Le Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles a passé un cap symbolique en cette fin d’année 2018: il a adopté une résolution visant notamment à proposer, dans toutes les cantines scolaires, des repas composés de produits Bio et locaux ainsi qu’une alternative quotidienne de repas végétarien.

Caroline Decoster

Non contraignant, le projet de résolution adopté par le Parlement inscrit la Fédération Wallonie Bruxelles dans une transition écologique de l’alimentation, avec l’objectif d’amener progressivement les écoles à servir partout «des repas Bio, abordables, issus de circuits courts et d’une agriculture paysanne».

Pour finaliser le projet de résolution qu’a adopté le Parlement, un groupe de travail a été créé et a notamment auditionné les principaux acteurs concernés par ce texte. Dans ce cadre, Daniel Collienne, président de la Commission Bio de la FWA a pu échanger avec les parlementaires sur ce texte, et exprimer ainsi l’avis du secteur sur cette proposition.

Alimentation saine et durable à l’école

La FWA salue la volonté de ce groupe de travail de soutenir l’alimentation saine et durable à l’école, qui est également largement soutenue par les agriculteurs que nous représentons, qui sont fiers de pouvoir fournir leurs productions de qualité aux enfants wallons et bruxellois.

Néanmoins, si l’objectif d’insérer un maximum de produits locaux dans les cantines scolaires est soutenu par notre structure, cette proposition de résolution nous semble en l’état très restrictive et déconnectée des productions wallonnes actuelles. En effet, l’offre en produits wallons est très large mais l’offre Bio est aujourd’hui bien plus limitée. La résolution vise à insérer exclusivement des produits Bio locaux dans les cantines, en niant les autres produits de qualité présents sur notre territoire qui peuvent compléter cette offre Bio, tout en poursuivant les objectifs principaux du texte.

La FWA souhaite voir un maximum de produits locaux insérés dans les cantines scolaires, et ces produits doivent correspondre aux productions de nos agriculteurs wallons: des produits de qualité issus de modes de production variés, et toujours produits par des fermes familiales. Ce texte précise que les cantines doivent tendre exclusivement vers l’insertion de produits Bio locaux, mais laisse un grand vide pour les produits non disponibles. A titre d’exemple, l’offre actuelle en légumes Bio est totalement insuffisante pour satisfaire la demande. Dommage que le texte ne soit pas plus global, et qu’il ne précise pas que, faute de Bio local, le local est à privilégier. A contrario, la production de viande Bio dépasse largement la demande. Or, le texte préconise une alternative quotidienne de repas végétarien. 

Repas végétarien à volonté

Daniel Collienne a pu insister sur la position de la FWA concernant l’alternative quotidienne de repas végétarien: c’est non! Outre les aspects logistiques et l’impact sur le gaspillage alimentaire que cette mesure implique sur le terrain, il est certain que la FWA soutient l’élevage wallon qui est un élevage lié à l’herbe, qui contribue à la préservation et à l’enrichissement de la biodiversité, à l’apport de matière organique dans les sols, et au stockage de carbone dans les sols. Soutenir cette alternative végétarienne quotidienne est un mauvais message. Si les consommateurs se détournent totalement de notre viande wallonne, avec quoi seront fertilisées nos productions végétales? Si la volonté d’insérer exclusivement des produits Bio semble clair, pourquoi ne pas soutenir également la filière bovine Bio, qui permet entre autre de fertiliser naturellement les fruits et légumes bio, produits privilégiés par les cantines pour «passer le cap» du Bio?

Flexibilité des marchés publics

Notre président de la commission Bio a également rappelé la difficulté qu’ont les producteurs à répondre aux marchés publics. C’est un gros frein à l’insertion de produits locaux dans les collectivités qui devra être levé pour atteindre les objectifs de cette résolution. En effet, il n’est pas évident pour les agriculteurs de pouvoir s’engager à l’avance sur les volumes qu’ils pourront livrer plusieurs mois après, d’un produit bien définit, pas plus que sur une période d’approvisionnement. Particulièrement en légumes, dont la production peut être très variable d’une année à l’autre, surtout en Agriculture Biologique.
Le texte adopté par le Parlement de la Fédération Wallonie Bruxelles plaide pour la proposition quotidienne aux enfants «d’un repas Bio, issu au maximum des circuits courts, et abordable». Le représentant de la FWA n’a pas manqué de rappeler que le Bio low cost doit être proscrit. Le travail des agriculteurs ne doit pas être bradé. Il ne faut donc pas insérer du Bio dans les cantines «à n’importe quel prix».

Un message fort

Les parlementaires qui ont porté ce texte (Christos Doulkeridis et Barbara Trachte – Ecolo) ont précisé, lors des échanges avec Daniel Collienne, que ce texte est non contraignant. «Une résolution telle que celle-ci permet d’envoyer un message clair aux producteurs: on veut du Bio exclusivement» a précisé Monsieur Doulkeridis.

Le représentant de la FWA n’a pas manqué de préciser que ce message est évidemment bien accueilli par l’ensemble des agriculteurs Bio de la FWA. Néanmoins, il ne faut pas brûler les étapes, et nier la qualité des produits issus de notre agriculture wallonne.  La demande doit évoluer en même temps que le secteur. Le message de la FWA fût également clair: «nous sommes favorables à l’insertion de produits locaux au sens large dans les cuisines de collectivités, favorisant ainsi l’ensemble des productions agricoles wallonnes de qualité. Cette insertion doit être progressive, concertée et cohérente avec les réalités de terrains, tant des collectivités que des agriculteurs et surtout, elle ne doit pas se faire à n’importe quel prix».

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