Ce mardi 13 octobre, Nature & Progrès et Pan Europe ont organisé une conférence de presse en ligne pour expliquer pourquoi, selon eux, il ne faut plus délivrer de dérogation pour permettre l’usage des néonicotinoïdes. La FWA a réagi immédiatement au travers d’un communiqué dont voici le texte  ci-dessous.

 

En 2020, les parcelles de betteraves ont été fortement touchées par le virus de la jaunisse, ce qui crée de larges taches jaunes que vous avez peut-être pu apercevoir, et en conséquence des pertes de rendement qui peuvent s’avérer importantes. Qu’est-ce que cette maladie ? Comment fonctionne-t-elle ? Quel vecteur la propage ? Comment les agriculteurs peuvent-ils lutter contre cette maladie ? Quelques explications.

La jaunisse est une maladie provoquée par un virus. Elle touche la betterave, dont elle rend les feuilles jaunes et cassantes et dont elle handicape le développement. Elle est transportée et inoculée à la betterave par des pucerons. Cette année, la présence de ces pucerons porteurs du virus a été particulièrement importante, avec des pertes de rendement en sucre de près de 30% dans les zones touchées par le virus. Les agronomes et les agriculteurs le savent, lorsque le virus a été très présent une année, on peut craindre des situations équivalentes voire plus graves encore l’année qui suit. En effet, si les pucerons infectés ne sont pas éliminés en hiver, faute de températures suffisamment basses pendant une période significative, la perte de contrôle sur les populations de pucerons de l’année suivante est presque garantie.

Autrement dit, il est capital que les agriculteurs puissent développer une lutte efficace contre ces pucerons avant qu’ils ne causent des dégâts irréversibles et ne se reproduisent de façon incontrôlée.

Les néonicotinoïdes, aujourd’hui sous le régime d’une dérogation permettant leur usage sous conditions strictes, sont encore et toujours la seule solution efficace pour lutter contre ces pucerons et donc cette maladie.

 

Pourquoi ne peut-on pas encore se passer des néonicotinoïdes aujourd’hui ?

- Lorsqu’un champ est touché, il faut intervenir très vite : un puceron infecte une betterave en moins de 24h, passe ensuite à la suivante… En quelques heures seulement, les dégâts peuvent se révéler irrémédiables ! 

- Il existe d’autres insecticides d’une nouvelle génération qui sont sélectifs pour les polinisateurs, mais qui nécessitent encore des essais de terrain et qui ne sont pour le moment pas agréés pour la culture de la betterave. 

- L’usage d’auxiliaires (d’autres insectes) qui agissent sur la prolifération des pucerons est efficace pour réduire la population des pucerons sur un horizon de quelques semaines mais ne permettent pas de limiter la présence du virus. Les auxiliaires sont donc utiles mais pas suffisants.

 

Ce qu’il faut savoir à propos de ce produit et de son utilisation

- Les contraintes liées à la dérogation sont très lourdes. En Belgique, on ne peut planter de végétal attirant les insectes pollinisateurs pendant 5 ans après l’usage de la semence enrobée par le produit.

- La France, très touchée par la maladie, est en train de revenir sur sa position extrêmement ferme contre les néonicotinoïdes et s’apprête à délivrer une dérogation.

 

Ce que veut la FWA 

Pour la FWA, il est impératif d’encourager la recherche ! Il faut trouver des alternatives efficaces qui protègent les betteraves de ce virus et des pucerons vecteurs de sa transmission.

La filière betterave est elle-même très active dans cette dynamique.

Sur un relativement court terme, on pourra se diriger vers des insecticides différents sur lesquels des essais sont déjà en cours. D’ici deux ou trois ans, on peut espérer avoir une meilleure vision de la façon optimale de les utiliser pour une lutte efficace qui provoque un minimum d’impacts par ailleurs.

Pour le moyen terme, on devrait pouvoir compter sur  des variétés de betteraves qui présentent une tolérance à cette jaunisse. Dans le cas des nouvelles générations d’insecticides ou de variétés, les essais s’organisent sur le plan international, avec des acteurs de la filière sur plusieurs pays d’Europe.

A long terme, le secteur place beaucoup d’espoirs dans la recherche fondamentale, dont l’étude qui devrait être menée à Gembloux, à l’ULG, qui vise à renforcer l’immunité des plantes via l’usage de substances tout à fait naturelles, mais qui attend toujours son financement par l’autorité publique.

Pour la saison 2021 aucune de ces solutions n’est disponible. Une nouvelle dérogation est donc indispensable pour la survie même du secteur betteravier. Sans possibilité d’intervention efficace contre ce virus, la Belgique sera demain confrontée à une situation similaire à la France, avec des pertes de plus de 50% dans certaines régions.

 

En conclusion…

Le secteur de la betterave est un pilier de notre économie agricole. Il est déjà très fragilisé économiquement par une concurrence internationale très dure. Il a besoin d’être soutenu dans la recherche qu’il mène pour trouver des alternatives durables à l’usage des néonicotinoïdes. 

Il faut pour cela lui accorder le temps nécessaire pour mettre en place des alternatives efficaces, économiquement gérables, et qui soient réellement peu impactantes pour la faune.

En attendant, l’agriculteur doit disposer des moyens d’assurer la protection de ses plantes et se prémunir d’une nouvelle extension du virus de la jaunisse.

Une dérogation est indispensable pour 2021.

 

Ce n’est qu’en adoptant cette attitude réaliste et responsable que l’on pourra préserver à la fois notre secteur et notre environnement.

 

 

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