Alors que l’invasion russe en Ukraine produit chaque jour de nouveaux impacts sur nos filières alimentaires et de nouvelles craintes pour notre approvisionnement, les diverses instances concernées réagissent et s’organisent. Tandis que nous bouclons cette édition, la Concertation chaîne communique sur les besoins de nos filières alimentaires, et une task force fédérale se met en place afin de travailler en continu à la recherche de solutions aux problèmes qui surgissent jour après jour.

Anne Pétré

 

Le conflit qui fait rage aux portes de l’Europe apporte son lot de drames humains et de difficultés qui s’étendent comme une tache d’huile, à de nombreuses zones de notre planète.

Ce conflit intervient dans un contexte post covid déjà très tendu, en raison des prix élevés de l’énergie et de nombreux matériaux. La Concertation Chaîne, qui regroupe les divers maillons des filières alimentaires, a exprimé ses craintes et ses revendications au travers d’un communiqué ce début de semaine, à l’occasion de la création de la task force fédérale, sur laquelle nous reviendrons ci-dessous.

Les acteurs de la Concertation chaîne (où la FWA représente l’agriculture wallonne), a notamment déclaré: «Au vu des circonstances extrêmes, les organisations représentant le secteur de l'alimentation animale, l'agriculture et l'horticulture, l'industrie alimentaire et le commerce au sein de la concertation de la chaîne, demandent que tous les acteurs de la chaîne alimentaire accordent une attention particulière à cette problématique et l'abordent avec bon sens, compréhension et la flexibilité nécessaire, afin qu'ensemble nous puissions veiller à ce que l'impact soit réparti équitablement tout au long de la chaîne. Une partie de la hausse des coûts devra aussi en fin de compte être prise en charge par le consommateur. Nous demandons également aux pouvoirs publics d’intervenir dès à présent afin d’éviter que la situation ne soit fatale à très court terme pour certains maillons au sein de la chaine agroalimentaire.»

Assurer la résilience

Préserver les outils, de la production à la vente, est en effet essentiel! Dans leur communication, les représentants des filières demandent aussi aux différents acteurs d'établir un dialogue continu afin de discuter conjointement des événements imprévus (par exemple, les augmentations de coûts ou ruptures d'approvisionnement imprévues) et de trouver des solutions. 

Enfin, ils adressent un message aux autorités: «La résilience de la chaîne agro-alimentaire est mise à rude épreuve. Cependant, si la situation perdure, voire s’aggrave, il se peut que cela soit fatal à très court terme pour certains maillons sans une intervention en amont des pouvoirs publics. On peut penser notamment aux coûts et à la disponibilité des matières premières et aux coûts énergétiques.  En ces temps d’incertitudes, il est aussi demandé aux autorités de faire preuve de souplesse et de pragmatisme, notamment en matière d’étiquetage des produits alimentaires dont les ingrédients doivent être adaptés en raison de leur indisponibilité du fait de la guerre en Ukraine.

De plus, un stand-still en matière de charges et d’obligations est indispensable pour ne pas ajouter des surcoûts supplémentaires aux acteurs de la chaîne.»

Les organisations de la chaîne agroalimentaire concluent en rappelant qu’elles se tiennent à la disposition de nos autorités politiques pour envisager toutes les options possibles afin de renforcer la résilience de la chaîne agroalimentaire en Belgique, à court terme comme à moyen-long terme.

Une task force fédérale

Ce mardi 29 mars, les ministres Clarinval et Dermagne lancent une taskforce «Ukraine» afin d’évaluer l'impact du conflit en Ukraine pour les secteurs de l’agroalimentaire.

La guerre en Ukraine engendre et engendrera des problèmes importants pour notre économie et en particulier dans les secteurs agroalimentaires, dont la hausse des prix et une possible pénurie de certains produits.

Les ministres Clarinval et Dermagne réunissent donc, à l’heure où nous bouclons cette édition, les autorités fédérales et les fédérations du secteur agroalimentaire afin d’analyser ces conséquences. Les Régions sont également invitées.

Cette taskforce rassemblera le monde politique, les administrations concernées et le secteur agroalimentaire, représenté par les fédérations sectorielles. Le but est de collecter les informations et d’entendre les demandes en lien avec le conflit en Ukraine, ainsi que ses répercussions dans le domaine agroalimentaire. La taskforce a également pour but d’anticiper les conséquences économiques du conflit afin de définir les stratégies et d’établir les plans d’action qui s’imposent.

La FWA y participera activement pour y faire entendre les difficultés rencontrées par le secteur agricole.

Nous ferons dans notre prochaine édition, un retour plus complet sur cette première réunion, et les pistes déjà éventuellement envisagées pour répondre aux défis qui se posent à nos filières.

 

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