La FWA s’est depuis longtemps investie au niveau de la notion de travail en élevage. Elle collabore depuis plus de 25 ans avec le CRA-W et le service technico-économique d’Elevéo au niveau de l’harmonisation des comptabilités de gestion. C’est dans ce cadre que s’est posée la question de la gestion du temps de travail en lien avec celle du revenu, de la rentabilité et de l’évolution de l’exploitation. Une réalité qui constitue en outre un élément essentiel dans l’attractivité du métier en matière du renouvellement des générations. Conseiller au sein du Service d’Etudes de la FWA et du CGTA, André Ledur fait le point sur une thématique brûlante d’actualité.

 Marie-France Vienne

 

La FWA s’est inscrite dès le début dans le projet «Otel» qui, dans un premier temps, se concentrait sur l’élevage laitier au moment où de nombreuses exploitations tendaient à s’agrandir un peu avant la fin de l’ère des quotas. Beaucoup ont investi posant la question des coûts, de la rentabilité, de la mécanisation de certaines tâches, de la main d’œuvre disponible et de l’engagement de salariés, rappelle André Ledur.

 

Formation de «conseiller travail»

Les initiateurs du projet se sont d’abord tournés vers la France, très avancée au niveau de la gestion du travail en agriculture mais dont les valeurs diffèrent des nôtres puisqu’ils sont davantage organisés en Gaec ou en Cuma. C’est pour se former et s’informer que plusieurs acteurs wallons sont montés en 2014 à Paris pour suivre une formation de «conseillers travail» à l’Institut français de l’Elevage. L’idée était alors de créer un service spécialisé dans l’organisation du travail dans le secteur laitier. Toute approche en termes d’organisation du travail doit prendre en compte trois composantes: tout d’abord l’astreinte, constituée par le travail que l’éleveur ne peut différer comme la traite, les soins et l’affouragement des animaux. Ce travail d’astreinte est particulièrement important dans les élevages laitiers. Ensuite le travail de saison qui s’effectue au rythme des récoltes et de certains travaux tels que les épandages d’engrais, les semis, la remise à neuf des clôtures, et, enfin, le temps nécessaire pour les autres travaux, les entretiens et réparations, mais aussi un  travail administratif qui s’est considérablement alourdi au fil du temps.

 

Calcul des heures de travail

Dans le cadre du projet «Otel», des conseillers de la FWA, d’Elévéo et du CRA-W ont cherché à quantifier le travail presté par la main d’œuvre familiale non rémunérée dans le secteur laitier sur base d’enquêtes menées dans les exploitations. L’objectif de chiffrer le temps de travail par 1.000 litres de lait leur a permis de déduire que 500.000 litres de lait représentent environ 4.000 heures de travail sur une année, avec toutefois des différences de productivité importantes d’une exploitation à l’autre. Un référentiel grâce auquel les conseillers ont pu analyser plusieurs systèmes de traite, que ce soit un robot, une salle de traite traditionnelle ou un carrousel et leur incidence sur la productivité. 

 

Audit des exploitations

Les conseillers ont ensuite eu l’idée de pratiquer des audits sur base des enquêtes afin d’analyser la gestion du travail des éleveurs pour l’optimiser et le diminuer sans trop accroître les investissements. L’analyse passe notamment par la description d’une journée type. Pour ce faire, ils se proposent de dessiner le plan des bâtiments et d’analyser tous les circuits empruntés par l’agriculteur pour minimiser et rationnaliser leurs déplacements sur l’exploitation. La conception et l’organisation des bâtiments et des différentes infrastructures sont des éléments centraux dans l’organisation du travail.

 

Du lait à la viande

«Otel2» s’inscrit dans la continuité de «Otel» pour s’adapter, cette fois-ci, au secteur de l’élevage viandeux en tenant compte de la particularité du Blanc-Bleu-Belge. Au niveau de la FWA, outre André Ledur, Kevin Dupuis, conseiller au CGTA travaille également sur le projet. Ils sont accompagnés de Cédric Maldague en charge de la partie liée au référentiel pour laquelle il se rend en ferme pour mener des enquêtes afin de déterminer le temps de travail par vache allaitante. Un travail qui s’effectue en fonction du type d’exploitation. En raison de leurs connaissances de terrain, les Centres de Gestion, qui ont en main les données économiques des exploitations, sont parfaitement outillés pour mener ces tâches à bien.

 

Contact: André Ledur - 081/62.74.73 - andre.ledur@fwa.be

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