Mercredi dernier, une délégation de la FWA a rencontré la Ministre de l’environnement, de la ruralité et du bien-être animal, Céline Tellier. La délégation était composée de la présidente, Marianne Streel, du secrétaire général, José Renard, et de deux représentants du service d’études, Isabelle Jaumotte (directrice) et Bernard Decock (responsable de la cellule environnement).

Cette réunion a permis d’aborder un grand nombre de dossiers cruciaux pour notre secteur. La FWA et son service d’études avaient préparé une note de priorités qui a été remise et discutée avec la Ministre et les membres de son Cabinet présents.

Anne Pétré-Isabelle Jaumotte

 

Parmi les sujets discutés, la mise en œuvre de la Déclaration de politique régionale a permis de brosser une série de thématiques qui nécessitent encore des précisions quant à la manière dont elles seront appliquées concrètement sur le terrain.

Si la Ministre reconnaît que la mise en place de son équipe et la préparation du travail ont pris un peu de temps, elle a assuré les représentants de la FWA de sa volonté de poursuivre un dialogue constructif et basé sur la confiance pour mettre en œuvre une politique ambitieuse, qui tienne compte des réalités de nos exploitations. La délégation de la FWA a rappelé qu’au-delà de l’échelon politique, il est aussi très important qu’une concertation se poursuive en parallèle avec l’administration.

Sur la question des produits phytosanitaires, la Ministre a évoqué sa volonté d’amener la région vers un projet d’excellence, qui permettrait de valoriser notre travail et nos productions comme étant de très grande qualité. Elle est toutefois consciente qu’il faut soutenir et accompagner les agriculteurs dans cette direction, pour leur permettre d’aller vers ce projet en mettant en place des alternatives durables et efficaces. La FWA a rappelé qu’elle s’est elle-même engagée dans une démarche positive, le Pacte de solutions wallon, qui poursuit cet objectif en tenant compte des expériences et des réalités vécues au quotidien dans les exploitations, en partenariat avec les autres acteurs du secteur végétal et de la recherche. Pour la FWA, il faut viser un usage raisonné des produits phytosanitaires, sans toutefois viser leur suppression totale, qui est irréaliste. Ils doivent rester un outil à la disposition des agriculteurs, qui devront pouvoir continuer à y recourir si le besoin s’en fait sentir.

Au sujet du PGDA et de sa réforme, la FWA a rappelé l’urgence de répondre aux griefs de la Commission européenne sur la mise en œuvre, en Wallonie, de la Directive Nitrates. La Ministre est bien consciente de l’urgence mais plaide aussi pour une approche plus globale du dossier, qui permettrait de favoriser une approche plus technique, qui serait plus efficace pour atteindre les objectifs du programme. Si la FWA a souligné l’intérêt d’une analyse plus large qu’uniquement basée sur l’azote pour évaluer les propositions de mesures, elle a aussi relevé le besoin de renforcer l’équipe de négociation de la région, pour apporter des réponses rapides et construites aux interrogations de la Commission.

Sur le bien-être animal, la FWA a relevé plusieurs questions importantes parmi lesquelles l’abattage rituel, pour lequel nous estimons qu’il faut chercher une piste qui respecte tant l’animal que les convictions religieuses des communautés concernées. Actuellement, la Wallonie perd non seulement des marchés d’exportation vers certains pays mais aussi la valeur ajoutée de la transformation qui se délocalise hors des limites régionales.

La Ministre a reconnu que ce dossier du bien-être est très sensible, et que s’il est important de prendre en compte les demandes sociétales, il faut aussi traiter cette problématique de façon rationnelle. La Ministre souhaite également travailler sur le développement de l’abattage à la ferme et s’interroge sur l’intérêt pour les agriculteurs.

La FWA a souligné entre autres la nécessité de développer des solutions pour un abattage de proximité, que ce soit en développant des abattoirs mobiles à la ferme mais aussi en redéveloppant des abattoirs de proximité. Nos représentants ont aussi relevé qu’en matière d’élevage, le phénomène Nimby, voire l’opposition systématique à tout projet de construction, est un énorme frein pour le maintien de l’activité agricole dans notre région.

Pour les mesures de maintien et de développement de la biodiversité, la FWA a regretté de ne pas être associée à la task force créée pour concrétiser la mesure des 4000 km de haies. Les agriculteurs peuvent être des acteurs essentiels pour l’atteinte de cet objectif ambitieux de plantation mais aussi pour l’entretien de ces haies et arbres. La délégation a également interrogé la Ministre sur sa vision de la mise en œuvre des volets «Natura 2000» et réserves naturelles de la déclaration de politique régionale, ainsi que sur les moyens budgétaires qui y seraient alloués, tant dans leur importance que dans leur provenance (PAC ou autre?).

Céline Tellier a souligné que ces aspects de la DPR étaient en effet des priorités, mais qu’il y avait de sa part une volonté de les implémenter en pleine cohérence avec les réalités du terrain, et en s’appuyant sur l’expertise des acteurs déjà actifs dans le domaine. Elle a ainsi assuré que la FWA serait prochainement associée aux discussions. Le budget, quant à lui, sera bien wallon, mais devrait aussi être complété par des moyens issus de la PAC.

Enfin, la délégation FWA a aussi abordé avec la Ministre le monitoring des infractions environnementales et l’indemnisation des bandes tampons.

La discussion avec la Ministre Tellier s’est conclue sur l’engagement de celle-ci d’organiser une concertation suivie avec la FWA.

Nous ne manquerons pas d’y relayer les revendications de nos structures décisionnelles et d’y apporter l’expertise technique et économique de nos services.

 

 

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