Même si elles n’étaient pas au cœur de l’agenda officiel, l’agriculture et la sécurité alimentaire ont occupé une place importante lors de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques, la COP 27, début novembre. On retiendra surtout de ces discussions les tentatives d’intensification des mesures de réduction des émissions de gaz à effet de serre et d'adaptation aux changements climatiques. Toutefois, le volet agricole des conclusions de la COP 27 ne manque pas d’intérêt.

José RENARD

Le secteur agricole mondial est de plus en plus vulnérable aux changements climatiques. Leurs impacts sur la sécurité alimentaire sont chaque jour plus nombreux dans le monde entier : hausse des températures, vagues de chaleur, sécheresses et inondations, modifications du régime des précipitations, événements extrêmes, etc. La lutte contre les changements climatiques est donc une priorité majeure pour les pays en développement, où les moyens de subsistance sont particulièrement menacés.  

La COP 27 a ainsi adopté un nouveau programme de 4 ans pour faire face aux impacts du climat sur l'agriculture et la sécurité alimentaire. Celui-ci s'appuie sur une position commune d’une série d’organisations agricoles internationales comme l’Organisation Mondiale des agriculteurs (OMA), le COPA ou encore Via Campesina. Il faut souligner le lobbying intense lors de cette COP 27 du secteur vegan très actif en communication ou encore des producteurs de viande de laboratoire. Ces derniers n’hésitent pas à se présenter comme les défenseurs du climat. Cela, nous ne pouvons l’admettre. D’autant plus qu’ils utilisent des technologies non autorisées en agriculture.

Le document adopté, la décision CP 27, commence par reconnaitre la priorité fondamentale de sauvegarder la sécurité alimentaire et de lutter contre la faim dans le monde. Il y est également souligné que les agriculteurs sont les gardiens de la terre et que les réponses politiques doivent prendre en compte le rôle des agriculteurs comme acteurs de changement. Toutes les réponses devront se baser sur les connaissances scientifiques et sur l’accès à l’innovation. Enfin et ce n’est pas la moindre des choses, cette décision reconnaît que la dimension socioéconomique et la sécurité alimentaire sont cruciales et doivent être considérées au même titre que la lutte contre les dérèglements climatiques.

Tout cela semble bien éloigné de nos préoccupations quotidiennes et pourtant ce sont des thèmes que la FWA ne cesse de marteler depuis longtemps. Les objectifs de la PAC, c’étaient de fournir une alimentation en quantité, qualité et à un prix abordable pour nos consommateurs. 30 ans plus tard en 1992 lors de la première réforme de la PAC (Mac Sharry), on ne parlait que de réduction d’excédents et de gel de terre obligatoire. Et aujourd’hui, pas un discours sans entendre que la sécurité alimentaire n’est pas aussi acquise qu’on le croyait et que la nourriture ne pousse pas dans les supermarchés. Les agriculteurs sont prêts à réaliser leur part dans la transition climatique mais pour cela ils doivent être accompagnés et se voir assignés des objectifs réalistes, réalisables et selon un calendrier soutenable. Et surtout, les efforts des agriculteurs doivent être reconnus à leur juste valeur.

A l’heure où au niveau géopolitique certains n’hésitent pas à utiliser l’alimentation et l’énergie comme des armes, plus que jamais l’indépendance alimentaire de l’Europe constitue un enjeu stratégique crucial qui doit être intégré dans toutes les politiques. C’est pour ces raisons qu’avec nos collègues du COPA, nous plaidons pour une révision des objectifs chiffrés et du calendrier du Green Deal européen.

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