumis au contrôle de ces produits, de leur stockage, du pulvérisateur utilisé.

Enfin, les denrées alimentaires produites sont également vérifiées afin de s’assurer qu’elles ne présentent pas un niveau excessif de résidus.

L’approche utilisée prévoit un examen des données toxicologiques des produits. L’agence est dotée d’un comité scientifique qui émet, en se basant sur les risques, des avis et recommandations qui étayeront les contrôles. Les produits les plus consommés, les plus répandus dans notre alimentation sont contrôlés de façon plus rapprochée, et les importations sont vérifiées également, le tout sur base des règles fixées par l’Europe et traduites dans notre législation nationale.

Les contrôles réalisés sur les aliments sont extrêmement larges, puisqu’ils ciblent quelque 600 substances différentes sur toute la filière alimentaire tant humaine qu’animale. JF. Schmidt souligne que des techniques de plus en plus pointues permettent de détecter jusqu’à d’infimes traces de ces substances dans les aliments analysés.

Les résultats obtenus sont comparés avec les limites maximales de résidus autorisés par la législation européenne. Malgré le caractère à la fois étendu et minutieux du processus de contrôle, les chiffres montrent que les produits présentant des dépassements de normes sont rares. En Belgique, 99% des produits respectent les normes!

Lorsqu’un dépassement est constaté, l’agence s’efforce aussi de trouver l’explication, qui peut-être de diverses natures, mais s’avère le plus souvent, lorsqu’on parle de produits belges, liée au non-respect de bonnes pratiques, à une contamination de l’environnement, ou à la présence naturelle de la molécule dans le produit (comme pour les dithiocarbamates dans les choux)…

Lorsqu’l s’agit de produits importés, il s’agit le plus souvent d’un usage de molécule non autorisée sur notre territoire.

Un bilan très rassurant, au final, mais qui n’empêche pas l’AFSCA de pousser plus loin sa réflexion, afin de réduire au maximum le risque pour le consommateur. Ainsi, lorsqu’un dépassement est constaté, l’Agence réalise des calculs d’exposition qui partent du postulat que le consommateur ingère l’aliment concerné en grande quantité, avec une analyse différenciée pour les enfants et les adultes. On mesure ainsi le risque à court terme. Il faut noter que sur les 2.7 % des végétaux contrôlés en dépassement, seuls 0.3 % posaient potentiellement un souci de santé publique.

Le risque face à une exposition répétée est également calculé: le comité scientifique de l’AFSCA a notamment sorti une étude sur les fruits et légumes et leur consommation sur plusieurs années. Pour réaliser celle-ci, 34 substances ont été sélectionnées, et un calcul produit par produit et substance par substance a été fait, en mettant en regard la dose quotidienne acceptable.

Les résultats sont ici aussi excellents et rassurants pour nos consommateurs, puisqu’il s’avère que leur exposition moyenne est très inférieure à la dose journalière acceptable. Un beau bulletin donc pour nos producteurs belges !

  Cliquez ici pour voir la présentation powerpoint de JF.Schmidt

Mycotoxines: discrètes et sournoises

Luc Pussemier, expert en évaluation des risques, est un spécialiste des mycotoxines.

Il rappelle avant tout ce que sont ces mycotoxines. Ce sont des produits du métabolisme secondaire de moisissures qui peuvent se développer sur la plante dans la nature aussi bien que lors du stockage. Leur utilité est variée: elles peuvent servir au champignon à se rendre plus invasif, comme elles peuvent rebuter les herbivores par leur goût désagréable…. Loin d’être anodines, ces substances sont potentiellement très toxiques pour l’homme ou pour les animaux.

On a jusqu’ici identifié quelque 300 toxines naturelles dont une trentaine peuvent avoir des conséquences préoccupantes en termes de santé publique. Elles peuvent être ingérées via la nourriture, d’autant qu’elles présentent une grande stabilité une fois logée dans le végétal (parfois même malgré la cuisson de l’aliment!), mais peuvent aussi être absorbées lors de la manipulation de la plante, via des poussières lors du travail avec des pailles contaminées par exemple.

Les mycotoxines présentent des structures chimiques très variables et peuvent être classées en différentes familles.

Les mycotoxines toxinogènes les plus courantes produites au champ sont les agents de la fusariose (dans les épis des céréales), l’ergot du seigle (alcaloïde qu’on peut trouver dans les céréales et endophyte qu’on peut trouver dans les herbages), et les agents de l’alternariose (qu’on trouvera dans les fruits et légumes).

D’autres toxines sont plutôt produites durant le stockage, comme l’aspergillus ou le penicillium.

Pour autant, peut-on retrouver ces mycotoxines dans notre alimentation? Oui, car comme on l’a dit plus haut, celles-ci sont très stables et peuvent même résister à la cuisson!

On en retrouvera ainsi dans: les produits céréaliers et produits dérivés, les fruits secs, fruits & légumes et boissons dérivées, les épices, le café, le cacao, les aliments pour animaux (y compris l’ensilage), certains produits d’origine animale, comme le boudin, les rognons ou le lait.

Il ne faut pas rencontrer des conditions exceptionnelles pour qu’une mycotoxine se développe: des éléments nutritifs, une humidité suffisante, des conditions de température ad hoc, en présence d’un inoculum adéquat, suffisent à faire proliférer ces dangereuses toxines. Ainsi, pour prendre l’exemple de la fusariose des céréales, la présence l’inoculum dans le sol ou les débris végétaux, couplée à l’usage de variétés sensible et à des conditions d’humidité importante sont un parfait cocktail pour permettre la propagation de la moisissure, en l’absence d’une protection phytosanitaire adaptée.

A l’échelon «stockage», en présence de l’inoculum, d’un taux d’humidité suffisant et d’une température élevée, on peut aussi assister au développement de la mycotoxine.

Si la toxicité à court terme est peu probable à notre époque et dans nos régions, ces moisissures présentent par contre un risque potentiel non négligeable sur la santé publique à plus long terme.

Elles peuvent ainsi causer des cancers, des problèmes génétiques, de fertilité, s’attaquer à la fonction rénale, et sont parfois aussi de sévères neurotoxiques.

Pour conclure son exposé, Luc Pussemier réalise un parallèle entre les mycotoxines et les produits phytosanitaires, faisant l’effrayant constat que le consommateur est bien davantage exposé à des doses de mycotoxines importantes par rapport à la limite journalière, qu’il ne l’est avec les pesticides.

Pour les 2, il faut tendre vers zéro impact en adoptant les meilleures pratiques afin de protéger tant l’agriculteur que le consommateur.

Enfin, il livre cet amusant comparatif à notre réflexion. Du seul, des mycotoxines et des phytos, lequel est le plus dangereux, le plus mortel et le plus redouté…. On s’aperçoit assez vite que bien que craint par la population, le produit phyto s’avère causer moins de décès que l’excès de sel, et est bien moins dangereux que les mycotoxines.

   Cliquez ici pour voir la présentation powerpoint de Luc Pussemier

Une belle introduction pour un débat, animé par Bernard Decock, où les questions et interventions des agriculteurs et représentants politiques présents ont nourri la discussion pendant près d’une heure. Le Président de la FWA, Joseph Ponthier, a conclu cette instructive journée sur une note positive, en relevant que le consommateur, au vu des innombrables contrôles et vérifications que subissent tant les phytos que les aliments, peut être pleinement rassuré quant à la qualité de ce qu’il trouve dans son assiette!

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