Après l’interruption de 2020 due à la crise sanitaire, le week-end des 11 et 12 septembre s’est déroulée l’édition 2021 des Journées Fermes Ouvertes ainsi que du festival agroalimentaire gembloutois Agrofolies. Tous ces évènements ont pour fil rouge de faire se rencontrer des producteurs avec la passion du métier chevillée au corps et des consommateurs, souvent venus en famille, aux connaissances quelques fois bien éloignées des réalités de la production agricole qu’elle soit conventionnelle ou biologique. Vous trouverez en pages intérieures quelques reportages réalisés par nos équipes. C’est aussi l’occasion de quelques réflexions plus générales.

 

José Renard

 

Encore une fois, les exploitations participantes aux Journées Fermes ouvertes ont mis les petits plats dans les grands et mobilisé famille, amis, bénévoles pour accueillir leurs visiteurs dans les meilleures conditions et leur partager les réalités du monde agricole. Soulignons le très grand professionnalisme dans l’organisation mise en place et la passion du métier qui transparait à chaque instant.

Diversité des productions, diversification des activités pratiquées sur la ferme vers la transformation , la vente directe, l’accueil pédagogique, l’hébergement et les activités touristiques à la ferme, et même restaurant à la ferme, ce sont tout autant d’enjeux économiques de recherche d’une meilleure valorisation de la production, de plus de valeur ajoutée mais aussi de promotion de la qualité d’une production locale, qualité bien souvent noyée dans l’anonymat des marques de distributeurs d’abord préoccupés par la politique des prix les plus bas au consommateur. Savoir ce que devient sa production, que la qualité du produit n’est pas bradée mais au contraire est valorisée par l’acheteur, que tous les efforts pour respecter des normes environnementales et de bien-être animal de plus en plus prégnantes sont respectés et reconnus donne du sens à l’activité agricole et met en avant sa finalité nourricière.

Nous avons rencontré des agriculteurs fiers de ce qu’ils produisent malgré les difficultés, animés par la passion de leur métier et heureux de partager avec beaucoup de compétence et de pédagogie la réalité de leur exploitation avec les visiteurs. Il est fondamental de rappeler à ces derniers que leur pain quotidien, produit au coin de la rue, est le résultat du travail de femmes et d’hommes passionnés qui ont su conjuguer leur savoir-faire avec les possibilités offertes par leur environnement. Le plus tôt possible nos enfants doivent savoir que le lait de leur petit déjeuner ne vient pas d’une boite qui pousse à un arbre.

 

Mais pour que l’engouement pour les produits locaux, suscité par la crise Covid et le confinement persiste, se renforce et se pérennise dans les comportements d’achats des consommateurs, il faut bien évidemment que cette proximité voulue par tous soit mieux valorisée assurant une rémunération décente à nos agriculteurs qui ont fait le pari de cultiver également la proximité et la diversité. La cohérence entre les différentes politiques qu’elles soient régionale, fédérale ou européenne constitue un must. Il ne sert à rien de soutenir la production locale si en même temps des accords commerciaux avec toutes les parties du monde permettent l’entrée à bas prix de produits en provenance des antipodes qui ne respectent pas nos modes de production et nos normes européennes particulièrement exigeantes et ce, uniquement dans une optique de prix alimentaires toujours plus bas.

Cette politique généralisée du moins disant est toxique et pénalise tous les producteurs, d’ici et des autres continents sans parler des émissions de gaz à effet de serre liées au transport de ces produits qui doivent parcourir des milliers de kilomètres avant de parvenir sur nos tables.

C’est aussi cela les Journées Fermes Ouvertes et autres AgroFolies : informer nos consommateurs et bien les conscientiser de ce qu’une alimentation saine et de qualité à un prix et une valeur.

Expliquer le fonctionnement de la ferme, l’alimentation du bétail, les productions, la transformation, les agriculteurs l’ont fait à de multiples reprises pendant ce week-end répondant de manière très claire et compréhensible aux multiples questions du nombreux public désireux de mieux connaître le monde agricole. De très nombreux visiteurs étaient venus en famille. Une occasion rêvée pour expliquer aux enfants qu’une exploitation agricole n’est pas un grand terrain de jeux où on peut voir quelques animaux vivants mais que c’est une activité économique bien ancrée dans son terroir et qui répond à notre besoin fondamental le plus quotidien celui de se nourrir. Rien de mieux qu’un petit tour en calèche ou en char à bancs pour découvrir comment l’agriculture façonne nos paysages. Rien de mieux que des explications données par quelqu’un qui parle avec passion de son métier pour comprendre que la crème glacée présente dans le comptoir du magasin provient de la traite des vaches que l’on voit pâturer paisiblement à quelques encablures et qui seront nourries en hiver avec les fourrages produits à la ferme. On remarquera aussi que des questions relatives aux conditions d’élevage reviennent régulièrement : par exemple, pourquoi ces animaux-là ne sont-ils pas en prairie ? Que mangent-ils ?

Dans toutes les exploitations visitées, on sent ce souci de combler le fossé qui s’est creusé petit à petit entre le consommateur qui trouve toute sa nourriture au supermarché et l’activité agricole. Certes, créer le contact avec le client et le maintenir constitue déjà un vrai métier en soi et n’est pas automatiquement à la portée de tout le monde mais cela est indispensable pour nourrir le lien entre producteurs et consommateurs dont les intérêts sont souvent plus proches qu’on ne le croit.  Les consommateurs wallons doivent être les meilleurs alliés des producteurs dans le soutien au modèle d’agriculture familiale défendu par la FWA.

Pour terminer, soulignons que certaines de ces exploitations étaient il y a deux mois à peine, frappées de plein fouet par les inondations qui ont ravagé notre région. Avec beaucoup de détermination, les agriculteurs ont maintenu leur participation aux JFO qui pour eux est une évidence et aussi une marque de confiance à l’égard des équipes qui les entourent. Pour d’autres c’est la crise Covid et le confinement qui ont placé certains de leurs débouchés sous l’éteignoir et les ont obligés à se réinventer pour faire face. Pour cela aussi, tout notre respect à tous ces porte-parole de l’agriculture wallonne !

 

 

 

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